Zibeline n°46 novembre 2011
Zibeline n°46 novembre 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°46 de novembre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : l'art... chantier permanent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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42 MUSIQUE LYRIQUE Vérone ivoirine Pour apprécier à sa juste mesure la nouvelle production marseillaise du Roméo et Juliette de Gounod, il faut faire abstraction de l’interprétation de couples légendaires. Le fait est que le succès de l’ouvrage repose a priori sur le duo incarnant les amants de Vérone. Si Patrizia Ciofi est une tragédienne née, sa voix semble fatiguée. Elle lance courageusement ses aigus, mais ne s’y attarde pas ! Nonobstant, sa grande scène du 4 e acte, jouée avec énergie, recueille un succès mérité et fait oublier un « Je veux vivre… » décevant. Le jeune ténor roumain Teodor Llincai l’emporte à l’applaudimètre grâce à un timbre d’airain, des aigus de stentor et un bon usage de la mezza-voce, mais il devra gagner en naturel et intelligence sur le texte pour émouvoir davantage. À leurs côtés Isabelle Vernet joue une nurse Christian Dresse truculente quand Nicolas Testé, grâce à une déclamation noble, optimise le personnage de Frère Laurent. La distribution, à l’image du baryton Pierre Doyen (Mercutio) ou d’Eduarda Melo, travestie en Stéphano, magnifie le chant français. Sur la scène, le blanc domine (murs, costumes du chœur), peut-être pour accentuer le contraste entre la pureté d’un amour juvénile et la cruauté du drame, l’aveuglement de la vengeance, la morbidité des combats... Sur ce fond immaculé, des colonnes dorées, de somptueux costumes colorés se détachent et les lumières passent d’un bleu nocturne au noir abyssal du tombeau. JACQUES FRESCHEL Roméo et Juliette a été représenté du 11 au 19 octobre à l’Opéra de Marseille Maria Bayo X-D.R. Chaleur ibérique Dans le sillage de ses célèbres compatriotes, Maria Bayo perpétue cette tradition de beau chant. Elle a offert le 6 novembre à l’Opéra de Marseille un programme de musique espagnole avec des clins d’œil antillais : Cinco Canciones Negras de Xavier Montsalvatge, sublimes pépites, dont la Cuna (berceuse), pizzicati des cordes sur mélodies chaloupées, est un moment de bonheur. Le Caléidoscope symphonique du même compositeur est une pièce de Ballet, polytonale, privilégiant les bois. Dans Poema en forma de Canciones de Joaquín Turina, Maria Bayo poitrine des « Ay » ornés, très andalous rappelant le Polo de Manuel de Falla. Puis distille de sa voix souple chaque intention dramatique ; les aigus manquent parfois d’éclat, mais la maîtrise de la ligne est parfaite. L’orchestre, dirigé chaleureusement par Ernest Martínez Izquierdo, est enlevé. Chaque pupitre apporte ce mélange fascinant de timbres, d’accents. On découvre les merveilles mélodiques de Jesús Garcia Leoz, Gerónimo Giménez, Manuel Fernández Caballero, dans des extraits de Zarzuelas, genre typiquement espagnol, mêlant texte, danse, chant. La Salida de Cecilia de Gonzalo Roig, permet à la soprano une danse envoûtante sur des rythmes de Habanera. L’orchestre est déchaîné, le public se régale. Initiative originale pour découvrir la richesse de cette musique et ses prolongements. YVES BERGÉ Océan Vocal Naturellement Insolent Olga Borodina est un OVNI ! Depuis le célèbre Théâtre Mariinsky de ses débuts, à Saint Petersbourg, jusqu’aux plus grandes scènes internationales, Olga Borodina offre son timbre magnifique aux spectateurs toujours étonnés. Sa somptueuse Dalila de la saison passée, à Marseille, est dans toutes les mémoires. Le Groupe des Cinq au complet (Rimsky, Moussorgsky, Balakirev, Borodine, Cui) constituait la première partie de ce récital du 13 oct à l’Opéra de Marseille : des mélodies riches, frétillantes (Clair de lune impressionniste et dansant de Balakirev !), puis graves, sombres ou sensuelles (le merveilleux Désir de César Cui !). Borodina adapte sa voix magique, airain mêlé de velours, à ses atmosphères contrastées. Graves somptueux, aigus pleins, pianissimi planants : une incroyable palette de beautés sonores. La deuxième partie, plus audacieuse, nous fait découvrir les dissonances de Gueorgui Sviridov et le cycle Spanish Songs de Chostakovitch : ornements, lignes orientalisantes rappelant Ravel, Granados. Entre Moscou et Séville, les envolées lyriques sont tout aussi maîtrisées. En bis, la surprise vint de Olga Borodina Marty Umans Falla avec sa berceuse issue des Sept chansons populaires « Nana » que Borodina distilla comme l’intimité d’une caresse : un « au revoir », ciselé, subtil après ses insolentes plénitudes. Le pianiste Dmitri Yefimov fut tout au long du récital un complice majeur, remarquable, sobre, sans emphase et si présent. Le public debout réclama Dalila, bien sûr ! « Mon cœur s’ouvre à ta voix ». La Volga vint nous envouter… Y.B.
MUSIQUE 43 Tétralogie de poche... …mais la poche reste conséquente ! On a parfois envie de penser follement que la musique a été inventée pour que Wagner la déploie dans toute sa complexité et la donne à voir généreusement ; ce sont pourtant retenue et simplicité qui fondent le projet de Ring Saga, « réduction » musicale de la Tétralogie à 9 heures de spectacle opérée dans les années 90 par Jonathan Dove et Graham Vick. Le théâtre de Nîmes en accueillait l’intégrale les 5 et 6 nov sous la direction musicale de Peter Rundel et dans la mise en scène d’Antoine Gindt. Une réduction destinée à contrecarrer la formule lapidaire de Rossini… « de beaux moments mais de bien mauvais quart d’heures » ? Le grand orchestre wagnérien est ramené à 18 musiciens, mais les miracles existent au Walhalla et le Remix Ensemble Casa da Musica sonne à merveille dans le contexte wagnérien : contre toute attente, les héros étaient aussi dans l’orchestre. Les coupes claires de la partition ne laissent pas les bords à vif : l’Ensemble fait sonner les couleurs de la harpe, de la flûte et du hautbois qui n’enlèvent rien aux cuivres traditionnellement wagnériens. Destinée à des lieux sortant de l’institution lyrique, la mise en scène parachève la « réduction » et présente des décors épurés basés sur deux plateaux obliques séparés par une travée au service de la symbolique : Le Rhin, une grotte, une hutte, un passage… Un double plateau quasiment vide, à « entrailles », d’où montent les chanteurs en se hissant, où chantent les filles du Rhin, où disparaîtra l’anneau dans des flots bien sombres qui recouvrent tout. En fond de scène sont projetés des motifs schématisés qui créent une sorte de mouvement du dedans : lever de rideau dessiné avec un pinceau de lumière, images captées et bouleversées qui accompagnent la mort mentale de Siegfried, visages au ralenti de Brünnhilde ; rien d’illustratif, un accompagnement visuel de la musique et du chant. Les chanteurs semblent obéir à un leitmotiv spatial et glissent sur le plateau quasiment en apesanteur. Étoiles méridionales Maria cristina Kiehr et Jean-Marc Aymes Catherine Peillon À partir de ces fondamentaux se développe l’argument en trois jours et quatre représentations : réécrite par Wagner, la mythologie nordique donne corps à l’appât de la richesse et du pouvoir, symbolisés par la possession de l’anneau du Nibelung, maléfique, qui mènera à l’anéantissement final. Inceste, lâcheté, tromperie mais aussi quête de l’absolu, rédemption par l’amour et les sentiments nobles font de ces pages une illustration saisissante de la destinée humaine, rappelant d’autres chevauchées économiques et arrangements internationaux… Un monde de Fricka où Siegfried en sale gosse fait son apprentissage initiatique au sein des leitmotivs. Dans cette configuration, avec un orchestre qui n’est pas en fosse, les voix tiennent leur rôle de mélodie continue mais ne sont pas toujours comprises : la voix de Piia Komsi- D Alors que de l’autre côté du Vieux-Port, la diva russe Olga Borodina triomphe à l’Opéra municipal, une chanteuse d’un autre gabarit distille ses couleurs vocales finement cuivrées dans un répertoire baroque peu commun, quoique lié à notre région. En l’église bordant la rue de la République, au son des violes, violons et claviers de l’ensemble Concerto Soave (dir. Jean-Marc Aymes), Maria- Cristina Kiehr ornemente habilement les courbes gracieuses de Campra, soupire aux déplorations de Villeneuve… Au-delà d’un intérêt purement esthétique, le deuxième récital du festival de St Victor est le fruit d’une collaboration avec le Comité du Vieux Marseille qui fête son centenaire. Il propose deux o Brünnhilde, soprano colorature finnoise pleine de grâce, est trop souvent couverte par le flot instrumental, seule faiblesse perçue dans la distribution. Mais depuis la pédale fascinante en mib majeur du prologue de l’Or du Rhin jusqu’à l’embrasement lumineux de la conclusion du Crépuscule des Dieux en passant par l’incontournable Chevauchée des Walkyries, on se laisse embarquer dans cette production démesurée, mise à portée des hommes. Rassurons donc Woody Allen : nulle envie « d’envahir la Pologne » après une telle leçon de mesure et de subtilité ! PIERRE-ALAIN HOYET ET MARIE-JO DHO recréations : un motet de Chalabreuil et deux extraits d’un magnifique Dies Irae d’Alexandre Loüet, partition de la Bibliothèque Nationale exhumée par le musicologue Marcel Frémiot. Cette page de style « opéra » montre cependant les limites d’un chant trop « à plat », alors qu’on préfèrerait une vocalité mozartienne plus lyrique. On apprécie également le jeu élégant et l’expression tendre de la violoniste Marie Rouquié dans des pièces instrumentales de Buffardin et Vachon, autres étoiles baroques locales. J.F. Marseille et la Provence baroque, concert donné le 13 octobre à St-Cannat les Prêcheurs L'Or du Rhin Philippe Stirnweiss



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