Zibeline n°46 novembre 2011
Zibeline n°46 novembre 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°46 de novembre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : l'art... chantier permanent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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30 DANSE PAVILLON NOIR VAUCLUSE Afriques dansent ! Après Germaine Acogny, Bouchra Ouizguen, Nacera Belaza, Robyn Orlin, le Pavillon Noir tend à nouveau son miroir à la danse contemporaine africaine, plurielle et dénuée d’« exotisme » Sarkhozi says « non » to the Venus est un scénario de 25 minutes écrit par la sud-africaine Nelisiwe Xaba pour le Musée du quai Branly. Elle n’y ménage pas ses effets pour tordre le cou aux clichés et aux stéréotypes croisant librement les époques et les histoires : celle de Saartjie Baartman, la Vénus hottentote exhibée comme un animal de foire, et la sienne, danseuse et chorégraphe formée à la Johannesburg Dance Foundation, interprète de Robyn Orlin. Juchée sur des talons vertigineux, élégante dans sa jupe plissée gris argenté, féline et mordante, elle saisit dans sa bouche un os blanc… n’hésitant pas à courber l’échine tandis qu’elle se transforme en esclave disciplinée. Mais son numéro de bête de cirque ne dure pas longtemps : Nelisiwe Xaba n’est pas du genre à se laisser enfermer, même au musée des arts premiers. Bénéficiaires d’une tournée internationale, les lauréats de la 8 e biennale Danse l’Afrique danse ! de Bamako font un stop chez Preljocaj, qui fut membre du jury qui les a Trois semaines de formations, concerts, films et spectacles hip hop ont donné du rythme au Vaucluse. De quoi regorger d’énergie jusqu’à la prochaine biennale, composée par un collectif de partenaires cohérent, des MJC aux théâtres institutionnels, malgré les limites de ce regroupement spontané, sans direction artistique globale ni budget alloué. D’où une programmation parfois inégale et sans grande prise de risques. Très alléchant, Kaiju de la Cie Shonen a déçu par excès conceptuel, malgré la tentative novatrice de créer un laboratoire entre deux danseurs et un graphiste, à l’heure du tout numérique. Entre hip hop, butô et 3D, la pièce d’Eric Minh Cuong Castaing s’est empêtrée dans la recherche virtuelle : un accouchement dans la douleur d’une « bête mystérieuse » plastiquement inaboutie, qui laissait ses interprètes coincés dans le dispositif scénique, une grande bâche transparente exploitée de projections vidéo maladroites en pliages incertains. Techniquement imparable, Urban Ballet et ses 4 tableaux a été par son côté hybride la pièce la plus surprenante. Musique contemporaine et classique couronnés. Sur le plateau de Orobroy, stop ! du mozambicain Horacio Macuacua, les danseurs s’affublent de robes, grimacent, prennent la pose dans des situations comiques et absurdes. Ils-elles glissent du flamenco au contemporain, à la danse de cour et au hip hop à grands coups claquant au sol. Comme dans un jeu de rôles, ils-elles préfèrent la dérision au pathos, sauf quand, masqués, ils miment dans une gestuelle simiesque l’évolution de l’espèce humaine. Scène glaçante… Légèreté et gravité encore dans le quatuor de Florent Mahoukou, du Congo Brazzaville, qui met en scène deux dualités, deux tempos : dans la précipitation, les corps manipulés et instables mettent à l’épreuve leur résistance par des gestes et des déplacements empêchés, dans des rixes tantôt joyeuses et fugaces, tantôt désespérées. Plus solennel, le malgache Junior Zafialison offre un court solo au titre en pied de nez : Ail ? Aïe ! Aïe !. Musique techno et lumière stroboscopique introduisent sa danse tout en délié, muscles et mouvements étirés comme le temps qu’il prend à ôter sa chemise, piétiner les gousses, piler l’ail dans un mortier, bavarder « sur les pensées pécheresses » ou entamer un gospel. Son corps est rageur et son cri colérique, reste à deviner pourquoi… MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Le Hip Hop, en quête d’identité ? (sublime solo sur le Stabat Mater de Vivaldi) trouvent une incroyable résonance avec la gestuelle hip hop, associée ici au jazz et contemporain par Anthony Egéa et les neuf danseurs de sa cie Rêvolution. Si l’interprétation sculpturale du Boléro de Ravel ou la création millimétrée d’un monstre à 3 têtes sur Xenakis a dérouté certains, la pièce est très virtuose. Une énergie jubilatoire où la danse, précise et véloce, explose. Plus intime et identitaire, le solo de Zach Swagga, Back to the roots, a ému. Un retour aux racines, avec témoignages familiaux, pour cet « orphelin de mère » qui s’est reconstruit grâce à la danse. Et une belle association avec un Dj qui évite les gros sons, déployant une palette musicale passionnante, des vieux blues aux musiques africaines qui transportent le « miraculé » sur des terrains inventifs. Sincérité aussi avec Vis-à-vis par la cie Stylistik avec un sujet déjà exploité (le couple face à ses différences, attirance, rejet) mais où les prouesses techniques et les portés prodigieux persuadent. Un duo qui laisse s’exprimer la sensualité masculine face à l’animalité de sa partenaire. Quant à Né pour l’autre de la Cie Alexandra N’Possee, en clôture au théâtre Golovine, c’est à un voyage vers l’autre que le duo masculin nous a invités. Assez classique, sans grande surprise, mais une belle complémentarité d’interprétation. DELPHINE MICHELANGELI Urban Ballet Belinda Lawley Drôle(s) d’Hip Hop s’est tenu dans divers lieux du Vaucluse du 18 octobre au 8 novembre Orobroy, stop Antoine Tempe Sarkhozi says « non » to the Venus a été joué les 25, 26 et 27 octobre ; la soirée Lauréats a été présentée les 3, 4 et 5 novembre au Pavillon Noir, Aix
ARLES MERLAN CHÂTEAUVALLON ISTRES TOURSKY CIRQUE 31 Un ange déchu Emprisonnée pour vol et jetée en cellule, elle dénote avec son long manteau noir cousu d’ailes d’ange, son nez rouge et son visage blanchi, et ses grandes godasses. Oui, mais pas n’importe lesquelles puisque ce sont celles de Jean Genet dont elle hérite et qui vont la façonner, au gré de son histoire, jusqu’à incarner l’écrivain. Atypique, la clown Adèll Nodé- Langlois croise les univers, crée des passerelles entre des mondes a priori très éloignés mais qui finalement font résonner les voix de personnages hors normes, voleurs et voyous qui sont des exclus dont l’univers est empreint de poésie. De l’univers de Genet ressort une noirceur dont elle s’empare pour faire resurgir la solitude, le vide qu’illustre d’ailleurs une scénographie dépouillée –un lit-cage qu’elle déplace, une ampoule suspendue qui offre une lumière chiche-, un espace qui laisse toute la place à l’imaginaire de cette clown naïve et touchante. Dans un coin de cette cellule sans murs visibles, le musicien Mayeul Loisel distille une musique tour à tour grave et légère, qui enferme ou libère. DOMINIQUE MARÇON 0 Magie de l’Empire du milieu La première tournée européenne de l’Académie Nationale de Tianjin est passée par le Toursky. Le répertoire, la symbolique des gestes, des couleurs, des costumes, tout y est facteur de dépaysement : on reconnaît l’uniforme des généraux avec leurs fanions dans le dos, le Renard à neuf queues présent dans d’autres traditions asiatiques… Mais la symbolique des costumes, des couleurs (le roi singe est en jaune, couleur de la ruse) se dessine peu à peu, les gestes savent avec une économie extrême signifier un monde concret, la barque qui traverse le fleuve d’automne, le combat en aveugle dans la nuit… Selon les principes du tao la conjugaison entre réel et imaginaire permet à l’œuvre d’art de représenter l’authenticité du monde … L’esthétique est parfois Carnet d’une voleuse a été joué au Théâtre d’Arles, dans le cadre de la manifestation Des cirques indisciplinés, le 14 octobre déconcertante, mais d’une perfection virtuose. L’orchestre suit les protagonistes avec précision, les voix scandent les textes ou les modulent un registre suraigu. Car l’opéra chinois invite à un spectacle complet où musique, danse et acrobatie se fondent, se fondent : pour les européens que nous sommes, l’Académie Nationale a prévu un spectacle composé d’extraits de différents opéras, ce qui nous initie aux multiples facettes de cet art, combats de généraux, dieu du feu, roi singe ou nonne éplorée à la poursuite de son amoureux… Digest fascinant, qui donne envie de poursuivre vers une tradition que le cirque chinois cherche lui-même à retrouver. MARYVONNE COLOMBANI L’Opéra de Pékin, une féérie a été joué les 8 et 9 novembre Alain Julien David Poulin Y a-t-il un paranoïaque dans la salle ? C’est en partant d’une étude sur l’omniprésence de la maladie psychique dans notre quotidien que la cie Les 7 doigts de la Main a construit son nouveau spectacle. La psychanalyse, la psychothérapie de groupe, l’exploration des rêves, le transfert, le dédoublement et les fantasmes plantent le décor d’un univers pathologique, et métaphorique, où les 11 acrobates laissent libre cours à de folles prouesses techniques : acrobaties mirobolantes, jongleries avec toutes sortes d’objets, agrès parfois drôles et insolites… Avec une grande maîtrise technique de son art, ce cirque sensible et théâtral envoie le public se balader sur toute la gamme des émotions : le spectateur glisse avec délice dans les méandres circonvolutifs d’une jeune insomniaque, l’accompagnant dans ses soubresauts délicieux et terrifiants le long de son mat chinois. Il frémit devant la lanceuse de couteaux qui menace à tout moment de plonger dans une colère noire. Puis il s’enferme dans la dépendance que lui suggère le jeu remarquable de ce loubard déchu avec sa roue allemande, et se laisse enfin bercer par l’extrême douceur et maîtrise du trapéziste en proie à des rêves qui tournent au cauchemar. Par un jeu de scène particulièrement juste et poétique, ces circassiens québécois transcendent la figure du cloisonnement mental au point qu’il en devient un lieu de création, où chacune de nos possibles maladies psychiques se transforme en une matière vivante et joyeuse. Émue, la salle s’est levée. CLARISSE GUICHARD PSY été joué au Merlan du 19 au 23 octobre et à Châteauvallon du 13 au 16 octobre. À venir : Les 23 et 24 fév Dans le cadre des Élancées Théâtre de l’Olivier, Istres 04 42 56 48 48 www.scenesetcines.fr X-D.R.



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