Zibeline n°50 avril 2012
Zibeline n°50 avril 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°50 de avril 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 9,7 Mo

  • Dans ce numéro : la culture... tout le monde s'en fout !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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06 ÉVÉNEMENTS CAVAILLON LA CITÉ Dégage ! L’expression est devenue le symbole des rebelles du monde arabe. La 2 e Exclamation du Théâtre de Cavaillon, consacrée « à l’état des démocraties modernes dans les pays de la Méditerranée », s’appelle plus explicitement Places de la démocratie ! La manifestation sensible, cohérente, et accessible (5 € dès le 2 e spectacle), autour de la liberté d’expression, à ouvert le 15 mars avec l’exposition itinérante du Collectif de photographes tunisiens Dégage !, figeant d’émotion le public. Il y a un an, ces photographes, pros ou amateurs, ont spontanément, dans l’urgence et au péril de leur vie, témoigné. « On montre au monde, chacun à notre manière, un moment très précis de cette Révolution. On est fiers d’avoir pris le risque d’aller dans la rue pour dire non et vivre debout. Pour pouvoir dire vive la Tunisie » explique, Rim Temimi, vernissage Collectif Degage, Cavaillon Delphine Michelangeli très ému, Chebbi Med Heithem. « Cette aventure nous l’avons d’abord vécue d’un point de vue citoyen, on était prêt à mourir. Les photos ne mentent pas, on ne pourra pas dire qu’il n’y avait pas de femmes ni d’enfants, on était tous ensemble pour se débarrasser de ce dictateur. La marche arrière n’est plus possible » martèle Rim Temimi. La lutte pour la liberté sera longue, mais les poings restent levés. Myriam Marzouki, fille de l’actuel président tunisien, a donné sa conférence performance Invest in democracy, épinglant la corruption et la langue de bois utilisées, en France et en Tunisie, par les médias, les politiques et autres marchands de sommeil. Confondante de réalisme ! Le 16, pleins feux sur Nacera Belaza qui a troublé par son travail sur le lâcher prise et l’intimité dans Le Cri et Le Temps scellé, pièces éprouvantes et hypnotiques. Huit danseurs de la formation Coline ont repris son duo Les Sentinelles, exercice radical sur la résistance et l’immobilité. À suivre : Yval Pick dans Score (23/3), l’intense et prémonitoire Yahia Yaïach Amnesia de Jalila Baccar et Fadhel Jaïbi (27/3), les Chants Juifs de Sonia Wieder-Atherton (29/3 à la Cathédrale Saint Véran) et Il était une fois Germaine Tillion par Xavier Marchand (31/3). DELPHINE MICHELANGELI Places de la démocratie ! Culture(s) en Méditerranée Jusqu’au 31 mars Scène nationale de Cavaillon 04 90 78 64 64 www.theatredecavaillon.com () Poursuivre le réel La première Biennale des Écritures du réel a commencé à la Minoterie, avec L’Alphabet des oubliés mis en scène et en images par Florence Lloret. Cette création éclaircit d’emblée ce que La Cité- Maison de théâtre entend par « écritures du réel » : il ne s’agit pas de théâtre documentaire, ou simplement social, mais de l’écriture, textuelle et scénique, et de l’envie qu’elle soit partagée et pratiquée par tous. Sur scène Michel André, acteur, mais surtout porteur de ce qu’il dit. Le texte de Patrick Laupin est un voyage dans le temps et dans la terre, la mine et les collines des Cévennes, la mémoire des vieux charbonniers qui prend corps, ou plutôt qui prend au corps : les mots font sentir le froid, la boue, l’eau surtout, le noir qui reste, le charbon, et l’odeur de ces chevaux qui ne reverront jamais le jour. Les mots servent ici d’exutoire, remède à l’enfouissement, arme contre la disparition. Michel André joue, trop peu, comme intimidé par cette parole qu’il dispense à peine, dont il éteint les élans à force de vouloir discrètement y glisser. Puis il passe à d’autres oubliés. Plus proches de nous, captés par les images diffusées en triptyque sur un beau et simple dispositif qui laisse passer des rais de lumières, sculpte l’espace et l’ouvre vers l’ailleurs. Voilà que des enfants sont pris dans cette histoire d’eau et de terre. De travail et de matière, d’oppression. Enfants d’aujourd’hui, Marseillais, populaires, entretenant un rapport conflictuel avec l’écriture, bloqués. Et qui là, aidés par Michel André qui devient vraiment acteur d’une relation, vont écrire quelque chose d’eux, simplement. Sans miracle : ces mots-là sont ceux que les enseignants connaissent, des jets inmaîtrisés d’émotion, manquant de matériau pour dire les nuances. Mais ils écrivent, et surtout aiment cela, semblant éprouver pour la première fois le plaisir que cela procure. Patrick Laupin les avaient rencontrés lors d’une résidence dans leur école primaire : les 8 enfants en seront, certainement, durablement changés. L'Alphabet des oubliés Martine Derain Et puis… La Biennale des Écritures du réel se poursuit, avec en particulier Mireille Perrier qui joue Anna Politkovskaia à la Minoterie (les 20 et 21 mars), Congo My body au Théâtre des Halles et à La Cité (le 22 mars, Avignon les 23 et 24 mars), Les Visages de Franck de Charles Eric Petit suivis par une rencontre avec Bernard Stiegler (le 29 mars, Espace Julien), Jérusalem plombdurci à la Friche, Germaine Tillion à Cavaillon… Un nombre impressionnant de proposition de grande qualité, pour une mise en synergie de la plupart des acteurs culturels qui, ici, savent faire entrer en résonnance le réel et l’écriture. AGNÈS FRESCHEL Biennale des Écritures du réel Jusqu’au 7 avril 04 91 53 95 61 www.maisondetheatre.com
I Un souffle de danse Le festival de danse Les vents du levant se lèvent sur Draguignan, avec une 6 e édition qui partira des rives de la méditerranée, de la Tunisie à la Turquie, pour aller jusque vers les Indes. Le hip hop du chorégraphe Farid Berki fait l’ouverture avec Vaduz 2036, une danse qui procède d’une construction stylistique épurée, avec des mouvements minimalistes qui viennent épouser des accords de musiques électros et des notes de vidéo (27 mars). Akram Khan, dans la foulée, présentera sa dernière création, Vertical Road, inspirée par les histoires d’anges à travers différentes cultures, mythologies et croyances. Sur la musique de Nitin Sawhney, le chorégraphe londonien originaire du Bangladesh crée un tourbillon d’impressions visuelles issues de la danse incantatoire de huit interprètes venus d’Asie, du Proche Orient et d’Europe (30 mars). Puis le chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui et la danseuse indienne Shantala Shivalingappa partiront à la recherche de leurs racines respectives avec Play. Explorant chacun l’univers de l’autre, ils sont accompagnés par les spécialistes de musique ancienne Un bel échange Deux semaines festives et militantes sont au programme de la 5 e édition du Festival Latcho Divano initié par l’association du même nom. Deux semaines durant lesquelles la culture tsigane est à l’honneur, à travers des concerts, des expositions, du cirque, des films… Parmi les temps forts de cette édition, notons la création de danse flamenca produit par l’association Latcho Divano, Sonakay en la mano (De l’or dans les mains), mise en scène par Magali Contreras (les 4 et 5 avril au Dock des Suds) ; le concert du virtuose Antonio Négro, précédé des lecturbulences qui donnent à écouter des textes issus de traditions tsiganes ou roms (le 30 mars à La Machine à Coudre) ; ou encore les conférences données par Philippe Donnier, spécialiste de la musique flamenca (Flamenco : un merveilleux bricolage, le 30 mars à l’Espaceculture, et Les gitans en Andalousie : entre mythe Play Koen Broos DRAGUIGNAN LATCHO DIVANO AUBAGNE ÉVÉNEMENTS 07 et réalité, le 29 mars à La Maison de la Région). Mais il y a aussi la fameuse fanfare de Boban i Marko Markovic Orkestar (le 7 avril à l’Espace Julien), deux soirées cinéma aux Variétés (voir p 54), le cirque familial de la cie Augigane (Bonbons Circus et autres numéros le 6 avril à L’Eolienne)… Et les expositions : Dosta du dessinateur Damien Rondeau (vernissage en ouverture du Festival le 24 mars à l’Ostau dau pais Marselhes), celles d’Elena Nazar et de Gitanistan aux Variétés (vernissage le 27 mars), Les Roms de Marseille de Kamar Idir, proposée par l’association Artriballes avec le concours de Rencontres Tsiganes (vernissage le 28 mars à La Maison méditerranéenne des Droits de l’Homme). Enfin la clôture, le 8 avril, coïncidera avec la 41 e journée internationale des Roms, Romano Dives, qui réunira le public et de nombreuses associations pour un pique nique festif, des ateliers et animations et qui se terminera par un concert du groupe Mascarimiri. Une édition éminemment politique qui permettra la connaissance et la reconnaissance des peuples tsiganes, Roms notamment, victimes encore et toujours d’injustices et de discriminations. DO.M Latcho Divano Du 23 mars au 8 avril Divers lieux, Marseille 09 52 72 89 28 www.latcho-divano.com Boban i Marko Markovic Orkestar X-D.R. Patrizia Bovi et Gabriele Miracle (3 avril). Rayahzone, qui fait une escale à Istres avant Draguignan (voir p 38), est une création d’Ali et Hedi Thabet qui convient à cette ivresse spirituelle et sonore le danseur Nicolas Vladyslav et cinq musiciens soufis (6 avril). Michel Kelemenis reprend Henriette et Matisse, chorégraphie dans laquelle Matisse et son modèle rencontrent les couleurs et les traits du pinceau (11 avril). En clôture du festival, Icons, de Ziya Azazi, dont le travail est basé sur le tournoiement et la répétition, est constitué de duos dansés par le chorégraphe et la danseuse Su Gunes Mihladiz, sur les sons de la trompette de Serge Adam (13 avril). Voir aussi programme littéraire p 78. DOMINIQUE MARÇON Les Vents du levant Du 27 mars au 13 avril Théâtres en Dracénie, Draguignan 04 94 50 59 54 www.theatresendracenie.com Questions d’humanité À Aubagne printemps rime avec danse, et c’est le temps de Danse Temps II (le premier temps se déroulant en janvier), au Comoedia et en extérieur en centre-ville. C’est le très beau solo de Hamid Ben Mahi, La géographie du danger, qui débute les festivités. En adaptant le roman de Hamid Skif, le danseur et chorégraphe s’appuie sur le récit émouvant d’un clandestin, immigré sans papier terré dans une chambre de bonne depuis quatre ans, confronté à une lente dégradation de son être. La danse dit l’urgence et la dislocation du corps, le manque d’amour et de contacts, jusqu’à l’ombre qui lentement s’étale, tel un implacable constat (10 avril au comoedia). Les espagnols Marco Vargas et Chloé Brûlé proposent, avec leur flamenco si particulier, une réflexion sur notre époque et ses excès avec Hacìa Donde (13 avril au Comoedia). En centreville, la cie Boutabou dansera sa dernière création, Si j’osais, avec laquelle la chorégraphe Cécile Guye s’interroge sur la possibilité qu’à l’individu de d’échapper à son quotidien (14 avril à 16h30), tandis que la cie Kubilaï Khan Investigations propose Multipli/cité(s), un parcours urbain fait d’un ensemble de projets qui lient le corps social et urbain (14 avril à 18h). DO.M Danse Temps II Théâtre Comoedia, Aubagne 04 42 18 19 88 www.aubagne.com La Geographie du danger X-D.R.



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