Zibeline n°46 novembre 2011
Zibeline n°46 novembre 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°46 de novembre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : l'art... chantier permanent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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44 MUSIQUE LYRIQUE RÉCITALS Suonare si Pour son premier concert de la saison, le Festival de Toulon a eu l’audace de proposer aux auditeurs un répertoire peu familier de chansons écrites à la mode Napolitaine par des compositeurs italiens du XVI e siècle. Comme c’est souvent le cas avec ce type de répertoire que le mélomane se plaît à fantasmer faute d’enregistrements convaincants, la vérité musicologique de l’interprétation relève avant tout des choix esthétiques et techniques opérés par les interprètes. Les musiciens de l’ensemble Suonare e cantare ont voulu relever ce défi, et ont proposé au public venu en masse une vision singulière mais discutable de ce répertoire. On pouvait en effet être surpris par le choix du lieu du concert qui ne se prêtait sans doute pas au mieux à ce type de répertoire, mais assez curieusement l’acoustique s’est révélée propice à la découverte de sonorités instrumentales inattendues, fondues en une belle harmonie de timbres délicieusement surannés sur instruments d’époque. Malheureusement, l’immensité de la salle Albert Camus dans le nouveau Théâtre Liberté ne rendait pas du tout grâce à la voix du chanteur soliste, Francisco Orozco, qui tout en joignant le geste à la parole avec une implication physique évidente ne valorisait pas Opérette au congrès Pour la première opérette de la saison de l’Odéon, délocalisée pour cause de travaux au Palais des Congrès, l’auditorium est plein : La route fleurie de Francis Lopez fut immortalisé par Georges Guétary, Bourvil et Annie Cordy en 1952 ! Devant un mur de 1200 personnes, la jeune troupe n’est pas impressionnée, et les numéros fantaisistes de Charlotte Filou et Grégory Juppin font mouche (« Da ga da Tsoin Tsoin », « Les haricots », « Pas d’chance » …) quand le jeunepremier Alain Tournay déçoit. Hormis le soprano d’Amélie Robinault (Mimi), De génération en génération Boris Mersson 90 ans, dirige le petit Nicolas, 13 ans, sous l’œil avisé de son père, Michel Bourdoncle : jeu de regards, fuite du temps, passage de relais entre le « vieux » chef, encore assez performant au piano dans le concerto Le couronnement de Mozart, et le novice, à l’aube de sa carrière. L’ombre de la figure patriarcale, déjà oppressante, enveloppe la scène quand le père prend la baguette pour diriger sa progéniture dans le premier concerto de Liszt. Les notes défilent, les traits se dénouent, l’élève apprend le métier, se forge une carapace. Et rentre la grande Evelina Pitti… Sous ses doigts de concertiste affirmée se déroule le deuxième concerto du maître hongrois : le geste est sûr, les phrases sont belles, la musique jaillit des gerbes de notes enflammées. Dans les coulisses, l’enfant écoute et mesure, à l’aune de cette grande interprétation, le chemin qui lui reste à parcourir. Dernière image, tous sur scène, main dans la main, ou l’allégorie de la transmission du savoir.C.F. Concert donné le 22 octobre dans le cadre des nuits pianistiques au Jeu de Paume, Aix Evelina Pitti Gerard Pau o ce répertoire, malgré un timbre très travaillé oscillant allègrement entre le nasillard et l’engorgé. Ainsi, la voix sonnait poussif alors même que la frivolité ou la grivoiserie des textes chantés Francoise Enock auraient mérité une interprétation plus vigoureuse, et une théâtralité plus assumée. ÉMILIEN MOREAU c’est du côté de l’excellent Chœur Phocéen (dir. Rémy Littolf) qu’on entend les voix les plus lyriques. Aux sons d’un orchestre délicat qui, hors fosse, sait jouer en sourdine, les interventions chorégraphiées et les petits rôles assumés participent au succès d’un spectacle (mise en scène Jacques Gervais) dont le kitsch revendiqué fait sourire… J.F. Chœur singulier En début de saison le 18 oct, l’Opéra-théâtre d’Avignon a reçu Sigiswald Kuijken accompagné des musiciens de l’Académie Baroque européenne d’Ambronay. Dans la Messe en si mineur de Bach, les voix remarquables, une exactitude et une homogénéité extraordinaires dans les départs et arrêts, des cordes merveilleuses, des bois enchanteurs ont participé à une interprétation riche en couleurs… altérées par des sonorités fausses aux clairons et au cor. Leurs interventions ponctuelles, mais fréquentes, ont souvent brisé le charme. Et si, l’extraordinair Christe Eleison, les chœurs Crucifixus etiam pro nobis et Et exspecto resurrectionem mortuorum du Symbolum Niceum ont ému, le mot « chœur » employé et voulu par Bach n’a pas eu sa place à l’Eglise St-Pierre : en guise d’ensemble choral, 4 ou 5 solistes en chantaient les parties… restituant malgré tout la force exceptionnelle de cette œuvre emblématique, testament musical du Kantor. Il est toujours agréable d’accueillir sur des scènes régionales des grands noms, et Kuijken en est un ! CHRISTINE REY a
MUSIQUE 45 Temps suspendu Le monument des Années de pèlerinage de Liszt impressionne par la durée (trois heures) et les difficultés monstrueuses de la partition, tant par la rapidité des traits, des trilles, des mouvements arpégés, que par la multiplicité des registres, et la finesse d’interprétation qu’elle réclame. C’est un défi de l’aborder, surtout dans la version intégrale en live (le pianiste vient de les enregistrer, voir p 70). Performance aux enjeux esthétiques autant que physiques ! Voguant entre l’élégie, l’expression de la passion amoureuse et du sentiment religieux, Bertrand Chamayou nous convie, avec une éblouissante virtuosité, à une plongée dans l’univers de Liszt qui narre ses voyages en Suisse (1er livre), puis en Italie (2 e livre), aux côtés de la charmante Marie d’Agoult. À l’interdit qui frappe ces amours répond la passion, trois enfants, des lieux complices, un élargissement littéraire avec l’évocation de Pétrarque, poète de la métaphore amoureuse par excellence, ou de Dante… Marie, nouvelle Béatrice ? Ces deux premières parties ont un caractère brillant et virtuose, les mains du pianiste volent sur le clavier ou s’y appesantissent avec la douceur d’une caresse. Conjugaison parfaite de l’empâtement et de la légèreté… La 3 e partie (livre 3) est plus recueillie, plus intime, le musicien poète se replie sur une conscience de soi empreinte de spiritualité : il a rejoint l’ordre des Franciscains en 1865. Bertrand Chamayou rend sensible l’aspiration à ce développement plus intérieur par un Vivaldifiant ! ai La talentueuse formation de chambre de l’Akadémie für alte musik Berlin et le somptueux violoncelliste Jean- Guihen Queyras auront fait taire les Akademie fur Alte Musik Kristof Fischer Bertrand Chamayou Richard Dumas - Naive jeu nettement plus dépouillé, d’une autre virtuosité, comme envolée… MARYVONNE COLOMBANI Les Années de Pèlerinage de Liszt par Bertrand Chamayou au théâtre des Salins de Martigues le 10 novembre mauvaises langues qui accusent Vivaldi d’avoir composé cent fois le même concerto ! Chaque pièce, forte d’un motorisme rythmique hallucinant, est un modèle d’inventivité, que ce soit au niveau du langage, dans la fugue du concerto en ré.m, de l’agogie, pour les contrastes de tempi étonnants dans le concerto en mi.m ou de la mise en espace, dans la pièce pour deux violons RV 565. Un Antonio en cachant un autre, Caldara fut mis également à l’honneur, permettant à l’auditoire d’apprécier toute la finesse et l’habileté technique du compositeur italien, notamment dans la fugue de la Sinfonia 12, dont le sujet repose sur un surprenant intervalle de septième ! Mais, incontestablement, les talents de rythmicien de Vivaldi, magnifiés par l’interprétation croustillante des musiciens, laissent le public du GTP savourer l’ivresse de moments rares… CHRISTOPHE FLOQUET Pluie enchantée Pluie torrentielle dehors, fluidité virtuose au théâtre… Une matinée de bonheur que celle offerte le 6 novembre par le compositeur et interprète marseillais Cyprien Katsaris au public du Comoedia d’Aubagne. Dans un programme où Liszt règne sans partage, de la superbe improvisation sur des thèmes du compositeur hongrois à ses transcriptions de lieder de Schubert, Sérénade, Le meunier et le ruisseau, l’Ave Maria. Richesse de la recherche, subtilité de l’agencement des thèmes, intelligence de la partition, lecture personnelle et sensible des œuvres dans un jeu virtuose jamais gratuit, et là-dessus un sourire à la fois malicieux et émerveillé… On se laisse conduire dans l’œuvre de Liszt, de ses morceaux d’avant-garde qui explorent les limites musicales de son temps, à son interprétation des poètes, Toni Raab, Lamartine, aux rapsodies hongroises où la musique populaire se fond au travail savant. Enfin, cadeau de l’artiste, l’interprétation pour la première fois en Europe de son adaptation du Concerto pour piano et orchestre n°2 en la majeur. Une puissance qui s’apaise dans le rappel sage et délicat de la transcription par Ziloti d’un prélude de Bach. Quelle saveur la pluie ! MARYVONNE COLOMBANI Cyprien Katsaris X-D.R. Concert donné le 20 octobre au GTP



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