Zibeline n°6 avril 2008
Zibeline n°6 avril 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de avril 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,0 Mo

  • Dans ce numéro : ouverture de la Biennale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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10 THÉÂTRE LA CRIÉE LA MINOTERIE LE GYPTIS Avec ou sans voix Avant de fermer pour travaux, la Criée présente deux spectacles dans sa petite salle. La Mère de Brecht, d’après Gorki, est un spectacle édifiant et didactique qui, grâce aux songs d’Eisler, retrouve l’esprit de révolte et de lutte des classes chers au dramaturge allemand (voir Zibeline n°5). La pièce de Pascal Quignard est d’un tout autre style : trois petits contes dits par Marie Vialle, accompagnée de son violoncelle, plongent dans l’effroi qui préside et nimbe les écrits de Quignard. Il est question de cri, de voix, de Nom qui se perd, s’oublie dans la révélation du plaisir, du désir, de l’interdit qui pétrifie. L’univers littéraire de Quignard est proprement fascinant : il transporte aux origines de la vie, dans les marais et les marasmes de l’inconscient, celui qui est à l’œuvre dans les contes de toujours, et que l’écrivain sait faire ressurgir sans qu’on y prenne garde. Mais jamais impunément : la musique, la scène, et le texte dit, sont sans doute les meilleures voies pour aborder les rivages jamais innocents de cette œuvre essentielle. A.F. La Mère Brecht mes Jean-Louis Benoit jusqu’au 30 mars Le Nom sur le bout de la langue Pascal Quignard mes Marie Vialle du 23 au 26 avril 04 91 54 70 54 www.theatre-lacriee.com Rythme et dérision Sa tournée en région a encore bonifié le spectacle : ceux qui ont vu Ceux qui partent à l’aventure au Gyptis ont apprécié non seulement l’intelligence du texte, la virtuosité des acteurs, et la lisibilité habile de la mise en scène que nous relevions dans Zibeline n°3, mais aussi le rythme fou et l’humour de la pièce. Ses idéogrammes décalés, ses portraits brossés en un geste, ses divines accélérations et mutines ellipses. Décidément Renaud-Marie Leblanc a du talent ! Au Gyptis un spectacle plus politique sera à l’affiche en avril : un monologue joué par son auteur, Nasser Djemaï. Il y raconte la vie d’un enfant d’immigrés, qui pour réussir dans la société, va tenter d’épouser les valeurs de l’économie libérale -à l’échelle d’une laverie- et de devenir « plus blanc La Mère Olivier Rochat 4"4 que blanc ». Une manière de parler, à travers l’humour de la dérision et la poésie du conte, de ce que signifie vraiment Théâtres politiques Les collèges neufs du département recèlent parfois des surprises de taille : des amphithéâtres équipés, et prêts à recevoir des spectacles, se cachent parfois dans leurs murs. Et les chefs d’établissements se révèlent parfois accueillants… Celui du collège Jean-Claude Izzo propose à des compagnies de répéter en ses murs, en échange de représentations pour ses élèves ! Ainsi le théâtre de La Joliette y a présenté une pièce écrite par J.C. Raymond, et joué par sa Cie La Naïve. À partir de faits historiques, celle des lycéens parisiens qui fondèrent un réseau de résistance, le jeune auteur a écrit une fiction, parfois maladroitement ficelée, mais qui parle visiblement aux collégiens : parce que ses person-nages ont leur âge, qu’ils ont existé, et que les questions politiques et existentielles qu’ils se posent sont les leurs. Les comédiens défendent la pièce, émouvante, avec talent et énergie et Michel Agnelet, qui fut le plus jeune résistant français (il entra à moins de 14 ans dans le groupe du 11 novembre), suit la tournée et répond aux questions des spectateurs : le spectacle propose donc une manière d’entrer dans la réalité historique qui allie témoignage et fiction. Pédagogique, et bienvenu ! Le théâtre de la Minoterie poursuivra sa saison avec la création, en avril, de deux grandes pièces de Brecht : La bonne âme de Setchouan et Noces chez les petits bourgeois (du 22 avril au 17 mai). D’ici là deux épisodes préparatoires : un stage autour de Brecht et ses épigones, proposé par le GRETE (les 29 et 30 mars) et un Cabaret Bertolt festif : des rencontres, des discussions, des interventions autour de Brecht, depuis ses écrits théoriques jusqu’à ses chansons subversives. En attendant la double création maison ! A.F. Un autre 11 novembre a été programmé par la Minoterie au Collège Izzo du 26 fév au 1er mars Cabaret Brecht le 29 mars Théâtre de la Minoterie 04 91 90 07 94 www.minoterie.org Cabaret Brecht X-D.R, 9ccyr6. l’intégration : au-delà du problème spécifique de l’immigration, l’enfant doit-il se construire en intégrant les valeurs souvent absurdes, marchandes et inhumaines, de la société dans laquelle il vit ? A.F ET F.R. Une étoile pour Noël Sebastien Calvet Ceux qui partent à l’aventure a été joué au Gyptis du 4 au 8 mars Une étoile pour Noël de Nasser Djemaï du 24 au 26 avril 04 91 11 00 91 www.theatregyptis.com D 59.c4 r4
TOURSKY BANCS PUBLICS BERNARDINES THÉÂTRE 11 Des aubes glauques ! Ne vois-tu rien finir ? O Dans le cadre de son 13 e Festival Russe, le théâtre Toursky nous a proposé Ici les aubes sont calmes d’après une œuvre de Boris Vassiliev qui fut engagé volontaire dans l’Armée Rouge, pilote de chasse et déclaré Héros de l’Armée soviétique ! Cette pièce, adaptée d’une nouvelle, se passe sur le front russe en 1942 : une patrouille de jeunes femmes dirigées par un adjudant discipliné doit arrêter la progression d’un groupe armé de soldats allemands. Les jeunes femmes y laisseront leur vie. C’est triste ! Mais on sait que l’on fait rarement du bon théâtre avec de bons sentiments, et le traitement de ce fait militaire n’enthousiasme pas. Car cela a des relents de spectacle de patronage, version hagiographie facile, et de propagande soviétique. La mise en scène est banale, le jeu caricatural. Une scène fut particulièrement affligeante, lorsque les comédiennes en string se retrouvent au sauna dans les rires et la bonne humeur, sur fond de musique folklorique ! On n’y croit pas un instant, même quand le danger se rapproche, que l’ennemi resserre son étau. Peut-être quand une des jeunes filles s’enlise dans les marais en allant chercher des renforts, lorsque les soldats allemands, en tenue de camouflage, entraînent leur proie dans les marécages ? On ressort de là avec un amer regret pour tous ces sacrifices, sans trop savoir si la Bérézina est celle de l’Armée Rouge, ou du théâtre d’État. CHRIS BOURGUE Le théâtre d’Etat d’Orenbourg a joué Ici les aubes sont calmes au Toursky du 7 au 9 mars Moitié-moitié de Daniel Keene les 28 et 29 mars 0820 300 033 www.toursky.org « Les manèges déménagent » C’est Max Jacob qui le dit et celui d’Alain Béhar, auteur et metteur en scène, décoiffe, sidère et vous largue en orbite durablement. Neuf acteurs sans personnage, neuf figures sans identité, comme des chiffres ou des motifs, trament du théâtre pur et pourtant incarné : on a bien Œdipe ou Marguerite ou La Française des Jeux mais bien malin qui ne les perd pas dans leur course folle au dernier mot ! Ça court sur le plateau autour d’un axe qui tourne, ça lance des invites ou des invectives, ça grimace artistiquement, ça menace ou réconforte, convoque les dieux du ciel, de la philosophie ou du CAC 40 dans une chorégraphie époustouflante de précision ; ça évoque aussi l’intime des moments où l’on épluche des carottes, où l’on dit gentiment/perfidement à son copain qu’il a pris du poids... Cette permanente accélération de la jactance vers la fin du temps imparti est soulignée régulièrement par une rassurante (?) grandmère sortie du mur ou de la caverne des images vidéo, « je vous avais pourtant bien prévenus ». À qui s’adresse ce commentaire fatidique ? À ceux qui de leur corps et de leur voix sont en train d’écrire la trépidante inquiétude d’un présent de 100 minutes sur la scène ? Aux spectateurs, qui, de la même durée partagée, reçoivent éclats de voix ou de musique, gestes cinglants calculés au millimètre et se rac-crochent à cet espoir insensé, venu de l’enfance, de décrocher Elle criait tout bas ne manque pas d’ambition et relève d’une esthétique intéressante, qui a le mérite d’inter-roger sa forme. La jeune compagnie Traumerei toute féminine fait passer des fantômes, les épouses assassinées de Barbe Bleue, qui traversent la scène comme les spectres passent dans l’imaginaire, alourdis de chaînes sonores et invisibles. Elles disent aussi leur douleur, leur voracité, leur rivalité complice. Mais tout cela, comme souvent avec les spectacles de ce type (axé sur un thème, sans véritable texte et sans dramaturgie) traîne en longueurs, s’appesantit, agace. Car à force d’étirer le temps le vide se profile, l’ennui, devant une œuvre plasti-quement belle mais qui n’a pas intégré la dimension temporelle, rythmique, du spectacle. Le spectateur se sent otage, baille, s’endort. (Mon voisin ronflait d’ailleurs joliment, ce qui ajouta une D enfin le pompon d’un sens furtif et euphorisant ? Plaisir en tout cas de goûter à la liberté de cette intelligence foraine... MARIE-JO DHÔ note comique au spectacle, qui en était désespérément dépourvu). AGNÈS FRESCHEL Elle criait tout bas a été créé les 22 et 23 fév aux Bancs Publics Le collectif Corps/texte présente une étape de travail : Mosca, un duo pour comédienne et contrebassiste. Le collectif a pour vocation d’inventer « une danse pour être lue à haute voix ». Cette première étape propose une « lecture corporelle » d’un texte de Robert Musil, Le papier tue-mouche, qui décrit la lente agonie d’un insecte englué… Mosca Le 4 avril 04 91 64 60 00 www.lesbancspublics.com Manège d’Alain Béhar a été joué du 4 au 8 mars à Montévidéo, dans le cadre des Escales des Bernardines, N Manège Jerome Tisserand



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