Zibeline n°49 fév/mar 2012
Zibeline n°49 fév/mar 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°49 de fév/mar 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,9 Mo

  • Dans ce numéro : la culture pour tous et partout.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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28 MUSIQUE RÉCITALS Vlach’ment bien ! X-D.R. Made in France Agnès Mellon Mois de février exceptionnel pour la musique française ! Après Sauguet à Marseille, le Jeu de Paume mit à l’honneur dans la même semaine Louise Farrenc, puis une farandole d’autres compositeurs portés par un interprète de choix : Jaroussky. Exceptés des mélomanes avertis, Louise Farrenc o reste, peut être parce qu’elle est une femme, une compositrice inconnue ! Son œuvre, pourtant prolixe, fortement marquée par Beethoven et Schubert, est d’une rare qualité. Son nonette, formation étonnante qui évoque de vieux souvenirs de dessert, fut l’occasion d’apprécier la maîtrise de son écriture, son inventivité et la fraîcheur de son langage rythmique. Porté par une pléiade de musiciens brillants, Charlier en tête, ce petit bijou de musique de chambre fit honneur au genre, en toute féminité. Deux jours plus tard le sublime Jaroussky à travers des pages de Chausson, Hahn, Fauré… accompagné par le remarquable Jérôme Ducros, montra, dans un répertoire pourtant délicat pour ce type de voix, une technique vocale irréprochable et une musicalité rare. Les mélodies françaises dans le creux de sa bouche ont une saveur autre, douce monochromie ombrée de lumière…C.F. Concerts donnés les 7 et 9 février Si Vlach, apocope du nom de la violoniste Vlachovà, sonne comme une interjection sèche, le jeu distillé par ce quatuor tchèque est un modèle de douceur et de suavité. Dotés d’une profondeur sans doute slave, les quatre instrumentistes respirent la musique. Figure emblématique de leur patrimoine national, Dvoràk a envahi de ses grandes mélodies diatoniques aux inflexions populaires franches, l’espace du Jeu de Paume ; la légèreté, pétrie d’une certaine nostalgie, de son Quatuor américain, mit parfaitement en valeur les deux grands quatuors (13 e et 14 e) de Schubert. Si l’interprétation de Rosamunde fut splendide, celle de La jeune fille et la mort mérite tous les laudatifs imaginables ! Lecture intelligente de l’œuvre, finesse et justesse de l’interprétation, équilibre de l’ensemble, son patiné, équilibre des voix, contrastes fulgurants… élevèrent ce monument du genre à des hauteurs insoupçonnées… CHRISTOPHE FLOQUET Concert donné au théâtre du Jeu de Paume le 23 janvier Quatre nouveaux Dans le Quatuor n°12 « Quartettsatz » de Schubert, chef-d’œuvre perdu dans son inachèvement tragique, les cordes réalisent, le 31 janvier devant les Sociétaires de la Musique de Chambre de Marseille, une harmonie expressive. Elle se mue en un pathos puissant dans le douloureux Quatuor n°13 « Rosamunde ». Le son est beau, le geste libre, lyrique. Ils sont jeunes : quatre personnalités musicales qui se subliment au contact des autres. Dire que le Quatuor Raphaël ne se s’est formé qu’en 2010 ! Quelques mois après, l’ensemble remporte le second prix du prestigieux Concours de Bordeaux. Du jamais vu ! Chacun poursuit néanmoins sa propre carrière de concertiste, ou tente de le faire, maintenant qu’ils sont sollicités régulièrement, à quatre... Et ça marche ! Dans Beethoven et son 8 e Quatuor Pierre Fouchenneret et Pablo Schatzmann(violons), Arnaud Thorette (alto) et Maja Bogdanovic (violoncelle) se renvoient l’archet, sourient aux questionnements musicaux qu’offre ce dialogue vibrant. L’écoute est émouvante, tout en fraîcheur spontanée, virtuose. J.F. Sans codes ! Benoite Fanton Chanter a cappella est difficile. Mais y mêler, dans tous les styles vocaux, danse et théâtre, est une performance incroyable. Métronome est un spectacle d’une grande qualité, réalisé par les Cinq de Cœur, cinq voix magnifiques au service d’une histoire originale : la colère gronde dans la rue, le gouvernement voulant affubler chaque citoyen de codebarre au poignet ! Sous la terre, cinq compagnons attendent un métro qui ne viendra jamais… dans un feu d’artifice de beautés harmoniques, qui passe du Boléro de Ravel à la Chanson de Maxence (M. Legrand), de Sometimes (traditionnel), aux polyphonies bulgares, de l’opéra baroque à Lakmé et la Danse du sabre ! Magnifique Pascale Costes, soprano, névrosée, suicidaire ; sublime Karine Sérafin, soprano esclave de son iPhone, terrorisée dans cette prison souterraine. Étonnante Sandrine Montcoudiol, alto, en M me Colombo ; remarquable Xavier Magueritat, baryton, beau gosse rêvant de succès populaire ; chaleureux et sensible, le ténor Patrick Laviosa. La mise en scène de Pascal Légitimus est un tourbillon et le chœur final, écho des cris de la rue : « Ne pas céder, résister, dire non aux codes-barres ! Indignation, on nous prend pour des moutons… ! » est une polyphonie endiablée sur le « O Fortuna » de Carmina Burana ! YVES BERGÉ Métronome a été joué au Toursky le 17 janvier
Un seul être vous manque… …et toute la musique italienne du baroque finissant est dépeuplée ! Orpheline du grand Vivaldi, la squadra azzura des Ristori, Tartini, Locatelli et tutti quanti, fit bien pâle figure ! Habitués aux mélodies saillantes et éclatantes et à la rythmique endiablée du maître vénitien, les tifosi du GTP eurent droit à une musique terne, dépourvue d’inventivité, d’une criante impersonnalité. Seul le Concerto a quattro du compositeur de la botte, Francesco Durante, sortit un peu du lot, son ricercar del quatro tono, maitrisant superbement l’écriture contrapuntique. Mais que dire de l’ensemble Café Zimmermannsinon qu’il fût également peu inspiré : interprétation médiocre, problèmes de justesse… Seul Petr Skalka, violoncelliste solo, fit preuve d’une réelle implication se débattant pour insuffler un peu de vie au concerto de Tartini. Heureusement deux petits bis pétillants vinrent clore la soirée. Devinez de qui… CHRISTOPHE FLOQUET Tout sauf Vivaldi a été donné au GTP le 19 janvier Petr Skalka o MUSIQUE 29 Gold fingers Dans la série Grand piano à Neptune, c’est cette fois le pianiste russe Nikolaï Lugansky qui a fait escale en ce début février à Toulon pour un récital magistral. Bâtie autour d’un programme aux accents romantiques la soirée fut un réel succès. La technique infaillible de l’interprète est venue à bout d’un répertoire convenu mais réputé difficile (Chopin, Brahms, Liszt) sollicitant une vigilance de tous les instants, et mettait en valeur un jeu très musical, à la poésie savamment distillée. Incontestablement à l’aise, c’est surtout dans la monumentale sonate n°1 op.28 de son compatriote Rachmaninov que son toucher, tantôt félin dans sa délicatesse, tantôt rutilant dans sa virtuosité, confinait au sublime, enfermant l’auditoire dans un déluge de notes agrémenté d’une palette de dynamiques impressionnante où alternaient pianissimi à la limite de l’audible et fortissimi nerveux et explosifs. Quel dommage qu’une telle démonstration de talent ait du se terminer après seulement trois rappels ! ÉMILIEN MOREAU Nikolai Lugansky X-D.R. Chantez ! D En octobre, des partitions ont envahi les boîtes mail, les maisons ont résonné d’une voix électronique qui donne les rythmes, les hauteurs… puis les coulisses du GTP se sont animées d’une studieuse effervescence… les adultes se perfectionnent, les enfants préparent des surprises musicales… Tous (150) ont été sélectionnés sur dossiers, la motivation comptant encore plus que les parcours. « Il y a un engagement moral dans cet espace de liberté et de plaisir ! » confie Julien Joubert, dont les compositions sont interprétées le 3 février : Un enfant qui chante, poème de Maurice Carême, clôt la première partie où Bach et Mozart connaissaient la fougue des Grands Chœurs Amateurs sous la houlette précise de Marie- Noëlle Maerten. « Il ne s’agit pas ici d’enseigner, mais de faire vivre quelque chose » expliquait Joubert lors des répétitions ! Sous influence Retrouver une influence française dans la musique baroque européenne, c’est ce à quoi l’ensemble instrumental des Festes d’Orphée s’est attaché lors d’un concert éclectique qui unissait quatre musiciens, Jean-Michel Hey et Guy Laurent aux flûtes, qui surent se faire légères et enjouées, Annick Lassalle à la viole de gambe, avec ses beaux graves, Corinne Bétirac et son jeu délié au clavecin. « Louis XIV s’était emparé de la musique comme outil de pouvoir, capable de faire rayonner l’esprit français dans les monarchies de l’Europe baroque » explique Guy Laurent. Rythmes aux pointes « lulliesques » (J. Fischer, le copiste de Lully), ouvertures (Graupner), suites de danses françaises (J. Schenck, dans la lignée de Marin Marais), portraits à la mode française (Telemannet ses héroïnes antiques), phrases en longues volutes (Corelli)… et l’Orphée britannique, Purcell, fluidité des lignes mélodiques qui s’enlacent, un Agnès Mellon Les enfants de la Maîtrise de Radio France livrent ensuite son Atelier du nouveau monde, enjoué, inspiré d’images d’Épinal du XV e siècle, avec un « matériau de départ simple mais enrichi par le tissu polyphonique », et des textes intelligents. Les trois chœurs se réunissent pour Ne compte pas. On a tous envie de « laisser couler le sable entre nos doigts », de suspendre ce temps d’exception, avec cette belle découverte : la musique de Julien Joubert, inventive et équilibrée. MARYVONNE COLOMBANI Les chœurs amateurs d’adultes et d’enfants, et la maitrise de radio France, ont chanté le 3 février au GTP, Aix calme intérieur reconquis dans une réconciliation avec le monde… Un idéal de sérénité dont la musique française aimerait être l’initiatrice ! M.C. Ce concert a eu lieu le 17 janvier au Temple de la rue de la Masse, Aix



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