Zibeline n°46 novembre 2011
Zibeline n°46 novembre 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°46 de novembre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : l'art... chantier permanent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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78 RENCONTRES COLLOQUE ARTAUD RENCONTRES CAPITALES Deux jours avec Artaud Difficile de suivre les routes d’Artaud. Chemins de traverses, voyages imaginés tout autant que vécus, impasses, les voies d’Artaud semblent impénétrables… C’est pour tenter de démêler l’écheveau d’une œuvre géniale et tourmentée que Denis Guénoun a organisé deux jours d’hommage au poète. Ni colloque universitaire, ni rencontre littéraire. Plutôt « une sorte de conversation » entre des intervenants divers et un public actif de passionnés et d’étudiants. Histoire de croiser des points de vue souvent divergents, de sortir des ornières préconçues creusées autour de cet homme inclassable. Durant la première de ces deux journées particulières, l’universitaire Jacob Rogozinski a retracé les « routes et déroutes » d’Artaud, suivant pas à pas son Journal et ses Lettres pour montrer combien chaque voyage, au Mexique, en Irlande, est la recherche d’une introuvable issue : « on ne va jamais que nulle part ». La folie serait-elle la seule évasion réussie ? Pour Rogozinski, la folie d’Artaud n’est pas une dérive créatrice ; elle est déportation, exil à soi. La seule voie pour sortir de cet enfer(mement) reste la création. L’écriture serait donc pour Artaud une marque de son combat acharné contre ce qu’il nomme « la poche noire ». Pour le psychiatre et psychanalyste Renaud de Portzamparc, au contraire, Artaud est l’exemple d’une « folie pas du tout invalidante », puisqu’il n’a pas été diminué par les années d’internement. En témoignent ses nombreux Cahiers (l’édition complète est désormais disponible dans la collection Quarto), qui offrent un véritable travail d’autoanalyse. Une manne pour les cliniciens que ce « personnage en quête d’auteur », ce sujet qui se dérobe sans cesse, fascine. Quant au philosophe et metteur en scène Olivier Saccomano, il a rappelé que, pour Artaud, le théâtre constitue le « lieu d’union de la pensée, de l’acte et du geste » et s’est élevé contre certaines idées reçues, récurrentes dans les lectures contemporaines de ce théoricien Rencontres de sourds Accéder au Palais du Pharo, et passer deux jours à choisir parmi plusieurs tables rondes celle qui sera la plus stimulante, ce n’est pas mal. Tout ne fut pas agaçant dans ces Rencontres Capitales, il fut même drôle d’assister à un débat intitulé « Comment imaginer un nouveau capitalisme ? » sans qu’une alternative, décroissante ou socialiste, ne soit évoquée en contrepoint. Cependant, il était délicieux de voir tant de monde se poser la question de notre avenir, interpeller les intervenants avec impertinence et suggérer des pistes de réflexions (parfois fumeuses, parfois frappées au coin du bon sens) pour « sauver la planète ». Indéniablement, les Marseillais apprécient l’art de la controverse en direct et font preuve d’une intense curiosité… La palme du dialogue improbable peut être décernée au duo Pierre Rabhi/Jean-Christophe Rufin, cherchant des solutions à la crise alimentaire dans le monde... À ma droite, le médecin-diplomate-écrivain ne croit pas à un changement de paradigme qui permettrait à l’humanité de survivre. Face à l’ampleur des problèmes, une simple réforme de l’existant lui novateur. Saccomano voit dans ce théâtre, comme chez Jouvet, un type spécifique de pensée, qui advient sur la scène, vivifiée par l’acte. Même s’il pointe les paradoxes d’une théorie qui peine à articuler l’écrit (la parole, le texte) et le mouvement de la scène, ainsi que les limites d’un théâtre rêvé plutôt que pratiqué. Point d’orgue des deux journées : le spectacle Artaud/Barrault au Théâtre de La Minoterie. Habilement conçu et mis en scène par Denis Guénoun, brillamment interprété par le jeune Stanislas Rouquette, ce montage de souvenirs de J-L Barrault et de lettres qu’Artaud lui avait envoyées entre 1935 et 1945 est un pur enchantement. Hommage de Barrault à celui qui lui révéla la « métaphysique du théâtre » ; hommage aussi au jeu théâtral, à sa magie qui opère là sur le plateau et ressuscite deux monstres sacrés. Béret bas ! FRED ROBERT semble réaliste, même s’il prédit que l’aide proposée aux affamés par les pays riches sera réduite comme peau de chagrin en raison de la crise. À ma gauche, l’écrivain philosophe et agriculteur, le frêle et Denis Guenoun, metteur en scene de Artaud - Barrault a La Minoterie X-D.R Collectif La Choucroute X-D.R Collectif La Choucroute X-D.R Stanislas Rouquette dans Artaud - Barrault mis en scene par Denis Guenoun a La Minoterie Emile Zeizig Les Routes d’Artaud ont eu lieu les 4 et 5 nov Les actes seront édités aux Solitaires intempestifs À venir Artaud, voyant de l’éternel exposition photographique jusqu’au 7 janv ABD Gaston Defferre, Marseille 04 91 08 61 00 Sur les traces d’Artaud Balade littéraire avec Sabine Günther Le 20 nov à 11h Passage & Co gratuit sur inscription au 04 13 31 82 00 néanmoins charismatique Pierre Rabhi. Ses propositions sont concrètes, son discours mobilisateur. Lorsqu’il raconte l’histoire désormais célèbre du colibri qui part à l’assaut d’un grand incendie avec les quelques gouttes contenues dans son bec, satisfait de « faire sa part » pour la collectivité, Rufin bougonne « C’est bien joli, mais le colibri tout seul serait moribond dans un champ de ruines ! ». Rabhi réplique : « La planète recèle tellement de ressources qu’elle peut nourrir tout le monde. Il faut croire en l’inventivité de la société civile et mobiliser notre imaginaire tétanisé par un système qui dit « on fait tout pour vous » ». Quant au prix du public, il reviendra au collectif La Choucroute, qui attendait la sortie des débats pour rassembler ses ouailles autour d’une messe en latin, manière de souhaiter bienvenue « en humanisme » aux personnalités conviées par les organisateurs. Tant il est vrai que si nous espérons changer le monde, il vaudrait mieux ne pas en laisser l’initiative à certaines têtes d’affiches de ces Rencontres, tels Luc Ferry, Bernard Kouchner ou Henri Guaino ! GAËLLE CLOAREC
MAUPETIT PAYS D’AIX ABD DEFFERRE RENCONTRES LIVRES 79 L’imagination au pouvoir Pour sa 3 e édition, le Festival de l’Imaginaire du Pays d’Aix prend une allure de croisière, avec animations, tables rondes, lectures, projections, dans une ambiance bon enfant. Les festivités s’égaient entre Rognes, Les Pennes-Mirabeau et Lambesc. Les auteurs se rencontrent, tissent des liens, se lisent… pour une introduction à la littérature fantastique qui constitue le cœur d’une fête où le public est convié à activement participer. La jeune association Terre de Jeuxpropose des ateliers de confection de costumes et d’armes pour des jeux de rôle grandeur nature, transmis in situ avec l’association Rêvalité au format plateau pour les enfants qui le souhaitent : l’imagination est cultivée par le conteur, qui propose des schémas d’improvisation, avec possibilité de le transformer… Dans le cadre des Écrivains en dialogue, Pascal Jourdana animait une rencontre réunissant Christian Garcin et Jean Rolin. Leurs œuvres respectives sont unies par d’évidentes affinités électives, à commencer par un goût commun pour les arrière-mondes comme les arrièrecours, les confins déserts comme les culs de sacs. Les deux hommes aiment aller au bout du monde, et même un peu plus loin, vers les espaces sauvages et râpeux de l’Extrême-Orient russe, ou du Tadjikistan, habités d’aigles et de marmottes fluorescentes (ou pas). Ils aiment aussi, et peut-être de la même manière, les espaces urbains à la destination équivoque - ruelles à chiens, cours vides, terrains vagues, périphériques, paliers d’immeuble - pour leur banalité étrange et, 2 4. ; /fts. universelle. Écrivains voyageurs ? Pas vraiment, et sûrement pas pour l’exotisme romanesque que suggèrerait l’expression. Il s’agit au contraire d’arpenter les zones grises et les espaces vides, de se nourrir de lieux vus et de rencontres fortuites, que la fiction restitue avec un souci d’exac-titude quasi-maniaque pour les déplacer vers Les dessins de Nicolas Fructus, le compositeur de l’affiche du festival de cette année, construisent d’improbables architectures entre minéral et vivant, travail d’une extrême minutie où l’on peut trouver les influences de Moebius ou de Druillet, avec les cités flottantes d’un Miyazaki, des monstres cauchemardesques, des villes immenses où la question de la place de l’humain se pose. Nicolas Fructus présente son dernier ouvrage, Kadath, où ses illustrations, qui endossent une fonction dramatique, se marient aux textes de 4 auteurs, dont Laurent Poujois qui cultive l’uchronie avec son Ange Blond. (Et si Napoléon avait remporté la guerre, quelle serait notre histoire ?). On rencontre aussi : Vincent Corlaix et son anthologie, 14 nouvelles par 14 auteurs à partir de l’écoute du Requiem Arrière-cours et arrière-mondes une perception insolite, qui les excède. Il y a aussi, dans cet art consom-mé du détail et de la digression, à la fois une ironie mélancolique, une fantaisie discrète et réjouissante, un humour distancé, tenu et précis comme leurs langues, que la rencontre avec les Christian Garcin X-D.R écrivains permet d’entendre dans leurs propos et leurs échan-ges comme dans leurs récits, dont de larges extraits sont lus par le comé-dien Jean-Marc Bourg, à la fois sobre et chaleureux. Un bon moment, en bonne compagnie. AUDE FANLO Jean Rolin Francois Bon La rencontre du 8 nov à la BDP Gaston Defferre (un partenariat La Marelle/CG 13) est à retrouver prochainement sur France Culture À lire Le ravissement de Britney Spears (voir Zib’45), Jean Rolin POL, 17 € Des femmes disparaissent, Christian Garcin, Verdier, 16 € En descendant les fleuves, Christian Garcin et Éric Faye, Stock Le minimum visible, recueil collectif, le Bec en l’air. Faelh, spectacle deambulatoire de la Cie Les Dragons du Cormyr Cie Les Dragons du Cormyr Philo pour tous du feu de Nicholas Lens ; Eric Simard et ses romans jeunesse empreints de références aux initiations des indiens Mic Mac ; Fabrice Bourland et ses polars pétris de culture et de suspens ; Claude Ecken qui excelle dans la nouvelle de SF ; Sylvie Lainé à la prose fluide et poétique, qui joue aux frontières du fantastique. Tous accomplissent un énorme travail de recherche pour construire leurs univers respectifs… pour le plaisir des lecteurs ! M.C. Le Festival de l’Imaginaire du Pays d’Aix a eu lieu du 20 au 23 oct Le miroir aux éperluettes, Sylvie Lainé, ActuSF Le monde, tous droits réservés, Claude Ecken, Pocket Science-fiction La dernière enquête du chevalier Dupin, Fabrice Bourland, 10/18) La philo fait des incursions en maternelle ; on parle de l’enseigner dès la classe de seconde et, de cafés philo en ouvrages de vulgarisation à destination de publics non spécialistes, la discipline de Platon connaît une vogue certaine. C’est ce qu’on a pu vérifier à la librairie Maupetit, dont le nouveau gérant, Damien Bouticourt, a proposé à Valérie Dufayet d’animer une série de rencontres joliment intitulées Phil’Osons. Première session, principalement destinée aux enfants. Assise en tailleur au milieu de participants de 4 à 12 ans (dont les parents étaient là, et aussi quelques adultes curieux), la dynamique professeure de philo lance la séance. Une heure, trois thèmes, et non des moindres : la violence, la vie, l’amour et l’amitié. Chacun est introduit par la lecture d’un conte tiré des Philo-Fables (éd. Albin Michel), histoire de susciter les réflexions… qui ne manquent pas de fuser, en particulier de la bouche d’une étonnante Rosalie de 6 ans, authentique philosophe en herbe. Bien sûr, l’échange est bref et les thèmes tout juste abordés ; mais ce genre de rencontre lance des débats que parents et enfants pourront poursuivre à la maison… livres à l’appui ! FRED ROBERT À lire, à offrir Les grands sages parlent aux petits sages (Milan Jeunesse, 14 €) Le monde, les autres et moi, 120 réponses à de vraies questions d’enfants (Bayard Jeunesse, dès 8 ans, 20 €) Le livre qui fait parler les parents et les enfants de 7 à 10 ans (Flammarion, 15 €) Citons aussi deux collections bien faites, Les petits Platons (agrémentée de belles illustrations) et, aux éd Nathan, PhiloZenfants Phil’Osons a commencé le 5 nov à la Librairie Maupetit, Marseille Ces rendez-vous philoludiques animés par Valérie Dufayet auront lieu tous les mois. Le prochain, destiné à un public adulte, se déroulera le 26 nov à 17h : une heure de Ballade en art contemporain à travers la photographie 04 91 36 50 50



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