Zibeline n°44-45-46 2 aoû 2019
Zibeline n°44-45-46 2 aoû 2019
  • Prix facial : 2,50 €

  • Parution : n°44-45-46 de 2 aoû 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (200 x 280) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 3,3 Mo

  • Dans ce numéro : Martigues cultive son patrimoine populaire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 26 - 27  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
26 27
Jazz des 5 Continents 26 festivals Marseille Jazz Communion musicale, géographique, inter rassemble et invente Albarnet Valdès, deux bands et deux sons Après Another honest Jo’s chopup en 2011 et Africa Express en 2013 (programmés tous deux à la Fiesta des Suds), Marseille a eu l’honneur d’accueillir The Good, the Bad and the Queen (TGTBTQ), autre collectif musical du prolifique Damon Albarn, entouré de Tony Allen, Paul Simonon et Simon Tong. Autrement dit l’ancien leader de Blur, l’ancien batteur de Fela, l’ancien bassiste de The Clash et l’ancien guitariste de The Verve. Influencée par la scène rock des années 1990, la voix mélancolique et révoltée de Damon Albarnnous invite à un retour à l’âge d’or de la « Britpop » dont il fut une icône incontournable. Sous le grésillement des cigales, TGTBTQ déroule Merrie Land, son deuxième album studio inspiré par la crise politique du Brexit. Une succession de ballades pensives, dont les accords déchirants et viscéraux sont servis par une batterie qui rythme nos cœurs et résonne dans nos poitrines. Renouant avec l’émotion juvénile de grandes envolées harmoniques, auxquelles succède l’explosion de refrains efficaces, on demeure ainsi, suspendus au lyrisme de cordes entêtantes, sur lesquels se lovent les accords martelés et puissants de la basse de Paul Simonon. On retrouve ici The Good, the bad and the queen Valentine Kieffer des sensations des groupes américains Imagine Dragons ou OneRepublic, dans la rage et la passion du grain de voix, la manière de hacher et asséner les accords au piano, mais également des impressions de Coldplay dans certains versants plus romantiques. Un concert engagé et pro-européen, que le hasard du calendrier a voulu placer au lendemain de la nomination de Boris Johnson à la tête du gouvernement britannique, comme un pied de nez à la position extrémiste de Concert Chucho Valdès Valentine Kieffer ce dernier. Appelant à un peu d’« unity in this crazy world », le groupe singe et dénonce, dans son air Order, les carcans et la rigidité d’un système parlementaire aux accents désuets. Sur scène, en toile de fond, un pont, une jetée qui semble ne mener nulle part et se perdre dans l’immensité d’un océan qui ne peut que nous évoquer l’impasse des négociations du Brexit et le futur incertain d’un Royaume-Uni qui peine à s’extraire du giron européen. Chucho chouchou C’est près d’un demi-siècle en arrière que nous plonge le concert exceptionnel de Chucho Valdés, le lendemain. Le pianiste cubain, fondateur du groupe Irakere, recrée l’esprit de Jazz Batá, album mythique enregistré en 1972, auquel il a donné un deuxième volet l’année dernière. Le batá est un tambour en forme de sablier à tête double, l’une étant plus grande que l’autre, instrument sacré pour la religion yoruba, originaire du Nigeria, et par extension, pour la santería de Cuba. C’est d’ailleurs par un
mélange les genres générationnelle, le Jazz des Cinq Continents toujours et encore chant afro-cubain entonné de manière invocatoire par le joueur de batá Dreiser Durruthy Bombalé qu’est lancé le show. S’enchaînent alors les soli comme pour présenter chaque musicien et, d’emblée, montrer à qui on a affaire. Du contrebassiste Ramón Vázquez au percussionniste Yaroldy Abreu Robles, jusqu’au batteur Abraham Mansfarroll. Le décor est posé, un autre défilé peut commencer, celui des invités de prestige. Honneur à la nouvelle génération avec Omara Portuondo Valentine Kieffer la violoniste et chanteuse Yilian Cañizares pour deux morceaux pendant lesquels le pionner du décloisonnement Gonzales, dandy joueur dialoguer avec les oiseaux, j’ai l’impression qu’on est bien là, non ? » Tandis que le soleil couchant faisait place à l’air tiédi du début de soirée, à « J’aime savourer sur les bancs de pierre encore chauds des gradins, Chilly Gonzales entrait seul en scène. De fait, le somptueusement intimiste Théâtre Silvain constituait le cadre idéal pour accueillir le dandy joueur, tout en mules fourrées et peignoir de satin. Dans l’écoute suspendue d’un public acquis à sa cause, le premier set dévoilait l’inédit concept du concert Pianovision  : trônant au-dessus de la scène, un écran géant retransmettait en direct les mouvements des mains du pianiste sur le clavier. À mesure que la lumière du jour déclinait, les oiseaux dans le ciel faisant place aux chauves-souris, l’écran prenait de plus en plus d’importance, dévoilant à l’envi chorégraphie de mains ou messages écrits sur des bouts de papiers. Puis l’arrivée de la violoncelliste Stella Lepage, suivie du batteur Joe Flory, créait une parfaite alchimie pour un set impeccable, entre compos dédiées - Cello Gonzales, datant de 2011 - et reprises de classiques, tel Take Me To Broadway entrecoupé de sonates. On aime Chilly Gonzales pour son talent de pianiste enfiévré, mais aussi pour sa verve de showman. L’entertainer avait tôt fait de réapparaître pour délivrer ses fameuses digressions amusées, comparant l’expressivité du violoncelle à celle du piano, ou encore évoquant son admiration pour Bach, « tâcheron pressé et laborieux », révélant au passage quelques ficelles de composition pop, via un inédit mix entre Nirvana et Britney Spears. Les concerts du musicien québécois sont toujours promesse d’un mélange décomplexé de musique savante et populaire - à l’image d’une Chilly Gonzales Valentine Kieffer entre jazz, musiques latines et classique bientôt âgé de 78 ans s’amuse à glisser quelques notes du Boléro de Ravel. D’une bonne décennie son aînée, Omara Portuondo offre Tres palabras et Besame mucho d’une voix presque insensible au passage du temps. Après un hommage à Michel Legrand, Valdés convie le dernier guest de la soirée en la personne du saxophoniste américain Kenny Garrett pour un final puissant en dialogue improvisé entre cuivres jazzy nord-américains et percussions afro-caribéennes. SELMA LAGHMARA ET LUDOVIC TOMAS reprise de Michel Berger en premier rappel -, oscillant entre contemplation et jubilation, et celui-ci n’y fit pas exception. JULIE BORDENAVE Le festival Jazz des Cinq Continents s’est tenu dans plusieurs lieux de Marseille, du 17 au 27 juillet 27 Jazz des 5 Continents



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :