Zibeline n°45 octobre 2011
Zibeline n°45 octobre 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°45 de octobre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,3 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... débats et arrière-gardes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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30 MUSIQUE I Contrebasses au foyer La douzaine de concerts de musique de chambre (5 €, les samedis à 17h), la quinzaine de récitals du Centre National d’Insertion Professionnelle d’Artistes Lyriques (entrée libre les vendredis et jeudis à 17h15), les conférences sur les opéras ou les hommages à des artistes du passé (3 €, les samedi à 15h), la demi-douzaine de « cartes blanches » aux élèves du Conservatoire National à Rayonnement Régional de Marseille (entrée libre, les samedis à 11h) ne manquent pas d’intéresser les amateurs, d’autant que le cadre art-déco luxueux du Foyer majore le plaisir de l’oreille. Le premier concert de la saison, proposait un programme original d’opus et transcriptions mettant en valeur la contrebasse. Hormis les Passacaille et Sarabande de Haendel, arrangées par JohannHavorsen (à l’origine pour alto), les grands duos romantiques de Giovanni Bottesini ou celui plus moderne de Virgilio Mortari nous étaient inconnus. Ces pages brillantes ont MARSEILLE TOULON Saint-Victor délocalisé Le Foyer de l’Opéra de Marseille accueille de nombreuses manifestations, dont l’un des avantages est leur moindre coût ! Edna Stern X-D.R. permis au nouveau 1er soliste de l’Orchestre Philharmonique de Marseille Jean-René Da Conceiçao d’exprimer un talent rare. Doué d’une sonorité claire et puissante, il joue de la contrebasse comme un violoncelliste, avec le relâchement de ceux qui ont dépassé les soucis techniques de leur instrument. En contrepoint, Fabrice Di Benedetto, co-soliste à l’Opéra, possède un tempérament plus réservé, mais on perçoit à l’aune d’une sonorité moirée et de phrasés chantants, la présence d’un fin musicien. À leur côté Augustin Bourdon, 1er chef d’attaque des seconds violons et remarquable virtuose, a fait plus que de la figuration, quand Nina Uhari a sereinement assumé les « ploumploums » pianistiques des pièces du programme… mais aurait aimé, comme ses partenaires, que le piano fut mieux accordé ! JACQUES FRESCHEL www.opera.marseille.fr e) o L’église est comble et le public, dans son ensemble, semble gagner en confort visuel et acoustique au changement de lieu (provisoire ?) du Festival de St Victor. À St-Cannat les Prêcheurs, on jouxte les artistes installés sur une estrade en pleine nef : on voit bien, on entend bien, même si la résonance d’une église n’est jamais idéale pour une formation symphonique avec piano. Le piano justement, planté devant les cordes sonne comme un orchestre : le timbre est plein, un peu réverbérant, mais assez net. Au clavier Edna Stern fait respirer les phrasés lyriques du 2 e Concerto de Chopin. Elle dégage un grand calme, une sérénité patente dans les tempi, fait vrombir les accords puissants ou distille quelque chapelet de notes perlées avec beaucoup d’élégance. La musicienne jubile et donne du plaisir aux spectateurs qui l’acclament au final. À ses côtés, et pour l’ensemble du programme, André Bernard, à la tête de l’excellent Orchestre Régional Cannes PACA, présente un beau travail de direction, précis et sans faille dans les départs, une gestique tonique, des dynamiques maîtrisées et un souffle de bon ton pour les romantiques Ouverture « Les Hébrides » de Mendelssohn et Symphonie n°2 en si bémol de Schubert. J.F. Cyprien Katsaris Carole Bellaiche Piano libre a On a eu un peu peur, lorsque Cyprien Katsaris a entamé la Wanderer-Fantasie de Schubert… Dans la transcription de Liszt pour piano et orchestre, le virtuose, poussé par son enthousiasme naturel, a eu tendance à tomber, en fin de phrase, quelque quart de soupir en avance sur la battue de Gabriel Chmura. Toutefois, le chef, avec métier, rattrapa le coup et l’Orchestre Philharmonique de Marseille, à sa mesure, montra, tout au long du programme, de belles qualités de cohésion et de phrasé : des cordes suaves et tendres du Siegfried-Idyll de Wagner, au souffle de variations cycliques nées de l’imagination débordante de Johannes Brahms (4 e symphonie). Quant à Cyprien Katsaris (voir p52), musicien épris de liberté, son art s’exprime plus sereinement aujourd’hui en récital solo qu’en dispositif concertant. De fait, le public respira lorsqu’à découvert il put adopter souplesse rythmique et respirations propres. En bis, une pièce surprenante de modernité (et de virtuosité) signée Louis Moreau Gottschalk (1829-1869) remporta l’adhésion, confirmant, si besoin est, la détermination du natif de Marseille à faire connaître des répertoires peu communs. De fait, les quelques 300 opus du pianiste américain, admiré par Chopin, mériteraient qu’on s’y intéresse davantage ! J.F. Ce concert a eu lieu le 14 sept à l’Opéra de Marseille Cyprien Katsaris se produira en récital (Liszt) au Comoedia d’Aubagne le 6 nov 04 42 18 19 88
MUSIQUE 31 Chanter protester En un clin d’œil aux seventies, six artistes engagés dénoncent l’injustice sociale : ça démarre fort avec les dérapages de nos ministres : « quand il y en a un ça va, c‘est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes… », « Il y a une immigration comorienne importante qui est la cause de beaucoup de violences. » Puis ça continue sans concession, ça décape, ça découpe ! Anne Gastine déroule, gouaille ironique et féroce, de belles mélodies aux arrangements percutants. Philippe Gastine est en costume cravate, s’en prend aux chefs marchands, suppliant : « Boss, gardez moi encore un jour » ! Il se moque d’un système qui considère les hommes comme « des variables d’ajustement. » Tous les textes ne sont pas de la même veine Grand Œuvre La première de Faust à Toulon augure une belle saison à l’Opéra La magie du vieux Faust a encore opéré à l’opéra et la musique de Gounod exhumé le drame de Goethe. Le mythe repensé par Paul-Emile Fourny est exposé en trichromie : noir, blanc et rouge, peut-être en référence aux trois étapes de l’Œuvre chère à l’Alchimiste pour transmuter la Matière en Esprit. Les personnages cadavériques semblent sortis de l’imagination du savant nécromant, clochardisant et impotent, au seuil de sa mort symbolique. Des images/décor projetées sur de grands tissus diaphanes ménagent de belles perspectives, comme lors de la scène à l’église. L’ensemble procure à l’ouvrage, qui a souvent été remanié et agencé de façon disparate, une belle unité. Quelques adjonctions fumeuses alourdissent cependant le propos : Marguerite est enceinte après le départ de Faust, ne succombe plus au final et son enfant assassiné/ressuscité figurerait l’avènement salvateur du Christ… Mais le Ballet complet de la nuit de Walpurgis, souvent biffé, est opportun. Conduits par l’excellent chef Anthony Hermus, l’Orchestre remarquable, le bon Chœur d’hommes (les filles traînent un peu) et le plateau de solistes méritent l’ovation reçue au tomber du rideau. Sébastien Guèze fait plaisir à voir et entendre : son Faust est beau, juvénile, sa voix légère est saillante, son jeu convaincant, sa ligne de chant sensible. Le Méphisto d’Askar Abdrazakov est vocalement solide, un peu raide en scène, et son français reste perfectible. Dans le rôle difficile et ingrat de Valentin, Franco Pomponi rayonne : son baryton est altier, sa présence forte. Nathalie Manfrino enfin, brille dans son combat contre les forces du mal et de la folie, moins lorsque la jeune fille, naïve, découvre les émois de l’amour. JACQUES FRESCHEL Faust Frederic Stephan Protest Songe Jose Assa (Fils de, un peu fourre-tout), mais les phrases giclent : « Président, petit voyou, cassez vous ! » On apprécie la voix de chanteuse réaliste de Corinne Van Gysel, la précision rythmique de Philippe Rousselet et les belles basses d’Etienne Jesel et Jean-Philippe Trotobas assurent tierces et intervalles planants. Des rythmes plus ensoleillés, une bossa endiablée, un sextuor au swing incisif et désenchanté permettent de maintenir une part de rêves malgré le sombre constat : un cri vivifiant qui aurait mérité une mise en espace plus audacieuse et un travail plus affiné sur les costumes. YVES BERGÉ Le collectif musical Gastine s’est produit au Théâtre de Lenche du 27 sept au 1er oct Trésor englouti Avec Il Diluvio Universale (Le déluge Universel), donné à la Cathédrale de Toulon ce 3 oct, saluons une fois de plus l’esprit audacieux de la direction artistique de l’opéra pour avoir osé programmer en ce début d’année une œuvre que personne ne connaissait puisque recréée en 2010 après une création en… 1682 ! On ne saura rien des raisons de cette mise à l’index, tout au plus se hasarderat-on à penser que son malheureux auteur, Michelangelo Falvetti (1642-1692) fut sans doute éclipsé par d’autres compositeurs plus « médiatiques » en leur temps, et plus prolifiques. À l’écoute cet ouvrage comptant l’épisode biblique de l’arche de Noé ressemble à s’y méprendre à un oratorio mais sans récitant, toutes les parties étant chantées. La richesse de l’écriture contrapunctique toute en madrigalismes, et la fluidité de l’écriture pour les ensembles vocaux, laissent à penser qu’il maîtrisait bien la composition et pourrait donc figurer dans le patrimoine musical baroque comme le chaînon manquant entre Monteverdi et Vivaldi. C’est donc avec un légitime intérêt que le chef Argentin Leonardo Garcia Alarcòn s’est emparé de ce répertoire aux commandes des deux excellents ensembles que sont La cappella mediterranea et le chœur de chambre de Namur accompagnés du remarquable percussionniste Keyvan Chemirani. Leur interprétation était à l’image de l’œuvre : jubilatoire ! ÉMILIEN MOREAU



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