Zibeline n°48 janvier 2012
Zibeline n°48 janvier 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°48 de janvier 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7 Mo

  • Dans ce numéro : 2012 en créations.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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70 LIVRES/CD JEUNESSE L’apprentissage de la démocratie En cette année nouvelle propice aux débats politiques, l’ouvrage de Sophie Lamoureux Pour ou Contre ! L’actualité en débat ouvre un espace où parents et enfants, adolescents peuvent se retrouver avec passion. À l’encontre des modes qui procurent des discussions à partir d’idées reçues et de pathos mal digéré, le livre propose de nombreux outils capables de nourrir intelligemment les opinions. Orchestré en huit chapitres thématiques clairs (monde, éthique, économie, institutions, immigration, laïcité, environnement, culture) le livre propose quarante débats. Dans lesquels les arguments pour et contre se répondent directement. Le jeu des couleurs permet de s’orienter dans les méandres des différents avis. Contextes, références sont insérés dans de sobres encadrés. Précis, actuel, sans langue de bois (« ça donne des échardes » dixit Titeuf de la BD), ce livre apparaît comme un outil précieux pour appréhender les débats à venir et garder les enfants de tout manichéisme. Car la démocratie s’apprend, et la liberté se cultive… MARYVONNE COLOMBANI Pour ou Contre ! L’actualité en débat Sophie Lamoureux Gallimard Jeunesse, 14,95 € Pour une belle défunte r Guillaume Guéraud, jeune auteur prolifique, livre un nouveau roman publié chez DoAdo. Nostalgique de son adolescence, il déclare qu’il écrit « sur » des adolescents mais pas nécessairement « pour » : le choix des éditeurs en fait un auteurjeunesse, ce qui n’est pas un pis aller... Ses récits sont courts, vivants, son style lapidaire frappe fort de ses phrases courtes, de son rythme haletant. Ses personnages attachants sont saisis dans ces moments où un événement surgit qui oblige à un engagement. C’est bien de cela qu’il s’agit pour Marco. Médiocre élève de 3 ème, il voit arriver la fin de l’année scolaire sans projet professionnel et avec un nombre intéressant d’heures de colle. C’est l’annonce de la mort d’une jeune et belle roumaine de 29 ans, Anka, qui déclenche chez lui des réactions imprévisibles ; le père de Marco l’avait épousée 10 ans auparavant. Une magouille pour qu’elle ait des papiers et lui une belle somme d’argent. Abasourdi par la nouvelle, Marco part à la recherche de renseignements sur Anka à travers les rues de Marseille, retrouve des gens qui l’ont croisée. Le récit de Marco est entrecoupé de courts passages en italique, flashes sordides et éprouvants qui révèlent des moments du parcours douloureux d’Anka. À la recherche du passé de cette fille, Marco se trouvera lui-même, dans la fureur et la révolte face à l’injustice, la misère et la connerie. CHRIS BOURGUE Anka Guillaume Guéraud Le Rouergue, DoAdo, 9,50 € Trouver avec la nature Tout le monde sait que Léonard de Vinci a longuement observé les oiseaux avant de concevoir son ornithoptère en 1485. Vous savez peut-être moins que la tôle ondulée s’inspire des dessins de la coquille St Jacques, que la raie a servi de modèle pour un robot sous-marin ou encore que le pangolin (petit mammifère à écailles) a inspiré des architectes !... Avec une iconographie très précise, le livre passionnant de Mat Fournier, enseignante et chercheur, témoigne de sa profonde connaissance de la nature et met intelligemment en parallèle les capacités des espèces naturelles et les progrès scientifiques. Il trouvera sûrement sa place dans les médiathèques, et sur vos étagères ! C. B. Ar, Quand la nature inspire la science Mat Fournier Plume de carotte, 35 € Le jeune homme et la mort La mort marraine, conte de Grimm adapté et mis en musique par Raoul Lay, parait aujourd’hui en livre-CD (avec les photos de notre collaboratrice Agnès Mellon, et sous la direction artistique de Jacques Freschel). Les thèmes romantiques de l’amour et de la mort s’y croisent dans l’univers musical contemporain onirique du fondateur de l’Ensemble Télémaque, porté ici par la voix délicate de Julie Cordier. La recette n’est pas nouvelle et l’on pense immédiatement à Pierre et le loup dans la représentation des différents protagonistes de l’histoire par une instrumentation et un motif musical assignés à chaque personnage et individualité. Ainsi se détache le motif du violon (le Jeune Homme) confronté au timbre nostalgique de la clarinette qui prend le rôle de La mort. Autour de ces deux protagonistes cheminent les personnages du Père (timbales), de la Princesse (glockenspiel) et du Roi (trompette)… sans oublier le Diable (contrebasse) ni Dieu, à l’accordéon ! Le jeune homme est conduit par les desseins de sa marraine la mort, inflexible, et par sa condition humaine. De quoi faire réfléchir petits et grands, baignés par des arabesques musicales entrelacées qui dépassent le figuralisme de Prokofiev pour développer des couleurs imaginaires, des émotions suggérées par les évocations de la récitante. Une réalisation qui appelle des écoutes multiples, pour découvrir de petites perles mélodico-rythmiques habillées par le timbre chatoyant des instruments. Le texte intégral du conte complète cette incantation à la vie, et à son corollaire personnifié par une marraine initiatrice et éternelle. PIERRE-ALAIN HOYET La Mort Marraine Raoul Lay Billaudot, 17 €
Vivre avec elle Elle, c’est la maladie qui s’invite dès les premiers mots du roman et que le titre ne laissait guère prévoir. Pas d’inquiétude, un titre comme un mantra que le narrateur essaie de se répéter, et dont le lecteur sent d’emblée la vanité. Car dès les premières lignes, quand arrivent les résultats des analyses de son fils Mehdi, son existence vacille, comme lui-même, en équilibre instable sur une planche jetée en travers du jardin gorgé d’eau. À travers le récit rétrospectif du père, Brigitte Giraud s’attache à montrer les dégâts collatéraux de la maladie de Mehdi. Son impact sur la famille, sur le narrateur surtout, puisque c’est lui qui arrête de travailler pour s’occuper de son fils entre les périodes d’hospitalisation. La romancière scrute avec acuité ses velléités d’organisation de cette « vie parallèle », ses ébauches de projets, ses élans puis ses retombées dans l’apathie. La maison est comme une île (Mehdi passe d’ailleurs son temps à lire et relire Ma route avec Rodgeur Comment, à partir d’un personnage public (ici Roger Federer), envisager une fiction ? Comment, par l’écriture, prendre en charge le réel, en lui gardant sa complexité et sa charge d’adrénaline ? Comment, à l’instar des jazzmen, trouver, sur un court ou dans une narration (ce qui au fond revient au même) le « it » ? C’est à ces questions, et à bien d’autres encore, qu’Arno Bertina se collète dans son dernier roman Je suis une aventure. Alors bien sûr on peut ne voir dans ce récit des tribulations d’un journaliste sportif en quête d’une interview de la star qu’une sorte de road novel déjanté. Une série d’aventures débridées qui les conduiront, Rodgeur Fédérère et lui, de Bâle à Londres et jusqu’à Bamako. On peut n’en retenir que la magie de certaines descriptions (un paysage sous l’orage, une vue nocturne de Londres), l’ambiance fantasmatique de certaines scènes (une nuit dans un Décrépir Dominique Fabre construit ses phrases comme la vie de ses personnages. Privés d’élan. Raccourcis. Commençant comme si elles s’engageaient pour de longues courses puis s’arrêtant là. Avant même un début d’histoire. Dans des gestes et des rythmes qui tout entiers les définissent, des décisions qui les figent. Des expressions qui deviennent leur petite rengaine. Construit en trois parties qui cheminent à peu près à rebours -rien de systématique dans ce roman qui aime à suivre les lacets affectifs du narrateur- Il faudrait s’arracher le cœur conduit vers une armoire retrouvée, celle d’une grand-mère disparue en y laissant une terrible absence de souvenirs, la décrépitude de ce qui n’a jamais été. Car le Paris périphérique des années 80 que Dominique Fabre évoque a un goût familier et peu triomphant. Il est celui des renoncements, de la maladie, de l’abandon et du suicide, des mères qui n’ont pas d’amour à transmettre parce qu’elles crèvent de solitude, et d’absence d’horizon. Seule Magali, la sœur, est animée d’une force de vie sous ses larmes et son khôl qui coule. Mais elle aussi part, non vers la mort comme Jérôme que le narrateur étudiant aimait (ou Robinson Crusoë) où tout devient pesant : « mes journées étaient comme des sacs emplis de gravats, que je devais soulever, et j’attendais que le soir arrive pour poser mes sacs et m’endormir. » Il faut pourtant trouver la force de continuer à vivre. Dans un style concret, sensible aux détails de la vie, Giraud excelle à faire partager les petites résistances quotidiennes que ce père courageux offre à la maladie, simplement, sans esbroufe ; ses sentiments contradictoires et son désarroi aussi. FRED ROBERT Pas d’inquiétude Brigitte Giraud Stock, 19 € Brigitte Giraud est invitée à Marseille dans le cadre d’Écrivains en dialogue le 26 janv à 18h30 à la BDP Gaston Defferre bordel malien), la cocasserie de certaines situations (un périple à moto avec la statue de cire du champion) ou de certains personnages (l’inénarrable Benigno Ramos), les audaces formelles (un échange de tennis en 7 doubles pages de schémas). On peut aussi gloser à l’infini sur les références littéraires, philosophiques, musicales… qui nourrissent ce roman dialogué, descendant de Sterne et de Diderot. Mais c’est avant tout la possibilité de vivre une belle aventure de lecture qu’offre Bertina. Un jeu où il suffit, comme lui, d’accepter les « carambolages » et les « sorties de route ». Et de se laisser embarquer. FRED ROBERT Je suis une aventure Arno Bertina Verticales, 24,90 € pas ?), non vers une autre vie comme le père qui s’étiole et disparaît après avoir abandonné le foyer familial armé d’une seule et très laide valise, non comme la grand-mère qui en changeant de quartier redevient anonyme, abandonnant un Tlemcen imaginaire gardé par un Kabyle immobile. Elle part construire sa vie, quand son frère ne sait pas s’arracher le cœur. Un beau roman sur les années 80, et leurs renoncements idéologiques qui planent au-dessus des renoncements affectifs, comme le constat suggéré d’une mauvaise bifurcation de l’histoire. AGNÈS FRESCHEL Il faudrait s’arracher le cœur Dominique Fabre L’Olivier, 18 € À noter Dominique Fabre sera présent le 26 janv à Marseille à la Bibliothèque départementale, dans le cadre d’Écrivains en dialogue, avec Brigitte Giraud LITTÉRATURE LIVRES 71 arno bertina CAL Je SUïS une aventure II faudrait s`arracher le coeur



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