Zibeline n°47 6 sep 2019
Zibeline n°47 6 sep 2019
  • Prix facial : 2,50 €

  • Parution : n°47 de 6 sep 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (200 x 280) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 11,0 Mo

  • Dans ce numéro : PMA, enfin !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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4 politique culturelle Arrêter les dispositifs de soumission sociale Dix ans après son lancement national, l’Appel des appels débat d’un possible acte II, à Marseille. Entretien avec son cofondateur, le psychanalyste Roland Gori Zibeline  : Rappelez-nous les circonstances du lancement de l’Appel des appels ? Roland Gori  : En décembre 2008/janvier 2009, avec Stefan Chedri, nous avons lancé une pétition pour dire non à la casse des métiers de l’humain telle que programmée par les réformes de Nicolas Sarkozy, d’inspiration néolibérale. Les différents professionnels se trouvaient prolétarisés, au sens du jeune Marx. Le savoir-faire, le savoir-être étaient confisqués par des protocoles très standardisés, avec des évaluations qui ne visaient pas les finalités mêmes de nos métiers, considérant la qualité comme une propriété émergente de la quantité. Jusque-là habituellement épargnés, nos métiers se sont retrouvés décomposés, fragmentés, rationalisés. Comment la situation a-t-elle évolué en une décennie ? Dix ans après, aucun fait ne vient contredire nos analyses. Bien au contraire, les choses n’ont fait que s’aggraver. Ce dont Sarkozy avait rêvé, le quinquennat Hollande l’a réalisé de manière « light » et, depuis maintenant deux ans, la présidence Macron le fait beaucoup plus brutalement et de manière obscène. Avec l’émergence de nouvelles forces et formes de protestation comme les Gilets jaunes ou la grève des urgences, qui viennent conforter la pertinence de nos concepts, la question qui se pose est  : qu’est-ce qu’on fait ? Dans votre dernier livre, La nudité du pouvoir, vous analysez le « macronisme ». Quel est-il ? C’est la philosophie saint-simonienne du XIX e siècle revue et corrigée avec des outils et des paradigmes du XXIe. L’idée que la société n’existe pas -comme le disait Margaret Thatcher- ou en tous cas qu’elle existe comme une collectivité où seule la production économique compte et où la justice sociale ne peut être que les reliquats de l’économie, qu’on pourra ensuite redistribuer. J’ai appelé cette vision la théologie entrepreneuriale. Macron habille tout cela d’un discours humaniste pour enrober des actes emblématiques du néolibéralisme. Dans son dérapage sur les gens qui ne sont rien, il dit quelque chose de profond  : pour lui, on ne peut pas être sans faire ; mais faire selon le modèle de l’économie de la finance. Il se présente comme le dernier rempart Roland Gori Isabelle Lévy-Lehmanncontre le populisme, mais il faut se demander plutôt s’il n’en est pas la rampe de lancement. On assiste à une dérive bonapartiste du pouvoir macronien, qui s’appuie sur les nouvelles technologies pour surveiller, contrôler et normaliser. Nous proposons au contraire de trouver dans les sciences et les nouvelles technologies les moyens d’une émancipation. Quelles pistes pour retrouver le chemin d’une réhumanisation de l’action publique ? Remettre l’humain au centre, c’est d’une certaine façon faire confiance aux professionnels en les sortant de l’ornière des évaluations quantitatives qui conduisent à l’imposture. La culture, le soin, l’enseignement, la recherche ne sont pas des industries. Il faut arrêter ce type de dispositifs de soumission sociale et associer les citoyens, usagers et professionnels, pour qu’ensemble, dans des espaces de parole, ils puissent définir euxmêmes des critères d’évaluation. Cela conditionnera la possibilité de la démocratie. Comme disait Jaurès, la démocratie ne s’arrête pas aux portes des usines. Un nouvel Appel est-il à l’ordre du jour ? La question est à l’ordre du jour. Nous n’avons pas la réponse. On peut peut-être faire autre chose, mais quoi ? Qu’est-il possible de faire aujourd’hui ? Et c’est pour nous un honneur de tenir ces journées qui sont aussi une forme de soutien au directeur du Théâtre Toursky, lieu actuellement malmené alors qu’il agit dans l’un des quartiers les plus pauvres de France. ENTRETIEN RÉALISÉ PAR LUDOVIC TOMAS Journées de l’Appel des appels 6 & 7 septembre Théâtre Toursky, Marseille appeldesappels.org toursky.fr
Croquer la vie Tout commencera au troquet, comme il se doit au Fidep, dont l’affiche revendique une devise éloquente  : « Un jaune ça va, deux jaunes ça va beaucoup mieux ». Outre le pastis, peut-être fait-elle aussi référence à la couleur des Gilets Jaunes, à qui le parrain du Festival, Robert Guédiguian, consacre son court édito. Paradoxalement, il les remercie pour leur façon de faire de la politique, tout en leur reprochant leur manque d’enthousiasme à l’idée d’élire des représentants... Voilà qui promet de beaux débats, au comptoir ou ailleurs, parmi les propositions de cette 8 e édition. Fathy Bourayou, fondateur et directeur artistique de la manifestation, ne devrait pas être le dernier à donner de la voix pour rallier les gilets oranges, ceux que portent en mer les équipes de sauveteurs au secours des migrants. Local et global Rendez-vous donc au Bar Albert le 24 septembre, afin de découvrir l’exposition de Marie Morelle, collaboratrice entre autres de Causette, connue pour ses dessins féministes et écolos (vernissage à 12h). Les plus jeunes, eux, auront commencé la veille à plancher avec le dessinateur de presse nantais Yassine Latrache -dit Yas- lors d’ateliers réservés aux enfants menés à la Bibliothèque Saint André. Le 25 septembre, ils pourront rejoindre le Festival des Pitchouns au Boulodrome, pour participer entre autres activités à un concours de dessin sur deux thèmes d’actualité brûlante. L’un, global, sur la crise environnementale  : Elle pleure ma planète. L’autre, local, alors que la crise du logement à Marseille n’en finit pas de se répercuter, un an après l’effondrement des immeubles dans le quartier de Noailles  : Au Angelique Rollier secours, ma maison s’écroule. La cour extérieure de la Maison des Associations accueillera d’ailleurs une exposition d’œuvres sur l’habitat indigne, collectées pour constituer un recueil. La recette des ventes étant « destinée au Collectif du 5 Novembre qui organise une assistance juridique et sociale aux délogés et sinistrés, à la caisse de solidarité d’Emmaüs pour l’ameublement des délogés, et pour soutenir l’activité du Fidep ». L’occasion de repartir avec, entre autres, l’exceptionnel dessin de Christine Traxeler alias Trax, où l’on voit le Maire de Marseille Jean-Claude Gaudin perdre un râtelier de dents-masures ensanglantées ? Voir et bouger Le Boulodrome accueille le Village du dessin de presse, épicentre du festival, où se tiendra le gros de la manifestation. Là, on pourra voir toute une série d’expositions  : un Regard sur la caricature du monde arabe, avec les œuvres de Fathy, L’Estaque accueille la 8 e édition du Festival International du Dessin de Presse, de la Caricature et de la Satire Nadia Khiari, Ali Hamra et Sabaaneh, le travail de Catherine Beaunez, membre des Créatrices-BD contre le sexisme, ou encore un parcours collectif sur le mouvement des Gilets Jaunes. La Maison Municipale d’Arrondissement de l’Estaque (MMA Plage) recevra quant à elle Tous migrants !, treize kakemonos de l’association Cartooning for peace réalisés par la crème du dessin de presse international, Faites l’Amour, pas la Guerre, exposition prêtée par les belges du Bastogne International Press Cartoon, ou encore une campagne de soutien à Musa Kart, caricaturiste politique turc emprisonné. Enfin, pas de Fidep sans musique  : entre une jam session portée par Alou, la Banda du Dock, fanfare déjantée, le rock bédouin de Ferraj, et la chorale de clôture La machine, Marianne et ses chanteurs, chacun trouvera son rythme. Cerise sur le gâteau, avant la remise des traditionnels trophées (Carafe Ricard/Prix Tignous, Panisse d’Or/Prix du Public, Chichi d’Or/Prix des Organisateurs), on pourra déguster le 29 septembre un Impromptu de Générik Vapeur. La mythique compagnie de théâtre de rue se livrera à un trafic d’acteurs et d’engins, une « résistance poétique pour en voir de toutes les couleurs ». GAËLLE CLOAREC Festival International du Dessin de Presse, de la Caricature et de la Satire 23 au 29 septembre L’Estaque, Marseille facebook.com/FidepOfficiel 5



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