Zibeline n°46 novembre 2011
Zibeline n°46 novembre 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°46 de novembre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : l'art... chantier permanent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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50 MUSIQUE LA FIESTA BERRE Une Fiesta qui prolonge l’été Evénement populaire, le festival marseillais de musiques du monde a enflammé le Dock des Suds, bravant le contexte de crise D’Amadou et Mariam à Honest Jon’s Chop Up de Damon Albarn, la 20 e Fiesta des Suds a fait la part belle aux musiques d’Afrique ou héritières du continent noir. Pour la soirée d’ouverture, le duo malien connu du grand public depuis son Dimanche à Bamako a défloré des titres de son prochain album. Des morceaux dans la lignée de leur répertoire métissé, mariant instruments traditionnels et électriques. Autre rendez-vous, le retour du sémillant sexagénaire Kid Créole, flanqué de ses Coconuts, nouvelle génération, pour un show latino-funk fait de trémoussements, de sape et de kitsch. Dans un registre différent mais tout aussi efficace, Raphael Saadiq a déployé son armada soul, parfois sirupeuse, de choristes et musiciens de haut vol. Un brin édulcoré, le groove de Saadiq est un digne hommage aux légendes de la Motown loin des usurpateurs du type Ben l’Oncle Soul. Si le reggae des Californiens de Groundation, revitalisé par des accents dub et jazzy, a connu un succès inattendu, un des meilleurs moments de la Fiesta 2011 restera le live de Seun Kuti, fils du regretté fondateur de l’afrobeat, le Nigérian Fela. C’est d’ailleurs accompagné d’Egypt 80, groupe dans lequel son paternel a débuté, que Seun a fait la démonstration de son talent, avec un mimétisme parfois déroutant. Pour autant, le benjamin des Kuti affirme sa personnalité et fait davantage figure de réinventeur d’un style musical que de copie d’une légende. Quant à l’intrigant Honest Jon’s Chop Up, il a répondu à toutes les attentes d’un public sous le charme de ce Big band afro. Pilotée en toute discrétion par Damon Albarn, la distribution de cet objet musical non identifié faisait rêver : Tony Allen (ancien batteur de Fela), Flea (bassiste des Red Hot Chili Peppers) et une flopée d’artistes confirmés du continent voisin dont l’excellente chanteuse Fatoumata Diawara et l’Hypnotic Brass Ensemble, une fanfare roots. Venus de l’est, la fanfare Ciocarlia de Roumanie et Boban I Marko Markovic Orkestar de Serbie ont rivalisé au cours d’un battle de cuivres euphorisant. Contrainte de mettre brutalement un terme à sa carrière pour raisons de santé, la Capverdienne Cesaria Evora a été remplacée au pied levé par le guitariste flamenco Paco de Lucia. Difficile exercice que celui de transmettre l’intensité d’une musique puissante et intime dans l’immensité d’un chapiteau. Malgré une technique à couper le souffle, la prestation du virtuose a souffert d’un public en décalage avec l’ambiance d’un tablao andalou. La faiblesse des musiciens et danseur qui l’entouraient n’a pas servi l’ancien compagnon de route de Camarón de la Isla. À l’inverse, porte-drapeau d’une cumbia dynamitée, le Mexicain Celso Piña et son accordéon ont fait chavirer le Cabaret. Quand deux icônes du rock français partagent la même affiche, cela donne une des plus grosses affluences de la Fiesta. Catherine Ringer et Louis Bertignac ont bâti leur carrière au sein de formations dont les tubes perdurent -les Rita Mitsouko et Téléphone- et dont ils sont les seuls rescapés, leurs alter ego ayant glissé hors du monde du rock. Sur scène, Catherine comme Louis n’en sont pas moins généreux, énergiques, jamais démodés. La Fiesta serait partielle sans sa programmation électro souvent en pointe. Citons particulièrement les Marseillais Oil et Nasser, les Mexicains Nortec Collective et l’Américain Robert Hood. Avec plus de 55 000 spectateurs, cette 20 e édition rallongée annonce une nouvelle étape pour ce temps fort de la vie culturelle marseillaise. La double décennie du festival d’art et de musiques du monde se fêtera l’an prochain, comme un tour de chauffe d’une cuvée 2013 qui s’annonce exceptionnelle. THOMAS DALICANTE La Fiesta des Suds s’est déroulée du 14 au 30 octobre à Marseille Groundation Agnès Mellon Complicités Le Forum à Berre l’Étang le 14 oct : en première partie, le duo formé par Olivier Roussel à la guitare et Frédéric Pasqua à la batterie a souligné leur grande complicité avec une musique très originale, construite au moyen d’effets électroniques parfaitement maîtrisés. Peu après, la chanteuse coréenne Youn Sun Nah apparaît. À la guitare pour l’accompagner, Ulf Wakenius. Calypso Blues, une composition de Nat King Cole, nous permet de découvrir cette femme aux facettes multiples, un kazoo en bouche pour le solo, et ses mains qui guident la hauteur de l’impro. Les quelques notes émises par des lames de métal (kalimba) résonnent dans notre mémoire d’où remonte le son du saxophone de Coltrane… My favourite Things est transfiguré et procure une grande émotion. Suit une composition de Ulf Wakenius, très inspirée du groupe Shakti, en unisson parfait entre guitare et voix, sur un rythme débridé. Léo Ferré, Tom Waits ou encore Metallica auront inspiré ce duo qui nous a proposé une soirée empreinte d’une grande chaleur humaine, de beaucoup d’humilité avec un énorme talent. DAN WARZY CD Same Girl Label ACT Youn Sun Nah Dan Warzy
GTP ROLL STUDIO FIMÉ 51 MUSIQUE Carmen plat Le Festival International de Musique d’Ecran de Toulon donne au cinéma muet, comme à son origine, un environnement sonore, fait généralement de musiques inédites d’aujourd’hui. Il a débuté cette année le 4 nov dans la grande salle du Théâtre Liberté pleine à craquer… Ouverture réjouissante pour un festival qui, jusqu’alors, se battait pour se produire dans une salle équipée et à sa mesure ! Sur l’écran donc, Carmen de Cecil B DeMille (1915), et à ses pieds l’Orchestre National de Jazz. D’entrée le choix du film est surprenant : ce Carmen là n’est pas un chef-d’œuvre, contrairement aux Temps Modernes ou à la Passion de Jeanne d’Arc ou au film de Man Ray projetés la semaine suivante. Quant à la musique originale de l’ONJ, elle est magistralement jouée, et par moments sublime, parfois drôle, intrigante… mais bavarde aussi, à l’excès, fuyant ostensiblement le silence. Trop amplifiée d’ailleurs, assourdissante. Surtout elle manque de cohérence (chacun des 10 musiciens en a composé 6 minutes sans projet d’ensemble, ni connaissance de ce que les autres écrivaient) et de projet : Daniel Yvinec, directeur artistique de l’ONJ, explique qu’il ne veut pas illustrer le film. Ce que l’on comprend : la partition d’un film muet n’a pas à suivre forcément le corrida, sont les plus réussis… Si aucun lien niques, qui prennent à contrepied la danse et la détail d’un film, ni à l’illustrer de figuralismes. Mais véritable ne s’établit entre l’image et le son, en restituer l’ambiance, la souligner, la mettre à pourquoi composer de la musique d’écran ? distance ironique au moins ? Les passages électro- AGNÈS FRESCHEL Le corsaire des sens... Ce sont probablement les sept mers traditionnelles qui inspirent le contrebassiste Avishai Cohen venu présenter son nouvel opus Seven Seas. De ses doigts ou de son archet, il construit la musique comme, Avishai Cohen Agnès Mellon une divagation aux lignes mélodiques d’une grande clarté, ajoute des ruptures rythmiques surprenantes et part en échappées d’improvisations époustouflantes. Avishai Cohen chante aussi, dans la langue judéo-espagnole du XVI e siècle. Le jeune batteur Amir Bresler, doué d’une énergie phénoménale, est à l’affût des moindres vibrations du trio et calme ou relance la tension. Quant à Omri Mor, le pianiste, il fait osciller les couleurs sonores entre Rachmaninov et Bach, pour produire un jazz des plus inspirés. Un concert incantatoire et mémorable, qui fit passer le public subjugué par toutes les humeurs marines : mer d’huile, brise, grain ou tempête. DAN WARZY 7- Dominique Bouzon fait partie des musiciennes à la curiosité développée, surtout quand il s’agit d‘explorer de territoires musicaux loin des sentiers battus. Son récent projet (CD) Flute Cake a été enregistré au Point de Bascule, à Marseille. La palette de couleurs sonores qu’elle utilise est des plus originales, passant, entre autres, par toute la tessiture des flûtes, de la piccolo à l’octobasse, aujourd’hui jouée par une demi-poignée de musiciens en Europe. Accompagnée de Nadine Estève aux claviers et autre électronique, elle nous embarque pour une étrange Ce concert a eu lieu au GTP à Aix le 18 octobre Exploration sensitive immersion sensorielle. Apnée voluptueuse ou adhésion empathique naturelle, on se trouve transporté comme par surprise dans cette déambulation onirique où l’humour n’est jamais très loin. L’espace cylindrique du Roll Studio a servi cette intimité nécessaire avec le public. Une belle surprise ! DAN WARZY Ce concert a eu lieu le 15 octobre à Marseille dans le cadre de Jazz sur la Ville Carmen Hortense Hebrard Musique et chanson Depuis quelques années les chanteurs occupent les cases « musique » des scènes nationales ou conventionnées, voire des centres dramatiques. Avec des récitals, ou des formes de concerts littéraires, qui relèvent souvent du réseau des industries culturelles. Ce type de culture privée, assujettie par nature à des objectifs de rentabilité, fait-il dorénavant partie des missions de service public de nos scènes subventionnées ? Est-elle conciliable avec l’objectif de création d’un répertoire d’aujourd’hui, qui était jusqu’à peu la priorité de la politique culturelle d’État ? En mettant en avant la diffusion et non plus la création, et en fixant aux directeurs des objectifs très exigeants en termes de « remplissage », les tutelles poussent les scènes pluridisciplinaires à revoir à la baisse leurs ambitions culturelles, et à choisir ce qui remplit leurs salles. On en est pour l’heure à des formes inventives créées pour ces scènes : Arnaud Cathrine et Julie Rey à la Criée (du 22 au 26 nov), Philippe Duquesne qui chante Gainsbourg à Nîmes (les 15 et 16 déc, et du 10 au 28 janv à la Criée), Gianmaria Testa qui chante Erri de Luca au Théâtre Durance (le 23 nov). Autant de propositions plus qu’intéressantes, sommets artistiques du genre de la chanson, indéniablement littéraires. Mais musicales ? La création pluridisciplinaire est-elle si peu exigeante avec nos oreilles ? Pour l’heure des artistes comme Dick Annegarn(à Cavaillon le 2 déc) ou Thomas Dutronc (Martigues le 13 déc, Toulon le lendemain) se produisent sur les scènes nationales lors de leurs tournées. Prenons garde à ce que la logique des tourneurs ne prenne pas le pas sur le service public de la culture. AGNÈS FRESCHEL



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