Zibeline n°6 avril 2008
Zibeline n°6 avril 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de avril 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,0 Mo

  • Dans ce numéro : ouverture de la Biennale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 16 - 17  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
16 17
16 THÉÂTRE ISTRES MIRAMAS ARLES DRAGUIGNAN CAVAILLON Abolir le temps Le Conte d’hiver n’est certainement pas la pièce la plus connue de Shakespeare, mais c’est sûrement l’une des plus compliquée à monter du fait du nombre et de la variété des tableaux. Jacques Osinski, créateur de la cie La Vitrine, s’empare de ce conte et signe une mise en scène qui, d’emblée, prend un tournant onirique. Comment donner une forme au rêve, comment rendre compte de cet univers si particulier qui fait tout le sel de cette tragi-comédie ? Léonte, roi de Sicile, invite Polixène, son ami d’enfance et roi de Bohème, à venir passer quelques jours en son domaine. Tragique et destructrice, la jalousie s’empare de Léonte qui imagine une relation adultère entre sa femme, Hermione, et son ami. Une méprise qui pèsera lourdement sur les destins de chacun, et qui entraînera, Supporter l’insupportable Une belle, très belle surprise attendait les spectateurs dans la salle de la chapelle du Méjan pour la lecture, par Marianne Epin, du beau texte de Renaud Meyer, Hannah K. Seule sur scène, la comédienne va incarner cette mystérieuse madame K., vieille dame qui, à sa mort, laisse derrière elle des carnets que sa jeune voisine découvre et lit. Et l’on plonge directement dans le ghetto de Varsovie, entre février 1941 et septembre 1942, où Hannah, jeune comédienne, trouvera par la pratique de son art la force et la motivation de vivre. Survivre. Elle raconte tout Hannah : comment elle crée, avec le metteur en scène Léon Schiller, un conseil clandestin, véritable résistance intellectuelle par le biais de pièces durant seize ans, trahisons, assassinats, exils, intrigues en tous genres… Contrôler le temps, l’arrêter, vivre une enfance éternelle sont autant de fantasmes qui traversent la pièce, et qui en font un conte aux couleurs glacées. SARA LYNCH Le Conte d’hiver Shakespeare mes Jacques Osinski le 29 mars Théâtre de l’Olivier, Istres 04 42 56 48 48 www.scenesetcines.fr le 6 mai Théâtres en dracénie (83) 04 94 50 59 59 www.theatresendracenie.com o jouées au nez et à la barbe des nazis ; comment s’organise son quotidien et celui de sa famille ; comment l’horreur s’installe… Marianne Epin est bouleversante, grave par moment lorsque la lumière crue la baigne simplement au détour d’un récit abominable, plus légère lorsque le récit reprend le cours d’une vie qui se voudrait normale. Mais toujours gracieuse. S.L. Hannah K. a été joué à la chapelle du Méjan le 25 février Désespérance feutrée La pièce de Joël Pommerat continue sa tournée dans le sud. Après Cavaillon (voir Zibeline n°5) Cet Enfant fait escale à Arles. Le spectacle, bouleversant, parle calmement, presque sereinement, de l’insupportable poids des gens modestes. De l’usine, du dénuement, de la folie, de l‘abandon, des fantômes, puis de la guerre. Parce que ceux qui portent des poids trop lourds n’ont souvent pas la force, ni la véhémence, de la révolte. Joël Pommerat met en scène son propre texte en jouant de voix off décalées, dans une obscurité qui installe une intimité onirique, et froide. Magistral. A.F. Cet enfant Joël Pommerat le 22 avril Théâtre d’Arles 04 90 52 51 51 www.theatre-arles.com Question de regards Avec un homme qui porte, comme il le dit, « le regard d’un crapaud sur le monde », le discours risque d’être étrange, et forcément intéressant… Cet homme c’est Jacques Rebotier, auteur de théâtre contemporain, dont Catherine Marnas met en scène Vengeance tardive. Dans cette pièce, l’auteur met en parallèle le discours télévisé et l’Histoire de l’Argentine d’aujourd’hui par le biais de scènes intitulées Sit-com. Il démontre ainsi, de façon très ludique, la vacuité du langage télévisuel. Dialogues creux, personnages interchangeables, sté-réotypés, discours forcément biaisés, déformés, mais qui finissent quand même par enrichir la langue. La mise en scène de Catherine Marnas creuse la parole de l’auteur et la rend tangible en instaurant notamment des saynètes qui servent d’interludes poétiques, de mise à distance du propos, en créant des personnages fort drôles –Sœur micro fait respecter de manière autoritaire les temps de pub, tance le public et brouille l’information, Vengeance tardive Agnès Mellon l’Encagé est en colère mais impuissant… Les acteurs s’en donnent à cœur joie et soulèvent l’enthousiasme. C’est forcément cruel, dérangeant parfois, cynique, mais aussi très drôle. Dans un tout autre genre, le théâtre du Kronope proposera sa version survitaminée du Knock de Jules Romain. Une version loufoque et burlesque, très commedia dell’arte. S.L. Vengeance tardive Jacques Rebotier mes Catherine Marnas le 25 mars Knock le 1er avril Théâtre la Colonne 04 90 58 37 86 www.scenesetcines.fr Cet enfant Agnès Mellon
FOS VITEZ (AIX) JEU DE PAUME (AIX) THÉÂTRE 17 Un et Deux sont sur un théâtre… Diablogues Philippe Delacroix Un théâtre d’enfer « Mon théâtre est une pièce de viande qui doit être découpée soigneusement ». La métaphore carnassière utilisée par Emma Dante n’est pas sans nous rappeler la Carnicería Teatro de Rodrigo García. « Ce qui distingue un boucher d’un équarisseur » précise l’Argentin, « c’est la qualité de sa coupe ». Tout comme lui, Emma Dante sait plonger avec précision le tranchant de sa langue dans le cuir de son sujet : la Sicile. Enfant du pays, l’auteur et metteur en scène dénonce les lois silencieuses et l’impitoyable inflexibilité de cette terre qui n’a pas encore viré de siècle. Saignant, charnel, un brin coriace, son théâtre dépèce d’âpres histoires de fratrie, de pouvoir et de vengeance, nouées par l’enfermement communautaire, l’honneur et la mort. S’appuyant sur des situations d’une apparente simplicité, ses pièces révèlent le potentiel tragique des rapports familiaux et nous entraînent dans une Sicile qui n’a rien à envier à la Grèce Antique. Dans un dialecte réinventé, sa troupe de jeunes acteurs porte les couleurs et les douleurs de Palerme à l’universel. Un peu comme chez Pippo Delbono, l’amour, la joie, la souffrance et la mort se prennent par la main pour danser sous nos yeux, dans un théâtre métaphorique et physique qui prend aux tripes. Comme si par son nom, Emma Dante était prédestinée à nous faire traverser les cercles de l’enfer pour mieux nous révéler le sens de la vie. LAURENCE PEREZ Mishelle Di Sant’Oliva et Vita Mia Emma Dante les 31 mars et 1er avril Théâtre Antoine Vitez (Aix) en partenariat avec les ATP 04 42 26 83 98 Ah le bon moment ! Les Diablogues de Dubillard sont indéniablement un grand texte comique. Quelque chose comme les Exercices de Style en théâtral, un texte dont on se demande pourquoi il n’a pas existé plus tôt, tant il est limpide par sa forme, malicieux, évident, jubilatoire. Tant il parle à tous, aussi. Il faut dire que François Morel, et Jacques Gamblin plus encore (si cela est possible !) incarnent ces non-personnages, ces voix dramatiques, ces Un et Deux anonymes mais si humains, avec une poésie absurde d’un charme désarmant. Et drôle ! On rit beaucoup à ces échanges verbaux qui s’étonnent de coïncidences langagières, inventent des limandes des neiges, font de la musique dans un placard et du ping-pong buccal dans un fauteuil. Mais on est saisi aussi, fugacement, par la sensation qui se propage dans les corps : celle d’exister, d’être au monde, parce que le dialogue, diabolique, donne aux deux clowns lunaires une présence charnelle, terrestre, que l’abstraction de la situation et des décors n’arrive pas à réduire… La mise en scène d’Anne Liégeois est, en ce sens, parfaite, et surligne discrètement Sir, Yes Sir ! Créée en 2003 par l’auteur et acteur américain Tim Robbins, fondateur aux Etats-Unis de l’Actor’s Gang, Embedded raconte l’histoire de journalistes « embarqués » en Irak au sein de l’armée américaine d’octobre 2002 à juin 2003. En France c’est Georges Bigot, un ancien du Théâtre du Soleil, qui l’a mise en scène, avec la troupe du Petit Théâtre de Pain, « pour se faire le relais de cette Amérique qui résiste. » Tout est parti, pour Tim Robbins, de l’adoption du USA Patriot Act, suite aux attentats du 11 septembre, « qui fait de tout citoyen qui critique le gouvernement un ennemi de la patrie. » Le postulat posé, commence alors la satire politique. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, une satire politique, une Histoire dont on peut, on doit se moquer. La pièce passe allégrement de l’univers « Bushien » (le bureau des opérations spéciales avec ses conseillers masqués, façon commedia dell’arte, transformant les faucons en bouffons grotesques) à celui des soldats enrôlés, victimes et bourreaux à la fois, sans oublier les journalistes, formés par les militaires et forcés à n’utiliser que les sources tronquées ou mensongères des états-majors ; certains renonceront complaisamment à leur indépendance en collaborant, d’autres s’englueront dans l’émotion primaire du traumatisme, d’autres encore résisteront avec une sorte d’impuissance cynique, mais citoyenne. Les comédiens se dépensent sans compter, sont justes, jouent souvent plusieurs rôles, époustouflants, jamais caricaturaux. Les tableaux défilent à un train d’enfer, c’est parfois violent, souvent émouvant. Ce théâtre engagé porte et dénonce férocement les contradictions et les dérives des démocraties modernes qui justifient le mensonge et la manipulation des médias au nom du « bien ». SARA LYNCH l’aspect emprunté de Gamblin, les colères obstinées de Morel, et leur détachement commun d’enfants rêveurs, sous un ciel nocturne dessiné à grands traits… AGNÈS FRESCHEL Les Diablogues ont été joués au théâtre du Jeu de Paume du 4 au 15 mars Au Jeu de Paume : Un si joli petit voyage d’Ivane Douadi. Trois histoires d’amour, de couples en tous cas,un qui se rencontre, l’autre qui s’essouffle, le troisième qui rompt, dans un train qui va de Paris au Croisic, vers la mer. Catherine Gandois met en scène et interprète ce texte qui soumet l’amour à l’épreuve de la réalité, de la cinquantaine, de la durée… Un si joli petit voyage du 26 au 28 mars 0820 000 422 www.lestheatres.net Jean-Pierre Estournet Embedded a été joué au Théâtre de Fos le 1er mars Jean-Pierre Estournet



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :