Zibeline n°49 fév/mar 2012
Zibeline n°49 fév/mar 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°49 de fév/mar 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,9 Mo

  • Dans ce numéro : la culture pour tous et partout.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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60 CINÉMA FILMS Une bouteille… sur le fil Une bouteille dans la mer de Gaza est un roman épistolaire de Valérie Zenatti, une rencontre, en 2003, entre une jeune Israélienne de Jérusalem et un Palestinien de Gaza, que Thierry Binisti a eu envie d’adapter. Pourquoi ? « On est nourri depuis toujours du conflit israélo-palestinien. J’avais envie de donner au spectateur cette position unique d’être à la fois d’un côté ET de l’autre. Tal et Naïm ont 17 ans, l’âge où l’on ne veut pas que le monde soit celui qui est donné comme immuable, l’âge où on a la force de l’interroger. » Dans Une bouteille à la mer, Tal, une jeune française de 17 ans dont la famille s’est installée à Jérusalem, révoltée par l’explosion d’un kamikaze dans un café de son quartier, en 2007, veut comprendre et envoie une lettre dans une bouteille qu’elle confie à son frère, militaire près de Éclipse de femme o Librement adapté du roman de Frédérique Deguelt, La Vie d’une autre, le premier film de Sylvie Frères humains Les 8, 9 et 11 fév Rabah Ameur-Zaïmeche est venu présenter Les chants de Mandrin, prix Jean Vigo 2011, dans les cinémas de la région : Jean Renoir à Martigues, Les Variétés à Marseille, Les Lumières à Vitrolles (dans le cadre de Polar en Lumières). Quatrième opus du cinéaste francoalgérien, ce film en costume s’assume comme une reconstitution plus poétique qu’historique de l’épopée des fameux hors-la-loi. À la suite de son chef Louis, exécuté à Valence en 1755, Bélissard, interprété par le réalisateur, mène une nouvelle campagne de contrebande à la barbe des fermiers généraux. Aidé de ses compagnons de fortune, déserteurs, colporteurs, paysans, brigands et poètes, il se charge de faire imprimer Gaza. Commence un échange régulier de mails entre « Miss Peace » (Agathe Bonitzer) et « Gazamen » (Mahmud Shalaby) qui permet de Testud en reprend le titre et l’argument : à quarante ans Marie se réveille ayant oublié quinze ans de La vie d'une autre de Sylvie Testud o Une bouteille à la mer de Thierry Benisti voir comment on vit des deux côtés. « Le film est construit autour d’images qu’on connaît ; ce qui me plait c’est d’avoir donné un visage à ces sa vie. Le roman explorait l’usure de l’amour conjugal, le traumatisme des trahisons, l’oubli comme source de pardon et de guérison. La réalisatrice noircit la fable et la dépasse. L’amnésie devient métaphore de la perte de soi à travers le travail et la réussite sociale. Sa Marie (Juliette Binoche), impératrice de la finance, déambule dans un luxueux appartement. Son petit garçon, qu’elle ne reconnaît plus, bénéficie d’une nounou à plein temps. Elle domine socialement le riche héritier (un Mathieu Kassovitz au jeu sobre voire plat) dont elle est tombée amoureuse à 25 ans et dont elle découvre tout à la fois qu’il est devenu son mari et qu’elle en divorce. Juliette Binoche, qui a longtemps hésité à accepter le rôle, surjoue la panique de cette femme qui ne maîtrise plus rien et clandestinement des chants en vers burlesques pour perpétuer la légende : fil narratif ténu d’une œuvre libre, en variations et ruptures. Une chevauchée de western côtoie une séquence quasi documentaire sur la fabrication du papier, la fluidité cinématographique du film d’aventures voisine la théâtralisation d’escarmouches minimalistes entre mandrins et dragons du roi. Les acteurs parlent faux une langue forcément anachronique, mettant à distance l’artifice pour en extraire la vérité. Ni traîtrises, ni défaites. Le film s’arrête avant tout revers, dans une utopie fraternelle consentie. La vielle à roue acoustique accompagne la célèbre complainte. Slamée dans la scène finale par un marquis gagné aux adolescents ; c’est de montrer comment deux individus vont s’approcher malgré leurs a priori. » C’est en étroite collaboration que Valérie Zenatti et Thierry Bénisti ont écrit scénario et dialogues dont certains sont savoureux. Naïm lisant un poème : « Une pierre deux maisons/trois ruines/quatre fossoyeurs… Il était Palestinien, Jacques Prévert ? ». Des scènes émouvantes entre Tal et son père (J. P.Ecoffey) et Naïm et sa mère (Hiam Abbass), un beau jeu d’acteurs, un film sur le fil qui fait parler, sans manichéisme, et penche d’un côté ou de l’autre selon qui le voit ! ANNIE GAVA Thierry Benisti est venu présenter son film, le 26 janvier au cinéma Les Variétés, Marseille. Il est en salle depuis le 8 février se découvre étrangère à elle-même, outrant son ahurissement quand l’ignorance la fait passer pour folle. L’actrice est plus convaincante dans les jolis moments de comédie sentimentale sur les quais de la Seine quand son personnage essaie de reconquérir son amour. Le spectateur soumis au point de vue de l’héroïne s’ennuie un peu et se perd en vain dans la reconstruction d’une vérité fragmentaire qui se dérobera jusqu’à la fin. Il n’est pas certain que la promesse d’un temps retrouvé, suggérée au début du film par la lecture d’Albertine disparue, soit tenue… ANNELISE Le film sort en salles le 15 février Lumières, incarné par Jacques Nolot, elle résonne dans les esprits comme un appel joyeux à la résistance de tous les temps et à la poésie, intemporelle, qui « fait entrevoir l’impossible ». E.P. les chants de mandrin de Rabah Ameur-Zaïmeche
L. KILANI CLERMONT CINÉMA 61 Sur la planche avec Leïla Le dernier film de Leïla Kilani, Sur la Planche « l’histoire de 4 filles en course » a été présenté le 8 fév aux Rencontres de Manosque et le 10 au cinéma Les Variétés à Marseille Zibeline : Vous aviez déjà tourné à Tanger en 2001, Le rêve des brûleurs, un documentaire sur les immigrés clandestins. Pourquoi avez-vous choisi cette ville pour votre 1er long métrage de fiction ? Leïla Kilani : Tanger est ma ville, j’y suis viscéralement attachée. Le réceptacle de mon imaginaire. C’est là, pendant le tournage du Rêve des brûleurs que l’histoire est née, à partir d’une émotion. Cela ne pouvait pas se passer ailleurs. D’où vient cette histoire de crevettes et de textiles ? Une terrasse sur le port, où je passais mes nuits avec des « candidats » à l’immigration. J’ai entendu la prière de l’aube et un son étrange, les ouvrières qui descendaient ; elles sont apparues et c’est devenu une empreinte rétine : c’étaient les filles « crevettes ». Une image grise. Une heure et demie plus tard, dans la lumière rose, les « textiles ». Avez-vous pensé tout de suite à ce quatuor de filles et à ce personnage de Badia qui n’évolue pas au cours du film ? Au départ, c’était un duo… masculin, devenu féminin. Le personnage qui n’évolue pas, je l’ai voulu, je n’y ai pas renoncé. Je ne voulais pas suivre le côté linéaire. C’est son amie qui évolue. Dans la tragédie aussi, il y a des personnages comme cela et j’adore la tragédie grecque. Le casting ? La préparation des filles ? Vous leur avez montré des films ? Pendant 4 mois, elles ont fait des stages dans des pêcheries ; je leur ai montré des films de Mike Leight, de Ken Loach, des films japonais. Elles avaient leurs goûts en cinéma ; par exemple, Mouna (Imane) qui est folle de cinéma indien a eu la sensation d’une ouverture sur le monde. Et Wanda de Barbara Loden, mon film fétiche qui résume la liberté, l’inventivité, la subversion, un film qui m’a empêchée de dormir pendant 3 jours… À suivre… dans le prochain numéro PROPOS RECUEILLIS PAR ANNIE GAVA Leïla Kilani Annie Gava Courts sous la neige o Malgré la neige et le froid, le public se pressait très nombreux au Festival International du Court métrage de Clermont Ferrand, le plus grand du monde avec ses 534 séances, ses panoramas, ses cartes blanches, ses « expresso » -débats du matin avec les réalisateurs- et bien sûr ses compétitions, internationale, nationale et labo comprenant 170 films (sur les 7 132 reçus). Comme bon nombre, la manifestation a dû se serrer la ceinture : « 100 000 euros de moins pour faire le festival, c’est le défi de 2012 », précisent le président, Jean-Claude Saurel et l’équipe de Sauve qui peut le court métrage. Il n’est pas étonnant que la crise, la violence du travail ou du chômage, soient présentes dans les films. La Dérive de Mathieu Salmon montre le Ce qu'il restera de nous de Vincent Macaigne désarroi profond de Virginie, licenciée, qui revient sans cesse devant l’imprimerie où elle travaillait ; dans Shoot the Moon d’Alexander Gaeta, Marcy, sans travail, perd tout contact avec sa réalité, ne songeant plus qu’à être sélectionnée à un jeu télévisé. Dans Tethered, Craig Irving montre la violence du travail dans un abattoir, qui va déteindre sur la vie d’un tout jeune homme. Quant à Hugo Chesnard, dans une superbe comédie musicale inspirée d’une histoire vraie, La France qui se lève tôt, il met le spectateur face au drame des sans-papiers ; tout comme Uda Benyamina dans l’émouvant Sur la route du paradis. Ernesto Solo traite de la violence faite aux femmes dans Mujeres del Tirano et Vincent Macaigne raconte PALMARÈS International Grand Prix : Guest de Ga Eun Yoon Prix Spécial du Jury : Einspruch VI (Protestation VI) de Rolando Colla Prix du Public : Curfew (Couvre-feu) de Shawn Christensen Labo Grand Prix : Il Capo de Yuri Ancarani la confrontation explosive de deux frères suite à la mort de leur père dans Ce qu’il restera de nous. Daniele Atzeni aborde l’industrialisation non maitrisée de la Sardaigne en faisant témoigner l’unique survivant d’une terrible catastrophe qui a frappé un village dans les années 60 : I Morti di Alos, une fiction à l’allure de documentaire. Il y en avait pour tous les goûts, tous les combats : le public, fidèle, du Cannes du court métrage le sait bien : plus de 143 000 spectateurs ont fréquenté cette 34 ème édition… ANNIE GAVA www.clermont-filmfest.com Prix Spécial du Jury : Bobby yeah de Robert Morgan Prix du Public : Wind over lake (Contre vents et marées) de Jeorge Elkin National Grand Prix : Ce qu’il restera de nous de Vincent Macaigne Prix Spécial du Jury : La sole, entre l’eau et le sable d’Angèle Chiodo Prix du Public : La France qui se lève tôt de Hugo Chesnard



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