Zibeline n°50 avril 2012
Zibeline n°50 avril 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°50 de avril 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 9,7 Mo

  • Dans ce numéro : la culture... tout le monde s'en fout !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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68 LIVRES PATRIMOINE ARCHITECTURE Mémoire ouvrière 14 000 m² de béton : l’une des plus grandes entreprises niçoises du bâtiment est devenue un lieu d’accueil et de résidence pour compagnies de spectacle vivant. Ouvriers, artistes, même combat ? Sur les traces des bâtisseurs a en tout cas été conçu comme un hommage des nouveaux occupants de la Halle Spada à leurs prédécesseurs. Au terme d’une collecte de témoignages et d’archives confiée à Robert Matthey, photographevidéaste, ce sont plus de 30 heures d’entretiens avec les anciens salariés qui ont été utilisées pour restituer la mémoire ouvrière du site. Printemps 2010 : un parcours-spectacle est proposé par Vanessa Clément au public niçois, mettant en scène le travail de 24 La boîte à idées Il y a un peu plus d’un an, l’exposition Construire Bruxelles recensait au Bozar les futurs grands questionnements du renouveau architectural et urbanistique de la capitale belge. Ces défis urbains majeurs s’exposent aujourd’hui dans un superbe ouvrage publié sous la direction de Joachim Declerck, Construire Bruxelles, architectures et espaces urbains, 44 projets, 5 défis. Les grands axes de ce vaste chantier sont définis à travers 5 grands thèmes : la démographie, les équipements publics, l’économie urbaine, la mobilité et les nouveaux quartiers. Pour ne plus cantonner cette ville en mutation à l’Art Nouveau de Horta et Cie, si élégant artistes, techniciens et plasticiens dans ce gigantesque espace. Le livre-DVD qui vient de paraître est une manière de prolonger cette œuvre collective de valorisation du patrimoine industriel local. Ainsi l’art permet d’entendre la voix du passé, le témoignage de ces vies consacrées au travail, le quotidien de l’Elégant, Pouf Pouf, la Libellule, Pierre l’Arabe, Jeannot le Corse, Testa Blanca et le Ruffian pendant leurs décennies d’activité. Les intermittents d’aujourd’hui se sont emparés de l’esprit des lieux, et mériteraient de faire des émules. GAËLLE CLOAREC soit-il, 44 projets singuliers et novateurs sont étudiés à travers l’Europe, de Lyon à Amsterdam, de Zurich à Porto, en passant par Londres, Barcelone et Le Havre où se côtoient nouvelle génération et architectes de renoms (Jean Nouvel, Zaha Hadid…). Un grand format aux illustrations de qualité, à la mise en page originale agréable à parcourir, qui a l’intérêt de donner à voir un renouveau européen fourmillant d’idées, véritable laboratoire bruxellois. FRED ISOLETTA Donner du sens à l’argent Ce livre corse commence comme une fable, avec le ton suranné de l’épopée romantique, une mystique de l’île, de sa beauté martyr… leurre de bon aloi ! Car Femuquì, apporte une réflexion et des solutions concrètes aux problèmes économiques de la Corse. Gilles Luneau raconte le cheminement de Femuquì, société qui soutient des projets d’économie solidaire : de la prise de conscience des capacités, avec recours à l’exemple (Basque), analyse rigoureuse des besoins et des possibles… jusqu’à la naissance de cette société financière, émanation des biens des actionnaires. Car Femuquì est née d’une souscription régionale dans un esprit militant respectueux des hommes. Il y a là une démonstration : morale, économie et politique peuvent exister ensemble. Réaliste, Femuquì soutient des projets viables : chaque dossier passe au crible des critères de faisabilité, de respect de l’environnement, d’apport réel à la Corse. Femuquì prend alors des allures de club de réflexion sur l’entreprise corse… Actions aussi de résistance, de soutien, lorsqu’une entreprise subit un sabotage… Un bilan de réussite, accompagné de la volonté de ne jamais trahir les idéaux de départ, mais aussi une expérience de démocratie vivante : la Corse peut ici être considérée comme un laboratoire progressiste. À méditer autour d’une bière corse, effet direct de Femuquì ! MARYVONNE COLOMBANI Éden Il y a du jardin d’éden dans les paysages de la campagne arlésienne, une nostalgie tempérée par les nécessités de la modernité, une évocation de métiers difficiles et passionnants. L’ouvrage Pastreja, par une lecture attentive et pertinente des paysages, des reliefs et de ce qui les a marqués, plonge aux racines de l’orchestration harmonieuse des terres, célèbre leur union avec les hommes, qui pour une fois ne sont ni nuisibles ni destructeurs, mais les artisans de la durée. Histoire de transhumances, de pâturages, de cultures en accord avec les sols, de destinées humbles et universelles, de décryptement des sens. On apprend ainsi que le mot capitaliste remonte au XIVème siècle, désignant les grands propriétaires de troupeaux (cap signifie tête de bétail). Aux textes de Jean-Claude Duclos et Patrick Fabre, qui se nourrissent des saveurs de la toponymie, se joignent les superbes photographies de Lionel Roux, prises à la hauteur idéale de 6 à 20 m pour les panoramiques, mais qui savent se faire plus intimes pour saisir les personnages, les expressions… L’ensemble tient à la fois du livre d’art et de la recherche ethnologique, de l’ouvrage historique et de l’appréhension géographique. Manifeste de résistance des métiers face à l’industrialisation sauvage et à un tourisme sans scrupule, ce beau livre mérite pleinement le concours du programme européen LEADER en pays d’Arles (Vers une ruralité durable et moderne). M.C. Sur les traces des A bâtisseurs Collectif l’Entre- Pont I Serre Editeur, 18 € CONSTRIAREVELPIELLES rake-mires ET I. I prOPIrri Construire Bruxelles Ouvrage collectif Parenthèses 1 Femuquì l’argent du réel Gilles Lumeau Photographies fi Anna de Tavera Albiana, 23 € 111 Pastreja Paysages et pastoralisme en Pays d’Arles Lionel Roux, Jean-Claude Duclos et Patrick Fabre Images en manœuvre/Maison de la transhumance, 35 €
Parade érotique Sur papier blanc, bistre, bleuté ou légèrement rosé, la monographie consacrée à Karine Rougier a l’élégance qui sied à ses dessins. Collages lilliputiens, lacis de crayon gris et d’encre de chine rehaussés d’aquarelle, saynètes à l’huile parsemées de paillettes, décalcomanies recouvertes de vernis, précieux collages sur bois ou papier. La sobriété de la mise en page et les choix typographiques laissent le champ libre à la fantaisie érotique de l’artiste… Une écriture à scruter à la loupe tant l’iconographie est abondante, les combinaisons infinies et les symboles multiples. Les dessins, assemblés par séries, se lisent comme un roman-photo dont les titres gardent tout leur mystère : Plein air, Mentalo de la vega, Les Rétiniens, Ludus et Mentula… Avec, insérés comme par hasard, les textes de Frédéric Clavère, Judicaël Lavrador et Thomas Clerc tour à tour réactif, critique et poétique ! À la page 62, Clavère se méfie des « bijoux anatomiques » qu’aime représenter Karine Rougier (toutes sortes d’orifices…) et procède à une auscultation anatomique du dessin, trait par trait. Dans Le bon tempo, Lavrador met en perspective son imaginaire « explosif, décadent, élégant, carnassier, poilu, sexuel, et son rythme organique » dans l’histoire du dessin contemporain. En épilogue, La Course à la vie de Thomas Clerc est une ode anglofrancosonique débridée en miroir aux histoires minuscules de Karine Rougier, gaies et macabres : « Aïe have bine tout Euh mare vêle housse partie – Tout m’aide eux poe et tri. » MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Karine Rougier Sextant et plus, 35 € www.sextantetplus.org ARTS LIVRES 69 Visiteur sentimental Après deux années de rénovation exemplaire, le musée Orsay a livré son apparence définitive fin 2011. Sous le regard d’un visiteur anonyme le film de Bruno Ulmer brosse l’histoire du lieu et se perd parfois dans la lenteur d’amour pour son objet, cherchant par delà l’image informative une narration plus poétique. Il fut tour à tour gare mais aussi siège du Conseil d’État, embrasé par les Communards, cadre de l’exposition universelle de 1900, témoin des deux guerres, occupé par l’Abbé Pierre en 1954, friche théâtrale de la compagnie Renaud-Barrault, convoitise immobilière (projet du Corbusier) et jachère urbaine enfin classée monument historique. La visite décolle lorsqu’on aborde le projet qui sauvera Orsay de la disparition, mis en formes par l’architecte d’intérieur italienne Gae Aulenti. En révolutionnant la muséographie traditionnelle, Orsay, dès son ouverture en 1986, devient désormais avec le Louvre le monument à visiter. Après vingt-cinq ans une modernisation s’imposait. Malgré les diverses dimensions muséales évoquées (le lieu, les collections, les professionnels, le public), les nouveaux choix déterminés (restructuration spatiale, apports de lumière, rôle de la couleur…), le film manque d’un regard d’ensemble. Mais l’appel à des documents d’époque enrichit la progression. Dès 1981, la question des enjeux sociétaux est déjà pointée par le jeune ministre de la culture, Jack Lang, invité à reprendre le projet plutôt conservateur hérité de Giscard d’Estaing : « Il y a des ateliers pour les enfants, des liens avec les établissements scolaires… les musées d’aujourd’hui sont devenus très souvent une autre école, une autre université, des centres de recherche et pas seulement des lieux que l’on visite pour « consommer ». C’est une question essentielle pour que l’école de la république soit un véritable contrepouvoir culturel. » Des propos aux résonances très actuelles ! CLAUDE LORIN Orsay Bruno Ulmer Arte Éditions, 1 DVD, 15 € Cartes blanches La collection Varia des éditions Fage propose depuis 2003 divers ouvrages ayant trait à l’art et cultivant sous des formes singulières le rapport texte-image. Restitution, N°0 de Varia Revue, prolonge l’exposition conçue par Dominique Angel avec le Muséum Départemental de Gap, visible jusqu’au 30 avril. Dans la droite ligne aux écarts singuliers si particuliers à l’artiste, cette publication se parcourt pour ellemême. Elle ne constitue pas un catalogue relatif à l’évènement mais une forme de supplément suite à la proposition de Dominique Angel faite à une quarantaine de « personnes qui sont intervenues, d’une manière ou d’une autre, dans sa vie d’artiste ». Proposition sans contrainte ni de forme ni de contenu, carte blanche à d’autres artistes, plasticiens, musiciens, écrivains, et responsables d’institutions, conservateurs… D’où une grande variété de propositions personnelles, œuvres anciennes ou récentes, textes critiques ou récits, fictions, poétiques, inédits ou non. Une invitation à bousculer les conventions d’un genre et à s’interroger sous diverses formes sur ce que l’art contemporain est capable de proposer. L’initiateur du projet en développe les enjeux dans son texte de présentation, Reconstitution de ligue dissoute, titre quelque peu délictueux et provocateur.C.L. Reconstitution… sous la direction de Dominique Angel Fage, 24 € RECOHSFITL,I_DDN_



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