Zibeline n°48 janvier 2012
Zibeline n°48 janvier 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°48 de janvier 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7 Mo

  • Dans ce numéro : 2012 en créations.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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56 MUSIQUE LYRIQUE Double vie pour Mimi ! On peut regretter que les moyens de ces deux productions n’aient pas été mis en commun : Toulon a offert une Bohème version 68, Marseille un détour chez de futurs bobos… o Froid révolutionnaire En cette période de fêtes, l’opéra de Toulon a choisi une version dépoussiérée de La Bohème, joyau du répertoire. Bénéficiant d’une mise en scène dynamique et très cohérente de Daniel Benoin qui transposait l’action de l’hiver parisien pré-révolutionnaire de 1830 à celui de 1968, la production souffrait un bémol de taille : en effet, fatiguée et chevrotante, la voix de Mimi interprétée par Nuccia Focile (pourtant une habituée du rôle) manquait cruellement d’éclat et son physique trahissait un net décalage avec le reste de la distribution, plus jeune. Dès lors, son idylle avec Rodolfo, magistralement incarné par Arnold Rutkowski et son timbre rutilant, devenait peu crédible, visuellement et vocalement. Heureusement le reste du plateau était de haute tenue : on retiendra les superbes Devid Cecconi (Marcello), Massimiliano Gagliardo (Schaunard) et Roberto Tagliavini (Colline), ainsi qu’Anna Kasyan parfaite en Musetta décomplexée. L’acte deux valait lui aussi le détour grâce à la présence vigoureuse des chœurs d’adultes et d’enfants visiblement très à leur aise dans des costumes des années 60. Pour le reste, une fois de plus, la phalange de la maison a brillé sous les doigts experts de Giuliano Carella offrant une lecture colorée des savantes orchestrations impressionnistes de Puccini. La Boheme, a l'opera de Marseille - Maitrise des Bouches-du-Rhone Jean-Philippe Garabedian Bobohème o On peut être surpris par l’apparence lisse et légère de la lecture que Jean- Louis Pichon fait du chef-d’œuvre vériste, de son absence d’ancrage social. Il s’émancipe volontairement de la vision misérabiliste qu’on a d’ordinaire des Scènes de la Vie de Bohème, feuilleton réaliste écrit par Henri Murger dont s’inspire Puccini, pour risquer une dimension poétique. Sa mansarde étudiante, son café Momus et la Barrière d’Enfer La Boheme, a l'opera de Toulon Ville de Nice sont plantés sur un décor aérien, intemporel et improbable, en haut d’un toit où se loge, au 2 e acte, l’escalier montmartrois d’un Sacré- Cœur carton-pâte qu’arpente la charmeuse Musette (Gabrielle Philiponet) se rêvant meneuse de revue. Pour lui, les quatre dandys intellos et joueurs, enfants d’un XIX e siècle prônant l’Art pour l’Art, vivent leur modeste condition avec la conscience qu’elle est passagère : ils rejoindront bientôt le confort bourgeois dont ils sont issus après que la (vraie) fille du peuple, Mimi, aura succombé dans les bras du poète pleurnichant sur sa jeunesse révolue ! De la fête bariolée où s’agitent les Chœurs de l’Opéra et les enfants de la Maîtrise des Bouches-du-Rhône (voir p.66) à l’intimité de la chambre faiblement éclairée, Nathalie Manfrino rayonne, légère et délicate dans la confidence, large et sonore dans les élans pathétiques. Elle est la seule à pouvoir vraiment suivre les règles qu’impose Marc Shanahan, sans ciller, ses tempi et nuances ne ménageant pas les belles voix -qu’on aime assez légères- du ténor Ricardo Bernal (Rodolphe), voire du baryton Marc Barrard (le peintre Marcello), excellents acteurs, comme le grave philosophe Nicolas Courjal (Colline) et son alter ego musicien Igor Gnidi (Schaunard). ÉMILIEN MOREAU ET JACQUES FRESCHEL Carotène Le 11 déc, l’Auditorium de Fourques concoctait un minestrone aux petits oignons sous les sunlights orangés de sa nouvelle salle : Le Roi carotte, Opérette fantastique et féérique. Aux fourneaux, les trente cinq sociétaires de Voce sous la direction musicale de Fernande Estève : l’Ensemble Lyrique Arlésien constitué d’amateurs sérieux et engagés, n’en était pas à son coup d’essai avant de mitonner ces pages d’Offenbach ! Un échafaudage d’acier flanqué de deux escaliers latéraux mobiles permettait une modularité efficace et symbolique du décor, pour illustrer un livret touffu et fantasque. Celui-ci met en scène les tribulations du Prince Fridolin XXIV chassé du pouvoir par l’usurpateur Roi Carotte aux allures de dictateur (d’opérette ?). La sorcière Coloquinte délicieusement hideuse, le magicien Quiriboudou aux allures de revenant cacochyme, apportaient la touche de fantastique qui menaient Robin Luron et ses compagnons au bord du Vésuve dans un ingénieux théâtre d’ombre, à la quête du salvateur anneau magique. Après un hilarant passage aux royaumes des La Bohème a été chantée à l’opéra de Marseille et à l’opéra de Toulon en décembre et janvier insectes, Carotte sera défait dans une parodie révolutionnaire. Bourré de clins d’œil, de calembours et d’allusions, le rythme du spectacle palliaient les quelques défauts vocaux des comédiens-chanteurs enthousiastes. Juste ce qu’il faut pour Offenbach ! PIERRE-ALAIN HOYET
MUSIQUE 57 L’orchestr’acteur Rabaud, Janacek, Strauss : trois œuvres, trois écoles, trois modèles d’orchestration Bâtie autour du pupitre des bois, les cordes venant iriser l’ensemble d’une tendre lumière tamisée, La Procession nocturne du méconnu Henri Rabaud est un océan de douceur, suave et charnel. À cet univers pictural s’opposa la Sinfonietta, éloge à la modernité, du compositeur tchèque, œuvre d’une douce brutalité aux sonorités délicieusement âpres, tapissée de copeaux mélodiques diatoniques. Par sa capacité à ne pas développer, à superposer, imbriquer, entrechoquer des parcelles de blocs sonores, Janacek affirme son génie. Le Don Quichotte de Richard Strauss, avatar d’un poème symphonique, œuvre centrale de ce concert « pédagogique » permit au public d’apprécier le très beau jeu de Sonia Wieder-Atherton au violoncelle, et l’excellent travail de Dennis Russel Davies à la tête du très bon Orchestre français des jeunes. Les héros du roman de Cervantès, incarnés par différents instruments de l’orchestre, paradèrent au sein d’une orchestration bigarrée, tout en épaisseur, l’auditoire pendu aux derniers murmures du violoncelle emportant dans un triple piano l’âme du chevalier… CHRISTOPHE FLOQUET Ce concert a eu lieu le 17 décembre au GTP, Aix Orchestre francais des jeunes Sylvain Pelly Cedric Delestrade - ACM-Studio La fraîcheur des Noces Les Noces de Figaro, composé sur un livret de Lorenzo da Ponte d’après l’œuvre de Beaumarchais et créé en 1786 à Vienne, est un des grands chefs-d’œuvre mozartien, un operabuffa toujours populaire : on ne se lasse pas de ré-entendre les airs, la sensibilité et la délicatesse de la structure mozartienne en ayant fait des « tubes » classiques. À Avignon, une distribution juvénile a réjoui et enthousiasmé le public : chacun des jeunes chanteurs, recrutés au CNIPAL, aux Jeunes Voix du Rhin, à l’Atelier Lyrique ou dans les conservatoires supérieurs de Paris et Lyon, effectuait une prise de rôle ! D’un enthousiasme et d’une fraîcheur rare sur les scènes lyriques, dans un écrin de sobriété baigné d’une lumière douce très XVIII e (la mise en scène de Christian Gangneron tourne depuis 20 ans sur les scènes lyriques), les jeunes artistes ont pu laisser libre cours à leur talent en communiquant leur allégresse, spontanéité qui a permis le succès de l’œuvre. Car si certaines voix manquent encore de maturité, d’autres sont déjà très prometteuses ! Celles de Gaëlle Arquez (Susanna), de YannToussaint (le Comte Almaviva) ou de Manuel Betancourt (Figaro) en particulier ! Le fameux air de Cherubino, Voi che sapete, interprété par Bérengère Mauduit, fut un bel instant d’ingénuité et de douceur. Quant à la direction d’Olivier Schneebeli, spécialiste de la musique des XVII e et XVIIIe, secondé par Fabien Armengaud au clavecin, elle fut précise et pertinente. Un magnifique spectacle, salué par de nombreux applaudissements, pour commencer en beauté l’année 2012 ! CHRISTINE REY Les Noces de Figaro ont été jouées à l’Opéra Théâtre d’Avignon du 31 décembre au 8 janvier Un, deux, trois ! Dès l’Ouverture rebondissent ses temps, le premier en bas et les deux autres en l’air, comme s’il se mordaient la croche pour ne plus s’arrêter de tourner. De l’acte premier au troisième, ils ne quitteront plus la scène : un, deux, trois ! Quand on naît Straus à Vienne et qu’on est musicien, même prénommé Oscar, elle pulse dans ses veines, la Valse ! Pas celle qui fait « zim, boum, boum », celle des bals musette, mais l’autre qui donne à rêver, tissant de fines mélodies aux accords délicats. On n’en revient toujours pas de voir qu’un samedi après-midi, quelques 1200 personnes se pressent pour ouïr des rengaines vieilles de plus d’un siècle ! Elles applaudissent, malgré des gênes acoustiques dues à un lieu peu adapté au genre, les chanteurs et l’orchestre emmenés par Bruno Conti, les respirations opportunes du Chœur Phocéen, les pointes vocales de Laure Crumière (Hélène) et le talent du couple incarnant Franzi et Fonsegur (immortalisés par Paulette Merval et Marcel Merkès), en l’occurrence Kathia Blas et le baryton d’opéra de Rodrigue Calderon. JACQUES FRESCHEL Rêve de Valse d’Oscar Straus a été représenté le 14 janvier à Marseille au Palais des Congrès. Prochaine opérette de la Saison hors-les-murs de l’Odéon : Les Mousquetaires au Couvent de Louis Varney, le 26 fév à 14h30. Palais des Congrès 04 96 12 52 70 www.marseille.fr



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