Zibeline n°46 novembre 2011
Zibeline n°46 novembre 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°46 de novembre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : l'art... chantier permanent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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56 CINÉMA ENTRETIEN AVEC MOHAMED DIAB AFLAM RÉGION Bus à risques 414.-, Faiza, Nelly et Seba, issues de milieux différents, subissent comme bon nombre de femmes en Égypte le harcèlement sexuel, en particulier dans les transports en commun. Faiza, jeune femme pauvre et voilée, s’y heurte quotidiennement durant son trajet dans le bus 678. Nelly, poursuit son agresseur et veut porter plainte, ce qui n’est pas du goût de sa future belle famille ! Quant à Saba, qui donne des cours d’auto-défense et conseille aux femmes de piquer leurs agresseurs avec une épingle, elle est « attaquée » sur un stade de foot, après une victoire de l’équipe nationale… Avec Les Femmes du bus 678 MohamedDiab signe là un premier film-constat, engagé, ovationné lors de la projection au CINEMED où il a obtenu les Prix du Public et Jeune Public. Zibeline : Comment en êtes-vous venu à vous emparer de ce sujet ? MohamedDiab : Il n’y avait pas eu en Égypte de MohamedDiab A.G. film sur ce problème, pourtant très grave. Le harcèlement des femmes était tabou. Nous entendions parler du problème, mais nous n’avions pas connaissance de l’ampleur du phénomène, entouré de silence : dans les bus, en pleine rue, au travail, dans les stades, les Égyptiennes subissent attouchements et harcèlements. Les histoires que je mets en scène sont inspirées de faits réels. La plupart du temps, les policiers conseillent de ne pas porter plainte. L’une des protagonistes, Nelly, incarne un personnage véridique qui vient de gagner le premier procès en Égypte pour harcèlement. Comment expliquez-vous cette situation ? La moyenne d’âge pour se marier c’est 35 ans, vu le contexte économique. Donc entre la puberté et 35 ans, les relations étant interdites hors mariage la frustration est terrible. Si un homme harcèle une femme, c’est elle la coupable, elle l’a provoqué ! Ce point de vue est profondément ancré dans la mentalité collective. D’où le silence. Je suis fier d’avoir réalisé ce film : si une femme l’avait fait, cela aurait eu moins de force ; on l’aurait accusée de modifier la réalité. Je voulais que les hommes comprennent qu’ils ont un rôle à jouer pour que ce phénomène de société cesse. Quel a été l’accueil du film en Egypte ? Il a suscité beaucoup de réactions : lorsque l’on brise un tabou, c’est normal ! Certains hommes sont dans le déni total, ils se sentent insultés. Mais le silence est brisé, une loi a été promulguée en Égypte contre le harcèlement sexuel. Même s’il y a toujours un décalage entre la loi et les mentalités : les femmes aussi doivent changer et arrêter de participer à ce silence. Les hommes peuvent les y aider ! PROPOS RECUEILLIS À CINEMED PAR ANNIE GAVA Les Femmes du bus 678 a été présenté en avantpremière à Marseille, le 8 nov au cinéma Variétes dans le cadre de Cinéma(s) d’Egypte par AFLAM. Il sera aussi projeté le 16 nov à 18h au cinéma Actes Sud à Arles et le 17 nov à 20h30 à l’Institut de l’image à Aix. Voyage en Egypte AFLAM nous invite à poursuivre le voyage au cœur du cinéma égyptien, de 1953 à 2011, un cinéma de première importance puisque plus de 4000 films ont été tournés depuis les débuts du 7 e Art. AFLAM en a sélectionné une soixantaine qui sont projetés dans toute la région. Une programmation riche et variée permettant de montrer des films représentatifs des différents genres, mélodrames, adaptations littéraires, comédies musicales, films sociaux, sans oublier documentaires et courts métrages. À noter en particulier une semaine au cinéma Actes Sud à Arles, du 16 au 22 nov, avec une table ronde sur l’adaptation dans le cinéma égyptien le 17 à 18h ; 28 séances à L’Institut de l’Image à Aix, du 17 au 29, dont une table ronde sur « Le ciné égyptien, art du mélange des genres » le 18 à 18h ; sans oublier le Méliès à Port-de-Bouc avec notamment Les eaux noires, un film rare de Youssef Chahine, le récit d’une grève tourné à Alexandrie en 1956. Les séances continuent aux Variétés à Marseille où MohamedKhan sera présent le 20 nov à 20h pour présenter L’Epouse d’un homme important. Une programmation riche et variée permettant de montrer des films représentatifs des différents genres, mélodrames, adaptations littéraires, comédies musicales, films sociaux, sans oublier documentaires et courts métrages. A.G. AFLAM 04 91 47 73 94 www.aflam.fr Sous le signe de l’eau Une ile de Anne Alix Le 2 nov, « La Région suit son court » et a projetté trois courts métrages, sous le signe de l’eau, qu’elle a aidés. Dans Étreinte, Sébastien Jaudeau met en scène Rachida Brakni, enceinte de sept mois, et Eric Cantona dans des paysages du Cap Corse. Après avoir contemplé le ventre de la femme, l’homme prend son fusil et part : images d’eau, d’algues, de corps, images oniriques, un peu gratuites parfois ; un film sans dialogues dont l’intérêt réside surtout dans la musique. Dans Blue Line -qui représente la frontière israélo libanaise, gardée à la fois par l’ONU et les Casques Bleus indiens-, Alain Sauma raconte l’histoire d’une vache gardée par un jeune berger, venue se désaltérer, qui s’aventure du côté israélien sous les jumelles et les armes, et provoque affolement des deux côtés… Un court métrage sympathique. Mais le plus intéressant est sans conteste Une île ! Anne Alix a su y créer un vrai univers de cinéma et des personnages forts. Lui (Thierry Levaret, excellent !), gueule du « mec » qui a traversé pas mal d’épreuves, arrive à Oléron et, sur recommandation, se fait embaucher dans une exploitation ostréicole. « Je sors de prison », confie-t-il lors d’un jeu de langage à la femme qu’il a rencontrée (Caroline Ducey). Pourquoi ? Il n’en dira pas plus et le spectateur n’en saura rien. Il est en pleine rédemption. Les paysages sont superbes ainsi que toutes les scènes d’ostréiculture. Seul bémol : la voix off qui lit des passages de la genèse à intervalles réguliers n’apporte pas grand-chose au film. Tourné avec une majorité d’acteurs non professionnels, le dernier film d’Anne Alix, presque un long métrage, nous entraîne poétiquement sur l’île. Une promenade qui laisse des traces dans la mémoire. ANNIE GAVA
CINÉMED GARDANNE CINÉMA 57 La Méditerranée du cinéma… à Montpellier Du 21 au 29 oct s’est tenue la 33 e édition du CINEMED, une programmation riche et variée, marrainée par Carmen Saura, avec en compétition 12 longs métrages de fiction, 10 documentaires et 23 courts de 22 pays de la Méditerranée ! Mais aussi des tables rondes, des débats avec les réalisateurs, des rétrospectives, des hommages, des cartes blanches, des leçons de cinéma, dont celle donnée par Emmanuel Mouret et son équipe à plus d’une centaine de spectateurs, très jeunes pour la plupart. C’est en effet le dernier film de ce cinéaste, né à Marseille, L’Art d’aimer, qui faisait l’ouverture. L’Art d’aimer ? Normal ! commente Mouret : Ovide a écrit le 1er best seller de la littérature ! Mouret aime filmer l’amour : dans ce film choral au casting de choc, chacun des 12 personnages vit une histoire d’amour, de désir, séparée par un intertitre : le 1er est emprunté à Ovide, et la voix off de Philippe Torreton installe dans m chacune distance et humour. Le spectateur est entraîné avec plaisir dans une ronde alerte ; on pense à Lubitsch, Rohmer ou Woody Allen, on rit et on se pose des questions sur le « moment où l’on devient amoureux, à cet instant précis, où il se produit en nous une musique particulière. » Une toute autre atmosphère règne dans le dernier film de Philippe Faucon, La Désintégration. Ali, Nasser et Nicolas qui se fait appeler Hamza, des jeunes de la banlieue lilloise déçus socialement, se font entraîner par Djamel, leur aîné, dans une dérive islamiste. Un engrenage infernal que filme magistralement Faucon, dans un film âpre, intense. Peu à peu le cadre se resserre, enfermant les personnages (excellent Rashid Debbouze) dans une mécanique qui va les désintégrer dans tous les sens du terme. On n’en sort pas indemne ! Troisième film tourné dans la région : Beau rivage de Julien Donada met en scène un commandant de police Marée humaine Plus de 8000 spectateurs, « une vraie marée humaine » se réjouit Régine Juin, directrice du cinéma, certaines projections refusent même du monde ! La qualité du Festival d’automne de Gardanne, hymne d’amour au cinéma, n’est plus à prouver, avec ses coups de cœur, ses rencontres, son caractère éclectique, de la soirée Bollywood à l’hommage au cinéma iranien, de The Artist de Michel Hazanivicius qui joue sur l’histoire et les mises en abîme du cinéma, à l’étrange Ceci n’est pas un film de Jafar Panahi, où le cinéaste interdit de création de même que d’exil transforme le rien qui lui reste en objet filmique, cette obscure matière qui se transmute en œuvre d’art. On retiendra de superbes avantpremières, comme La source des femmes de Radu Mihaileanu (d’une intense poésie et en même temps engagé et féministe, avec ses Lysistrata modernes) presque ex aequo avec Tous au Larzac de Christian Rouaud qui remporte le prix du public : un documentaire remarquablement scénarisé, qui mêle témoignages et documents d’époque, des années 70 à 81. À la beauté de la photographie, des effets de brume sur un paysage sublime, se joint le propos fort de la construction d’une pensée politique : le refus s’organise, se réfléchit, avec les apports des diverses tendances, de Lanza del Vasto et des non violents aux Maos, désireux d’une résistance D âgé d’une cinquantaine d’années (joué superbement par Daniel Duval) dont la vie va changer quand il découvre le suicide d’une jeune femme. Le spectateur est embarqué dans une histoire fantastique, se demandant sans cesse si les belles scènes d’amour sont les fantasmes obsessionnels de Michel ou des flashbacks. On pense à Laura de Preminger et même si Chiara Caselli n’est pas « musclée ». Occupation des lieux, manifestation avec des tracteurs, des troupeaux, grande marche silencieuse… la force de ce combat trouve de nouvelles formes aujourd’hui, dans la lutte contre les OGM ou la mondialisation : ce documentaire aux allures de témoignage interroge l’actualité, et prend une valeur exemplaire. La Source des femmes de Radu Mihaileanu D’autres évoquent une réalité plus récente encore, comme Laïcité inch’Allah de Nadia El Fani qui s’attache au mouvement des « dé-jeûneurs », à la lutte pour le droit des femmes et celui essentiel de la laïcité sur fond de printemps arabe, espoirs et désillusions, ou démonstration de l’impossibilité de démocratie sans liberté individuelle consentie par la constitution. Contrairement au Man without a cell phone de Sameh Zoabi Gene Tierney, Beau rivage vaut le détour ! Le Jury de CINEMED a attribué l’Antigone d’or à Man Without a Cell Phone de Sameh Zoabi. Nous y reviendrons. ANNIE GAVA www.cinemed.tm.fr débat sur le film de Rouaud, la discussion laisse percevoir les difficultés d’entente : la cinéaste est clairement menacée de mort, et censurée par le nouveau pouvoir… Emmanuelle Millet dans La brindille traite du délicat problème de l’accouchement sous x : un film lumineux porté par la jeune Christa Théret, qui sait évoquer sans juger, avec humanité. Marseille, lieu de l’action, qui est filmée avec une rare justesse, un cadrage de photographe échappant à tous les clichés. Prix du jeune public le très bel Art d’Aimer d’Emmanuel Mouret (voir ci-contre). Film de bonheur enfin que celui de Roland Cottet, De Erevan à l’Estaque, avec la cantatrice Gayane Hovhannisyan qui, contrainte de quitter Erevan se retrouve à Marseille et développe la chorale des enfants de l’Estaque, d’une qualité vocale qui laisse pantois, avec des jeunes gens qui percent, comme la délicate soprane Armelle Khourdoian ou Sylvain Pauchard. Une leçon d’humanité et de musique réjouissante ! MARYVONNE COLOMBANI Le 23 e Festival d’automne a eu lieu à Gardanne du 21 octobre au 1er novembre



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