Zibeline n°48 janvier 2012
Zibeline n°48 janvier 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°48 de janvier 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7 Mo

  • Dans ce numéro : 2012 en créations.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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18 THÉÂTRE AVIGNON CAVAILLON TOULON Cecile Pantle Le choix de Juette Huit siècles nous séparent de cette Juette rêveuse dépeinte dans le roman de Clara Dupont-Monod élégamment adaptée par la Cie Simples Manœuvres. Une jeune fille de 13 ans, mariée de force dans la ville belge médiévale de Huy (où a été créée la pièce), veuve à 18 ans, se révolte contre l’ordre établi, le clergé corrompu et les hommes bourreaux, à qui elle vouera une haine féroce. Bien qu’on n’adhère pas toujours à l’absolu dégoût que l’héroïne éprouve envers les hommes, son regard lucide sur une société d’un autre temps et le rapprochement d’avec la nôtre est saisissant. Juette la rebelle déçue, la féministe avant l’heure, la martyre qui garde le sourire malgré la colère intérieure, la passionnée chrétienne qui défie le diable pour gagner sa liberté et quitter le monde des Hommes en s’enfermant dans une léproserie, est une figure de sainte laïque. Mylène c) Richard met en scène avec pudeur, et incarne sensiblement, cette femme enfant, fragile autant que forte. Elle est très justement accompagnée dans la « manœuvre » par Olivier Barrère, l’ami Hugues, le prêtre confident qui lui ouvre l’univers des livres ; par le violoncelliste Guillaume Saurel qui déploie finement l’étrangeté mystique et dramatique du récit, et par le scénographe Erick Priano et ses subtiles vidéo-tableaux tout en mouvements intérieurs. DELPHINE MICHELANGELI La Passion selon Juette a été joué du 13 au 15 décembre au théâtre des Doms, Avignon Pères sans famille 0 C’est une pièce précieuse, parce qu’elle met en scène et sous nos regards des Invisibles que nous avons croisés souvent. Les Chibanis, cheveux blancs en arabe, sont ces travailleurs immigrés qui ont usé leur vie à travailler dans les usines françaises, à construire les routes, les immeubles, ou à récolter nos melons. Car programmer cette pièce dans une région où le Front national demeure si puissant, a donné à cette soirée une intensité particulière. Écrite par Nasser Djemaï après une longue collecte de paroles dans des foyers de travailleurs, la pièce (publié chez Actes sud papiers) construit pourtant une fiction, celle d’un fils à la recherche de son père. Mais l’autre histoire, la vraie, apparaît en filigrane : l’évocation des souvenirs violents de la colonisation, de l’exil en France, de la guerre d’indépendance avec ses collectes et ses répressions, de l’impossible retour au pays, et des injustices subies comme travailleur immigré, retiennent toute l’émotion. Les comédiens arabes, que l’on a vus plutôt au cinéma tant le théâtre leur ouvre peu ses scènes, sont terriblement attachants, et un peu déroutés de jouer leur histoire, ne sachant trop comment naviguer entre le jeu réaliste auquel la situation les convie, et les tirades qu’ils ne savent à qui adresser. Lounès Tazaïrt s’en tire avec brio, Kader Kada et Mostefa Stiti avec l’éclat que les comédiens acquièrent sur les scènes comiques, mais Angelo Aybar, monolithique, affublé d’un accent plutôt espagnol, a plus de mal. Qu’importe, l’essentiel n’est pas là, ni même le malaise parfois ressenti : quelques propos recueillis certainement sur le vif (« sale race ») à propos des jeunes descendants d’immigrés qu’il faudrait éliminer, ou tout le moins bastonner, fleurent bon le racisme ordinaire… Car ces Invisibles là, rendus à la lumière, révèlent aussi d’autres misères : celle des Arabes qui ne veulent plus subir, celle des ouvriers qui voient aujourd’hui leurs enfants sans travail… AGNÈS FRESCHEL Invisibles, la Tragédie des Chibanis a été jouée au Théâtre Liberté, Toulon, le 14 janvier Louise Vayssie Philippe Delacroix Ken et Barbie version trash Avec la compagnie de rue des 26 000 couverts, le décalage est assuré, les spectateurs du théâtre de Cavaillon en ont précédemment gardé des souvenirs indélébiles ! Dans cette pièce en intérieur et en version nomade, Ingrid Strelkoff et Philippe Nicolle ne dérogent pas à la règle en poussant la caricature d’un jeune couple au bord de la crise de nerfs à son comble ! La pièce écrite par Gabor Rassov, mise en scène par Benoît Lambert, joue au vaudeville, à la tragédie, la farce et la série B, mais c’est surtout à un feuilleton carnavalesque en deux actes que nous convient ces deux doux dingues en sur-parodiant à merveille la diction abêtissante des sitcoms abrutissantes. S’ils jouent en duo cette comédie écrite pour 7 personnages, des Barbie trash aux accessoires graveleux à leur effigie les accompagnent -fort biendans la figuration. Sous ses airs cocasses et totalement absurdes, l’histoire de cette funeste journée d’un jeune couple conforme qui apprend en cinq minutes que la mère du marié est la maitresse de l’oncle de la mariée qui elle-même est l’amante de son père… est aussi abracadabrantesque que les soaps télévisuels servis à longueur d’année. Mais divinement jouée et beaucoup plus drôle ! DE.M. Jacques et Mylène s’est joué en tournée Nomade(s) du 10 au 17 janvier
mm2@ Q fleur de l'eau, Photographies de arie-Paue Nègre ; c. Bibliothèque départementale des Bouches-du-Rhône ——Du i février au 30 jun 2012 CONSEIL GENERAL eaUCHn-nu-RHONE ABD Gaston-Defferre 18-20 rue Mirés - 13003 Marseille Tél. 04 13 31 82 00 - www.bibliol3.fr € ntrée libre du lundi au samedi de 10h d 18h scufjours fériës Toute Ia culture aC5 BI}LL{IlC ! hdu-Ri77i7ll£ 94www.i1,10l Lure-l5..Fr



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