Zibeline n°45 octobre 2011
Zibeline n°45 octobre 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°45 de octobre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,3 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... débats et arrière-gardes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 THÉÂTRE GYMNASE TOULON BERNARDINES AIX PORT-DE-BOUC Pyromanes Rouge c’est rouge et ça bouge tout le temps ! Il y a la fumée et il y a le feu, d’abord pour de faux et puis pour de vrai avec de hautes flammes. Drapeau déployé en ouverture, grand souffle de forge actionné par le corps-machine de l’effervescente Silvia Calderoni, énergie débridée et lumière dans les yeux, pavé à l’ancienne qui traine sur la scène ring : la compagnie Motus ne cache pas son jeu et tout est dit dans la première demi-heure. Athènes, décembre 2008 : Alexis, 15 ans, est tué d’une balle en pleine poitrine par un policier lors d’une manifestation qui se transformera en émeute/Thèbes, temps mythologiques : le corps de Polynice, mort en tentant de regagner un pouvoir légitime, reste sans sépulture sur ordre du tyran ; sa sœur Antigone est seule à résister et à dénoncer. Croisant les époques, les paroles (Sophocle ou Brecht Vaguement inspirée par Blade Runner de Philip K. Dick, la performance de la cie Ornicart aux Bernardines vise à avec de jeunes artistes grecs filmés il y a peu) et les supports (projection vidéo, chorégraphie…), les deux metteurs en scène Enrico Casagrande et Démoutonnez-vous ! Enfin drôle ! Kamran Kavoussi On oublie parfois la dimension comique des comédies de Molière qui abordent des thèmes sérieux. C’est donc un véritable bonheur que d’assister à ce Tartuffe d’après Tartuffe de Molière par le Théâtre Permanent. Décor minimaliste, costumes de ville, « les acteurs de Molière ne se déguisaient pas non plus » rappelle Gwenaël Morin, le metteur en scène, qui, grâce à sa direction sobre et efficace, donne un rythme sans faille à la pièce. Tour de force de cette diction naturelle des alexandrins dans le scrupuleux respect des diérèses ! La mise en scène colle au texte par une étude précise, pertinente. Les artifices de scène sont insérés avec humour aux dialogues, « noir ! /lumière ! ». Les acteurs incarnent plusieurs personnages avec fougue et justesse. Le public même difficile est conquis dès les premiers instants. Tous les registres du rire se retrouvent, de l’ironie cinglante -ah ! l’art de l’antiphrase ! - à la farce. La cruauté sans concessions -c’est la première version de Tartuffe qui a été choisie, celle qui finit mal pour la famille d’Orgon- est pailletée de rires, pirouettes du désespoir, réflexion sur la vérité, le jeu des apparences, dans une vertigineuse mise en abîme. MARYVONNE COLOMBANI Tartuffe d’après Tartuffe de Molière a été joué du 5 au 10 oct en tournée dans le Pays d’Aix Alexis Agnès Mellon Daniela Nicolo créent un spectacle foisonnant, percutant, parfois brouillon dans son désir de clarté parfois naïf (les sorties de scène, les poursuites manipuler et désorienter le spectateur, à le plonger en lui même pour qu’il se « reprogramme » selon son désir… Intéressante tentative de désaliénation du spectateur -on vous bande les yeux, on vous fait un peu peur, on vous emmène dans des trajets insoupçonnés, on vous enfonce les pieds dans la terre et on vous confronte à une belle fille nue qui s’ensevelit, un jeune corps plongé dans un liquide pseudo amniotique, des piscines de fumée… Mais ces bribes d’expérience n’aboutissent hélas à aucune apothéose mnémonique, comportent un temps faible de remémoration commune, et se terminent en queue de poisson. Ou de mouton. A.F. Les Moutons électriques sont de retour ont été présentés aux Bernardines les 15 et 16 sept en préambule à Préavis de désordre urbain Tartuffe... Julie Pagnier dans les travées, les appels aux jeunes spectateurs…), toujours respectable en tout cas dans l’engagement physique des acteurs qui pose en direct un « que peut l’art ? » salutaire. MARIE-JO DHÔ Alexis, une tragédie a été présenté dans le cadre d’Actoral.11 au Gymnase du 4 au 6 oct, puis au théâtre Liberté à Toulon le 11 oct « Dieu peut-il être athée ? » « Est-ce qu’on peut rire avec Dieu ? Oui, à condition qu’il trouve ça drôle. » Et de l’humour, il a intérêt à en avoir… Car Sophia Aram n’y va pas sur la pointe des pieds pour bousculer les trois religions monothéistes et leurs adeptes. Cette athée d’origine musulmane, qui est « à l’islam ce que Ferrero Rocher est à la diplomatie », cherche les différences, pointe les ressemblances, fait d’un de ses personnages, sa savoureuse tante, un parfait cobaye qui, pour assurer son salut, va pratiquer les trois religions en simultané, « c’est plus dur mais c’est plus sûr », invente Les croyants dans l’espace, un jeu de téléréalité hilarant qui est censé lancer un message de paix dans l’univers… C’est très drôle, caustique et jamais méchant. Au-delà de ces traits à peine exagérés (elle prend un malin plaisir à lire les textes pour démonter les extrapolations, pardon, les métaphores, de chacun), Sophia Aram pointe plus finement qu’il n’y paraît une incapacité à vivre ensemble et à se tolérer. Et plus spécifiquement les femmes avec les hommes, qui ne bénéficient pas des mêmes traitements dans les faits. Et lorsque cette féministe convaincue se lance dans une ode désopilante au clitoris créé par Dieu dans un surprenant « souci du détail face à l’immensité de la création » la messe est dite ! DO.M. Crise de foi a été joué au Sémaphore à Port-de-Bouc le 7 oct
Prompt rétablissement ! Tout metteur en scène de talent -et il est indéniable que Renaud-Marie Leblanc en a- monte Molière pour en donner une lecture personnelle, et offrir au spectateur une vision nouvelle. Aller au Malade Imaginaire comme on va au musée, pour y retrouver ce qu’on en connaît déjà, n’a pas de sens. Ou peu. Renaud-Marie Leblanc a donc rason d’en proposer une version inattendue fondée sur une analyse pertinente de l’œuvre, de ses conditions de représentation, des querelles médicales et politiques du temps, du rapport personnel de Molière à Louis XIV, et à la musique. Le problème est que, malgré les résidences et la coproduction croisée du Jeu de Paume et de la scène nationale de Gap, il n’a pas les moyens financiers de son ambition musicale : l’Eglogue et les Intermèdes de Charpentier sont pas des chefs-d’œuvre lyriques ni des sommets dramatiques, et il faudrait des vrais chanteurs baroques, et surtout de vrais instruments et non ces sons échantillonnés, pour retrouver, s’il y en a, l’intérêt de les donner à entendre. Intérêt qui, peut-être, ne réside que dans l’exégèse nécessaire à l’élaboration de la mise en scène, et non dans sa représentation. À la première donc, la représentation manquait de rythme. Du moins au début. Car ce Malade imaginaire est, théâtralement, une fois l’Avertissement et l’Eglogue précédant le premier acte o Couple en galère On connaissait Christophe Alévêque en super rebelle, le voilà super romantique dans Ciao Amore, une comédie de Jérôme L’Hotsky sympathique mais pétrie de clichés. Aux côtés de sa compagne Serena Reinaldi, échappée de la télé réalité qu’il semble adouber ici pour son 1er rôle théâtral, le comédien plus connu pour son humour corrosif, démêle les fils rebattus d’un couple au bord de la crise de nerfs. L’action se concentre dans la chambre, autour d’un lit bateau, qui se transforme en galère des sentiments. Un beau jour Pascale veut quitter son mari parce qu’elle ne l’aime plus, parce qu’elle a abandonné pour lui son travail humanitaire et « se sent depuis dans une petite vie ». José, technocrate surbooké, plutôt macho, l’écoute en chaussant ses charentaises et tente maladroitement de la reconquérir en proférant que « les bons sentiments ça n’a jamais changé le monde » et en passant l’aspirateur pour la 1 ère fois de sa vie, évidemment. S’ensuit une cascade de noms d’oiseaux, batailles d’oreillers et sacs à dos, aveux et regrets qui se ramassent à la pelle pour un happy end forcément prévisible. DELPHINE MICHELANGELI Ciao Amore a été joué au théâtre du Chêne Noir, Avignon, du 30 sept au 2 oct passés, une vraie réussite : les comédiens sont tous excellents, drôles, pétillants, légers et justes, la scénographie saturée de rouge et de portes d’ascenseurs donne l’impression baroque que la vie se déroule à la va-vite dans un couloir très temporaire, et R.- M. Leblanc en Purgon est inénarrable ! Quant aux partis pris sur les personnages –Louison petite fille irréelle, Béline tendre, Argan encore jeune et séduisant- ils sont cohérents, inattendus et parfaitement rendus. On jubile à les voir, ce qui rend d’autant plus longs les intermèdes… Mais dès la seconde re-présentation, paraît-il, l’équilibre était trouvé et le théâtre regagnait ses droits : gageons qu’à Gap ce Malade sera rétabli ! AGNÈS FRESCHEL Le Malade Imaginaire a été créé au Jeu de Paume, Aix, du 30 sept au 8 oct À venir Le Malade Imaginaire Du 8 au 10 nov La Passerelle, Gap 04 92 52 52 52 www.theatre-la-passerelle.eu Le 21 oct Le Sémaphore, Port-de-bouc 04 42 06 39 09 www.theatre-semaphoreportdebouc.com Ciao Amore X-D.R. JEU DE PAUME AVIGNON GAP Le Malade imaginaire Agnes Mellon THÉÂTRE Sur la route du bonheur La deuxième étape de la création Penser Bonheur (titre provisoire) confirme la singularité et la vitalité du projet d’Alain Timar. Inspiré par Robert Misrahi, le spectacle confronte l’histoire de trois êtres à la pensée du philosophe en invitant le public à réfléchir activement à la question. Une recherche commune qui le balade entre philo pure et moments de vie, légèreté et gravité, utopie et réalité, et pour laquelle le metteur en scène rejoint ses comédiens (formidables Paul Camus et Pauline Méreuze) sur le plateau (ou à la table pour cette lecture du scénario réécrit à 6 mains). « Pour être heureux, il faut réinventer notre façon de vivre la démocratie » … Le metteur en scène/scénographe ouvre ainsi la question du bonheur sur celle, primordiale, du politique. Quant au leitmotiv formulé : « On ne peut pas aller trop vite », loin d’être anodin quand on cherche le nirvana, il nous rappelle qu’il faut attendre le mois de mai pour découvrir la création finale et partager avec joie la table de ces hôtes bienheureux. DE.M. Penser bonheur a été lu le 29 sept au théâtre des Halles Avignon 13



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