Zibeline n°50 avril 2012
Zibeline n°50 avril 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°50 de avril 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 9,7 Mo

  • Dans ce numéro : la culture... tout le monde s'en fout !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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72 LIVRES POLAR JAPON Été meurtrier Maurice Gouiran n’en finit pas de nous rafraîchir la mémoire. Il ne se lasse pas de rouvrir les dossiers trop vite bouclés, de sonder les bégaiements de l’histoire, afin de nous inciter à plus de vigilance. Après l’Espagne et l’Argentine, leurs dictatures, leurs charniers et leurs disparus, son 20 ème roman -déjà ! - revient en France. Marseille, été 1973, chronique d’une décade de haine. Et retour en arrière sur la jeunesse de son narrateur récurrent, Clovis Narigou. Lui qui était venu passer quelques jours tranquilles chez son grand-père pour profiter du soleil, de la mer et des filles, ce ne sont pas des vacances qu’il va vivre entre le 26 août et le 7 septembre 1973. Mais au-delà des péripéties subies par Clovis et sa copine Olivia, ce que pointe ce « roman », c’est la façon dont, cet été-là, les crimes racistes se sont enchaînés, dont ils ont été transformés par la police et une certaine presse en « règlements de comptes entre voyous nord-africains », et, très vite, classés sans suite. L’évocation quasi journalistique de ces meurtres en série ponctue le texte tandis qu’en écho à ces ratonnades, le « carnet d’Angelina » ouvre les yeux de Clovis sur un autre massacre, celui des Italiens à Aigues-Mortes en 1893. Quant aux feuillets d’almanach qui rythment aussi l’histoire, ils s’enrichissent de dictons fantaisistes mais aussi de citations xénophobes authentiques, dont la dernière, attribuée à Claude Guéant, date de 2011. Sous la fiction la rage… FRED ROBERT Et l’été finira Maurice Gouiran Jigal, 18,50 € MAURICE GOUl'ioinorrcrw,u Hé, les chiens, où êtes-vous ? Drôle d’aventure que la lecture d’Alors Belka, tu n’aboies plus ? Une haletante histoire de guerres et de chiens, une étonnante saga canine menée à fond de train et tous azimuts par un auteur célébré au Japon mais encore très peu connu en France. Paru en 2005, ce roman est la première œuvre d’Hideo Furukawa traduite en français. Excellente occasion pour le public hexagonal de plonger dans un univers et un style très particuliers, entre chronique de l’histoire mondiale récente et roman d’aventures, prose prophétique et argot, lyrisme et humour noir. Une fiction hybride, parfois déroutante mais toujours magistralement orchestrée, qui relate les bruits et la fureur du XXème siècle, de la fin de la 2 ème guerre mondiale au démembrement de l’Union soviétique, à travers la généalogie de 4 chiens abandonnés par l’armée japonaise sur une île déserte du Pacifique en 1943. Cette « île sans nom », « comme prise au milieu du temps zéro » « était le lieu de la fin du monde, mais aussi le lieu d’où pouvait naître un nouveau monde. » C’est dans cette atmosphère d’apocalypse que commence la saga des 4 chiens soldats dont les descendants accompagneront les hommes dans tous leurs conflits de l’après-guerre, dans tous leurs trafics mafieux aussi. Comme les chiens, le récit se déploie dans le temps et dans l’espace (jusque sur la Lune) ; et tout au long de cette fiction animalière qui en dit long sur la brutalité humaine, Furukawa dispense de petits cours d’histoire et de géopolitique avec un sens du raccourci et un cynisme épatants. FRED ROBERT Alors Belka, tu n’aboies plus ? Hideo Furukawa, traduit du japonais par Patrick Honnoré Philippe Picquier, 19,80 € I. 4 I{ 4 k 4i1A 1114410.1 Alors Bclka, fu n'a6ois plus ? Furukawa était l'un l’un clic des auteurs aittrluc rouit invités au Salon du Livre de Paris Impossible rédemption Doc vit sa déchéance dans la banlieue sud de San Antonio, à South Presa Street, « un monde de l’ombre » où se mélangent drogués, dealers, maquereaux et putes, « des déclassés de diverses obédiences, marginalisés par choix ou par nécessité ». Lui c’est l’héroïne qui le tient, et pour pouvoir se payer ses doses cet ancien médecin soigne surtout les prostituées, pratique des avortements clandestins, guérit les coups de couteau et blessures par balles. Perpétuellement flanqué du fantôme encombrant de Hank Williams -c’est lui qui lui a administré sa dose fatale de Morphine-, Doc va devoir soigner Graciela, une jeune mexicaine qui se remettra de cet avortement honteux et terrifiant, et finira par s’installer tout naturellement avec Doc, bouleversant sa vie, et celle du quartier, à jamais. SteveEarle, grande figure de la country rock, ancien toxicomane, signe-là un roman qui dit crûment le manque, la misère, la violence d’un quotidien qui n’a souvent pas de lendemains, mais aussi la solidarité qui nait de situations épouvantables dans cette société de laissés pour compte qui n’aspirent qu’au bonheur. Un roman aux accents de chant désespéré, à l’image du titre qui n’est autre que celui du dernier single de Hank Williams, I’ll never get out of this world alive, « cette lamentation tord-boyau, crève-cœur [qui] se glissait dans les os comme l’humidité d’un jour d’hiver ». DO.M. Je ne quitterai pas ce monde en vie SteveEarle Traduit par François Thomazeau L’Écailler, 18 €
Mon autre lointain A-t-on pris la mesure de ce qui a eu lieu, il y a un an, au Japon ? L’Archipel des séismes, compilation bouleversante d’écrits très divers recueillis depuis le 11 mars, a la force d’une révélation : si le monde a échappé à sa fin, la fin d’un monde est accomplie, et a commencé au Japon, ce jour-là. Comment ? Le tremblement de terre, le tsunami géant, l’accident nucléaire. Certes. Mais, à la lecture du désordre et de la douleur de ces textes, il est clair que le mal vient de plus loin, et qu’il nous faut en prendre la mesure. Nos médias, ancrés dans leur racisme ordinaire envers les Asiatiques, nous ont présenté les Japonais comme étonnamment résignés, déshumanisant leur immense souffrance, jouant de la distance géographique pour éloigner de nos consciences l’empathie que le monde devrait éprouver pour ce peuple qui sombre. Chacun de ces textes, court article, poème, nouvelle, essai, compte rendu, reportage, chacun de ces textes raconte, souvent pudiquement, la disparition des êtres chers, mais aussi la table rase de tout, l’anéantissement absolu des repères, faune, fleurs, nourritures, objets, souvenirs et savoir-faire, paysage, gestes, tout est irrémédiablement détruit. Tous disent la mort, et le plaisir qu’on ne peut plus prendre à regarder la mer, à voir les cerisiers refleurir. La poésie d’un peuple aussi qui, en parlant d’un ours, d’un poisson à tête d’homme, d’un plat qu’on ne peut plus faire, d’une montre arrêtée, s’adresse très intensément à nos émotions communes. D’autres textes, un peu plus tardifs, disent la révolte. Cela aussi, nos médias nous l’ont caché. Aujourd’hui les Japonais sortent dans la rue, eux qui depuis 20 ans traversaient le réel ancrés dans la virtualité de leurs gadgets électroniques, aliénés par un système économique et politique aux mains des industriels du nucléaire. Ils savent désormais que l’énergie nucléaire n’était pas sûre, non parce qu’elle ne l’est jamais, mais par pur appât du gain immédiat : Tepco est coupable, le gouvernement, la justice, les médias, d’avoir accepté des normes de sécurité très en deçà des risques réels : 6.8 de magnitude, alors que le Japon a connu en 1896 et en 1946 des séismes de 8 et 9, et il y a 1000 ans un certainement plus grand encore. Les autorités Japonaises, et Tepco, ont géré le tsunami, puis l’accident nucléaire, en amateurs inconscients. Car tous les écrivains le disent, d’une manière ou d’une autre : « Nous ne pouvons plus appliquer le modèle social dont nous dépendions jusquelà. Résoudre une équation unique à laquelle on ajoute, de temps en temps, selon les besoins, quelques variables de substitution, est devenu impossible. C’est l’équation elle-même qu’il faut maintenant corriger » (Ikesawa Natsuki, Vers une pauvreté sereine). Au Japon, réinventer le réel n’est pas seulement possible : c’est indispensable. Notre réel aussi : les radiations n’obéissent pas plus aux frontières géographiques que l’aveuglement du capitalisme. AGNÈS FRESCHEL L'ARCHIPEL 0E5 5É15N1E5rnils da Japon ape : Io 11 mars ao-r is.ro.,sa`. «... culs vs,. L’Archipel des séismes Écrits du Japon après le 11 mars Picquier poche, 9 € ; ENOONTRES D'AUTEURS, TABLES RCI,NBES, eC11pN3, ANIMATIONS, ESakCeB LIBrinl IFE s 6.,mT [en mir.m.r.bmp,-pme,um AVRIL 2012 12/13/14/15 CHAPELLE DE L'OBSERVANCE DRAGIJIGNAN..., ERRI DE LUCA. INVITE D'HONNEUR HUGOP n'festation est soutenue par de Préhistoire des gorges du Verdon Ov ins.on - Alpes de Haute Provence'4\4 4 D 2/FËVRIER ER NOVEAhBRE 2D12 tH'iE E RT*L !'L°EUROPÉE [j t I j. ❑ -r Q v S'Sca oz,nsi avec aé1re moelle Les contributions des auteurs et traducteurs sont bénévoles, les bénéfices reversés aux sinistrés dutsunami et de la région inhabitable de Fukushima uoi. OrpAo[uo-a ae walmc enrclEgo-+o-llo-n a : Renseignement : 04 92 74 b9 59 et sur www.musee 1 PLACE ACHETÉE = 1 PLACE OFFERTE*'OFFRE VALEHLE POUR IAC ? üQ Del PLACE PLEIN TARIF JUSQU'AU 15112,12012 SUR PRÉSENTATION DE CE COUPON



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