Zibeline n°48 janvier 2012
Zibeline n°48 janvier 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°48 de janvier 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7 Mo

  • Dans ce numéro : 2012 en créations.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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12 THÉÂTRE LES BERNARDINES LE MERLAN CAVAILLON LENCHE LA CRIÉE Scènes de ménage Passé de mode Courteline ? Certes. Les rapports de couple qu’il décrit, fondés sur la domination financière, la dépendance de la femme à l’époux, sont aujourd’hui datés. Mais si le vaudeville s’est fait une spécialité des scènes de ménage, celles de Courteline gardent une acuité particulière, dans leur cruauté et leur appétence jubilatoire pour l’extrême, la dispute qui dégénère vers l’outrance. Car il n’est pas question de mensonge ou d’amants dans les placards dans les trois pièces en un acte de Courteline, juste de la force destructrice des couples qui ne s’aiment pas, et vivent ensemble par convenance, pris au piège de schémas qui ne sont pas les leurs. La lâcheté du mari de La Peur des coups, la lassitude de celui de La Paix chez soi, et la violente folie des Boulingrin sont à la fois hilarantes et glaçantes, parce que les reproches échangées, les insultes, Chambre d’échos Conte cruel o En ce début d’année, les Scènes nationales du Merlan et de Cavaillon proposent la reprise de Gemelos de la cie chilienne Teatrocinema. Deux jumeaux abandonnés par leur mère arrivent chez leur grandmère, paysanne hideuse et méchante comme une vieille sorcière. Ces deux « fils de chienne » acceptent brimades et privations sans émotions : ils volent, espionnent, secourent les égarés, travaillent jusqu’à épuisement avec la même indifférence mécanique, qui est une forme de résistance entêtée et sans pathos au mal. Ils tirent les ficelles de ce petit monde, o les menaces sont intemporelles, fondées sur des au-delà inconscients, une inaptitude à communiquer avec l’autre qui fait penser au théâtre dit absurde D « Je suis en train d’écrire une pièce intitulée 4.48 Psychosis. (…) La pièce parle d’une dépression psychotique. Et de ce qui arrive à l’esprit d’une personne quand disparaissent complètement les barrières distinguant la réalité des diverses formes de l’imagination. » À ce dernier feu de la météorite Sarah Kane, cet incandescent poème théâtral, Thomas Fourneau s’était déjà confronté dans le cadre d’un atelier lycéen. Il revient aujourd’hui à ce texte fragmentaire, violent et poétique, pour faire entendre cette voix qui dit si intensément le trouble de l’identité, la perte des repères, le désir éperdu d’amour, l’évidence de la destruction. Et il y réussit. Par sa grande attention au texte, d’abord, dont la prestation au cordeau des deux actrices, Rachel Ceysson et Marion Duquenne, révèle les ruptures, l’humour noir, la crudité. Par son sens de la composition ensuite. Dans cette mise en scène chorale, les voix, comme les qui naîtra quelques années plus tard. Les schémas des pièces de Courteline font d’ailleurs férocement penser aux dialogues de sourds d’Ionesco ! Jean- êtres, se dédoublent, se répondent. Fourneau joue du monologue de Kane comme d’une partition subtile, le ponctuant çà et là de quelques accords de violoncelle (Britten), de quelques vers anglais (Dickinson). Et sur la scène d’un blanc clinique, sous des spots éclatants (une chambre d’hôpital ? un espace quelque part entre vie et mort ?), en un pas de deux minutieusement chorégraphié, les fractures d’une identité à la dérive sont mises à nu. Et ravalé aux dimensions d’un théâtre de marionnettes vivantes, entre comédie, mime, théâtre d’objet et cinéma muet, servi par le jeu précis et faux, époustouflant, des acteurs masqués. Tout est conte d’enfants, stéréotypes, rengaines désuètes. Mais les avions bombardent le paysage d’Épinal, des militaires casqués viennent enlever un commerçant juif, il y a des camps d’où on ne revient pas : si Agota Kristof dans le Grand Cahier se situait à l’Est, ici c’est Pinochet, c’est la Shoah, ou l’Argentine des généraux qui s’évoque. La mécanique des marionnettes trouve Antoine Benoit Louis Benoit a donc bien fait, pour sa visite à La Criée, d’aller pêcher ces saynètes abandonnées d’ordinaire au théâtre amateur. Il les monte avec justesse, des accessoires bienvenus, le sens du rythme qu’on lui connaît, des couleurs et des éclats qui lui sont moins familiers. Il les décale pourtant dans un décor d’intérieur populaire surprenant pour ces couples (petits) bourgeois qui ont des bonnes. Peu importe, on y rit, parce que ses comédiens ont du talent, qu’il sait diriger à merveille. AGNÈS FRESCHEL À noter Courteline, mon amour est joué à la Criée jusqu’au 28 janv La Criée, Marseille 04 91 54 70 54 www.theatre-lacriee.com superbement amplifiées par le plateau et le fond de scène lorsque, devenus écrans, ils projettent les éclats du moi ou le ruissellement des mots. FRED ROBERT À noter 4.48 Psychose Les 19, 20 et 21 jan Les Bernardines 04 91 24 30 40 www.theatre-bernardines.org celle des soldats anonymes, la déraison des contes d’enfant la destruction impersonnelle. Il n’y a pas de message : seulement l’énigme de cette rencontre des histoires d’enfance et de l’Histoire. Dans les premières on finit toujours par être consolé, les méchantes sorcières finissent mal. Dans la seconde, les avions derrière la scène, les trains qui la traversent, n’ont pas de sens. On essaie de partir, de passer des frontières, en trimballant quelques objets dérisoires et minuscules : vélo, valises ou cercueils. Et si le texte laisse échapper quelques lourdeurs inutiles, on regarde avec émerveillement le mal du siècle et les trains militaires qui passent. AUDE FANLO Gemelos a été joué le 6 janvier au Merlan À venir Gemelos Le 20 jan Scène nationale de Cavaillon 04 90 78 64 64 www.theatredecavaillon.com
Masques Lionel Briand ne manque pas de talent ! Le premier volet de la trilogie Divine humanité est véritablement porté par son énergie d’acteur : il assume (presque) tout seul, avec son musicien, une histoire qu’il a écrite à partir de l’Histoire de la Chine et de Confucius, et qui fonctionne bien, entraînant sans temps mort dans ses péripéties grâce à la souplesse de jeu qui permet à l’auteur, devenu acteur, de camper tous les personnages qu’il a créés, d’un geste, d’un accent, d’une voix, d’un habit. Pourtant dans ce premier volet chinois mis en scène par Jean-Michel Bayard avec force trouvailles, la jubilation du jeu ne parvient pas à tout à fait faire oublier quelques maladresses d’écriture, et l’absence réelle de propos (la sagesse de Confucius n’est à l’œuvre que comme élément de l’intrigue, comme décor). L’esthétique foraine, les masques et la commedia sont utilisés avec virtuosité, mais sans distance. Peut-être les deux volets suivants sauront-ils convoquer une réflexion sur cette Divine Humanité qui nous était promise ? A.F. Le masque du singe a été joué du 10 au 14 janvier au Mini Théâtre du Panier, Marseille À noter Le fils de l’Homme Du 17 au 21 jan Mini-Théâtre Le Cœur du sage Du 24 au 28 jan Théâtre de Lenche 04 91 91 52 22 www.theatredelenche.info Jean-Michel Albert Sans Brecht ni Fassbinder Pionniers à Ingolstadt est une pièce mythique, une des premières que Brecht monta à Berlin (1929), avec Peter Lorre, avant qu’il ne tourne au cinéma. Puis Fassbinder en fit un film sur le désir, avec Hanna Schygulla, en 1974. Monter la pièce de Marieluise Fleisser avec ses songs en live, aujourd’hui, en Français, est donc intéressant, et Yves Beaunesne s’y est attelé avec une équipe d’acteurs suisses qui en comprennent visiblement le ton. Pourtant il a déplacé l’intrigue dans les années 60, ce qui enlève de la pertinence au Antoine Chosson propos : ces femmes du peuple allemandes, dans les années 20, qui sentent une liberté possible, affirment leur désir et choisissent de soldats de passage, odieux, pressés et maltraités eux-mêmes, pour l’assouvir, ne peuvent avoir conservé ce visage après la guerre. L’ambiance de bar à flipper, parfaitement reconstituée, est constamment inadéquate… Si Fassbinder avait aussi opéré une transposition temporelle son film, fluide, parlait de son présent, celui d’une petite ville de province où seules les femmes naïves confondent encore sexe et amour. Au théâtre la transposition tourne à la reconstitution figée, soignée mais froide, et les songs non surtitrés laissent à la porte nombre de non germanophones… A.F. Pionniers à Ingolstadt a été joué au Théâtre de Nîmes du 18 au 20 novembre et à la Criée du 13 au 15 décembre 0 niA5SAL1A 25 JANVIER iuunus pu61tEs U CE eou# publics LLINI SKAPPA I & ASSOCIES, Théâtre peinture à partir de 9 mois ler et 2 FÉVRIER FORMES BRÈVES d'après des textes de Philippe Doris PAR LES ÉLUES DU CONSERVATOIRE RÉGIONAL DE MARSEILLE Théâtre à partir de 8 ans DU 14 AU 17 FÉVRIER LE PASSAGE DU CAP HORN COSMOS KOLEJ WLAaYSLAW FFtORKO'Théâtre a partir de. 8 ans If..k ^ +,-. & 1111111— FrIchrt la 6a116da kd3i 1M101I.IrISIMMINS$111111.liIl11 R$sBrvations d1 04 95 04 95 70rde JtlfriYi, 12 ruH Frarif,uiS Siriitlrt, MSrSélllé 3'T'rnaSSal IaigthBitrBR1aSuil ira.com y-di. 3. ; "l` a,rf. LA MINOTERIE fi, `*.'janv i erlfé vrier 2012 {...'` r 7Cu4'r 7b. ail 28 janrrier 2012 WOYZECK Cie Théâtre de Ajmer I THEATRE mar & mer â igh I jest, ven & sam â 20h00 Rencontre avec l'équipe mercredi 25îv1 aprs le 5perta[le ci J.è` jeudi 09 février 2012 PARCOURS PHILIPPE DORIN CNRR I THI`1iTRE JEUNE PUBLIC Jeu à 10h et 14h30l (SCffLAIRES tJNIQUEMUHT} x ti > 2011-2012 I LA MINOTERIE I THEATRE DE LA JOLIETTE y -ii rue d'Hozier - 13002 Marseille - o4 91 9ro- 4:17 9++ [taper z] - www.minaterie.org



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