Zibeline n°45 octobre 2011
Zibeline n°45 octobre 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°45 de octobre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,3 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... débats et arrière-gardes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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52 ARTS VISUELS ST-RÉMY-DE-PROVENCE ARLES L’Humair vagabonde a Dans un bel élan impulsé par les expositions Lucio Fanti et Gérard Fromanger, le musée Estrine conclut sa saison avec les œuvres de Daniel Humair Manipulant avec virtuosité les balais pour sa musique, l’artiste d’origine suisse ne peint cependant ni au couteau ni sous couvert de neutralité. Plus connu comme musicien, Daniel Humair s’est pourtant forgé une longue carrière ininterrompue de peintre. « Trente cinq ans de peinture quotidienne derrière ça » déclare-t-il déjà en 1993 devant la caméra de Michel Dieuzaide dans Humair Solitaire, Solidaire. Présenté au troisième étage du musée durant toute la durée de l’exposition, ce documentaire constitue une excellente introduction aux deux arts (hors cueillette des champignons) pratiqués à l’origine par un autodidacte passionné. La rétrospective -des années soixante jusqu’à des œuvres très récentes- nous permet de parcourir un ensemble essentiellement constitué de peintures sur papier, son médium d’élection, complété de quelques pièces moins connues comme deux tapisseries réalisées à Aubusson ou les premiers dessins au stylo bille. On y décèle les éléments qui deviendront caractéristiques -présents pour partie en équivalence dans son travail sonore : simplicité/complexité, structures, traces, strates, graphismes perturbant la moindre surface, implication du corps et des gestes, variations rythmiques, matériologie tempérée ou plus expressive, qui se constituent en un vocabulaire en constante évolution et contribuent à construire une singularité reconnaissable, un style. Néanmoins, Daniel Humair insiste sur le fait que dans son atelier le peintre est seul face à son travail plastique : « dans la musique on ne peut pas mettre à la poubelle parce qu’il y a des témoins. » Finalement « peintre est un beau métier de vieux » avance-t-il. De quoi rester de bonne Humair ! C.L. Daniel Humair Une abstraction narrative jusqu’au 27 nov Visite guidée par la commissaire de l’exposition le 25 nov à 18h Musée Estrine, Saint Rémy-de-Provence 04 90 92 34 72 www.musees-mediterranee.org Daniel Humair, Roue to Switz, technique mixte sur papier, diametre 38,5 cm, 2011. Collection particuliere D. Humair Planètes non affolées Jana Sterbak succède à Vladimir Skoda pour clore le programme Sur Mesures du musée Réattu. Son Planétarium tente de réactiver certains mythes Le cycle intitulé Sur Mesures, Le Passager de l’Atelier a proposé cette année 2011 au visiteur une rencontre entre œuvre ancienne et art contemporain. Au XVII e siècle, au premier étage du Grand Prieuré de Malte, Jacques Réattu avait installé son atelier. Son imposante toile inspirée de l’Antique, La mort d’Alcibiade (1796), restée inachevée, joue en contrepoint dans un face à face avec une installation contemporaine. Aux deux cent mille billes de métal déposées par Vladimir Skoda (voir Zib’38) succèdent aujourd’hui douze sphères de verre conçues par sa compatriote tchèque Jana Sterbak. Réalisé au CIRVA entre 2000 et 2002, Planétarium se compose à l’origine d’une quarantaine d’éléments d’environ 70 cm de diamètre, présentant diverses variations de Jana Sterbak, Planetarium, 12 éléments de verre Cirva, installation, musée Réattu, 2011, arrière-plan La mort d'AlcibiadeC. Lorin/Zibeline matière entre transparence et opacité, craquelures, minéralité, mat ou brillant, lisse et rugueux, de couleurs jouant du brun au noir. La présentation sur tréteaux et nappe de papier blanc (ce serait un choix de l’artiste) ne valorise pas une mise en espace voulue minimale mais ouverte ; le résultat est étroit et linéaire, fuyant en diagonale vers le tableau inachevé. L’œuvre pressentie à l’origine pour cette exposition (Sisyphe, [Mac] de Marseille) n’a pu être retenue pour des raisons techniques. Mais malgré sa restriction en nombre, Planétarium, grâce aux imperfections de la rondeur travaillée par l’ambiguïté des matériaux, s’avère un échantillon lyrique et invite à réinventer la forme finie de l’Alcibiade sous d’autres configurations - pour peu qu’on injecte une dose d’espace dans cette rêverie céleste. Car un des enjeux des propositions Sur Mesures est l’incitation à fabuler. On retrouve donc dans l’atelier une photographie, Atlas (une des sphères/Lune portée en guise de tête réactive le mythe antique) et dans la suite du parcours un Prométhée (par Réattu), des Container for Olfactive Portraits (Sterbak/CIRVA), les Visages d’Emmanuel Saulnier ou Tu reflètes de Françoise Vergier réalisé lui aussi dans les ateliers du CIRVA, une des dernières acquisitions du musée.C.L. 0 Planétarium Jana Sterbak jusqu’au 31 déc Musée Réattu, Arles 04 90 49 37 58 www.museereattu.arles.fr
ISTRES LA SEYNE-SUR-MER ARTS VISUELS 53 Ceci n’est pas un paysage Les peintures de Nicolas Pincemin évoquent le processus du rêve. Le Cac d’Istres nous offre l’occasion d’en faire l’expérience Selon la thèse psychanalytique, une des caractéristiques du rêve est de se présenter dans une imprécision apparente. À l’instar de celui-ci, les peintures de Nicolas Pinceminménagent une part de flou et condensent différentes natures de représentation. Comme dans le rêve, le tableau, écran de projection, unifie cette hétérogénéité en la rendant étrange : combinaisons d’images figuratives, insertion de trames chromatiques sans objet, déplacements d’objets et changements d’échelle, décontextualisation d’éléments iconiques, profondeurs et perspectives contradictoires, superposition de couches narratives. Une peinture de Pincemin ne recompose pas une scène comme dans un classique tableau d’histoire ou de paysage mais agrège des bribes visuelles pouvant être liées à des souvenirs (d’enfance : Nous n’irons plus au bois), des expériences ou des sensations personnelles, suggérant des déjà-vu dans des dépaysements tragiques comme dans la série des Bunkers. Quand bien même se réclamerait-il de l’œuvre de Peter Doig, ses peintures ne sont pas sans évoquer les recherches sur l’image de Gerhard Richter ou Sigmar Polke, et plus en arrière l’insensé Magritte. Forêt, une de ses dernières créations conçue spécialement o Nicolas Pincemin devant Sans titre, 2009 D.Lorin-Zibeline pour cette exposition et présentée au dernier étage, se joue davantage encore de l’ambiguïté des images en atténuant fortement l’aspect démonstratif. Les huit panneaux composant ce panorama semi circulaire placent le spectateur au centre de l’installation, comme sur un chemin au milieu d’un sous-bois. On pourrait (s’)y croire si d’imperceptibles décalages entre chaque partie n’émanait une discrète étrangeté, l’enchantement du rêve semi éveillé. L’illusion était presque parfaite. CLAUDE LORIN À lire : Deux catalogues Nicolas Pincemin parus concomitamment : l’un par le Centre intercommunal d’art contemporain, collection In situ, et le second en coédition avec Sextant et plus à l’occasion d’Artorama Nous n’irons plus au bois Nicolas Pincemin jusqu’au 23 oct Centre intercommunal d’art contemporain, Istres 04 42 55 17 10 www.ouestprovence.fr Chroniques africaines L’œil en Seyne donne la parole à 7 photographes dont les « travaux de prise de conscience, de beauté et de pédagogie » font le sel du 8e festival Baudoin Maounda, Sapeurs de Brazzaville À chacun son Afrique. Christine et Michel Denis-Huot revendiquent leur amour du continent « pour ses immenses paysages et ses animaux » et endossent sans complexe leur « rôle d’ambassadeurs de la défense du monde animal ». Clichés magnifiquement consensuels, entre Out of Africa et le National Geographic, qui introduisent l’exposition sans heurter le spectateur. Car à l’étage de la Villa Tamaris Pacha, l’Afrique change de visage ; les photos aussi, moins lisses. Pascal Maître engagé en Somalie depuis 2002, rend hommage à « ce pays qui souffre et où la vie est plus forte que tout » : il ne peut se résoudre à l’abandonner malgré toutes les difficultés de son travail. Le même Pascal Maître fête « la beauté et la puissance physique » de Madagascar mais dénonce l’exploitation illégale de bois dans le parc de Massoala et les mines à ciel ouvert où les saphirs sont arrachés à mains nues… Daniel Lainé est lui aussi pris entre les feux de la beauté et de l’enfer : « j’ai été attiré par les gens accueillants, il fait beau, puis j’ai été repoussé par l’Afrique car elle est extrêmement violente ». Il expose ici son implacable documentaire Le rafiot de l’enfer (2009) et une série de portraits des rois d’Afrique à l’instant T. de leur intronisation. En introduction à ses reportages en Tanzanie, Pierre de Vallombreuse prend des précautions oratoires - « je prône la diversité des modes de vie et de pensée du monde » - car ses travaux surprennent : loin d’exalter la magnificence d’une nature sauvage, ils lancent un cri d’alarme sur Le crépuscule du peuple Hadza ravagé par le « touristic business ». En noir et blanc, les formats à l’italienne confrontent sur un même plan les Hadza et les touristes qui ne voient pas que leur présence falsifie les traditions. Seul regard africain, le congolais Baudoin Maounda saisit l’insolence des sapeurs de Brazzaville, prend au vol la vie des rues et le quotidien, rend hommage aux leaders du hip hop. Parole fraîche, libre, d’un jeune homme qui a décidé d’exercer ce « sot métier » de photographe, exempte d’émerveillement, de commisération ou d’accusation, et construite au fil de l’histoire terrible de Brazzaville. Heureuse décision qui lui a valu le Prix du jeune talent de la Biennale de Bamako 2010. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Voyageurs d’Afrique, 8 e festival international de la photographie jusqu’au 30 oct Villa Tamaris Pacha, La Seyne-sur-Mer 04 94 06 84 00 www.loeil-en-seyne.fr



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