Zibeline n°49 fév/mar 2012
Zibeline n°49 fév/mar 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°49 de fév/mar 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,9 Mo

  • Dans ce numéro : la culture pour tous et partout.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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I 16 THÉÂTRE LES BERNARDINES LA MINOTERIE LE VITEZ LE GYPTIS Égarement to Connaissez-vous Até fille de la Discorde et mère de l’aveuglement humain ? C’est son élégante silhouette en 3D qui d’entrée apostrophe la salle « Tout est faux ». On n’en attend pas moins du théâtre et Alain Béhar, inlassable guetteur/créateur de formes exactes, fait encore une fois du plateau une surface de déploiement de sciences dures. Avec Mô, spectacle précédent, c’est l’intérieur du cerveau du personnage qui se (dé)construisait dans de complexes circonvolutions ; dans Até c’est la perception du spectateur qui est mise à mal, parfois pour son plus grand plaisir ; le dispositif est impeccable. Que voit-on ? Des acteurs en chair et en os dont un pianiste et un « abbé » (sic) ; un mur en triptyque qui présente un suractif jeune homme capté en direct par une webcam, un écran dominant de jeu vidéo prêt à être activé, des images qui jaillissent en écho à un mot -genre alphabet visuel- ou à une idée subliminale (on a la faiblesse de reconnaître Mowgli ou peut-être la jupe virevoltante de Keersmaker, chacun les siens) ; ce langage scénique fait du plateau une pleine page en mouvement permanent avec onglets multiples, apparitions, disparitions. Un tambour, un couteau Le Woyzeck mis en scène par Frank Dimech est un spectacle exigeant, joué par des acteurs taïwanais et chinois très engagés physiquement, tous magnifiques. La pièce, œuvre phare de l’expressionnisme, est composée de fragments que Buchner n’a pas reliés, de scènes que Frank Dimech a travaillées séparément, réservant leur montage pour la fin. Le plateau est nu, éclairé de lumières tour à tour violentes et feutrées. Seuls objets : deux chaises et un urinoir dans lequel les soldats vont se soulager avec intense satisfaction après leurs beuveries. Le personnage tragique, Woyzeck, sombre dans la folie meurtrière, victime de la cruauté des autres, et de la passion qui l’anime pour Marie, jeune femme fragile. Son désir soudain pour un tambour-major brutal précipite Woyzeck dans le drame, qui est de fait inévitable dans ce monde habité de soldats corrompus et de prostituées lascives qui aiguisent des couteaux. Des battements de tambour assourdissants retentissent comme le poids de la trahison, du désir et de la jalousie. Certaines scènes sont fulgurantes, d’une beauté et d’une force à couper le souffle. Celle où s’affrontent Woyzek et le tambour-major, poitrail contre poitrail, ou celle où Woyzek s’ensevelit peu à peu sous l’eau et la terre qui tombe du ciel. CHRIS BOURGUE Woyzek a été joué du 24 au 28 janvier à la Minoterie, Marseille et le 1er février au théâtre Vitez, Aix Mathieu Lorry-Dupuy Mathieu Lorry-Dupuy Qu’entend-on ? Des fragments de conversation qui construisent le degré zéro de la fable : le 31 décembre, Guéret, Creuse, dentiste et aussi Lagos, Acapulco ou les rives du Colorado ; des aphorismes, sentences ou lieux communs très actuels (rires dans le public) ; les mots du philosophe côtoient les nôtres et surtout ne s’attardent pas comme autant de sms qui se croisent. Virtuosité étourdissante (encore que la pesanteur consubstantielle à l’acteur vivant soit presque un frein) et perfection pour quoi faire ? Si c’est pour dire o Hsu & Yawen ce que l’on croit comprendre de nos sociétés et de nos pratiques, Alain Béhar réinvente simplement la mimésis ; si c’est pour réactiver le vertige pascalien (la cène de la fin ?), il faut alors lui donner plus de sens sur lequel parier ! MARIE-JO DHÔ Até texte et mise en scène d’Alain Béhar a été donné au théâtre des Bernardines du 26 au 31 janvier La dérive des bons sentiments L’Ivanov de Tchekhov par Extime compagnie transforme le désenchantement en quête d’une nouvelle vieei J. Dieudonné Ivanov pourrait être heureux, épanoui mais n’a plus de envie de faire semblant. En vérité, il s’ennuie. Trentenaire mélancolique, oisif presque dépressif, il nous renvoie à des questionnements existentiels : qu’est-ce que réussir sa vie et comment sortir de sa condition pour y parvenir ? Sous titrée [Ce qui reste dans vie…], la pièce est, selon les mots de son metteur en scène Jean-Pierre Baro, une « composition théâtrale ». Un puzzle inspiré par différentes traductions du chef-d’œuvre d’Anton Tchekhov, divers textes de littérature poétique mais aussi par des œuvres cinématographiques. Le personnage central opère sa mutation, prenant à témoin le public qui, souvent, en rit. Les rapports à l’amour, à la mort, à l’argent, à la liberté, à la vérité sont décortiqués avec violence ou légèreté. Les corps comme les voix, la danse et la musique (Schubert et Souchon) ou encore le mobilier occupent une place centrale dans la scénographie de Baro qui offre une libre adaptation résolument contemporaine, portée par huit acteurs remarquables, Simon Bellouard en tête. La critique d’une société russe égocentrée du XIX e siècle devient une ode à l’existence qui confirme l’intemporalité et l’universalité du théâtre de Tchekhov. THOMAS DALICANTE Ivanov [Ce qui reste dans vie] a été joué du 31 janvier au 4 février, au Gyptis, Marseille
ARLES LE MERLAN THÉÂTRE 17 Même pas peur Dans sa dernière création, Hubert Colas fait preuve de son talent habituel de metteur en scène, mais hélas pas de l’habituelle pertinence de son écriture. Spectacle sur la peur, joué au Merlan sans certains effets scénographiques en raison d’un problème technique, Stop, Tout est bruit est joué par une bande de comédiens d’une fraîcheur et d’une malléabilité rares, dirigés de main de maître dans des élans subtils et nuancés… Les filles, en particulier, sont épatantes, porteuses de voix très singulières. La scénographie, même partiellement amputée, révèle des univers noirs, des lignes subtiles, des univers où l’on s’enfonce comme dans son Hamlet. Ou un espace qui se strie comme un écran de télé déréglé, que les comédiens parcourent avec une rapidité étonnante comme un espace qu’il faut fuir, allumé et éteint en un montage cut cinématographique qui n’est pas sans faire penser aux contrastes des mises en scène de Pommerat. Mais mettre autant de talent au service d’un texte et d’un propos aussi pauvres est d’autant plus décevant ! Avec un vocabulaire volontairement restreint, une langue neutre, sans progression dramatique ni même thématique sinon la succession de séquences enchaînées sans motif, des répétitions/variations dont on ne sait où elles mènent, Hubert Colas parle de la peur sans la susciter, sans même la donner à voir, ou expliciter un Hervé Bellamy peu pourquoi il en parle. Sans non plus nous faire rire, ce qu’il sait pourtant si bien faire, parfois. L’auteur produit comme toujours un texte ego centré, mais sans parvenir cette fois à l’ouvrir vers des horizons moins bornés, à ce qu’il nous concerne. AGNÈS FRESCHEL Stop, tout est bruit a été joué à Arles le 3 février et au Merlan du 11 au 16 février TCMJRSKY F N I F3 Fi N A F'D MA, "'FESTIVAL RUSSE 5o !..5-trr,rega pnrrenre1e Thrsritrt-r 1=11-1r ; rrrr GorF crûr,t Cbart ErKpc3iL- iür a LA MINOTERIE février/mars 2012 16 au 25 février 2012 LES BIENFAITS DE L'AMOUR Cie Les Travailleurs de la nuit [THÉÂTRE d`aprés Platon et Hëlderlin ÉlurrFcFrYji 2CI Fr7rF Fu cJirr, Lrrtr_sF-k,e LFvr -il 20 2 ATTENTION SPECTACLE THÉÂTRE DES BERNARDINES R servatians : 91214 3014-0 14 au 16 mars â20h00 L'ALPHABET DEB OUBLIÉS.M Cie Théâtre de la Cité I Tkl[ATRE Dans Le Cadre Biennale des Écritures du Réel Ataonnx-°voLas : O 82D 300 C333 vwvw.tours ky. org > 2011-2012 I LA MINOTERIE I THEATRE DE LA JOLIETTE 9-11 rue d'Hpxier - 13[]42 1.',Frl5eille - 4Ÿ919n 0794 [taper at - WwW,rnirl4tPrie,4rg



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