Zibeline n°50 avril 2012
Zibeline n°50 avril 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°50 de avril 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 9,7 Mo

  • Dans ce numéro : la culture... tout le monde s'en fout !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 20 - 21  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
20 21
20 ARTS DE LA RUE/CIRQUE SIRÈNE MASSALIA Menaçant ! el Gilles Clement Brouillard et fumées… Lorsque les sirènes retentissent le 7 mars, une ambiance de fin du monde envahit la place ! L’Eschatologie de Wilfried Wendling fait frissonner, et rend à leur vocation les sirènes d’alarme. Enserrés par des sons, des banderoles blanches et des individus en blouse blanches qui intiment aux mégaphones des ordres incompréhensibles, soutenus par une bande sonore et des percussionnistes dont la batucada n’a rien de rassurant, les spectateurs-passants cherchent où accrocher leurs regards, puis écoutent la masse sonore. Les choristes amateurs se faufilent, armés de leurs mégaphones d’enfant... Le résultat sonore est un peu schématique, l’effet d’ensemble manque de corps et de puissance pour terrifier vraiment, mais l’idée est là, et une fois de plus la sirène musicale de Lieux Publics est très réussie ! La suivante ? Musicale encore, et poétique, avec le slameur Ahamada Smis qui nous emmène dans un voyage dans la tradition orale des Comores. Qu’on se le dise ! les nombreux Comoriens de Marseille entendent rarement parler de leur culture ! A.F. Dans les limbes des autres Un non-lieu : celui du théâtre. C’est dans la réalité tangible de la scène que François Cervantes et ses cinq comédiens-auteurs racontent leurs fictions intimes, peuplées de souvenirs réels. Un non-lieu qui évoque n’importe quelle salle d’attente ou point de rencontre puis -parce que les âges s’y croisent et que les souvenirs s’y jouent comme en des anamnèses pas tout à fait réelles, des flash back incomplets où le narrateur n’oublierait pas tout à fait celui qu’il est devenu- ce non-lieu se met à évoquer d’autres huis clos de théâtre, enfer ou hôpital psychiatrique, terrain vague ou friche (tiens ?), tous ces lieux inconstruits où la frontière entre ce que l’on est, ce que l’on rêve et ce que l’on joue se laisse encore un peu malléer sans scinder les strates de la conscience… Et que disent ces fantômes acteurs ? Dans de très beaux élans souvent lyriques, toujours poétiques, ils parlent de leurs traumatismes d’enfants, et de ceux de l’histoire. Un je me souviens très noir où la réminiscence n’apporte aucune joie, grande ou petite, mais le souvenir des morts, de l’inceste, des coups, des meurtres, des ruptures, des déportations, des terreurs, des injustices… Les enfants trop petits fuient (programmation Massalia, conseillée à partir de 12 ans, trop jeunes encore pour entendre cela…), les adultes, même fascinés par le talent toujours époustouflant de Catherine Germain, ou les formidables éclats de vérité de Laurent Ziserman, se demandent pourquoi tant de noirceur. À quelle catharsis nous convoque-t-on, puisque ces plaies Encore un sourire sont intimes, et que nous ne pouvons ni les apaiser, ni les prévenir ? AGNÈS FRESCHEL À noter La Distance qui nous sépare, créé à la Friche le 6 mars, se joue jusqu’au 24 mars 04 95 04 95 70 www.theatremassalia.com o La Joconde a disparu pendant deux ans du Louvre, dérobée et recelée par un ouvrier du musée. De ce fait divers véridique, qui à lui seul fait sourire, la compagnie Anima Théâtre tire un voyage dans l’histoire de l’art astucieux et poétique. Car la Joconde subtilisée, et embarquée dans un rêve chaotique, quitte l’énigmatique retenue de son sourire en coin pour se marrer franchement : chahutée, elle traverse les paysages de Van Gogh ou de Chagall, force le cadre du tableau, récupère des jambes, pique à l’homme au chapeau melon sa pomme verte, joue avec les éléphants et les moustaches de Dali, fait du surf sur la coquille de Botticelli. L’habileté des comédiens-marionnettistes, les techniques empruntées au cinéma d’animation, les ponctuations David Anemian Christophe Raynaud de Lage musicales, servent une inventivité visuelle à la fois douce et ludique. Etrangement, c’est la marionnette de Mona Lisa, au visage chafouin et à la voix fluette, qui convainc le moins. Mais le spectacle est un régal pour les toutpetits, qui rient des claques à la guignol et des enchaînements ingénieux et bluffants comme des tours de prestidigitation, comme pour les plus grands, À venir Le Vaisseau voyageur Ahamada Smis Le 4 avril à midi pile Parvis de l’Opéra, Marseille 04 91 03 81 28 www.lieuxpublics.com Pôle et Sud Quoi de plus triste qu’un clown ? … deux clowns, surtout s’ils ont la prétention légitime de faire rire et que la situation leur échappe autant qu’aux spectateurs ! Tous égarés dans la fine brume bientôt épais brouillard qui accompagne le passage du Cap Horn. Perdre la boussole, ou plus poétiquement disperser la rose à tous vents, est un joli programme que Wladyslaw Znorko et ses complices du Cosmos Kolej ont déjà honoré avec un certain talent ; pari qu’ils ne tiennent pas ici. La marque de fabrique y est pourtant et c’est le plus heureux de l’affaire : un fond de scène/toile peinte de vaste ciel nébuleux et menaçant façon Grand Siècle, de ceux qui accompagnent les naufrages bien sûr ; la machine à naviguer et à rêver ne déçoit pas tout de suite avec son coffre de pirates, son pont de planches fragiles posé sur deux demitonneaux (on aurait dû se méfier : trop petite jauge pour embarquer !) et surtout sa grand voile hisse et ho... et flop ! La jeune Bricole (Florence Masure) se démène, écartelée entre Arctique et Antarctique, présent et passé, paroles proférées et gestes inconsidérés. Où va-t-elle ? Que veut-elle ? Mystère ! Et surtout que lui veulent ces deux compères omniprésents qui se chamaillent, tiennent de fumeux discours du fond des mers ? Confusion du message (il semble bien qu’il y en ait un au fin fond de la bouteille) et gesticulation convenue d’augustes gris. Pas un enfant ne rit... les parents sont un peu tristes... MARIE-JO DHO Le Passage du Cap Horn a été créé au Massalia du 14 au 17 février qui se prennent au jeu de pistes des références et des détournements. AUDE FANLO Le rêve de la Joconde, par la cie Anima Théâtre, s’est joué du 24 au 29 février au Massalia
LES ÉLANCÉES ARLES DRAGUIGNAN GRASSE CHÂTEAUVALLON ARTS DE LA RUE/CIRQUE 21 Un geste auguste Murmurs des murs Richard Haughton o Bilan très positif pour la 14 e édition des Élancées qui affiche une fréquentation en hausse de 10.5% avec 14365 billets émis (contre 13000 pour l’édition 2010) et un taux de remplissage de 95.66%. Les 19 spectacles programmés lors de ce Festival des arts du geste proposaient un habile mélange des genres, danse et cirque en tête, et des nationalités des compagnies présentes. À Istres, l’Espace 233 accueillait la compagnie marseillaise Piccola Velocità pour sa toute dernière création, Bzz…, pièce pour une apicultrice et une abeille. En évitant l’écueil du didactisme, les comédiennes racontent, et dansent, l’union inévitable des abeilles et de leur amie-ennemie, l’apicultrice à la fois protectrice d’espèce et voleuse de miel. L’une travaille sans relâche, l’autre veille à ce que tout se passe bien, tandis qu’un troisième personnage, lunettes brandies, fait le parallèle entre les deux espèces, insecte et humaine, prouvant les besoins qu’ont l’une et l’autre de vivre ensemble. Changement de décor à l’Olivier avec les danseuses de la compagnie espagnole Aracaladanza et leur Pequeños Paraisos très librement inspiré du Jardin des délices de Jérôme Bosch. Des tableaux délicats et poétiques provoquent l’imaginaire lorsque la danse se fait magique, mêlant aux pas des danseuses gracieuses des marionnettes géantes ou des sacs poubelles facétieux qui se déplacent en silence… Dans ce décor coloré, les costumes chatoyants participent de la bonne humeur et de la fantaisie des espagnoles débridées ! À Miramas place au cirque des acrobates et musiciens de la cie Akoreacroavec Pfffff ! Dans ce singulier spectacle les acrobaties ne sont pas une fin en soi mais servent une drôle d’histoire au cours de laquelle une femme, confrontée à l’attention des sept hommes qui l’entourent, se transforme en petite forme volante, voltigeuse naïve qui ne se sent bien que dans les airs. Les musiciens suivent le rythme infernal avec des airs jazzy, du hip hop klezmer et des tangos qui nourrissent le propos et perpétuent les défis à couper le souffle que se lancent les uns et les autres. Autre performance originale, celle de David Dimitri, L’Homme Cirque qui a posé son petit chapiteau à Fos. Il fait tout tout seul, avec un immense talent et un grand sourire aux lèvres, bondissant sur le fil qui traverse la piste, de sauts périlleux en pas de danse, ou couché dessus tout en jouant de la trompette ; homme-canon qui s’élance et se rattrape au fil qui pend au-dessus du public ; coureur sur un tapis roulant emballé… jusqu’à l’élégante échappée finale à ciel ouvert, seul sur son fil, jusqu’aux étoiles. Sur la grande scène de La Colonne, l’étrange univers d’Aurélia Thierrée faisait murmurer les murs. Le spectacle, conçu et mis en scène par sa mère, Victoria Thierrée-Chaplin, est un savoureux croisement de théâtre, de cirque et d’illusion, et l’on y entre sur la pointe des pieds comme dans une mystérieuse maison qui recèlerait de nombreux mystères. Dans cet univers hypnotique, la fuite est récurrente ; au sein d’étonnants décors de toile mobiles de murs en murs, d’immeubles en maison, une femme se faufile, disparait, escalades des façades pour ressortir miraculeusement plus loin, transformée, happée par les histoires qu’elle traverse. Un monde irréel et fantasmagorique qui transporte loin l’imagination. DOMINIQUE MARÇON Le Festival s’est tenu sur le territoire de Ouest Provence du 17 au 26 février Une danse 2.0 Jerome Villa Pas vraiment virtuelle ni totalement abstraite, Les Fuyantes est une proposition hybride où la danse acrobatique et le cirque aérien, les corps en mouvement et les images numériques jouent l’équilibre perpétuel. Comme si Camille Boitel et Boris Gibé, en funambules virtuoses et rêveurs, projetaient le spectateur dans la toile : la tête dans les mathématiques, les lignes de fuite, les formules algébriques, les codes d’accès ; les pieds sur la lune, le corps en apesanteur, sens dessus-dessous. Dans cet écran géant (symbole contemporain de la machine aliénante des Temps modernes ?), le sol, les murs et le plafond sont des peaux mouvantes ultrasensibles, tendues à l’extrême, faites de chausse-trappes invisibles par lesquelles les corps s’enfuient, surgissent, s’empêtrent, parfois s’accrochent et se pendent. Tantôt blanc sur fond blanc, tantôt gris sur fond gris, le ballet des humanoïdes esquisse des échappées, tente des figures impossibles, abolit la pesanteur terrestre : les déplacements sont désordonnés, les gesticulations absurdes et la cohabitation malaisée. On flirte avec l’art cinétique pour le travail sur les effets d’optique et les éclipses lumineuses, on entre de plain-pied dans un tableau de De Chirico pour l’immatérialité des objets et des êtres et les changements d’échelle… Ce qui avait commencé dans une rigueur clinique, un environnement aseptisé, se termine dans un chaos indescriptible ; la structure, éventrée, laisse voir l’envers du décor et ouvre sur « des territoires instables ». D’abord scotché par l’univers onirique, on demeure légèrement à la marge faute d’un rythme soutenu et d’une création sonore déphasée. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Les Fuyantes a été donné au Théâtre d’Arles, à Draguignan, à Grasse et à Châteauvallon



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 1Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 2-3Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 4-5Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 6-7Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 8-9Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 10-11Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 12-13Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 14-15Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 16-17Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 18-19Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 20-21Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 22-23Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 24-25Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 26-27Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 28-29Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 30-31Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 32-33Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 34-35Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 36-37Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 38-39Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 40-41Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 42-43Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 44-45Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 46-47Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 48-49Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 50-51Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 52-53Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 54-55Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 56-57Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 58-59Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 60-61Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 62-63Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 64-65Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 66-67Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 68-69Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 70-71Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 72-73Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 74-75Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 76-77Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 78-79Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 80-81Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 82-83Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 84-85Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 86-87Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 88-89Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 90-91Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 92-93Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 94-95Zibeline numéro 50 avril 2012 Page 96