Zibeline n°45 octobre 2011
Zibeline n°45 octobre 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°45 de octobre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,3 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... débats et arrière-gardes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
06 POLITIQUE CULTURELLE OUVERTURE DU THÉÂTRE LIBERTÉ Stars et gerbes de feux L'inauguration du Théâtre Liberté Agnès Mellon Pour frapper les premiers trois coups du Théâtre Liberté à Toulon le 17 sept, Charles et Philippe Berling avaient souhaité « réunir tous ceux qui aiment le théâtre ». Leurs amis Fanny Ardant (avec laquelle l’acteur joua un extrait de La Musica de Duras), Nathalie Baye, Michel Boujenah, Tonie Marshall, Emmanuelle Béart et des directeurs de théâtre venus en voisin : Christian Tamet, Macha Makeïeff, Dominique Bluzet qui, heureux de se pencher sur le berceau, leur offrit un buste de Molière… Ensemble ils baptisèrent successivement les trois salles en présence de Frédéric Mitterrand qui annonça « qu’il y aura à Toulon une scène nationale avec le CNCDC Châteauvallon et le Théâtre Liberté », d’Hubert Falco qui rappela brièvement son ambition de rénover l’ancien cinéma Gaumont pour créer un théâtre… Trois salles donc, dédiées à des personnalités du monde des arts : la salle Fanny Ardant, la salle Albert Camus considérée par les frères Berling comme « l’un de leurs maîtres », la salle Daniel Toscan du Plantier dont Nathalie Baye raviva le souvenir : « Il était sans doute l’ambassadeur le plus éblouissant du cinéma français. C’était aussi un rassembleur qui faisait tomber les barrières ». A l’image d’un théâtre qui se veut éblouissant et rassembleur ? Après quelques images du film Madame Butterfly produit par Toscan du Plantier et trois notes de piano de Ivan Cassar, les 7000 personnes furent invitées à se joindre à la fête sur la place de la Liberté sous les tirs des artificiers du Groupe F. Plus de 4000 personnes visitèrent le bâtiment le lendemain : espérons que cet appétit de théâtre ne s’amenuise pas ! MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Théâtre Liberté 04 98 00 56 76 www.theatre-liberte.fr Du grand presque rien Comment dire des choses graves avec légèreté, en riant, tout en faisant mouche et sans grincer des dents ? Emma Dante a sa recette : la metteure en scène sicilienne taille à mains nues dans la chair des comédiens qui jouent les équilibristes, écrit La Trilogie des lunettes en dialecte napolitain, salmigondis de CarmineMaringola chuchotements, de râles et de chansons, et combine l’art de la pantomime à la tradition des Pupi, célèbres marionnettes siciliennes. Comme Guignol, elle prête à ses acteurs des propos mielleux et de cruelles paroles, alterne farce tragique et parodie paroxystique pour évoquer la marginalité de l’homme : pauvre et esseulé comme le navigateur imaginaire Spicchiato (ah ce fou de mer qui chante, la bave coulant des commissures des lèvres, seul dans la tempête !) ; Nicola, seigneur déchu de son château, emmuré dans sa torpeur et accompagné de deux bonnes sœurs à lui seul dévouées (pièce blasphématoire aux accents felliniens) ; vieux couple pathétique encore frémissant d’amour (un peu moins convaincante ?). Emma Dante voit le monde comme une farce grotesque ou une tragédie dans lesquelles ses antihéros se débattent avec leurs rêves pour seules armes : celui d’embrasser la mer, de tenir debout coûte que coûte, de danser enlacés. Eux seuls portent des lunettes, dernier rempart contre un monde qui les terrifie ? Même dans la démesure, l’esprit de ce théâtre du « presque rien » ne verse jamais dans l’hystérie, et si la vie ressemble à un vaste manège de foire, le regard d’Emma Dante est plein de tendresse. Mais mieux vaut ne pas être borgne ou aveugle ! MARIE GODFRIN-GUIDICELLI La Trilogie des lunettes a été joué au Théâtre Liberté de Toulon du 4 au 6 oct Autobiographie d’un acteur ? Le genre est indéniablement fécond, et férocement casse-gueule. L’industrie du livre a pris la sale habitude de produire des autobiographies, plus ou moins écrites à quatre mains, des stars politiques ou médiatiques arrivées ou vieillissantes. En découvrant ce « récit » on se dit que Charles Berling, au sommet d’une célébrité d’acteur qu’il mérite, ne sait décidément résister à aucun miroir aux alouettes… On a tort ! Dès les premières pages ouvertes on sent que le projet est fort, et singulier. Dès le titre même, emprunté à L’Etranger, qui dit ses racines et laisse présumer de brûlures secrètes. Le récit est construit par une succession de voix narratives qui s’épanchent en monologues mais se répondent, s’éclairent mutuellement, à travers le temps, depuis le Maroc jusqu’à la France. Car c’est davantage à un portrait de sa mère qu’à un tableau de lui-même que Charles Berling se livre. Et si ce n’est pas une révélation littéraire (il n’est ni Cohen ni Sarraute), si l’on regrette quelques étalages inutiles, quelques approximations, de belles coquilles et fautes d’orthographe (n’ont-ils plus de relecteurs chez Flammarion ?), le récit vous happe indéniablement dans son rythme rapide, d’émotions en révélation et, sans coup de théâtre maladroit, ménage pourtant ses effets jusqu’à la fin. Et ce n’est qu’en creux, avec discrétion malgré d’étonnantes ruades d’impudeur, que se lit le roman de l’acteur. Sa force et sa violence, sa peur de la folie, son irrépressible besoin de se livrer et jouer, son appétit féroce de sensations, d’évasion, de rencontres, de famille. AGNÈS FRESCHEL Aujourd’hui, maman est morte Charles Berling Flammarion, 17 euros Chitrrn Aujourd'hui, roman est morte
Apologie du théâtre ¼RTISTEF th1=ëtre 5 DURANCE 1 semaine par mois 6 ateliers d'écriture. 1 3 cartes blanches sous forme d'apéro poet* : 1 résidence de création Cie La marche suivre Le choix de Philippe Berling était aux antipodes de l’anodin : il fallait oser ouvrir son théâtre avec L’Art de la Comédie d’Eduardo De Filippo, devant un parterre de politiques et de professionnels, après les remous (justifiés) provoqués par l’obtention du label de scène nationale ! Car la pièce pose très clairement les problèmes entre les artistes et les politiques : après une longue scène où un préfet, qui se targue d’originalité pour cacher son paternalisme, discute avec une comédienne qui voudrait exercer son art et en vivre, le torchon brûle entre eux, violemment, la comédienne refusant l’aumône de l’homme d’état, le menaçant du pouvoir de son art… jusqu’à ce que le théâtre et le réel s’emmêlent. Ce que De Filippo refuse ainsi, c’est que l’Art soit traité comme un luxe ou un divertissement, et non comme une nécessité. À l’époque où en Italie le théâtre de Dario Fo et Franca Rame affirme sa dimension politique, De Filippo le met en abime comme une force agissante, subversive, qui peut troubler et bouleverser le réel. La mise en scène de Philippe Berling donne une grande lisibilité à ce propos, qui résonne ainsi comme une déclaration d’indépendance. Rien de clinquant dans la mise en œuvre, scénographie et costumes sont même un peu ternes, sans tape-à-l’œil ; mais les comédiens, Clotilde Mollet en femme de tête acharnée, et lente, Alain Fromager en préfet survolté, tous sont parfaitement dans leur rôle, bons musiciens, chantant juste, osant la démesure exactement quand il le faut. Mais le plus réussi demeure la maîtrise de la progression dramatique : la cohérence de cette pièce, très didactique dans sa première moitié, puis construite comme un drame bourgeois qui aurait goûté aux accélérations du vaudeville, n’est pas évidente. Philippe Berling donne le temps de comprendre le propos, laisse un rire de complicité s’installer peu à peu, puis détraque la machine avec un grand plaisir. Une ouverture vraiment réussie pour le co-directeur du théâtre, d’autant que la Trilogie des Lunettes dans l’autre salle (voir ci-contre) puis Alexis, une tragédie grecque (voir p 12) confirment aussi ses talents de programmateur. AGNÈS FRESCHEL L’Art de la Comédie a été créé au Théâtre Liberté, Toulon, du 29 sept au 2 oct L'Art de la comedie Agnès Mellon 2 textes portés a la scene Cie Diphtong des rencontre i-vkid, Château-Arnaux(04)-www-theatredurance-fr mar 18 ocG 19100 * i hëâbre *jeune public Terres ! texte Lise Martin 61, 41.1 misa en scëne Nina a'kntran +rlom ine aux Molie res jeune public 2011 J AV'Arf\s S aLIn S ScéRe Nationale de Martigues 04 42 49 02 00 - www.Gheak,re-des-salirts.fr P n Ir.rr. I n G R c m r n Ir, y u r P



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 1Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 2-3Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 4-5Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 6-7Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 8-9Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 10-11Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 12-13Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 14-15Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 16-17Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 18-19Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 20-21Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 22-23Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 24-25Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 26-27Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 28-29Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 30-31Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 32-33Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 34-35Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 36-37Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 38-39Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 40-41Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 42-43Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 44-45Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 46-47Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 48-49Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 50-51Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 52-53Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 54-55Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 56-57Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 58-59Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 60-61Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 62-63Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 64-65Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 66-67Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 68-69Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 70-71Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 72-73Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 74-75Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 76-77Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 78-79Zibeline numéro 45 octobre 2011 Page 80