Zibeline n°48 janvier 2012
Zibeline n°48 janvier 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°48 de janvier 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7 Mo

  • Dans ce numéro : 2012 en créations.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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68 LIVRES ARTS VISUELS Des images et des livres 2011 a été une année faste pour Alinka Echeverria et Zhang Xiao qui, entre les expositions internationales et les récompenses, se partagent à 30 ans le 16 e Prix HSBC pour la Photographie 1. Soit, entre autres, la publication de leur première monographie : conçues sur le même modèle que les précédentes, elles privilégient l’image sur le texte bilingue dans une maquette aussi sobre qu’efficace. Le travail de la jeune mexicaine est préfacé par Christian Caujolle, directeur de la Collection du Prix HSBC pour la Photographie, qui met l’accent sur sa démarche, sa posture esthétique, le contexte culturel de ses photos. Où l’on apprend à les regarder non comme un documentaire ou un point de vue sociologique sur le pèlerinage de millions de mexicains au sanctuaire de Tepeyas en l’honneur de la Virgen de Guadalupe, mais comme une mise en abyme de l’image. Car Alinka Echeverria collectionne des figures vues de dos -non des portraits- portant selon la tradition leur image pieuse sur le dos, figures qu’elle détoure et prive radicalement de toute information contextuelle. Autre continent avec Coastline de Zhang Xiao présenté par Yan Changjiang (L’absurdité et après) et Jiang Wei (Éveil de la conscience, échos, démonstration). Et autre regard sur les nouvelles aspirations de la Chine, l’intrusion d’objets artificiels dans la nature, la survivance des traditions, les littorals urbanisés et la permanence de l’eau. D’où cette luminosité vaporeuse, le grain un peu blafard, qui rendent irréelle la réalité. Tous deux ont en partage leur empathie pour leur mère patrie. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI 1 En 2009 le [Mac] de Marseille exposait Grégoire Alexandre et Mathieu Gafsou (voir Zib’25) Coastline Zhang Xiao Sur le chemin de Tepeyac Alinka Echeverria Actes Sud, 17 € chacun, offre de lancement jusqu’au 31 janvier Jugements derniers En 1918, lorsque s’éteint Apollinaire, René Gimpel commence son journal qui ne s’interrompra qu’en 1939 à la veille de la déclaration de la seconde guerre mondiale. Résistant à l’ignoble, il succombera dans un camp nazi quelques mois avant la reddition de 1945. Son Journal d’un Collectionneur a été publié une première fois en 1963. Objet de plusieurs rééditions, il bénéficie aujourd’hui d’une version révisée augmentée -mais non exhaustive- à l’initiative de ses petits enfants. Marchand d’objets d’art, René Gimpel a consigné pendant vingt ans les faits et gestes concernant son univers professionnel, familial et amical entre Europe et Amérique où il tenait une galerie depuis 1902. S’il ne fait pas œuvre littéraire comme son ami Marcel Proust, il s’autorise des portraits tantôt corrosifs tantôt bienveillants (Marie Laurencin, Forain) parfois élogieux du milieu de l’art (le collectionneur Doucet) : Renoir « cette chose informelle » rencontré à la fin sa vie, le Baron Wildenstein « gros cochon », « Sargent, ce mauvais peintre dont l’Amérique est si fière », Picasso « le chef de l’école cubiste est en boudin ». Gimpel apparaît en amateur éclairé héritier du bon goût à la française, appréciant au plus haut point Chardin, attentif cependant aux innovations de son temps (Cubisme, abstraction) sans forcément en défendre les esthétiques. Le personnage est agaçant en dandy mondain rendant compte des potins comme des transactions : les (très) riches, aristocrates, grands bourgeois, industriels et banquiers comptent parmi ses fréquentations professionnelles ou son cercle proche. Mais son journal est aussi une chronique des transformations de l’entre deux guerres sur les deux continents : les espoirs du communisme puis le virage de la révolution russe, les soulèvements irlandais, la grève des mineurs anglais, la montée des fascisme et nazisme ; outre-atlantique en particulier : la hiérarchie des gratte-ciels (les plus hauts étages sont habités par les plus riches), le téléphone, le cinéma, le phonographe, l’aviation, « la glacière automatique à l’électricité ». Les désastres de la crise de 1929 comme les moeurs américains (alcoolisme, l’éducation des jeunes filles…) retiennent aussi sa réflexion. Son journal s’interrompt l’année où, à New York, on inaugure le musée d’art moderne avec une exposition retentissante Art of our time. On aurait apprécié son commentaire, lui qui déclarait qu’« une œuvre qui ne bouge pas, ce n’est pas de l’art ». CLAUDE LORIN Urbanisme durable Comme chaque année, les éditions Parenthèses publient le très instructif Grand Prix de l’Urbanisme, consacrant pour le cru 2011 Michel Desvigne mais également Joan Busquets (prix spécial pour le développement européen de sa « pensée barcelonaise »). Sous la direction d’Ariella Masboungi, l’ouvrage revient de manière détaillée sur la récente intervention de Desvigne sur le plateau de Saclay, mais aussi sur l’aspect protéiforme de ses projets ou réalisations : de Montpellier au Vieux-Port de Marseille en passant par Londres, Bordeaux, Anvers ou Lyon Confluence. La recomposition urbaine des grands territoires est initiée par le paysage, dans une pensée constructive sur le long terme, « durable », qui veut tisser des liens intelligents entre les hommes, les espaces et les fonctions. Tout un programme à l’heure où la spéculation va bon train, et multiplie les processus destructeurs d’urbanité. Une belle leçon ! FRÉDÉRIC ISOLETTA Grand Prix de l’Urbanisme 2011 Parenthèses, 14 € Journal d’un collectionneur Marchand de tableaux René Gimpel Editions Hermann, 35 € IA pawl*. pr%i.umhe now+ atTor, 4.1.,r.ritml if I.
Mexique, suites À l’occasion d’une imposante exposition consacrée aux voyages mexicains de Bernard Plossu, visible jusqu’en avril, le Musée des Beaux-Arts de Besançon et les éditions Images en Manœuvre sises à Marseille (voir p.65) font paraître simultanément deux ouvrages complémentaires d’importance. Le premier est issu de la version intégrale, remodelée et augmentée du mythique Voyage Mexicain édité la première fois par Contrejour en 1979. Du format carnet de 71 pages et 53 photos noir et blanc, le lecteur retrouve la préface originale par Denis Roche, des citations choisies d’écrivains, les notes du photographe conçues en 1977. L’ouvrage bénéficie aujourd’hui d’un nouveau graphisme de couverture, d’un format élargi à 20x24cm en commun avec le second livre, et notamment d’une présentation de la genèse du projet par Salvador Albiñana complétée de plusieurs documents iconographiques. Le principal consiste bien sûr dans la présentation enrichie jusqu’à plus de deux cents photographies, pour la majeure partie inédites, dont ARTS VISUELS JEUNESSE une section en couleur selon le procédé de tirage au charbon Fresson. Le voyage peut se poursuivre avec le second ouvrage qui retrace en quatre-vingts clichés jusque-là inédits, le retour du photographe dans les faubourgs délaissés de Mexico en 1970. « À Mexico, là, en automne 1970, j’étais photographe : j’avais besoin de communiquer la vérité sur ce que je voyais devant mes yeux, tel quel. […] Et des centaines de gosses venant vers moi en courant, qui n’avaient jamais vu un type comme moi venir photographier leurs ruelles, leurs baraques, leurs zones, les bruits, les odeurs. Et ils me souriaient ! » Une compilation exceptionnelle et sûrement la plus conséquente à ce jour sur le sujet. CLAUDE LORIN Le voyage mexicain, l’intégrale 1965-1966, 30 € Le retour à Mexico 1970, 14 € Images en Manœuvre, Editions/Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon LIVRES 69 Les livres et la vie Les lycéens et apprentis de la Région PACA, leurs enseignants et partenaires, repartent pour une année de découvertes de livres et d’auteurs vivants. Cette action de la Région et de L’Agence Régionale du Livre (ARL) en faveur de l’éducation culturelle en partenariat avec la DRAC, les Académies d’Aix- Marseille et Nice s’affine depuis 2004 et touche depuis deux ans des adolescents incarcérés. 31 établissements, partenaires d’une librairie et d’une bibliothèque, engagent environ 40 adolescents à lire les 12 livres de la sélection, à participer aux Forums et à dialoguer avec les auteurs dans leurs établissements tout au long de l’année. Le 1er Forum a rassemblé les participants de 11 établissements autour de 3 BD et 2 romans. Ils ont tout d’abord manifesté un intérêt pour la construction et l’élaboration des œuvres : de nombreuses questions ont porté sur les lieux dans lesquels se passent les actions, puis sur l’authenticité des personnages, avec une envie très nette de trouver la part de vérité et d’autobiographie. Aussi Vélibor Čolić, originaire de l’ancienne Yougoslavie, a-t-il fait l’objet de nombreuses questions sur son adolescence dans un pays où se dessinaient déjà les désastres que l’on sait, tandis que Katherine Mosby déclarait que son personnage féminin n’avait que peu à voir avec elle. Les auteurs de BD ont été interrogés sur leur choix du noir et blanc ou de la sépia. Aurélien Decoudray déclare de façon un peu provocante que la couleur « pollue » le sens ! Futurs débats en perspective... Les élèves, intrigués par les deux duos de ce jour-là, s’interrogeaient sur les relations du texte et de l’image. Anthony Pastor n’a pas ce problème puisqu’il est la fois scénariste et dessinateur ! Et l’on put constater que les jeunes lecteurs ne se contentent pas de « lire les histoires » mais sont attentifs à leur gestation, pour peu qu’on leur donne encore le temps de s’y pencher. Qui a dit que les ados n’aimaient pas la lecture ? CHRIS BOURGUE Au théâtre de Cavaillon, les auteurs du 1er forum répondent aux questions ARL PACA Jésus et Tito, Vélibor Čolić, Gaïa, 17 € Sanctuaires ardents, Katherine Mosby, Quai voltaire Las Rosas, Anthony Pastor, Actes Sud Championzé, Aurélien Decoudray & Eddy Vaccaro, Futuropolis, 20 € De briques et de sang, Régis Hautière & David François, KSTR



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