Zibeline n°46 novembre 2011
Zibeline n°46 novembre 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°46 de novembre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : l'art... chantier permanent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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76 LIVRES LITTORALES ACTORAL Quand glissent les frontières… L’été a brillé sur la dernière édition des Littorales. Les parasols installés entre les chapiteaux en ont abrité plus d’un, venus se poser un instant entre une flânerie ou une séance de signature sur les stands des libraires, une balade parmi des merveilleux livres-objets du Book Project International, une rencontre littéraire, une escale au forum radiophonique, un atelier d’écriture… Le festival littéraire marseillais rassemble chaque automne de plus en plus de monde. Et si la journée de réflexion du vendredi n’a pas attiré suffisamment de public, espérons que, dans les années à venir, les passionnés sauront prendre le chemin de la Bibliothèque départementale (en tram, c’est facile !) comme ils savent désormais emprunter les escaliers qui montent à La Bo[a]te. Une programmation éclectique de qualité, des formules et des lieux variés ; la manifestation organisée par les librairies indépendantes de la ville offre à tous une approche sensible de la littérature et de la création contemporaines. Pour cette édition 2011, le thème était celui des « frontières en mouvements » : une jolie invitation à s’interroger sur la notion même de frontière et à franchir les barrières de temps, de lieux, de genres et de pratiques artistiques. Lorsqu’on prononce le mot « frontière », on pense d’abord à celles qui séparent des pays. Il a donc été largement question de géographie et de voyages durant ces quelques jours : traversée des langues et des cultures avec la rencontre Juliette Luck polyphonique de Simonetta Greggio, Luisa Valenzuela (voir p.74) et Metin Arditi (voir Zib’45) ; périple ultramarin en compagnie de Daniel Maximin (voir p.73), d’Eugène Nicole (voir p.72) et de Roland Brival…Mais c’est l’Afrique qui a été au centre des débats. Probablement parce que la plupart des Africains y restent aujourd’hui parqués, ne pouvant en sortir que par le hasard (et les risques) des réseaux clandestins. La frontière, pour eux, n’est pas une vue de l’esprit. C’est sans doute pour cette raison que le premier invité de la journée de réflexion était Frédéric Valabrègue. Quand nous l’avions rencontré début 2011, à propos de son roman Le Candidat (voir Zib’37), il avait insisté sur cette terrible injustice : les jeunes de tous les pays circulent librement dans le monde, pas les jeunes africains ! L’Afrique est un « continent qu’on assigne à ses frontières » a-t-il redit. C’est pourquoi ce « bloc d’Afrique », cette « cagnotte de sensations » dans laquelle il a pioché pour écrire Le Candidat, c’est son cadeau au Niger. Et le voyage d’Abdou, c’est l’espoir d’une Afrique qui avance libre… Pas gagné ! Pourtant, elle bouge, elle vibre, l’Afrique ! Et pas seulement En novembre à Bamako. Si le titre du très bel ouvrage de Valérie Marin La Meslée et Christine Fleurent est né d’une boutade en écho au tube mondial d’Amadou et Mariam, il reflète aussi une certaine réalité de la vie artistique malienne, qui se concentre dans la capitale ce mois-là. C’est pour aller plus loin et livrer un état des lieux de la création contemporaine dans une capitale comme Bamako que la journaliste littéraire et la photographe, après plusieurs séjours au Mali, ont réalisé ce superbe carnet de voyage, promenade fluctuante entre les quartiers et les disciplines, les artistes et les gens de la rue, les aînés et les plus jeunes. Dans la courette ornée de bambous de La Bo[a]te, après le vernissage de l’exposition photographique, la rencontre avec ces deux amoureuses de l’Afrique, véritables passeuses de la culture malienne d’aujourd’hui (elles se sont débrouillées pour faire coéditer le livre au Mali, ce qui n’est pas aisé), fut un enchantement. Quelques heures plus tard, on y retrouvait la pétillante Valérie en dialogue avec son confrère africain Sami Tchack, juste avant le concert de Juliette Luck kora de Chérif Soumano. Les Littorales ont aussi convié à d’autres glissements de frontières. Dominique Sigaud (voir p74) et Laurent Binet se sont interrogé sur le lien entre éthique et esthétique ; comment raconter l’Histoire sans la trahir, comment surtout éviter ses bégaiements ? Écrire sur hier pour réfléchir sur aujourd’hui. Abolir les frontières entre les vivants et les morts, c’est ce que tente également Robert Bober, dont toute l’œuvre, d’écrivain, de réalisateur, est une tentative pour « montrer l’absence » ; ce que la projection émouvante de son documentaire consacré à l’émission Lectures pour tous de Dumayet a mis en évidence. À noter enfin le bel échange qu’ont eu Lydie Salvayre (voir p.71), Camille de Toledo (voir p.75) et Marie Cosnay autour de leurs « fragments de vie » ; autant de façons de repousser les limites de son existence en écrivant celles d’autres, célèbres comme Jimi Hendrix (Salvayre), anonymes interrogés dans les centres de rétention du Sud-Ouest (Cosnay), ou « potentielles » (de Toledo). Et à la fin le pouvoir des mots, lus, dessinés se leva et souffla, emporté par un membre du commando poétique. Des mots pour s’ouvrir au monde et en être littoralement transporté. FRED ROBERT Juliette Luck Les Littorales, festival littéraire organisé par l’association Libraires à Marseille, s’est déroulé du 12 au 16 oct.
won. roi Vel.S11..3,1.1.11[1rM1,01w..rxr.cr Derniers actoraux Monter le Socle des Vertiges sur le grand plateau de la Criée, c’est comme mettre en scène l’Iliade avec variantes et commentaires ; c’est oser crânement la démesure en ces temps de petites voix… Confronté à l’univers puissant de Dieudonné Niangouna, auteur, metteur en scène et acteur, le spectateur se sent tout petit : pas assez d’oreille pour entendre, trop peu d’yeux pour voir ; quant à tout comprendre... L’Histoire nationale (Congo/Brazzaville) et ses bifurcations brutales, l’histoire familiale et ses labyrinthes universels, se croisent, se superposent sans répit. Temps du mythe et rythme de la rue, lenteur extrême, accélération, répétition… Un grand entrepôt en chantier permanent, mur du fond drapé de sacs genre aide alimentaire, accueille tout un monde qui parle à travers les personnages, le hurlement du saxo, les slogans politiques et même par la voix fantôme d’Omar Bongo ; au milieu des parpaings et des barbelés, de la terre glaise façonnée par trois acteurs démiurges (grand moment qui s’étire dans la durée efficacement) ou sur un plateau vide délimité par des images fortes cruellement énigmatiques (coqs de combat, zébu cou coupé dont le sang gicle en rafale), les corps des hommes se campent solidement et monologuent puissamment, verbe haut et mains mobiles... Epopée balèze, texte souverain qui écrase parfois le jeu ou déroute l’attention : du théâtre pour les vivants, « éprouvant » au sens plein du terme, gage sans doute d’une véritable liberté d’expression ! Deux jours avant le Congo Actoral était au Mexique avec Catherine Marnas. La metteur en scène, privée de la création de Pancho Villa après l’annulation de l’Année du Mexique, a présenté quelques extraits de cette commande « qui ne verra jamais le jour », suivie d’une lecture théâtralisée de Usted està aqui, toujours de Barbara Colio. Un texte qui frappe par la violence du monde évoqué (au Mexique les morts de la guerre actuelle entre narcos, état et citoyens se comptent par dizaine de milliers chaque année), mais aussi par la force simple de son écriture dramaturgique. L’auteure réinvente Antigone, incarnée par une mère Mexicaine qui veut retrouver et enterrer son enfant, et qui se bat contre un Créon écœurant de mauvaise foi et de couardise, des assassins monstrueux d’inconscience, une famille qui veut oublier, une société qui s’abîme dans la consommation effrénée, jusqu’à ce que la violence du réel vienne interrompre la représentation tragique, faisant planer une menace de mort palpable sur les acteurs eux-mêmes… La théâtralisation, habitée par Bénédicte Simon et Franck Manzoni, s’affranchit de la table et du micro, rythme l’espace de la scène juste entre lecture et représentation : sans jamais aller au bout de l’incarnation, en faisant frissonner pourtant, comme si l’on y plongeait. Un jeu avec le jeu d’une grande virtuosité… MARIE JO DHÔ ET AGNÈS FRESCHEL Usted està aqui a été présenté à La Friche le 10 oct, Le Socle des Vertiges à la Criée le 11 et 12 oct Dieudonne Nangounia X-D.R ardis du MuCEM REHCOIITi fife- DEBAT5 3 1.A err'n ÉCRIRE LA GUERRE D'ALEiERIE, ENTRE LITTËRATLIRE ET HISTOIRE Avec 5ofiane Hadjadj el Alexis Jerkai 18H30 LALCAZAR hiblioth6que de Merseill.e wa cat ion ionale 4 5A çnurâ 1.9iJ nr.Ea Crc: : I 3Fkr Fcn:4 Pad !!! CANFEREryCES A L'1-I¢lEL aU DEPARTMENT 111 RBIJCHFS-0IP-RHONE échangef,F_, Stv (? lrs MIRACLES & MI RAGES DE LA REPRESENTATION VERITE, FICTION, CONNAISSANCE II CONFERENCES 181145 ENTREE LIBRE 17 nov. 2011/Dany-Robert DUFOUR, phiLvsophe LE DISCOURS LIBERAL ; SON IISMES ET TI IEOLOGIE 1ff d6c. 2011/Lionel NACCACHEr neuro-Logue LE MALAISE CONTEMPORAIN DE LA CONNAISSANCE 15 dec. 2011/Nicolas OFFENSTADT, historien L'HISTORIEN PRODUIT-IL LA VERITE DU PASSE ? € OGRAiIME $ INFOS Echange & diffusion des savoirs 04 96 11.24 S0 cantact ; n ? des-savoirs.org W N14Y.rg 13, fr CONSEIL GENERAL auccsoo-a.8xs



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