Zibeline n°50 avril 2012
Zibeline n°50 avril 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°50 de avril 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 9,7 Mo

  • Dans ce numéro : la culture... tout le monde s'en fout !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 ÉVÉNEMENTS AVIGNON LA FABRICA, lieu de repetitions et de residence du Festival d'Avignon, entree Architecture Maria Godlewska - ASSID 2013, aussi à Avignon Le Festival d’Avignon a dévoilé son projet de salle de répétitions et de résidence, La FabricA, qui sera inaugurée en 2013, avant l’arrivée d’Olivier Py Vilar l’avait rêvé, ils l’ont fait ! Six ans que les directeurs du Festival d’Avignon, Hortense Archambault et Vincent Baudriller, se battaient pour voir émerger cette salle de travail qui manquait à la Grand-Ville du théâtre. Mais les financements sont bouclés (10 Md’ € partagés à parts égales entre l’État, la Ville, la Région et le Département), le terrain déniché à 900m des remparts dans un quartier pas si « populaire » -mis à disposition par la Ville en bail emphytéotique-, et l’architecte sélectionnée (Maria Godlewska, choisie sur 84 propositions) ! Cette implantation dans la partie ouest de la ville, entre deux quartiers défavorisés (Monclar et Champfleury) d’une ville à la vie culturelle maigrichonne, galvanise chacun. « Ce projet veut s’ouvrir à un public très large pour un théâtre qui s’adresse à tout le monde avec deux idées fortes : l’accompagnement des artistes et le renforcement du Festival sur son territoire » explique Vincent Baudriller. L’intérêt porté à cette « fabrique » par une population souvent absente au Festival demandera probablement du temps, mais sur le papier son arrivée fait rêver. Lors de la conférence du 23 février, chaque tutelle y est allée de son discours en faveur de la démocratisation culturelle. Le ministre de la Culture a rappelé que « le Festival, emblème de la politique culturelle française, est un lieu de croisement des publics, de débats et de prises de risques artistiques. Ce lieu physique et pérenne est un enjeu de sens politique profond pour le Festival, qui installe son poumon au cœur d’un quartier en zone urbaine, pour des populations a priori sorties de l’art et de la culture ». 4 000 m² en 3 unités Cet « outil superbe à l’esthétique épurée » dont parle Frédéric Mitterrand, bâti sur le site de l’ancien collège Paul Giéra, comportera un bâtiment massif avec une salle de répétitions modulable de la taille du plateau de la Cour d’honneur (38 x 24 m) pour répéter l’hiver les spectacles de la Cour et accueillir 600 spectateurs l’été. Un espace de vie à l’allure des cloîtres avignonnais comportera 18 studios pour les artistes en résidence, relié à un foyer « pour les moments intimes et conviviaux et pour accompagner le travail de sensibilisation des spectateurs des quartiers ». Un atelier technique et un studio audiovisuel sont également prévus, rejoints lors d’une 2nde tranche de financement, par une salle de construction de décors. Atypique dans le secteur, la maitrise d’ouvrage revient au Festival, soutenu par Citadis. Le chantier commencera en mai 2012 pour une ouverture prévue en juillet 2013. Les Arlésiens du Groupe F seront les premiers locataires en résidence pour inaugurer La FabricA en grande pompe artificiaire, avant le passage de relais des directeurs à Olivier Py. Michèle Addala de la compagnie Mises en Scène, implantée dans le quartier Monclar depuis 25 ans, a également reçu une commande pour l’édition 2013. Des actions culturelles et une collecte documentaire sur la mémoire du quartier seront réalisées. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, la Ville a annoncé la préfiguration d’un nouveau centre social avec moult réaménagement urbains - ce qui sans doute concernera plus spontanément les habitants dans un premier temps-, s’accompagnant du transfert de l’École d’art sur la partie sud du terrain, permettant enfin l’extension de la Collection Lambert à l’Hôtel de Montfaucon. DELPHINE MICHELANGELI Sous le signe de l’enfance La 6 e édition de Festo Pitcho se tiendra dans le Vaucluse avec 21 spectacles dédiés aux enfants dans un programme conçu par un collectif de 25 structures. La Festo Pitcho Parade débutera les festivités le 14 dans les rues d’Avignon sur la thématique du monde aquatique. Si les spectacles restent l’intérêt fédérateur de la manifestation, elle prévoit un temps de réflexion centré sur l’éducation artistique et le handicap à la Médiathèque Ceccano (19/4). Les tout-petits (et les femmes enceintes) pourront découvrir Nokto à la Scène nationale de Cavaillon (le 24/4), observer dès 6 mois les marionnettes de la Cie du Funambule à l’Espace Fenouil de Carpentras (20 et 22/4) ou suivre le voyage initiatique de l’Anima Théâtre dans le Rêve de la Joconde à l’Entrepôt (18/4). À partir de 3 ans, Le voyage d’Hipollène les conduira à l’Ajmi dans le monde de Claude Ponti et la musique de Christofer Bjurström (15 et 16/4), à l’Akwaba pour un concert rock avec les Wackids (20/4), aux Passagers du Zinc avec Merlot au fond de la classe (18/4), ou au théâtre des Halles pour Le Concert de Méli Mômes (18 et 19/4). Aventure interactive pour les 3/7 ans au Château d’Eau de Monteux avec le Carnet de voyage en forêt enchantée (18 et 19/4), théâtre d’objet avec Un petit soldat de plombau théâtre des Doms (20 et 21/4) et goût du livre avec Alphabêta d’Eclats de Scènes à la Charité de Carpentras (18/4). Pour les plus grands, parabole Le Concert, cie Meli Momes X-D.R sur l’intolérance avec Le Petit Chaperon UF au Chien qui Fume (18 et 19/4), le Carnaval des animaux par le Kronope à la Fabrik’théâtre (18 au 20/4) ou Petit Pierre au théâtre l’Esperluette, l’histoire d’un garçon qui invente un manège digne du Facteur Cheval (15 au 17/4). DE.M. Du 14 au 22 avril À Avignon et 5 communes du Vaucluse 04 90 85 59 55 www.festopitcho.com
Le panache des apaches Pour sa première création à La Criée, Macha Makeieff choisit d’évoquer Les Apaches, les neeeervis comme on disait ici : au début du XX e et jusqu’à l’après-guerre, ces désœuvrés de la rue, rablés et taillés en triangle, aimaient la bagarre, les lois de la bande, la gouaille, les putains et la frime. Sur scène ces zazous hétéroclites, fragiles, brutaux et polyglottes, tentent de faire revivre une parade de music-hall. Juste symétrie de la scène et de la rue « ces deux théâtres qui s’observent et s’imitent » luttent mutuellement contre leurs disparitions respectives. Le spectacle invite à entrer dans un petit monde en perpétuel déménagement, portes qui claquent, malles qu’on trimballe, déguisements et masques. Tout gravite autour d’une scène au rideau qui s’écroule et de la transparence grise d’un écran de cinéma muet. De Casque d’or à Chaplin, de Caruso à la Revue nègre, c’est un grand bazar de références qui, plutôt qu’une histoire linéaire, reconstitue un univers sonore et visuel oublié et obscurément enfoui dans la mémoire collective. Le spectacle joue, et dérape parfois, sur la succession des clichés et des numéros, duos et défis, qui s’enchaînent à toute vitesse, le public glissant progressivement de l’évocation nostalgique distancée à la position, plus ou moins consentante, de spectateur de music hall qui applaudit aux prestidigitations, aux acrobaties, aux chants et aux danses. La grande bringue sensuelle et ingrate, le faux-dur et le vrai dur, le ténor disgracieux et féminin, les jumeaux querelleurs, la grande folle exotique, le monsieur loyal taciturne : même si l’hommage donne l’étrange impression d’une virtuosité sans tendresse, ces apaches-là ont du panache ! AUDE FANLO Les Apaches avec Robert Horn, Philippe Borecek, Hervé Lassince, Romuald Bruneau, Braulio do Nascimento Bandeira, Canaan Marguerite, Aurélien Mussard, Noëlle Giraud Agnès Mellon LA CRIÉE LES BERNARDINES THÉÂTRE 11 Jusqu’au 30 mars La Criée, Marseille 04 91 54 70 54 www.theatre-lacriee.com Combien ça coûte En ces temps d’horreur économique une pièce sur les malades de la finance pouvait sembler bienvenue… Las ! Encore fallait-il qu’elle naisse d’une réflexion politique ou sociale, esthétique et émotionnelle, sur les grands ressorts du capitalisme spéculatif qui opprime les peuples. Dans le Roman d’un trader, « librement » mais pied à pied inspiré de l’histoire de Kerviel, il n’y a pas de victime économique, mais des caricatures de banquier, de trader, de politique, de pouffiasse capricieuse amatrice d’art, et d’avocate perverse (judicieusement joué avec une belle légèreté foldingue par Christiane Cohendy). Le texte de Jean-Louis Bauer a la langue lourde des sitcoms sans oser la parodie, les situations se succèdent sans surprise, et les apparitions fantomatiques du trader mort ne font pas décoller un réalisme qui n’a rien de social, les pauvres ne faisant pas partie du tableau, même imaginaire, des personnages. La lutte se déroule entre un très riche, et un hurluberlu qui confond la monnaie scripturale avec un jeu vidéo. Dès lors le propos sur le pouvoir de l’argent est déconnecté de toute réalité politique, le ministre et le bras droit du banquier plissent les yeux et les lèvres en nous rejouant les félons dignes d’un film d’espion des années 80 et… l’art est décrit comme un snobisme dispendieux ! Ce qui prend des tonalités insupportables, surtout lorsque l’on s’amuse à chiffrer combien coûte ce décor somptuaire qui coulisse sans arrêt, et les cachets d’un Tcheky Karyo éteint et d’un Lorant Deutsh essoufflé : pour faire comprendre les rouages et faire ressentir l’horreur économique, choisir le bling bling n’est certes pas le plus efficace… AGNÈS FRESCHEL Le Roman d’un trader mis en scène par Daniel Benoin a été joué à la Criée du 15 au 18 février Eros convivial La haute tenue de la débauche sadienne de ses Instituteurs Immoraux sur canapé rouge avait enchanté, il y a quelque temps, les esprits et les corps. Frédéric Poinceau poursuit avec le Banquet de Platon son cheminement érotique, méthodique et néanmoins parfaitement ludique dans des écritures à priori éloignées de la scène. Le dialogue socratique quelque peu « libéré » dans sa dramatisation de la parole se prête naturellement au déploiement théâtral, en tout cas dans le simple appareil mis en œuvre ici. Un hémicycle de salon recouvert de drap blanc, partagé en deux, à la fois scène et salle avec espace de fuite pour le regard (bel olivier en pot) et l’ouïe (Socrate à sa batterie obstinée bourdonne sans relâche en arrière plan) ; un concours rhétorique et poétique bien arrosé où chacun des sept convives, à son tour acteur et spectateur, va dire au mieux les joies et les plaisirs de l’amour, prétexte à numéros tout à fait réussis, huilés, légers et divers, machines à faire reluire le logos et à garder l’esprit en éveil ; Fabrice Michel, en meneur de revue placide plus que platonique, moulé dans son boxer Dim, micro en main, distribue la parole (quelques longueurs, un brin de lassitude) et c’est de loin Agathon/Maxime Reverchon qui mérite la couronne : le jeune acteur, apollinien et dionysiaque à la fois, déploie sa danse de mots en ondulations élégantes, crépitements de bras et de jambes donnant tout son sens au désir ! Alors pourquoi compromettre l’équilibre du spectacle par un appendice non nécessaire en confiant le rôle de Diotime à une comédienne débutante écrasée, malgré la hauteur de l’échafaudage d’où elle dévide son trop long monologue, par la responsabilité de transmettre le vertige de l’amour ? Cet Eros festif y perd quelques plumes MARIE-JO DHÔ Melissa Conté Les Bienfaits de l’amour d’après Platon et Hölderlin a été créé aux Bernardines du 16 au 25 février À Venir Du 21 mars au 18 avril Théâtre Vitez, Aix 04 42 59 94 37 theatre-vitez.com



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