Zibeline n°49 fév/mar 2012
Zibeline n°49 fév/mar 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°49 de fév/mar 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,9 Mo

  • Dans ce numéro : la culture pour tous et partout.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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72 PHILOSOPHIE DÉTERMINISME SOCIAL Paul Willis L'école des ouvriers Comment tes enfants d'ouvriers obtiennent des boulots d'ouvriers 14. Rnélace de 54,4vain Laurana e:laLlm M uhl Rester sa classe dans ? adule i'a'yf+'S pv Scrum'Nrearp.1 Pour le premier titre de leur nouvelle collection « l’ordre des choses », les éditions Agone proposent un classique de plus de trente ans de Paul Willis, L’école des ouvriers, ou « comment les enfants d’ouvriers obtiennent des boulots d’ouvriers ». On y découvre que l’inertie et la reproduction sociales sont plus complexes que ce que l’on croit Les schémas classiques L’idéalisme républicain considère que l’éducation donne ses chances à tous du fait de la massification ; tous les enfants ayant aujourd’hui accès aux mêmes enseignements et enseignants, l’échec scolaire actuel ne reposerait que sur la perte de l’autorité. La faute à 68 en bref. À un second niveau d’explication, un bourdieusisme rapide répond que l’École transmet des valeurs bourgeoises, sans transmettre les codes implicites de la réussite. Sanctionnant ce qu’elle n’apprend pas, mais se transmet dans les familles où l’on a fait des études, elle favorise ceux qui sont favorisés. Le livre de Willis vient ici décortiquer, avec science méthodologique, le mécanisme de reproduction sociale. En se penchant en particulier sur la culture ouvrière. Celle-ci s’entretient sur des valeurs qui ne sont pas celles de l’École : camaraderie, rejet des « fayots », de tout ce qui est perçu comme provenant de la culture bourgeoise, sont des habitus peu propices à l’étude. Sans parler de la valorisation du travail manuel, soutenue par un sexiste éloge de la force physique. Domination, entre lutte et servitude On aura alors vite fait de dire que la domination en général ne peut se faire qu’avec la complicité des dominés. Certes. Mais comment se déroule ce jeu dominant-dominé, comment se développe le choix rationnel et conscient des sujets exploités ? « Il n’y a là aucune volonté machiavélique ; les éléments de l’idéologie dominante ne sont repris qu’à travers une articulation précise avec les processus culturels de la classe ouvrière ». Il y a donc un jeu, au sens d’une articulation sans cesse en mouvement et qui ne supporte pas les réponses idéologiques simples et figées. La prise de décision par le sujet-enfant-ouvrier du choix d’un métier manuel qui lui paraît rationnel et accepté volontairement est un problème qu’interroge Willis. C’est un problème parce que ce choix surgit d’une lutte. Aucun agent social n’est le porteur passif d’une idéologie nous rappelle-t-il, mais « un appropriateur actif qui ne reproduit les structures existantes qu’après une lutte, une contestation ». Par ailleurs, même s’il semble il y avoir une inertie dans la reproduction sociale, c’est-à-dire si chacun a tendance à rester dans la classe sociale de ses parents, cette inertie est si complexe et tellement liée à l’extérieur historique qu’on ne peut « construire des lois d’airain des dynamiques de socialisation ». Les exceptions, existent, nombreuses, qui cachent aussi l’inertie d’ensemble. Car le capitalisme offre des libertés, il repose et subsiste sur une stabilité dynamique. Des réussites sociales, et des déclassements. Une lutte permanente dans ses formes modernes et libérales. Une lutte des classes à l’intérieur d’elles-mêmes contre ce qui les constitue. Ainsi pour Willis le capitalisme n’est pas une dynastie, car il n’a pas à obéir à une stricte transmission des hiérarchies sociales : il fonctionne sur le mode du pari que ces libertés ne seront pas utilisées contre lui. L’échec scolaire Les enfants d’ouvriers peuvent donc réussir leurs études, sortir de leur classe, mais la plupart ne le font pas, malgré les places réservées en classes préparatoires. L’échec scolaire reste massif, et c’est bien cet échec qui nous intéresse ; il n’y pas de réponse globale car les mécanismes sont très complexes et ne supportent pas de solutions simples. Risquons en deux : que les enseignants soient davantage recrutés dans les milieux populaires, ce que la mastérisation exclut, et que l’on pourrait aisément retrouver en rémunérant comme il y a 25 ans les étudiants qui se destinent à l’enseignement. Ou en augmentant les bourses étudiantes qui se réduisent aujourd’hui à peau de chagrin. Que l’on n’envoie plus dans les établissements difficiles des jeunes professeur(e)s sans aucune expérience pédagogique, ou tout simplement humaine, de jeunes de classes sociales qu’ils n’ont vues que dans leurs caricatures télévisuelles. Réponses simples on vous disait. Politiquement possibles. Syndicalement ? RÉGIS VLACHOS L’École des ouvriers Comment les enfants d’ouvriers obtiennent des boulots d’ouvriers Paul Willis Préface de Sylvain Laurens et Julian Mischi Agone, 25 €
PHILOSOPHIE 73 Destinée et reproduction En association avec les éditions Agone, Approches, Culture et Territoires organisait le 17 janv à la Cité des Associations une rencontre-débat intitulée Apprendre le travail. Les deux jeunes sociologues présents, Sylvain Laurens(Université de Limoges) et Ugo Palheta (Poitiers) ont contribué au n°46 de la Revue Agone parue au dernier trimestre 2011, dont c’était le thème. Ils ont aussi préfacé l’ouvrage de Paul Willis publié en parallèle, L’école des ouvriers, un classique dans l’univers de la sociologie, mais qui jamais auparavant n’avait été traduit en français. Selon les intervenants, « la collection L’ordre des choses a pour vocation de remettre dans le débat actuel des oeuvres méconnues » ; cependant en quoi cette recherche vieille de 35 ans (Willis s’est immergé dans une ville ouvrière des Midlands dans les années 1970) est-elle toujours pertinente aujourd’hui ? Et bien parce que dans la veine des écrits de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, elle établit que le savoir transmis par l’école n’est pas neutre, et il semble qu’il en aille encore ainsi, en tous cas en France en 2012. N’en déplaise aux « naturalistes de droite, qui pensent que les enfants des classes défavorisées échouent parce qu’ils sont bêtes, ou aux crypto-naturalistes, pour qui l’échec est dû à la pauvreté, c’est le caractère de classe de la culture transmise qui est prédominant. » En d’autres termes, certains jeunes transforment en choix ce qui est préparé en amont comme un travail de sape et de sélection, par intériorisation de l’échec. S’investiraient-ils plus, qu’ils ne seraient de toute façon pas facilement convaincus d’avoir la légitimité d’aboutir à un autre type d’emplois que ceux de leurs aînés. Statistiques de l’INSEE à l’appui, les deux sociologues démontent au passage quelques idées reçues : non, il n’est pas vrai que les diplô-mes ne comptent plus, ne serait-ce qu’en terme de dynamique de car-rière, car plus jeune on quitte l’école, moins on évoluera. « Le collège reste la gare de triage de l’orientation, d’une violence sociale terrible, avec dualisation très forte des perspectives. » Si l’on observe de près un marqueur comme celui du redoublement à l’orée du XXI ème siècle, seulement 14,7% des élèves de classes populaires en 1 ère générale n’avaient jamais redoublé, contre 69% dans les classes favorisées. Quant à l’objectif Chevènement d’emmener 80% d’une génération au bac, il n’a jamais été atteint, et non, le diplôme n’est pas « bradé ». Mais les politiques de massification scolaire, le chômage, la désindustrialisation n’ont-ils en rien changé la donne ? « La massification a été en majorité ségrégative, d’où la persistance et l’étanchéité des hiérarchies professionnelles qui en découlent. Ce qui a le plus démocratisé l’institution scolaire, c’est l’arrivée des instituteurs issus des classes moyennes à l’École Normale. » Comment alors aborder cette question cruciale de la démocratisation du savoir ? Nos sociologues contemporains n’ont hélas pas de solution miracle, pas plus que Paul Willis en son temps. GAËLLE CLOAREC Apprendre le travail Revue Agone n°46, 20 € + wr° wer w NYM.STING.CGM The Mediterranean Approach Chae-aApboratton de La opLtpro COMteRlporatne en 1641.t ; erroreé6 Ghada Amer, Ziad Antar, Faouzi Benaaïdi, Jacques Berthet, Marie Bova, David Casini, Hüseyin Aarabey, Ange Leticia, Adrian Paci, Maria Papadimitriou, Khalil Rabah, Zineb. Sedira, Gal Weinstein, Peter Wüthrich 4I* 17 février - 20 mai 2012 Un projet d'ART for The World II [mac] musée d'art contemporain 59, avanua tl'Ha ? Ta - 1.aoaa Marsala('Henseignomarts 44 91 25 01 07 :'.:... : d r - 7 z.. imi As qUc- iamais, Marseile 1 IlkMAFISFItLEI..w. 25.02.2012 DÔME, MARSEILLE n ÉCOUTEZ RTL2 MARSEILLE Fabrice DALED 13H-17H ET GAGNEZ VOS INVITATIONS maneille_rtl2_fr



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