Zibeline n°50 avril 2012
Zibeline n°50 avril 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°50 de avril 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 9,7 Mo

  • Dans ce numéro : la culture... tout le monde s'en fout !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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74 LIVRES LITTÉRATURE Afrique très noire Le chasseur de lucioles, voici un titre qui fleure bon les crépuscules grandioses sur la savane. On se voit déjà dans une ferme en Afrique… Stop, arrêtez tout ! Chez Janis Otsiemi, c’est dans la jungle urbaine que le chasseur traque ses proies. Et les lucioles, à la nuit tombée, arpentent les trottoirs de la ville ; on les appelle aussi « katangaises », « bordelles »... Bienvenue à Libreville, sa corruption, son népotisme, son commerce de « la cuisse tarifée », ses trafics en tous genres. Otsiemi dit être « entré dans le polar par effraction ». D’abord poète et essayiste, il a opté pour le noir, tendance social et urbain, en 2007. Apparemment, il a eu raison : invité au prestigieux festival Étonnants voyageurs, il a obtenu en 2010 le Prix Gabonais du Roman pour La vie est un sale boulot. Depuis, il persiste et signe des romans où l’intrigue importe moins que le tableau réaliste d’une société gabonaise obsédée par l’argent et le sexe. Dans Le chasseur de lucioles, deux enquêtes sont menées en parallèle : la première sur un braquage violent et crapuleux, la seconde sur une série de meurtres commis sur des prostituées. Les deux seront élucidées ; mais ce n’est pas tant le suspense qui compte (il n’y en a quasiment pas) que la façon dont Otsiemi immerge le lecteur dans le rythme de la ville. Son écriture vive, très dialoguée, truffée de « gabonismes » et ponctuée de dictons plus ou moins fantaisistes plonge au cœur de la réalité gabonaise contemporaine. Non sans cynisme, mais avec un humour décalé réjouissant. FRED ROBERT Le chasseur de lucioles Janis Otsiemi Jigal, 16 € L’auteur sera présent au Salon du Livre de Genève du 24 au 29 avril prochain JANIS OTSIEMI of :. v... 7.6E CHASSEUR `- DE LUCIOLES L'ÉCRIVAIN OUI FAIT DES BEM A LA LANGUE PRANCAISE LAW r _ouiasnU Le nom de la psychanalyse Roland Gori, animateur en 2009 de « l’appel des appels », reprend et adapte le titre de l’ouvrage du philosophe Alain Badiou qui s’interrogeait en 2007 sur De quoi Sarkozy est le nom. L’ouvrage sous-titré Démocratie et subjectivité constitue l’approche analytique et matérialiste la plus approfondie de la dominance idéologique depuis les travaux d’Althusser sur le sujet. Différentes réponses, pas toutes aussi intelligibles, à la question posée dans le titre, amusant dans les associations qu’il implique, sont données au cours du développement. Cependant ce travail est une analyse fine et très richement référencée, des incidences de la dérive totalitaire de l’ultra libéralisme sur les consciences individuelles et les subjectivités inconscientes. Les mécanismes de pressions et d’inductions idéologiques tels que le « tout évaluation » sont démontés et décrits très rigoureusement. Le fléau libéral et marchand a des conséquences catastrophiques sur la liberté citoyenne et donc sur la culture en tant que médiateur de résolution de la contradiction intrinsèque entre individu moral et sujet désirant. Jusqu’à la connaissance qui deviendrait un capital à faire fructifier et à léguer sous forme de brevet et -pourquoi pas ? - de patrimoine génétique… gène de la délinquance ou du génie scientifique. Il est montré par le détail à cette occasion combien l’ouvrage caricatural d’Onfray sur l’œuvre de Freud est symptomatique de ce nouvel esprit d’évaluation de l’œuvre humaine : coût liberticide pour un coup médiatique et mercantile. Dans la ligne des travaux de Hannah Arendt, Michel Foucault, Jean-Claude Michéa… le livre de Gori permet de mieux comprendre les aliénations qui tendent à gouverner nos « valeurs » et à inféoder l’œuvre culturelle à la loi des marchands du temple. Quoique dans un style se voulant accessible à tous, ce livre-clé est parfois peu facile à lire par la complexité du propos. YVES BERCHADSKY De quoi Roland Cori ld psychanalyse est-elle le nom ? Diaaawllt x whann..n De quoi la psychanalyse est-elle le nom ? Roland Gori Denoël, 23 € r, - J. tl, Pas sages et clandestins Esprits forts régulièrement taxés de faiblesse dissolue, les libertins auront été les « clandestins du grand siècle ». En étudiant les contextes de réception du libertinage, Jean-Pierre Cavaillé conteste quelques idées reçues : loin d’être une excroissance corrosive et marginale du 17 e classique, le chercheur souligne la continuité, du 16 e au 18e, de cette contre-culture irréligieuse et irrévérencieuse, discrète par choix autant que par contrainte. Il montre aussi que les deux libertinages que l’histoire a si souvent opposés -le libertinage vertueux, érudit, philosophique et athée ; le libertinage tapageur, des poètes à pendre comme Théophile de Viau et autres débauchés- sont en fait indissociables. Et c’est cette articulation essentielle des idées et des comportements qui est passionnante, parce qu’elle montre comment se rejoue dans l’intime et la sexualité, la sodomie en particulier, une dénonciation radicale des normes et des impostures religieuses, sociales et politiques par une sagesse profane qui se défie tout autant des prêtres, des princes et du peuple. Manière salutaire d’aborder les choses, qui rend à la littérature sa force de trouble et d’équivoque dans la sphère des idées, et interroge à bon escient les questions religieuses et morales de notre époque. AUDE FANLO Postures libertines Jean-Pierre Cavaillé Anacharsis, 22 €
Sur le bout des lèvres Au Port a jauni, les livres bilingues en français et en arabe sont initiés par Mathilde Chèvre, directrice éditoriale, dont la vie se partage entre Marseille et Damas. L’un des tout derniers-nés, Alifbata, est un parcours phonétique et poétique à partir des trois premières lettres de l’alphabet arabe : Alif, Ba et Ta. Plus qu’un abécédaire classique, il invite à murmurer les langues à voix haute et à plusieurs, à glisser d’une lettre au mot (kalm pour blessure n’est-il pas le meilleur des onguents ?), d’un mot aux poèmes (21 auteurs invités), d’un poème à une image (illustrations de Zeynep Perinçek). Séquencé comme un calendrier, Alifbata laisse une large place aux peintures abstraites qui tantôt mangent la page, idéalement pour Z comme zarf (enveloppe), tantôt la cinglent de couleurs et de taches, idéalement là encore pour S comme saraka (crier). Le lecteur librement découvre l’alphabet, de droite à gauche et inversement, de A comme asl (origine) à Y comme yad (main) ou pioche au hasard les lettres qui l’interpellent, recomposant son propre abécédaire… MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Alifbata Le Port a jauni, 13 L’ouvrage a été présenté le 27 janvier au Lièvre de Mars en présence du collectif. LIVRES 75 Cuisine d’auteur… On sait que Marek Halter fait des histoires, les fait vivre et d’ailleurs les vit lui-même aussi facilement ; (auto)- biographie vertigineuse et contestée (Staline a-t-il vraimentpassé la main dans les cheveux du petit pionnier le 8 mai 1945 ?) ; puissance d’écriture incontestable, au-delà des soupçons d’authenticité ; qu’importe, si le plaisir de lecture est bien là ! Le problème ? la recette est plus savoureuse que le plat ! Prenez une actrice soviétique « superbe inconnue », « le bleu des yeux aussi sombre qu’un abysse » (sic) confrontée aux vils soupçons d’espionnage des tribunaux de la Commission des activités anti-américaines ; Mc Carthy et Richard Nixon dans leurs basses œuvres et à travers les récits rétrospectifs de Marina Andreïeva Gousseïv, le diabolique Staline et son enfer planifié ; un gentil journaliste Al (double bourbon, spider Nash et girlfriend sténodactylographe) qui va transformer ses notes d’audience en roman ; celui-là même que vous êtes en train de lire. Cool non ? Pour pimenter le tout, un cadre parfaitement exotique, plus pittoresque que le Goulag : l’oblast juif du Birobidjan créé en 1928 aux confins de la Sibérie par le petit père des peuples pour y remiser ses encombrants sémites. Yiddishland où se croisent dans l’exaltation créatrice et le dénuement tragique, transfuges du Goset (théâtre national juif) et... espions américains ! Coup de foudre et « amour qui mord comme la famine », le tour est joué ! Alléchant mais indigeste à force de lieux communs et de pesanteur syntaxique, le roman applique à la lettre la devise du camp K428 « D’une poigne de fer, nous conduirons l’humanité vers le bonheur » ! MARIE-JO DHÔ MAREK HALTERr.'dRrrrnnspo aKrrbolri,ya L’inconnue de Birobidjan Marek Halter Robert Laffont, 21,50 € Éditions Espaces 34 Cela fait 20 ans que les Éditions Espaces 34 sont installées dans un petit village de l’Hérault. Sabine Chevallier s’y applique à éditer de jeunes auteurs contemporains, et notamment du théâtre. Elle reçoit un manuscrit par jour, les examine tous, puis choisit d’en partager certains. Un réseau s’est peu à peu créé. Ainsi les Lectures-Cabanon du Théâtre du Petit Matin à Marseille permettent de faire découvrir nouveaux textes et nouveaux auteurs. Rémi Chechetto souligne l’intérêt des liens entre un lieu théâtral et un éditeur pour la diffusion des textes ; il précise aussi lors de son passage à Marseille qu’une « maison d’édition s’appelle « maison » car on a envie d’y être ensemble » soulignant l’importance du rôle de son éditrice. Histoire Naturelle ? C’est précisément une photo flamboyante de Sabine Chevallier qui illumine avec justesse la sobre couverture du dernier paru au titre vertigineux L’HOMME ET CETERA ; il ne perdra ses majuscules qu’en devenant le héros de sa propre épopée, de la nôtre d’ailleurs ! Fruit d’une commande du domaine d’O dans le cadre du projet Sciences-Fictions, cette écriture de théâtre, ainsi répertoriée sur la couverture, a pris forme avec la rencontre de Rémi Chechetto et de deux scientifiques, une psychiatre-biologiste et un chimiste. Le regard alerte du poète n’en est que plus aiguisé et le lexique ainsi glané, tout neuf dans son œuvre, semble lui donner des ailes ! Et ça galope, de la poussière de rien -car comment dire l’origine ? - au « tout est poussière » de l’Ecclésiaste -car comment dire la fin ? -. Tout y est en une longue phrase sans essoufflement, avec virgules, points d’interrogation, ouverte sur l’infini et nourrie de digressions. Virtuose, ivre parfois de son propre emballement, hilarante, se moquant aussi de sa propre facilité à capter les petits airs du temps, cette prose euphorisante fait éclater en mille échos une image de l’Homme parfaitement honnête qui nous amène sans effort à nous réjouir d’être descendus aussi vite du singe ! MARIE-JO DHÔ L'HOMME ET CETERA FIN] niECoiErro Le texte sera interprété le 27 mars au Domaine d’O à Montpellier par la Cie des perles de verre L’Homme et cetera Rémi Chechetto Espaces 34, 10 €



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