Zibeline n°50 avril 2012
Zibeline n°50 avril 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°50 de avril 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 9,7 Mo

  • Dans ce numéro : la culture... tout le monde s'en fout !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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90 N PHILOSOPHIE ÉCOLOGIE POLITIQUE ÉCHANGE ET DIFFUSION DES SAVOIRS Marx et la nature Marx revient, on le sait. C’est la première pensée du capitalisme, de son mode de production et de ses contradictions. La nécessité d’une pensée écologique pourrait faire paniquer le marxisme, qui serait un productivisme peu soucieux de la nature. Ainsi Marx affirme à la fin des Manuscrits de 1844 : « La nature est le néant, un néant qui se vérifie comme néant, elle n’a pas de sens. » Ce qui signifie que la nature n’est qu’un objet, une matière, dont la mise en forme revient à l’humanité ; l’homme est donc un élément de la nature, mais capable de modifier cette nature à l’intérieur des lois de la nature. La mise en forme est dialectique : le déterminisme produit un agent, l’humanité, capable de renverser ses conditions d’existence, et donc la nature qui l’a produit. Pour Marx, il semble bien que le rapport social entre les hommes absorbe le rapport entre les hommes et la nature : il est vrai qu’au 19 ème siècle on a autre chose à penser que l’épuisement de la planète, et les crises climatiques et écologiques. Cependant on trouve aussi cette belle phrase contradictoire dans la Critique du programme de Gotha : « Le travail est le père de toute richesse ; la nature en est la mère. » Marx a-t’il donc, vraiment, négligé la surexploitation de la nature au profit de la seule pensée d’émancipation qui n’a que faire de la prise en compte de l’environnement écologique ? L’humanité est contrenature, premier problème de la pensée écologique. Et si la croissance capitaliste est inconciliable avec l’écologie, la pensée de gauche l’incorpore tardivement. Qu’est-ce donc que l’écologie politique et, pour commencer, que dit Marx de l’écologie ? Production vs humanité Deux écueils empêchent aujourd’hui la compréhension de la pensée de Marx sur la liberté humaine hors des rapports de production : la vulgate y compris à gauche (surtout celle de Michel Onfray) martèle que Tonkin Prod dans le marxisme il n’y a pas d’issue pour l’homme hors du travail, toute existence étant le fruit de rapports de production (ce qu’on appelle l’économisme de Marx). D’autres affirment aussi que pour Marx l’homme n’est pas libre puisque l’histoire est déterminée : l’homme fait l’histoire mais en étant déterminé par des conditions sociales qui le dépassent. En bref, Marx ne penserait l’homme que comme le fruit des rapports de production. Or Marx n’établit pas de hiérarchie entre les forces productives et les rapports de productions. Pour lui le rapport entre l’humanité et la nature, c’est-à-dire les forces productives qui varient en fonction du développement des sciences et des techniques, ne détermine pas les rapports entre les humains dans la production. Rien n’est plus étranger à Marx que ce schéma. Le fondement de sa réflexion consiste à montrer les mécanismes par lesquels l’homme peut renverser les conditions sociales qui l’empêchent d’être vraiment humain. Changer les rapports de production devrait justement permettre d’entretenir avec la nature une autre pensée que celle de la plus-value : celle de la valeur d’usage. En effet la nature est la mère de toute richesse : mais la richesse n’est pas le profit, la plusvalue ; elle est ce qui permet à l’homme de subvenir à ses besoins sociaux, c’est-à-dire la valeur d’usage. La manière de produire de l’homme, ou plus globalement son rapport à la nature, peut être renversé (cf. L’idéologie allemande), et seul ce renversement permettrait de changer l’exploitation destructive de la nature par l’homme. Écologie vs capitalisme Car le capitalisme, qui se fonde sur la valeur d’échange des produits et amène à produire plus pour enrichir plus, ne peut se concilier avec une pensée écologique, qui prend essentiellement en compte la valeur d’usage des produits. Valeur qui ne se détermine pas dans l’instant de leur consommation, mais dans la globalité de leur production : c’est-à-dire à quoi ils servent pour tous les hommes, sur le long terme et sans leur nuire. La pensée écologique n’est donc possible que dans le cadre d’une remise en cause de l’ordre économique existant, ce qu’elle n’ose avouer. Car quelle est la valeur des éoliennes ? Leur valeur d’échange sur un marché, leur rentabilité, qui est faible, ou leur valeur d’usage dans un contexte d’épuisement des énergies géologiques et de crise climatique ? RÉGIS VLACHOS L’idéologie allemande « L’histoire n’est rien que la succession des générations qui viennent l’une après l’autre et dont chacune exploite les matériaux, les capitaux, les forces productives léguées par toutes les générations précédentes… grâce à des artifices spéculatifs on peut nous faire croire que l’histoire à venir est le but de l’histoire passé (…) Assurément qu’avec l’extension mondiale des activités, les différents individus ont été de plus en plus asservis à une puissance qui est devenue de plus en plus massive pour apparaître finalement comme marché mondial (…) Il dépend aussi de ces conditions de vie, léguées par les générations successives, que la secousse révolutionnaire soit assez puissante pour renverser les fondements de l’ordre existant. »
1 Perse un jour, Perse toujours Spyros Théodorou, le directeur du cycle Échange et diffusion des savoirs, s’est montré particulièrement heureux d’accueillir Sophie Klimis, philosophe belge d’origine grecque, parce que dit-il, cette jeune femme « s’emploie à maintenir vivante la pensée de Cornélius Castoriadis, et à démontrer que la philosophie n’est pas réservée à certains, mais l’œuvre de tous, car elle fait se rejoindre la connaissance et le plaisir. » Il est vrai que sa conférence érudite et vivante remportait l’adhésion, tout autant que son enthousiasme pour la tragédie athénienne. En ces temps des origines de la démocratie (soit dit sans idéaliser une période qui entretenait aussi ses démons), le citoyen pouvait faire de la politique en dansant et chantant dans un chœur, y questionner la justice, les autorités, les faits historiques. Imaginez Les Perses, la tragédie d’Eschyle mise en scène quelques années seulement après la bataille de Salamine. On y demande aux combattants de naguère d’incarner leurs anciens ennemis, de se lamenter sur la réversibilité du sort humain. Parfois, les hommes chantent d’une voix suraigüe et pleurent comme des femmes, il leur arrive même de se mettre dans la peau d’un esclave ! Voilà ce que Platon a rejeté violemment : le danger de la simulation, qui peut contaminer une âme en l’éveillant au doute subversif. « La tragédie est un hybride entre réel et imaginaire, cela le dérange. Il voudrait travailler à leur séparation radicale. » Et pourtant, c’est bien en se coupant de la sphère émotionnelle qu’un être humain devient vraiment dangereux pour ses pairs : « C’est ce qui lui permet entre autres de rationaliser le transit des trains vers les chambres à gaz. » Castoriadis pensait que nous sommes des animaux fous, capables de décider d’aller à l’encontre de nos pulsions d’autoconservation, de jeûner, de mourir pour des idées, et en mesure d’investir des significations imaginaires : les Dieux et l’art des Muses autrefois, le Progrès et le Profit de nos jours... ce ne sont que des représentations performatives qui tentent d’apporter du sens à ce qui est absurde dans la condition humaine. Platon demandait l’expulsion par la Cité de toutes les formes poétiques, parce que les poètes ont un discours trompeur sur le monde, mais nos mythes nous aident à supporter notre mortalité. Conclusion ? Nous, citoyens d’aujourd’hui, ferions bien de garder la leçon des tragiques en tête. Et peut-être de danser et chanter un peu plus, en nous essayant à la politique. GAËLLE CLOAREC La conférence a eu lieu le 23 fév à l’Hôtel du Département, Marseille dans le cadre d’Échange et Diffusion des Savoirs Sophie Klimis X-D.R CONFERENCES A MOTEL DU DEPARTEMENT DES BOUCHES-6U-RHONE éch savoirs 11151[}I1 MIRACLES & MIRAGES DE LA REPRESENTATION VERITE, FICTION, CONNAISSANCE II CONFERENCES 18H45 ENTREE LIBRE 22 mars 2012 Jacques BOUVERESSE, philosophe LA LITTERATURE, LA VERITE ET LA CONNAISSANCE 12 avril 2012 Frédérique AÏT-TOUATI, historienne des idées LA VERITE DES FABLES : FICTION ET SAVOIR A L'AUBE DE LA MODERN ITE € DGRAMME & INFOS 19 avril 2012 NANCY HUSTON, écrivain FABULER Echange & diffusion des savoirs 04 426 11 24 50 contart@des-savoirs.org www.cg13.fr CONSEIL GENERAL 16uCnli4WM8X ! MuCEM les ardi s du MuCEM Comprendra leseivilisalions entre M0a1197i,190 41 VUroP4 Le pouvoir des image Vit a.rlil ? W. il CROYONS-NOUS AUX IMAGES ? Avec Michel Guérin er. 1 LA CONSTRUCTION 0E5 IMAGES Avec François Cheval jui orWW12— LES CARTES : IMAGES OU OUTILS ? Avec : Jean-Christophe Victor, f, ".5- hi.l ! othquc de Morseillc a vocation régionale 4 5B cours Belsunce f cit photo Courtesy Hears'CastlenCal.Vnia Sloe Fa 4a



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