Zibeline n°50 avril 2012
Zibeline n°50 avril 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°50 de avril 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 9,7 Mo

  • Dans ce numéro : la culture... tout le monde s'en fout !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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78 LIVRES ÉDITION INDÉPENDANTE SALON DU LIVRE Sylvie Germain Tadeusz Kluba Libraires et auteur Les 4 èmes Rencontres départementales la Région y invitait une maison de de l’Édition indépendantese sont tenues l’hexagone, remarquée par ses choix les 20 et 21 fév à la Bibliothèque Départementale, avec le concours de sont interrogés sur la liberté de publi- éditoriaux. Les intervenants invités se l’Agence Régionale du Livre (ARL). cation des éditeurs indépendants : quels Chacune des 11 maisons d’édition de freins et quelles orientations sont imposés par les bibliothèques ? Comment s’exerce la censure ? Des questions ont été posées aux représentants de la Région et du MOTif (observatoire de l’écrit en Ile de France) sur les aides publiques à l’édition et la diffusion. Devant l’inquiétude des libraires, la volonté d’aider ce « commerce » si particulier a été réaffirmée. Quant à rassurer… Dans ce cadre Pascal Jourdana a reçu Sylvie Germain à propos de ses deux derniers livres. Texte dense et fort, Le monde sans vous suit une commande de France Culture qui a invité une vingtaine d’écrivains à faire le voyage du Transsibérien de Moscou à Vladivostok et à écrire un texte dans le même temps. Sylvie Germain venait de perdre sa mère : « Je ne pouvais pas tricher avec ce que je portais. » Aussi le texte s’est-il spontanément écrit à deux voix, celle de cette « terre qui dort » au rythme lancinant du train et celle du souvenir de la mère disparue. Sylvie Germain a ajouté un hommage à son père, disparu 22 ans plus tôt, un « tombeau » au sens mallarméen du mot. La lecture qu’en ont donnée Sofia Teillet et Marie-Noëlle Viviani a été particulièrement appréciée par l’auteur, chacune ayant trouvé une couleur particulière, mêlant lyrisme et retenue. Ses réflexions sur la disparition et la mort l’ont alors amenée à écrire un essai Rendez-vous nomade, qui fait « l’état des lieux » d’où elle parle, notamment la Bible. Elle y interroge des mots comme « réalité », « imagination » et « Dieu », mais se refuse à démontrer... « Je reste taraudée par la question de Dieu mais nage en eau trouble. » Depuis son premier roman en 1984 ses questionnements sur l’humain leur donnent un souffle très particulier, à la fois lyrique et terriblement ancré dans le réel. Ils n’ont pu être malheureusement qu’évoqués, mais ils étaient tous proposés par la librairie Histoire de l’œil. À lire absolument. CHRIS BOURGUE Japon au salon Paris, 32 ème Salon du Livre, jour 1. La foule se presse Porte de Versailles. Malgré le grand soleil et l’atmosphère printanière, ils sont nombreux à préférer s’enfermer pour la journée dans le hall gigantesque réservé à ce qui reste LA grande rencontre annuelle avec les livres et les auteurs. Beaucoup de scolaires en ce vendredi, mais pas seulement. Du monde, beaucoup de monde. Du bruit, beaucoup de bruit. Une gigantesque foire, avec ses bateleurs et ses animations à tous les coins de stands. Un véritable lieu d’échanges et de découvertes pourtant. Le Japon est à l’honneur cette année, avec 20 auteurs invités, et sur le Salon plane l’ombre de Fukushima (voir p.73). Au pavillon japonais, structure sobre et ondulante de baguettes de bois brut, une exposition de photographies rappelle le 11 mars 2011. Malgré les démonstrations de calligraphie ou d’ikebana (art floral traditionnel), c’est l’image d’un Japon meurtri qui domine. Durant tout le week-end, des tables rondes seront organisées pour tenter de dire le traumatisme. L’une d’elles réunit le journaliste Claude Leblanc (auteur de Le Japon vu du train, à paraître le 5 avril), le géographe Augustin Berque tout juste de retour d’un colloque au Japon sur la catastrophe, la traductrice Corinne Atlan et Ryoko Sekiguchi, dont la chronique japonaise Ce n’est pas un hasard a été éditée à l’automne dernier (POL). Celle-ci insiste sur la difficulté, aujourd’hui encore, à nommer l’événement (beaucoup, à Tokyo n’y parviennent pas) et sur le fait qu’on ne peut pas parler d’un « après Fukushima », puisque « on est encore dedans ». Tous insistent sur la rupture que constitue le 11 mars, sur la perte de confiance des Japonais dans leurs hommes politiques et sur l’émergence de mouvements de contestation, du nucléaire en particulier. Des questions nouvelles, décisives pour la société japonaise et pour le monde entier, que les jeunes auteurs comme Furukawa (voir p.72) prennent à bras le corps. Philippe Picquier n’a pas attendu le Salon 2012 pour mettre le Japon à l’honneur. Fasciné depuis l’enfance par l’Extrême-Orient, il propose aujourd’hui un imposant catalogue de plus d’un millier de titres et fait Le Pavillon Japonais collectif enn2004 paraître une quarantaine de nouveautés par an. La maison arlésienne peut être fière de son succès ; elle édite plusieurs des auteurs invités et l’un d’eux, Isaka Kôtarô, a reçu au Salon le prix Zoom Japon pour son roman La prière d’Audubon. Les éditions Picquier, ainsi que 23 autres maisons, sont accueillies au Salon sur le stand de la Région PACA, dans le cadre de son programme en faveur du livre et de la lecture. Notre région est par ailleurs bien représentée par l’énorme stand d’Actes Sud. Il y aurait encore beaucoup à rapporter. Sur Moscou, la ville invitée, et sur la personnalité contrastée des écrivains moscovites, le radical Zhakar Prilepine en tête. Sur l’Américain Russell Banks, venu présenter son dernier roman, Lointain souvenir de la peau (Actes Sud)… Mais plus de place, pas même pour un haïku ! FRED ROBERT Le Salon du Livre de Paris s’est tenu du 16 au 19 mars Le Pavillon Japonais collectif enn2004 de C11E411.11 *302E : PH tait fl 1 6.1
LA MARELLE SAINT-MAXIMIN MAUPETIT LIVRES 79 L’odyssée d’une femme La Marelle, villa des projets d’auteurs, accueille d’ordinaire en ses murs des romanciers : Robert McLiam Wilson récemment, bientôt Arno Bertina puis Xavier Bazot. Mais l’équipe a fait une exception en offrant une résidence de quatre semaines à des écrivains de théâtre : la thématique abordée, la figure des femmes dans l’immigration contemporaine, et l’originalité du projet les a séduits. Va jusqu’où tu pourras est une œuvre singulière et collégiale qui sera créée en 2013 dans 4 pays. Une trilogie dramatique que Joëlle Cattino, directrice artistique de la Cie Dynamo Théâtre, a imaginée et mettra en scène. Trois épisodes du périple d’une femme, de la frontière irakienne à Istanbul, de la Turquie à Marseille, puis de la France à la Belgique ; trois étapes d’une migration, successivement prises en charge par trois auteurs, une Turque Sedef Ecer, un Français Michel Bellier, un Belge Stanislas Cotton. Pour l’heure, la résidence du Français et de la Turque à La Marelle a permis d’élaborer une charte dramaturgique nécessaire à l’harmonie d’ensemble (Michel Bellier fera de même en mai avec Stanislas Cotton) et de rencontrer sociologues, travailleurs sociaux et femmes migrantes, afin de nourrir de réalité la fiction en cours. Pour donner un avant-goût de cette écriture croisée La Marelle a organisé, le 27 février, une rencontre aux Grandes Tables de La Friche, en partenariat avec La Cité Maison de théâtre, qui a fait de cette soirée de débat, de lectures et de musique une de ses « mises en bouche » avant l’ouverture de la Biennale des Écritures du Réel (voir p.6). Joëlle Cattino et Michel Bellier ont détaillé la genèse et les étapes du projet, en insistant sur le défi que représente une telle « réunion d’artistes ». D’autant qu’aux voix des 3 auteurs dramatiques viendra s’ajouter celle de Fred Nevchehirlian. Le musicien « touché par le trajet de cette femme » a accepté de participer à l’aventure, en composant la musique du spectacle, lien sonore entre tous les langages de la pièce. Cette rencontre a aussi été l’occasion de découvrir les univers et le style des 3 auteurs engagés dans cette création atypique. Deux jeunes comédiens qui feront partie de la distribution, Blanche Van Hyfte et Fabien-Aïssa Busetta, ont régalé l’assistance de leurs lectures percutantes. Aujourd’hui, le voyage est encore long jusqu’à la création. D’autres résidences d’écriture sont prévues, avant la mise en scène puis les répétitions, auxquelles le public marseillais devrait pouvoir assister dans le cadre d’un X-D.R « plateau ouvert » au théâtre du Gymnase en novembre prochain. FRED ROBERT À lire Sedef Ecer Sur le seuil et A la périphérie (L’Amandier) Michel Bellier L’étincelle (Lansman) Stanislas Cotton Bureau national des allogènes (Lansman) La chair des mots Masques et madeleines Les masques accrochés aux murs étaient étranges, parfois drôles, souvent inquiétants. Les madeleines offertes à la fin avaient été passées à la cendre et laissaient sur les lèvres un film noirâtre. Figures grimaçantes, collation cendrée, il n’en fallait pas moins pour accompagner l’Avant-goût de Peste proposé par le théâtre de l’Arnaque. Cette jeune compagnie, qui veut offrir la pratique théâtrale à un public précaire peu accoutumé aux plateaux, a créé en septembre un atelier autour du thème de la peste. Voici pourquoi la librairie Maupetit accueillait en février deux « lectures actives », présentations publiques du travail mené d’après les Ritta Baddoura Claudie Lenzi « Je suis en guerre avec les mots », flamme vive, tournoyant au milieu du public « voltige de cirque, arène », RittaBaddoura se livre à une vaste improvisation à partir de mots cueillis au détour de ses poèmes, portés par différents spectateurs devenus complices par la matérialité des feuilles de papier qui s’accrochent à eux. « Ma voix, ma voix étrangère » les mots deviennent incantation, s’animent de jeux, laissent des images éclore, charriées par le flux tantôt rapide, chaotique, tantôt large et fluide, apaisé. Exploration subtile des limites du langage, « je cherche pendant que je trouve » … D’origine Libanaise, la jeune poétesse choisit le Français pour une poésie sensuelle et lyrique où parfois affleure la richesse des images de la langue arabe. « Les mots français qui m’attirent ont de Théâtre de l'Arnaque DB - Librairie Maupetit la chair, il y a quelque chose dans la volupté de dire, une texture. » Par la pratique de la performance publique, elle sait rendre vie à ce genre trop souvent confidentiel. « Il ne s’agit pas d’agresser les gens, mais de les confronter à eux-mêmes, signifier dans leur expérience à eux. » RittaBaddoura poursuit cette confrontation par des ateliers d’écriture auprès de retraités, d’ados, de femmes, parallèlement à ceux menés par Éric Blanco, Frédérique Guétat-Liviani et Christophe Forgeot. Cette fête, cette explosion de créativité a un cadre, pour la 4 ème année consécutive : Un Max’de Poésies, né de la dynamique de la ville de Saint- Maximin et de la ZIP Plaine Page de Barjols. À coté de leurs ateliers et performances, l’exposition Premières Pages au nouveau lieu Pôle Culturel de Saint- 0 Maximin, doublée par l’édition du catalogue dans Art-Matin : plus de 60 artistes, poètes, plasticiens, se sont livrés au jeu de la première page, avec une mise en scène graphique (collages, déchirures, objets, photographies, dessins, peintures…) et une justification de leur choix, sous une forme académique, poétique, sensitive, ironique. À cela ajoutez la présentation de Claudie Lenzi sous forme de poème à la Queneau… Que du bonheur ! MARYVONNE COLOMBANI Un Max’de Poésies s’est tenu du 25 fév au 14 mars à Saint-Maximin Revue Art-Matin n°4 Plaine Page, 7 € Scènes de la Vie marseillaise pendant la Peste de 1720 de Dominique Cier (Actes Sud, 1979). Comment ne pas se sentir cerné par l’épidémie ? Le dispositif y conviait : le public était assis au centre ; autour de lui, les lecteurs comédiens circulaient, changeant de rôle, de voix, de lieu, avec enthousiasme et conviction. Car la peste, fléau hautement symbolique, n’a pas fini de tuer. FRED ROBERT À suivre : un Festin de Peste organisé le 1er avril au Point de Bascule, Marseille



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