Zibeline n°50 avril 2012
Zibeline n°50 avril 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°50 de avril 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 9,7 Mo

  • Dans ce numéro : la culture... tout le monde s'en fout !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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26 MUSIQUE CONTEMPORAIN ACTUELLE Je me presse de labourer le temps La note tenue du doudouk éclaire peu à peu la scène, le chant se mêle aux variations… puis la voix profonde, sourde, de Salah al Hamdani se pose sur les notes, musique intime de l’âme avec des mots simples, en français ou en arabe, syllabes lourdes et pleines, voluptueuses, tantôt rocailleuses, tantôt d’une douceur infinie. L’ensemble Bratsch et ses invités parcourent la poésie contemporaine qui fait écho à celle du IX e siècle. L’exil de Ziryab -l’une des principales figures de la musique arabo-andalouse, créateur de la 5 e corde du oud qui deviendra le luth de l’Europe- qui fuit Bagdad pour s’installer à Cordoue, répond à celui du poète Salah Hamdani qui a dû quitter l’Irak depuis plus de 30 ans. « Déchire Henri Demarquette Jean-Philippe Raibaud Une création à Marseille ! C’est plutôt rare ! L’Opéra de Marseille, dans sa saison symphonique, affichait le 22 février une œuvre en création mondiale : une commande de la Ville de Marseille au compositeur Régis Campo. Ce quarantenaire, né à Marseille (où il enseigne au conservatoire), possède à son catalogue près de 200 opus dont certains ont été interprétés par Felicity Lott, Kent Nagano, l’Ensemble Orchestral de Paris, l’Orchestre National de France… De fait, par la volonté de Maurice Xiberras, le musicien est, à l’occasion, prophète en un pays où fourmillent de nombreux talents. Son opus, Color, dont le nom et la structure s’inspirent (à l’image de l’œuvre éponyme de Marc-André Dalbavie) de procédés complexes d’écriture issus de l’Ars Nova (XIV e siècle), a recueilli un franc succès grâce, en particulier, à un final emballé et sauvage du plus bel effet. On a auparavant apprécié une approche enluminée de la pâte orchestrale, un profil harmonique occasionnellement tonal, un o tes papiers en silence » murmure-t-il, évoquant les êtres chers perdus avec le châle de la mère, comme image obsédante. « Le jour de ma naissance est griffé par les années d’exil. » Respiration des accordéons, style fleuri des violons, chants ouvragés et poignants de Sandra Bessis ou de Kamilya Jubran qui a posé sur les mots du poète ses accords originaux. Des polyphonies et monodies superbes pour un spectacle grave, qu’animent parfois les élans endiablés des musiques balkaniques. M.C. Orient mon amour a été joué aux Salins, à Martigues, le 16 mars dans le cadre de Mare Nostrum Quatuor Caliente X-D.R. o o travail fondé sur des processus d’évolution lente, de gammes en expansion, notes et accords polaires, rebonds et impulsions rythmiques récurrents, autant de procédés mémoriels qui n’ont pas dérouté l’auditoire. La suite du programme a été d’un très haut niveau artistique, grâce au talent halluciné du violoncelliste Henri Demarquette, bête de scène envoûtée par le lyrisme virtuose du Concerto n°1 de Saint-Saëns, et la conduite de Jean-Claude Casadesus dans une partition difficile de Stravinsky. Ce dernier a poussé l’orchestre maison à donner le meilleur de lui-même dans les scènes burlesques du ballet Petrouchka (mais on aurait préféré entendre une version comprenant la fin du programme, soit l’émouvante mort de la marionnette). JACQUES FRESCHEL Le dernier tango à Carry Marion Lefebvre À la confluence de mondes antagoniques, le tango argentin, entre violence et tendresse, amour et colère, opère dans la magie de ses harmonies charnelles et de ses rythmes envoûtants sa fonction cathartique. Autour d’Astor Piazzola, figure tutélaire du genre, mais également d’autres compositeurs argentins tels que Villodo ou encore Beytelmann, le formidable quatuor Caliente joua à merveille sur ce choc thermique entre l’eau et le feu. Portés par un bandonéoniste –Gilberto Pereyra- au jeu impeccable, tendre, d’une douce violence, les trois autres membres de l’ensemble, Michel Berrier au violon, Nicolas Marty à la contrebasse et Cédric Lorel au piano, dans un même élan empreint d’énergie et de dynamisme, ne formaient plus qu’un. Alternant avec subtilité des pièces lentes, douces arabesques mélodiques pruinées de nostalgie et moments saillants taillés dans l’inox d’agrégats douloureux, l’ensemble subjugua de son élégance le public venu en nombre goûter à ce 4 e concert des Moments Musicaux de Carry. Délicieux ! C.F.
Chansons à sens Yvette Guilbert (1865-1944) nous a laissé un répertoire immense de chansons sociales ou coquines. La Pocharde, la Pierreuse (« à force de faire les 100 pas, elle use les trottoirs qu’elle arpente ») s’attachent à l’ironie noire de la vie, et ses éclats de rire : « Si t’as pas pris de bain demain, je t’envoie chez les Impressionnistes » ! Guilbert, en un rythme fondu entre parlé et chanté, a mis au point une « stratégie de coloration » et Freud viendra l’écouter tant elle représentait la vérité populaire de l’artiste ! Nathalie Joly, expressive, entre dans chacun de ses personnages comme en de petites scènes de théâtre, puis rend hommage à Marie Dubas (l’étonnant Mon Légionnaire attribué à tort à Piaf !), à Damia et son prémonitoire Tout fout l’camp, ces Pouilleux qui nous écrasent, gestes de corbeaux à l’appui… Puis on passe le Rhin et on retrouve chez Kurt Weil (1900-1950, L’Opéra des Quat’Sous…) ce ton unique et de sublimes joyaux. Surabaya Johnny. « Retire ta main, je ne t’aime pas ! » triste et convaincant. Le tango-Habanera, Youkali, allemand prononcé à la française, a un charme désuet. L’expressionisme atonal, y sert le message de Brecht : « Youkali, c’est le pays de nos désirs… mais c’est un rêve, une folie ». Le pianiste Jean-Paul Serra, clavecin et piano-forte de Baroque Graffiti, reste sobre, trop sans doute : un jeu qui manquait de flamme pour cette gouaille parisienne et ce Sprechgesang, les beaux médiums de la chanteuse compensant des aigus un peu tirés. Mais le décor unique, piano, table, lampe, retrouvait l’esprit de cabaret : une vraie tension dramatique, Nathalie JolyC. Depagne-Palazon loin des strass et show-light de notre artificielle modernité, qui noie le sens au profit de l’image. YVES BERGÉ De Guilbert à Kurt Weilla eu lieu le 24 février à la Cité de la Musique, Marseille... Composition acousmatique Agnès Poisson avait carte blanche le 12 mars à la Cité de la Musique. Dans la rencontre préalable à la Médiathèque la compositrice montre timidement ses « partitions » colorées. « Je compose car j’ai un mal fou à parler » ! Mais elle présente L’Usage de l’équilibre, une commande de l’Institut international de musique électroacoustique de Bourges ; Vénus, créé au Festival acousmatique de Bruxelles ; Fantasmagorie, une étude pour un film muet. Elle explique son refus de la réverb’, les échantillons qu’elle enregistre sur son Max XP… À 20h30, devant son acousmonium qui gère 14 haut parleurs (14 pistes), Agnès Poisson est transfigurée. Elle offre ses œuvres stéréophoniques en direct. Ses mixages sont audacieux, sons recherchés, issus de o synthétiseurs analogiques, d’enregistrements in situ, hommage musical aux sculpteurs Nicky de Saint Phalle et Jean Tinguely (L’Usage). Dans Fantasmagorie, cinq images en crescendo issues de diverses sources sonores : bec de clarinette dans la jarre d’un potier enregistrée dans l’atelier du potier, synthétiseur d’enfant… éclairent notre imaginaire, entre noir et lumière. Vénus part du geste du peintre qui frotte, gratte, lisse et les couleurs deviennent sons (rouge/doudouk…). Son univers est riche de sons angoissants, lumineux, stridents, mystérieux où le lieu détermine l’œuvre, où toutes les étapes sont fixées. YVES BERGÉ Inclassable MUSIQUE 27 Michel Portal est un homme de synthèse. Planant avec grâce au-dessus de tous les courants du jazz, du free au cool, en passant par le métissage, son langage esquisse une musique totale, affranchie d’historicité. Et les musiciens qui l’accompagnent sont à cette image : Bojan Z., le pianiste de l’Europe de l’Est, élevé au Bartok, Ambrose Akinmusire, trompettiste génial, d’origine nigériane, et les deux as américains de la rythmique, Scott Colley à la contrebasse dont il arrive à transcender le timbre, et le virtuose aux quatre pieds et douze mains, le batteur Nasheet Waits ! Au milieu de ce groupe « multiculturel », Portal promène sa clarinette basse et son saxophone soprano, improvisant sur des thèmes germés de son dernier album Baïlador. Dans la marmite du hasard les mélodies abruptes, bousculées par des rythmiques tribales se mélangent ; alors la musique déploie ses ailes dans l’indolence de la gaucherie de ses mouvements jusqu’à un état de transe. Singulier et lumineux ! CHRISTOPHE FLOQUET Concert donné au GTP le 21 février Jean-Michel Portal Jean-Marc Lubrano LE POINT PRESSE L'actualité du mois d'avant passée en revue, en compagnie de représentants de la presse écrite mensuelle MARDI 03 AVRIL À 10H SUR RADIO GRENOUILLE 88.8 rwn1 pu,l,m dv ; gr a s gocift#41 re GRENOUILLE cmor 88.8fm WWW.RADIOGRENOUILLE.C.OMI le



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