Zibeline n°46 novembre 2011
Zibeline n°46 novembre 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°46 de novembre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : l'art... chantier permanent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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20 THÉÂTRE VITEZ JEU DE PAUME ARLES OUEST PROVENCE Denise Oliver Fierro Mon voisin s’appelle Woyzeck... Dernière image d’une représentation forte comme il se doit : le cadavre de Marie au centre de la piste circulaire disparaît peu à peu dans une ombre dense tandis que restent éclairés les sachets en plastique informes avec lesquels on l’aura vue se déplacer tout au long de la pièce ; d’un déchet l’autre... « Drame de la jalousie » et de bien d’autres choses dans une ville de garnison, le texte de Büchner (1836), œuvre ouverte s’il en est puisque constituée de fragments, est propice au renouvellement des interprétations. Le parti pris de Marie Lamachère est clair et efficace : en ausculter les résonances au présent grâce à un travail sur la « présence » des corps et de la voix, danse et chant compris ; les acteurs caracolent, hennissent, sont traversés par des mouvements-réflexes, des influx nerveux incontrôlés, et pas seulement ce « fou » de Woyzeck ; la pantomime animale ou la bestialité des comportements prennent au pied de la lettre la scène-matrice de la baraque de foire où le bonimenteur discourt sur l’humain : « Voyez la bête... » Jeu de proximité dans le temps avec battle-dress et rangers, caisses de bière, et dans l’espace : les acteurs circulent dans les travées et lorsque Woyzeck poignarde Marie qui hurle au fond de la salle hors de portée du regard, ça fait vraiment froid dans le dos du spectateur ! Où se termine la tragédie, où commence le fait divers ? L’intégralité des fragments est travaillée et on voit ainsi apparaître une grand-mère conteuse et un chat (la présence d’un animal vivant sur le plateau reste surprenante) ce qui déplace les habitudes de lecture de la pièce. Très efficace donc et... émouvant ! MARIE-JO DHÔ Woyzeck a été joué au théâtre Vitez, Aix le 9 novembre A venir : Du 13 au 15 déc Théâtre d’Arles 04 90 52 51 51 www.theatre-arles.com La poésie en partage Prise de conscience C’est la rentrée : affectation aléatoire des groupes (quatre classes), discours de bienvenue du proviseur, présentation des profs, en rang deux par deux direction les salles. Quatre cours vont se succéder –anglais, SVT, techno et français-, entrecoupés par la récré, quatre saynètes plus vraies que nature qui transforment peu à peu les spectateurs en élèves, et font remonter à la surface des souvenirs enfouis, et des réflexes parfois inattendus. L’Opéra Pagaï ne cherche manifestement pas à susciter la nostalgie, ou à caricaturer un corps enseignant qui n’en a pas besoin, mais bien à réveiller les consciences en les confrontant directement à quelques situations extrêmes : une prof se rebiffe quand le questionnaire familial devient flicage, un brigadier en tenue remplace le conseiller d’éducation, chanter la marseillaise est une des nouvelles directives, le proviseur-prof de français, désabusé, ne tente plus de cacher son alcoolisme, une élève en difficulté passe de classe en classe sans oublier de demander au passage ce qu’est la société… Le jeu se poursuit hors des scènes dédiées, force le trait pour faire réagir, et rend hommage à ceux qui font l’école Trintignant Brigitte Enguerand « Elle est discrète, elle est légère, un frisson d’eau sur de la mousse » murmurait Verlaine. Ton intime des textes dits en confidence, jeux sur les mots, plaisir du verbe, piques délicieusement provocatrices, art de dire l’absurde beauté humaine, de dénoncer l’insoutenable, la bêtise, l’horreur des guerres, de faire un pied de nez à la mort tant qu’un souffle subsiste… Boris Vian, Desnos, Prévert, convoqués par la voix de Jean- Louis Trintignant, renaissent, sourient, respirent, rêvent, s’indignent encore. On entre dans « la maison aux piments rouges » de Prévert, même si ce n’est pas sa maison, on « n’aime plus la rue Saint- Martin » avec Desnos dont l’ami a été arrêté, on sourit à la définition du poète de Boris Vian, cet « être à plusieurs milliers d’exemplaires » … Foin de la censure, c’est la première version du Déserteur qui est donnée, plus forte et résistante. La diction dépouillée se conjugue avec la voix humaine du violoncelle de Grégoire Korniluk et l’accompagnement subtil et distancié de l’accordéon de Daniel Mille. Il ne s’agit pas de textes dits sur la musique : les performances se lient, se chevauchent parfois, mais se répondent, s’équilibrent, en subtils échos, dans une atmosphère feutrée et familière ; assis dans un grand fauteuil rouge, Jean-Louis Trintignant raconte à un public suspendu. « Pourquoi que je vis ? » interrogeait Boris Vian. Pour écouter Trintignant, voudrait-on répondre. En cadeau aux applaudissements déchaînés, Barbara, qui ne cesse de courir sous la pluie de Brest, « souriante, épanouie ». Une provision de bonheur. MARYVONNE COLOMBANI Trois poètes libertaires donné au Jeu de Paume le 12 novembre Spectacle disponible sur le CD Vian Prévert Desnos chez Après la pluie, prix 20euros avec leurs fougues et leurs failles, élèves et profs. Sans didactisme, mais avec une fraîcheur qui provoque réactions et réflexions, que chacun partage lors d’un final paniqué au son de la sirène qui résonne comme un cri. DOMINIQUE MARÇON 80% de réussite a été joué à l’école Joseph d’Arbaud à Fos-sur-Mer le 11 novembre
Dieu, qu’il était fou CHÂTEAU-ARNOUX THÉÂTRE 21 Maelstaf En 2007, Ludovic Longelin met en scène, sur une commande de « Boulevard Sainte Beuve, Rencontres de la Critique et de la Culture » de Boulogne-sur-Mer, les interviews radiophoniques de Céline durant les années 50. Cette pièce, jouée plus de 200 fois, est reprise au Théâtre Durance en 2011, cinquantenaire de la mort de l’auteur controversé. Le metteur en scène joue luimême un speaker, présent sans l’être en quasi voix off. Marc-Henri Lamande au milieu de la scène noire, surgit de l’ombre du passé, assis dans un siège « design 1970 » sur une estrade. La voix enregistrée de Céline ânonne une petite chanson haineuse et vindicative. Le décor est planté d’une pièce-procès ambivalente comme son personnage. Lamande habite de façon fascinante la dualité du brillant littérateur Jekyl et de son Hyde historique hideux, servi par une mise en scène aussi minimale que convaincante. Le débat qui suit la pièce révèle le questionnement. Est-ce seulement le 50 e anniversaire de la mort de l’écrivain nazillon qui justifie ce type d’autopsies ? Ne cherche-t-on pas plutôt, en ces périodes troubles et troublées, à exhumer l’expression de souffrances et de révoltes moins médiocres quoique infiniment plus infâmes que les ersatz dégoulinants que nombre d’auteurs actuels nous infligent ? Une façon de couvrir de l’opprobre stylistique pestilentiel de l’histoire, l’odeur fade du « mieux disant culturel » actuel. YVES BERCHADSKY Dieu qu’ils étaient lourds a été joué au théâtre Durance le 16 oct FESTIVAL DEDANS CANNES FREÛÉR C FNMANpUE LES NOUVELLES MYTHOLOGIES I 3 LA LA LA HUh+IAh STEPS - CI MICIiAEL CLARK ANDRES MARIN- G'f MONTALVO-HERVIEU - BALLET N OE MARSEILLE CE EMIÜ GREGO - CE HEDDIF MAALEM - HOFESH GHFOI-ITER - ABA THiERY NIANG - PATRICE CHEREA11 - JOANNE LEIGHTON - OCVAAL - C`C. FIALEB C` ARK - ESDC A, HIGFffC]NR - ENSP ! Argil I.E-N N CCHSINC-'MERRY DE IVE1'WWW fESTJY+4LDEUANSE-EANNfS.COM PI#TS EIF UFN7E$ HA9ITUE14 Ei u ; 92 pg 62 77



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