Zibeline n°49 fév/mar 2012
Zibeline n°49 fév/mar 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°49 de fév/mar 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,9 Mo

  • Dans ce numéro : la culture pour tous et partout.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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20 THÉÂTRE AVIGNON Un concentré de saison Mission réussie pour la quatrième édition du Fest’hiver. Les quatre compagnies invitées ont révélé ou confirmé leurs talents dans les quatre théâtres avignonnais. (voir La Farce de maitre Pathelin aux Halles, Zib’48) Antigone, l’indignée Radio chabadabada o Le mythe ressuscité Belle surprise que cette Antigone inspirée qui parle d’aujourd’hui avec les mots d’hier. Nourri par les images actuelles du pouvoir et de la mondialisation, par des discours politiques et textes contemporains, le mythe de Sophocle se recentre sur la quête d’absolu de l’adolescence. Confrontés aux emblèmes du monde moderne, les spectres de la tragédie s’entremêlent pour réinterroger la capacité de résistance. Une Antigone obsédée par son frère, révoltée contre le système, qui s’achète un sac à main avec le portrait du Che quand elle est en colère et préfère la mort à l’obéissance. Une ado perdue dans les bruits du monde qui se filme pour crier : « Je veux bien mourir pour une idée mais laquelle ? » Accompagnée par Jonathan Moussalli et Julien Anselmino, Marie Vauzelle parcourt -du récit de Tiresias au discours d’investiture de Créon jusqu’au suicide des deux adolescents- cette soif de liberté et d’indignation pour nous questionner directement. Derrière la loi d’un Créon en jean arborant orgueilleusement son écharpe d’élu, s’élève un retentissant : Indignez-vous ! DE.M. X-D.R De.M À peine quinze jours pour monter cette nouvelle pièce sur l’enregistrement d’un feuilleton radiophonique, cocasse d’absurdité, par quatre comédiens à tout faire. Le pari est tenu, tant l’idée de base est désopilante et la similitude frappante avec la réalité de cette joyeuse troupe du Cocktail théâtre, avec à son bord Edmonde Franchi dont le naturel gracieux est un art en soi. Il faut dire qu’elle connaît bien son affaire -elle a réalisé pendant deux ans une série sur Radio France- et nous plonge de sa fantaisie habituelle dans cet univers en perdition avec toutes ses astuces (les bruitages en direct, un régal !) et galères de production désargentée. Le scénario volontairement rocambolesque gagnerait juste à être resserré, dans sa démonstration un peu répétitive entrecoupée de chansonnettes (plutôt bien poussées). Malgré cela, les révélations, trahisons, aveux, résurrections des épisodes 3549, 4590, 2427 et 7428 se confondent avec la réalité (l’intermittence, le manque de moyens, la solitude, le théâtre contemporain…) et nous rendent, l’espace d’une petite heure, la vie plus belle… DE.M. Frederic Borensztein C’est presque un baptême de théâtre : premier spectacle de la Cie L’Éternel Été, première mise en scène d’Emmanuel Besnault de la (première) pièce de Laurent Gaudé. L’ambition (un peu crâne, pourraiton croire) du très jeune metteur en scène (20 ans) qui choisit de retracer cette épopée antique de Gaudé à travers le mythe Dionysiaque, se double d’un talent certain de conviction : c’est en effet un sacré monstre, Jacques Frantz, qui a accepté d’incarner cet Onysos immortel, mi-homme mi-dieu échoué sur un quai de métro à New York, et d’en assumer le monologue outragé. Il prête son corps massif, sa voix puissante et son magnétisme inébranlable à ce colosse claudiquant qui raconte sa vie, traversant les millénaires à rebours, de la cité démesurée de Babylone aux bords du Nil, de la chute de Troie au New York d’aujourd’hui. Une vie de souffrance qu’il relate à un jeune contemporain rendu palpable (François Santucci) ; fauve errant dans la violence de la civilisation, qui rajeunit en se délestant de ses siècles de fuite et de poussière. On ressort de la pièce comme d’un temps suspendu dans la fureur de l’humanité -un peu abattu par la densité du monologue et le rythme parfois soporifique-, touchés d’être les témoins de ce passage de relais, du colossal acteur au jeune metteur en scène, d’Onysos à l’inconnu silencieux, du théâtre inventé hier à celui d’aujourd’hui. DE.M. Antigone s’est jouée dans le cadre du Fest’hiver les 31 janvier et 1er février au théâtre du Balcon, Avignon Accorder les douleurs o Dehors c’est la guerre civile, le chaos, la peur. Une « putain de rue envahie par les barbes » où seuls trainent quelques fantômes et le P’tit maquisard qui, entre deux couvre-feux, nourrit trois femmes enfermées. Une tante cloitrée dans ses interdits et ses désirs, une mère paralytique coincée dans son mutisme, une fille absorbée dans sa musique. Prisonnières de leurs non-dits, elles survivent dans une Algérie détruite. L’appartement reconstitué, lieu central de la pièce de l’auteure algérienne Gehanne Khalfallah, devient par ricochet le théâtre où se joue pour ces trois solitudes la réponse à la violence des Hommes et à la barbarie de l’Histoire. Le violoncelle, objet supposé du désordre, est réduit à l’accessoire -difficile de s’improviser instrumentiste- malgré une ultime scène où la tante délaissée, rôle le plus abouti, s’embrase fougueusement à son contact. Frédéric Richaud installe sobrement cet affrontement intime et historique, sans (oser ?) rajouter de coups d’éclats à la violence souterraine et quotidienne. Si « la musique est juste un cri » il est un peu timide, mais la tournée apportera sans doute la puissance nécessaire à l’histoire. DE.M. Les Désordres du violoncelle a été joué par Éclats de Scènes au Théâtre des Carmes, à Avignon, les 13 et 15 janvier Dans le tourbillon de l’amour s’est joué les 1er et 3 février dans le cadre du Fest’hiver au théâtre du Chien qui Fume, Avignon Pas de fumée sans feux ! Présenter une création en début de résidence ne manque ni de panache ni de risque. Après une petite semaine consacrée à la mise en scène du concert-spectacle Nés Poumons Noirs, le collectif belge éponyme a présenté publiquement l’ébauche de théâtralité tentée par Jean-Michel Van den Eedey, qui a eu pour le trio un coup de cœur. On le comprend. Il y a dans les mots du slameur Mochélan des revendications légitimes, de la rage adolescente et du cœur tourmenté. Le trio hip hop porte un attachement attendrissant à sa ville de Charleroi, « le point noir de la Belgique ». Le texte d’ouverture, qui a raflé quelques prix, bouleverse par la défense à feu et à bout de souffle de cette « ville d’ouvriers et d’écorchés qui encaisse les coups et qui les rend ». Mais le jeune auteur, très en verve, n’en finit plus de régler en vrac ses comptes avec la société, les médias qui désinforment, les insuffisances scolaires, sa vie sentimentale, ses utopies. On glisse dans l’impression de thérapie statique en direct, soutenue par des vidéos irrégulières et par la guitare folk blues d’un musicien inhibé coincé dans de curieux déplacements qui interrogent sur la perspicacité de la mise en scène. Un objet scénique inabouti et qui part un peu en fumée, à revoir en fin de résidence… une fois le fil tiré. DE.M. Nés Poumons Noirs a été présenté les 20 et 21 janvier au Théâtre des Doms, Avignon Onysos le Furieux a été joué dans le cadre de Fest’hiver les 2 et 3 février au Chêne Noir, Avignon o
Bibi, bête de jungle Sainte extase Elles rentrent sur scène comme trois apparitions fantomatiques, se fondant lentement dans le chemin de ronde dessiné à la poudre de craie, découvrant leurs costumes de carmélites et leur calme intérieur. Une trinité de femmes pour incarner l’expérience mystique de l’intransigeante Marie Madeleine de Pazzi, cloitrée à 16 ans, qui consacra sa vie à la recherche physique de la spiritualité. La bande son d’André Pignat, très prégnante, massive, borde la quête d’amour absolu de cette sainte qui refusa la soumission pour plonger dans « l’amour qui vous malmène et sanctifie ». La cie suisse Interface s’est enfermée une semaine dans un couvent pour goûter Manuel Pascual Velu de la tête aux pieds, Bibi a débarqué au Chêne Noir pour nous balancer nos quatre vérités. Damien Remy endosse le costume du singe savant avec gloutonnerie et signe son retour gagnant sur les planches qui l’ont vu naître. Un seul-en-scène à multiples personnages, très démonstratif, adapté du roman de Henri Frédéric Blanc par Cyril Lecomte, qui narre les tribulations d’un orang-outan loquace dans le monde asservi et branquignole des humains. Capturé par des pirates, revendu aux puces de Cauchemarseille, « la ville où passer pour un couillon pour couillonner autrui est la spécialité locale », il devient le singe de confiance du Président de la Franculie, « le P de la Ré ». Les frasques de l’insoumis deviennent un dithyrambe de bons mots, de proverbes clairvoyants et de simagrées exclusivement réservées à contrefaire le genre humain. Un festival de cabrioles et de french cancan, et retranscrire le détachement de ces femmes cloîtrées qui consacrent leur vie, et leur corps humilié, à la foi. Les deux danseuses, dans un travail duel, retracent avec fougue cette aliénation au nom de la passion, rejointes par les mots d’une comédienne, dans une forme proche du spectacle Teruel (voir zib’47), consacré à la tauromachie. Entre répétition de moments dansés qui s’élèvent et retombent, exaltation, déclamation puissante, les ruptures en ombres et lumières révèlent cette mystique du XVII e qui « aime envers et contre tout, à en crever, en jouir et se soumettre ». DE.M. THÉÂTRE 21 de pauses à la chippendale et à la Bébél, maitrisé par un Gérard Gelas inspiré qui évite, de justesse, les galéjades du one-man-show. Derrière la franche pantalonnade, une attaque acide de la société et du politique. Bibi c’est la rencontre de « trois grandes gueules » à qui on n’apprend pas à faire la grimace et qui s’en prennent frontalement aux bonimenteurs de tous poils ! Un « j’accuse » efficace et impertinent. DE.M. Bibi ou les mémoires d’un singe savant s’est joué du 26 au 29 janvier au théâtre du Chêne Noir, Avignon Pazzi s’est joué les 10 et 11 février au théâtre du Balcon, Avignon (I X-D.R La Criée en mars 13 au 30 création LES APACHES Un spectacle de Macha Makeïeff Rebelles, paumés, violents, poètes, et un peu fous Les héros de la nouvelle création de Macha Makelefl vous attendent â La Criée partir du 13 mars ! marrailtil p



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