Zibeline n°45 octobre 2011
Zibeline n°45 octobre 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°45 de octobre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,3 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... débats et arrière-gardes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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42 CINÉMA FFM CINÉPAGE Invitation au voyage Les 6 e rencontres Films Femmes Méditerranée se sont ouvertes et achevées dans le velours rouge de la toute nouvelle salle 7 du Prado. Des organisatrices passionnées, 13 pays représentés, 13 longs métrages (auquel s’ajoute Attenberg d’Athina Tsangari projeté à Hyères et à La Ciotat), un mini-festival de courts, des buffets, de la musique, des invitées… Cette année encore le public, hommes et femmes mêlés, a plébiscité l’événement, séduit par ce voyage cinématographique qui, lié à l’espace géopolitique de la Méditerranée et aux thématiques sociales et féminines, les transcende. On vogue en mer Tyrrhénienne sur une tartane à voile écarlate avec Fughe e approdi de Giovanna Taviani pour y croiser témoignages de l’exil et mémoire du cinéma. La Calabre d’Alice Rottenberg dans Corpo Celeste, perçue par une jeune fille qui doit s’intégrer à la communauté catholique, tourmentée par le sentiment insupportable d’être comme le Christ abandonnée de tous, se révèle un pays de singeries hypocrites, de frustrations douloureuses où grandir est difficile. L’Italie du documentaire-choc Draquila se découvre vampirisée par l’ubuesque Berlusconi, Dracula des Abruzzes, docteur es-vulgarité, détournant cyniquement à son profit le drame humain de l’Aquila, gérant la démocratie italienne comme une entreprise privée et mafieuse. Et si manquent nuances, voire rigueur à ce brûlot de Sabina Guzzanti, il n’en demeure pas moins sidérant. Sidérant comme le Tanger insomniaque de Leïla Kilani dans Sur la planche où une petite voleuse, fillecrevette écorchée vive, ouvrière au décorticage desdits crustacés, rage au ventre, crache ses mots, boxe la vie en un combat rapproché perdu d’avance. Au Caire les nuits sont mille et une mais les danseuses de baladi, que La nuit elles dansent d‘Isabelle Lavigne et Stéphane Thibault approche dans leur intimité, sont des princesses déchues soumises à l’autorité de leur mère et aux conflits quotidiens des matins. Tension prérévolutionnaire perceptible dans le film de Kamla Abu Zekri Un-Zéro orchestré autour du match de football Egypte-Cameroun 2008, prétexte à une radiographie de la société égyptienne. Tension permanente dans le Beyrouth paranoïaque de Danielle Arbid qui rend impossible une banale romance. Avec leurs mots Helene Milano A.Gei Istanbul avec Les collections de Mithat Bey de Pelin Esmer semble danser sur ses failles : le sol y tremble, le temps aussi. Un film à petits pas et au long cours : espace clos de l’appartement de Mithat qui n’en finit pas de se remplir d’un présent réifié, d’une somme de documents et d’objets que le collectionneur solitaire et obstiné ne transmettra pas. Espace ouvert, arpenté par Ali devenu coursier de l’octogénaire, s’émancipant en le dépouillant. Immersion brutale dans le Paris de l’hyper réaliste Polisse de Maïwen, zone d’intervention d’une brigade Hélène Milano, comédienne et réalisatrice invitée par Films Femmes Méditerranée, est arrivée de Paris, où elle jouait, pour présenter son film, Les Roses noires, à La Maison de la Région, puis à l’Alcazar. Un film choral (voir Zib’44) où elle donne la parole à des jeunes filles des quartiers Nord de Marseille et de la banlieue parisienne pour parler, justement, de leur rapport complexe et difficile au langage, aux mots des garçons, de l’école, de la famille. Zibeline : Comment ce film est-il né ? Hélène Milano : Alors que j’accompagnais ma fille à la crèche, j’ai assisté à une altercation verbale, phallique, violente, à la sortie d’un collège ; intervenant dans des ateliers, j’étais déjà sensibilisée à la question du langage, bien avant l’Esquive d Abdellatif Kechiche. J’ai eu envie d’approfondir… Comment ? J’ai beaucoup lu : des ouvrages de sociologues, de linguistes. Par exemple, Cœur de banlieue de David Lepoutre, des livres de Jean-Pierre Goudaillier et de Bourdieu. J’ai parlé avec des chercheurs et j’ai commencé à rencontrer des jeunes filles en m’appuyant sur des gens qui travaillent dans certaines structures, comme l’ADDAP, à Marseille, où j’ai vécu longtemps. Comment avez-vous travaillé avec les jeunes filles ? Fughe e approdi de Giovanna Taviani chargée au quotidien de protéger les mineurs maltraités. Le prix du public pour 13 en courts est revenu aux Mémoires d’une jeune fille dérangée de Keren Marciano ou de la difficulté de perdre sa virginité dans une société libérée quand on est jeune, jolie, consentante. Film espiègle dans une sélection plus grave, miroir sensible du réel. ÉLISE PADOVANI On a commencé par des entretiens puis on est passé à l’écriture. Elles ont fait le film avec nous sur la base d’une confiance née d’un contrat : elles pouvaient revenir sur des formulations quand cela pouvait être dangereux pour elles. Elles pouvaient renoncer. Comment avez-vous sélectionné les jeunes filles ? Il y en a 14 en tout. À Marseille, j’ai rencontré 10 filles, 5 sont dans le film. Le tournage à la Busserine a eu lieu en 2009. En tout, cela m’a pris deux ans et demi. Les filles sont ravies qu’on les écoute et abordent tous les sujets qui leur tiennent à cœur, la langue bien sûr mais aussi l’amour, les rapports garçons/filles, leur souffrance parfois, l’avenir. Elles sont d’une grande maturité. Avez- vous pensé dès le début aux petites scènes intercalées entre les gros plans des filles qui parlent ? Le rythme va tambour battant. Ces scènes, où on les voit dans leurs activités, permettent la respiration du film. Un projet de film avec des garçons, qui ont sans doute aussi des choses à dire ? C’est en cours ! PROPOS RECUEILLIS PAR ANNIE GAVA
Cinéma du temps C’est à un voyage onirique dans le temps et l’espace que nous convie Teresa Garcia dans les trois films qu’elle a présentés en ouverture du Festival de cinéma portugais, organisé à Marseille par Cinépage. Trois films inspirés de contes, réalisés en 2002, 2005 et 2006, formant triptyque, perdant le spectateur autour des frontières poreuses entre réel et imaginaire. Dans Le Chemin perdu, au cœur d’une forêt épaisse et sombre, lieu du rêve par excellence, errent, perdus, un jeune garçon et un vieillard, qui sont peut-être la même personne, le reflet de ce qu’il a été ou de ce qu’il sera. Dans Le double voyage, un amoureux part travailler au Maroc, sans sa belle qui décide de se laisser mourir de faim. On la retrouve à Essaouira que dore la lumière, ou peut-être n’est-ce qu’un songe… Dans la maison oubliée ce sont les espaces désertiques, brûlés par le soleil, de l’Alentejo, que parcourent deux jeunes hommes, libres, qui se cherchent, le long de chemins sans fin. C’est aussi en suivant une route de l’Alentejo, qui semble ne jamais arriver quelque part, que Pierre-Marie Goulet nous emmène dans un voyage en poésie et nous permet de jolies Encontros : poètes populaires de l’Alentejo, habitants du village de Furadouro où Paulo Rocha, l’un des réalisateurs du cinema novo, a tourné Mudar de Vida qui revoient et font revivre ce temps révolu… Peroguarda, le village où Michel Giacometti, le Corse, a commencé à recueillir la musique traditionnelle et la mémoire de la culture populaire. Construit comme un poème, le film de P.-M. Goulet nous entraîne sur un territoire imaginaire entre montagnes, champs d’oliviers et mer éblouissante, au son de chants traditionnels corses et portugais qui s’entremêlent, échos du passé et présent bien vivant. ANNIE GAVA Teresa Garcia A.G. 14-23 octobre 2011 CINEMA LES vARlf iES, CINEMA LE PHA:14, ESPM:E JUL LN, UMVK ALCAEAR LA MA19 €] N DE IA RÉG1aY, Cli$.iEAL'DE LA BIfaNE 04 91 48 53 78 - vnen.ho,iranhB9del8ur.k instants, L vidéo a.13.0 Mn,naR2111 MIN= tahe ART noea g.il,lawpLMMm2M1 * IMIFRYLL710NNFf.L.LF VESOR W r SroC, W ael ful rwtrl+IC.wa...+w..ti..r. wwYrhs. +A ruw0ar,s+ryrawi..r Hr LlPROOLCMC CAS CCL%4 SCIA L1515.MSCCLOI4'ONCMLR



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