Zibeline n°48 janvier 2012
Zibeline n°48 janvier 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°48 de janvier 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7 Mo

  • Dans ce numéro : 2012 en créations.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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60 MUSIQUE ACTUELLE FLAMENCO JAZZ Torride Sirènes de l’abîme Un choix de programmation inhabituel au Moulin à jazz de Vitrolles, pour cette soirée avec un groupe d’origine helvétique. Une harpe est disposée sur la scène et ajoute au mystère. C’est un instrument rarement utilisé ailleurs que dans de grandes salles de concert. Deux femmes sont à l’origine du projet Orioxy : Julie Campiche à la harpe et voix, Yaël Miller au chant. L’univers musical que l’on entend est tout sauf simple. L’inspiration pour ces compositions semble provenir d’un tumulte intérieur qui oscille sans cesse entre tempête et accalmie. On s’attend à ce qu’une bête noire venue des profondeurs surgisse... Au placard les clichés que l’on peut avoir sur le climat de quiétude instauré par le son de la harpe ! Ici, l’instrument est maltraité, les cordes deviennent percussions et les lignes mélodiques sont dépouillées, même dans les chorus où Tomatito Alain Jacq La salle du théâtre était chauffée à blanc pour les concerts du 13 et 14 janvier de Flamenco 2012. Car à Nîmes tous les amateurs du genre sont présents, à commencer par la communauté gitane mêlée aux payos, et tous manifestent chaleureusement leur passion pour l’art Andalou. Tomatito longtemps complice du défunt Camarón entretenait la flamme du flamenco nuevo allumé par son maître Paco de Lucia avec son sextet(o) : travail en finesse de Lucky Losada au cajon alterné à main nue avec la caisse claire et la basse du jembe pour baliser les déchirantes envolées des cantaores Morenito de LLora et Simon Roman, soulignées par les motifs rythmiques secs et claquant des palmas. Le bailaor José Maya nous offrait alors un festival de pas, de sauts et de rotations alternant avec d’impressionnants zapateado en rafale : un équilibre, délicat à maintenir, entre virtuosité pure et expression contemporaine d’une tradition bi-centennale, frisant avec les apports harmoniques du jazz dans les rasgueados de Tomatito. Le lendemain, le cantaor Sevillan Jose de la Tomasa revenait aux fondamentaux avec le tocaor Antonio l’on a plus l’impression que seuls des accords sont plaqués. Une douleur profonde semble parfois s’extirper par la voix et le corps de la chanteuse qui s’exprime indifféremment en anglais ou en hébreux. Toutes deux sont parfaitement épaulées par Nelson Schaer, à la batterie et Manu Hagmannà la contrebasse. Heureusement, cette tension se relâche par moment et laisse la possibilité à l’auditoire de souffler un peu. Un public qui en a redemandé et a été exaucé par plusieurs rappels. DAN WARZY CD : Orioxy Tales Ce concert a eu lieu au Moulin à Jazz de Fontblanche à Vitrolles le 7 janvier Orioxy Dan Warzy Moya assurant les compás contrastés et démonstratifs de l’intemporel cante jondo. Seuls les familiers de l’idiome hispanique goûtaient alors pleinement aux évocations tour à tour tragiques ou facétieuses de la condition gitane sur les coplas d’El Capullo de Jerez, interpellé par un public complice. Artiste au charisme impressionnant, El Capullo frisait constamment avec une esbroufe faussement improvisée, démontrant sa maitrise du genre et une pratique accomplie avec ses partenaires. C’était show ! P-A HOYET Le festival de flamenco se poursuit à Nîmes jusqu’au 21 janvier. 04 66 36 65 10 www.theatredenimes.com À fond de Sud Patrimoine de la culture populaire marseillaise, Quartiers Nord a présenté son nouveau spectacle au Toursky Une plage, une paillote, un palmier, des cannes à pêche. Le décor est planté. Ça sent les vacances et la légèreté. Pas complètement faux ni tout à fait vrai. Pendant deux heures et à un rythme effréné, One again a fly, la dernière création de Quartiers Nord, envoie plutôt du lourd. Rock, twist, blues, reggae, boogie-woogie, chansonnettes et saynètes avec l’accent. Cela fait trente-quatre ans que cela dure et le public ne s’en lasse visiblement pas. Entre opérette rock et comédie musicale marseillaise, leur nouveau spectacle se paye une section cuivre qui donne un relief encore plus festif au répertoire. Au programme : une ribambelle de tubes (L’amour en pédalo, Le blues du plâtrier, Tombé du camion, La petite de la Belle de Mai, etc) et cinq nouveaux morceaux qui ponctuent un repas aux saveurs bien de chez nous. Du jaune au digeo, en passant par les pieds paquets marseillais et le chichi de l’Estaque, Rock, Fred et Tonton, nos trois comédiens chanteurs, ne craignent pas les clichés. Ils en jouent, les sur-jouent, non par maladresse mais grâce à un sens développé de la caricature et de l’autodérision. Chacun dans son rôle : le « mains de pati » en tenue de plage pour Gilbert Donzel, le Frederic Stephan rebelle en cuir pour Robert Rossi et le blagueur sentimental en salopette pour Frédéric Achard. Dans sa peinture d’un art de vivre méridional intemporel, Quartiers Nord n’oublie pas la couleur sociale. Le climat politique conjugué à la réalité marseillaise a de quoi inspirer. Quand l’un nous conte une énième amourette, prénommée Paule, on découvre qu’il s’agit d’un certain Pôle emploi. L’identité nationale en prend elle aussi pour son grade. Et quand ils entonnent leur célèbre Partouze, on se dit qu’il n’en fallait pas moins pour commencer 2012 ! THOMAS DALICANTE One again a fly a été créé les 6 et 7 janvier au théâtre Toursky, à Marseille
MUSIQUE 61 La tournée des Chants de Noël du CG13 proposait, en décembre, cinq programmes itinérants. Après les Noëls, Nomades, Swing et Napolitains (voir Zib’47), Zibeline est allé à Marseille du côté des Amériques et de l’Europe baroque Noel de l'europe baroque, Concerto Soave X-D.R. ms, From U.S. r 4 Noel des ameriques, Christian Brazier Quintet X-D.R. Avec le contrebassiste Christian Brazier, Christophe Leloil (trompette), Philippe Renault et Romain Morello (trombones), Jean-Marie Guyard (chant), on a troqué le binaire de Christmas songs réorchestrés, pour un ternaire swingué aux accents décalés. Au rythme de standards aux multiples modulations, à la pulsation expressive, aux contretemps décapants, de jolies re-découvertes ou de Miniatures personnelles de belle facture, le Quintet nous a invité à partager Noël, de l’Afrique à l’Amérique, du Worksong aux mélodies européennes plus linéaires, en suivant un parcours sacré et profane. On regrette cependant que la voix, souple dans le grave et le médium, ait donné des signes de fatigue dans les aigus, plus serrés. Pourquoi avoir chanté une grande partie du concert debout en regardant les partitions sur un pupitre complètement baissé ? Une posture curieuse qui ressemblait à un déchiffrage, alors que sur les morceaux par cœur face au public, la voix était prenante et plus libérée. De même, des explications trop simplistes ou « étranges » ont contrasté avec des harmonies chatoyantes, très complexes, des rythmes variés, un groove puissant et un swing permanent : un ensemble chaleureux où chacun apporta sa virtuosité solistique en chorus endiablés ou en scat vocal ! Europa tour Au solstice d’hiver, à l’heure où de nombreux rites, païens ou religieux, depuis la nuit des temps, célèbrent le retour de la lumière, on se presse dans la nef. Il ne fait pas bien chaud, mais elle est bondée : plus une place assise ! On se tient debout, adossé au bénitier planté dans le narthex, face au chœur. On ne s’est pas moqué du peuple avec ce programme baroque (une dizaine de concerts gratuits dans le département), tant la qualité des interprètes et les opus choisis par l’ensemble Concerto Soave sont pointus. Avec la soprano Anne Magouët, Alba Roca et Yoko Kawabuko (violons), Etienne Mangot (violoncelle, viole de gambe), on voyage, de pastorales en airs liés à la Nativité, de l’Italie de Monteverdi, Ziani, Legrenzi, Scarlatti, à l’Espagne de Soler, l’Allemagne de Bach, l’Angleterre de Haendel ou la France de Campra… Une virée qui laisse le spectateur scotché, une heure et demie durant, malgré l’aspect intime et plutôt monochrome du programme, un lyrisme contenu aux sonorités soyeuses, contrepoints de cordes, coloris d’orgue et de clavecin, le tout ponctué d’explications bienvenues du maître de cérémonie dirigeant l’ensemble du clavier : Jean-Marc Aymes. YVES BERGÉ ET JACQUES FRESCHEL Patronage La fin de l’année, les fêtes de Noël incitent à la bonhommie, aux guirlandes en accroche cœur, aux sapins chargés de friandises et de cadeaux. Pour les mystiques l’heure se fait sainte, les textes sacrés reprennent un certain lustre, et on fait défiler les moutons. Les santonniers cultivent les personnages rustiques, les enfants s’acharnent sur l’argile, les parents s’émerveillent. « C’est l’heure tranquille où les lions vont boire » murmure Victor Hugo. Booz est endormi… La Bible s’érotise, le roi Salomon séduit la reine de Saba par un long poème d’amour qui joue sur les quatre lectures, et donne des idées très précises à l’enfant de chœur dont l’acné précoce s’enflamme de passions interdites pour les stars qui offrent avec générosité leurs charmes voluptueux. Volupté, volupté, métaphore des émois de l’âme… Le cantique des cantiques aurait pu en rester là, escapade sensuelle et spirituelle de l’ancien Testament… Mais cet « opéra rock » fut spectacle Franck Rozet affligeant, indigent, tant par la musique que par sa mise en scène, spectacle de patronage qui a surpris et violemment déçu les attentes du public du Festival côté cour habitué à des propositions de qualité. Même les chorégraphies des Claudette avaient plus de sens ! MARYVONNE COLOMBANI Le Cantique des Cantiques, adaptation francoroumaine (association Mnémosyne) a été joué le 20 décembre au Jeu de Paume, Aix, dans le cadre du festival Côté cour



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