Zibeline n°46 novembre 2011
Zibeline n°46 novembre 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°46 de novembre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : l'art... chantier permanent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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62 ARTS VISUELS FOTOKINO LA GAD Ed Fella à la marge Méconnue en Europe, la production polysémique d’Edward Fella se répand comme une trainée de poudre à Marseille… Affiches et documents imprimés, dessins et collages, papers and parts au Studio Fotokino (voir p.10), polaroïds à l’Atelier de visu et flyers au Cipm… Plonger dans cet imagier démesuré revient à voyager en apnée dans les États-Unis, façon road-movie à 2000 à l’heure, et à zigzaguer entre les paysages urbains saturés d’enseignes, d’annonces, de pancartes lumineuses, et les horizons perdus. À écouter sans discontinuer un morceau de jazz, avec ses figures imposées et ses envolées improvisées. Voilà pour les 1188 polaroïds de la série Letters on America dont le statut reste encore indéfini pour l’artiste, ni archives ni modèles, et s’apparentent à une prise de notes ; une collecte photographique dédiée à la typographie et non une série documentaire. Il fut d’abord un pilier du graphisme industriel commercial avant de fomenter une œuvre libre ! À 47 ans, il débuta un Master of Fine Arts à Cranbrook et enseigna à la California Institute of the Arts où il bouscula le graphisme en profondeur, « transforma la lettre en matière molle », marquant à jamais la nouvelle génération. Dans toutes ses expérimentations il déconstruit et recycle des lettres, des formes géométriques, il dérègle les lois typographiques, il décadre les cadres, il use de citations, il pastiche et parodie. Bref, il invente, mettant en avant « un protocole expérimental marqué par l’irrégularité des espaces et l’utilisation du vernaculaire ». « Celui que tout le monde apprécie, dit-il, et celui issu de la culture de masse ». Muni d’un stylo Bic 4 couleurs made in France, tantôt il surcharge la page de graphes, de symboles, de taches, il sature la lecture, tantôt il fait la part belle au blanc vertigineux. Toujours il fragmente, dépèce, découpe dans la matière. Agile comme jamais, il dessine un archipel dont il n’a pas encore fini de noircir les contours. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Studio Fotokino, Marseille 1er jusqu’au 24 déc 09 81 65 26 44 www.fotokino.org Atelier de visu, Marseille 6 e jusqu’au 2 déc 04 91 47 60 07 www.atelierdevisu.fr Cipm, Marseille 2 e du 26 nov au 17 déc 04 91 91 26 45 www.cipmarseille.com À lire Ed Fella Documents Couverture Ed Fella, conception graphique de l’ouvrage Jérôme Saint- Loubert Bié Éd Festival international de l’affiche et du graphisme de Chaumont, Fotokino, 35 euros re Exposition Ed Fella, Studio Fotokino, Marseille 2011 X-D.R digit 17 EM4. iti.j,rrrr++ e a'f.0 ! `S- T4 T "s. 111'..#kit" ; — yy k r a Sur mesure Emilie Perotto, Noli me tangere, 2011, inox, topan, aluminium, 387 x 332 x295, La Gad Marseille, courtesy galerie ACDC On ne voit qu’elle, et pour cause, elle occupe tout l’espace de la Gad. Excepté le petit sas de découverte à l’entrée. Le visiteur et l’habitant tombent littéralement sur Noli me tangere de Émilie Perotto, dont la forme interagit parfaitement avec la galerie et l’appartement. Une double identité « de pièce à vivre et à fréquenter » avec laquelle elle compose pour « tenter d’occuper le maximum d’espace avec un minimum de matière » : dimensions, profondeur, éclairage électrique et naturel (côté jardin), parois de plexiglas (séparation avec l’intime), murs et mobilier rouge (taches de couleurs vives dans l’espace blanc). C’est la combinaison des impossibles ! Topan gris anthracite teinté dans la masse, aluminium et inox pour la légèreté, 387 x 332 x 295 cm pour la monumentalité, et un résultat aérien, dynamique. Un mouvement d’épure et une ligne infinie : les appuis au sol, au bas du mur et contre la cloison offrent autant de points de fuite. Malgré l’exiguïté, le regard n’achoppe sur aucun obstacle… Noli me tangere, comme ses pièces exposées à Art-O- Rama en 2009 et au centre d’art Les Capucins à Embrun cet été, repose sur une réflexion dont le socle est le lieu et son contexte, le rapport physique à l’œuvre. Toutes sont pensées à l’échelle du corps, on les expérimente physiquement… À l’origine liée aux paroles christiques (Jésus mort, pas encore monté au ciel, exhorte Marie Madeleine à ne pas [le] toucher) et à une chanson de Rodolphe Burger qui évoque une « trace sur le sol », la sculpture se soustrait de l’objet de départ qui flotte « comme un vague souvenir ». Elle s’en évade, invente des formes et des lignes abstraites, en révèle justement la trace, non pas au sol mais dans l’espace. Si le lieu est « double », l’œuvre elle aussi se dédouble : Émilie Perotto présente à La Gad You can only see the shape, on the (back)ground, see the shape, et réserve à la galerie ACDC de Bordeaux une œuvre en miroir, mais autonome : You can only see the shape on the (back)ground, see the shape. Deux faces d’une même chanson. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI You can only see the shape, on the (back)ground, see the shape jusqu’au 31 déc La Gad, Marseille 1er 06 75 67 20 96 www.lagad.eu
GALERIE DETAILLE TROCADE ARTS VISUELS 63 Affaire de famille Rares sont aujourd’hui les lignées familiales consacrées à l’art photographique, comme les Sudre ou le studio Ely à Aix, les Detaille à Marseille. Leur galerie présente une sélection de clichés historiques : trois générations héritières de Nadar et plus d’un siècle de photographie à Marseille, en Provence et en des contrées plus lointaines. En 1902, recommandé par le studio suisse Boissonnas, Fernand Detaille prend la succession de l’atelier Nadar avec la bénédiction de ce dernier. La Canebière se nommait alors rue Noailles. Après plusieurs déménagements, le studio Detaille s’est installé dans le quartier Périer pour ouvrir une galerie dédiée à la photographie dans la tradition de ses prestigieux ancêtres (voir Zib’35). Plus d’une trentaine de clichés dont plusieurs vintage balisent cette saga familiale que l’on retrouve dans le détail dans le livre intitulé sobrement Detaille (voir p.68). Malgré le temps passé et la pointe de nostalgie qui l’enveloppe, l’exposition retrace en fait souvent l’histoire de modernités, par le truchement de techniques novatrices (l’avènement de la photographie au 19e, l’acétate, le procédé panoramique Linhof, le numérique aujourd’hui, la digigraphie utilisée ep Albert Detaille, lecture du journal au soleil, escaliers du Palais Longchamp, vers 1930 pour la majorité de ces tirages après numérisation des plaques de verre par Hélène Detaille), de certains sujets (le Pont Transbordeur par Albert) ou bien par une approche plus plastique (les graphismes architecturaux de Gérard). L’exposition s’ouvre par un superbe et très pictural tirage d’époque daté de 1899, La Bande des cinq, par Fernand, dans lequel figurent les portraits de deux protagonistes de l’image moderne, Nadar et Auguste Lumière.C.L. Gerard Detaille, tour de l'armateur, CMA-CGM, Générations architecte Zaha Hadid, Marseille 2008 jusqu’au 28 janv Galerie Detaille, Marseille 04 91 53 43 46 www.galeriedetaille.com Troquons(ceci n’est pas une insulte) Comment débuter une collection d’art contemporain sans débourser un radis ? La Trocade peut vous y aider. Sur le mode du troc, une proposition alternative de Mouvart et Marseille2013Off Un des intérêts de MarseilleProvence2013 est d’avoir suscité, par delà la grande aspiration européenne, des propositions plus locales. Parmi les dernières initiatives, la Trocade, née du rapprochement des associations Mouvart et Marseille2013Off, se positionne comme une alternative aux principes imposés par le diktat du marché de l’art. Trocade propose d’acquérir une œuvre d’art contemporain en échange de tout sauf de l’argent. Suite à un appel à contribution auprès des artistes de Marseille et de la région, toutes expressions confondues, une sélection d’une centaine d’œuvres (sur près de deux cents Gerard Traquandi Malika Mokadem reçues) sera présentée fin novembre. Durant ces trois jours d’exposition la visite est libre. Si une œuvre vous intéresse, communiquez votre proposition de troc et vos coordonnées via un feuillet autocollant que vous apposez sur le mur à côté de l’élue (un bloc de feuilles en échange de 5euros). À l’issue de l’expo, si votre offre lui convient, l’artiste vous contacte pour faire affaire directement avec vous. Échange non fossé Je troque une œuvre contre… une des miennes, un objet, un service… En face de la valeur immatérielle que j’attribue de moi-même à une œuvre d’art (elle me plait !) que puis-je offrir en équivalence ? Ce troc modifie-t-il la nature de ma relation à cette œuvre et plus généralement à toute œuvre d’art ? Cette peinture prend-elle un sens identique selon que je l’échange contre mon scooter, un voyage, la réfection design d’un salon ou le récital de mes propres chansons ? Cela limite-t-il la spéculation, suscite-t-il d’autres liens que l’acte monnayé ? Un exemple : contre quoi pourrai-je échanger un Traquandi ? (Gérard Traquandi, parrain de l’évènement et artiste reconnu sur le marché de l’art, déclare rouler lui-même dans une voiture troquée). Alors artistes et collectionneurs de toutes obédiences trinquons à la Trocade ! C.L. Trocade les 24, 25, 26 nov 28 rue de la République, Marseille 2 e www.trocade.fr



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