Zibeline n°44-45-46 2 aoû 2019
Zibeline n°44-45-46 2 aoû 2019
  • Prix facial : 2,50 €

  • Parution : n°44-45-46 de 2 aoû 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (200 x 280) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 3,3 Mo

  • Dans ce numéro : Martigues cultive son patrimoine populaire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Aixtases musicales 20 festivals Deux fois quatuor Quatuor Van Kuijk Vincent Beaume La pluie fait se replier public et Quatuor Van Kuijk, lauréat HSBC 2014 de l’Académie, dans l’amphithéâtre qui jouxte la cour de l’Hôtel Maynier d’Oppède. L’atmosphère potache de l’improvisation prédispose l’assistance à écouter passionnément le lyrisme désespéré entre notes tenues, infiniment, comme sur un fil ténu, et variations calmes auxquelles succèdent les rythmes exacerbés du Quartettstudie für Streichquartett de Wolfgang Rihm. Nicolas Van Kuijk (1er violon), Sylvain Favre-Bulle (second violon), Emmanuel François (alto), François Robin (violoncelle) dialoguent, polyphonisent dans l’irisation de l’œuvre. Puis s’attachent à la douloureuse évocation de Chostakovitch qui dans son Quatuor à cordes n°8 en ut mineur op. 110 décrit autant les victimes de la guerre que du fascisme. Le Quatuor n°1 op. 11 en ré majeur de Tchaïkovski fit, dit-on, pleurer Tolstoï. L’élégance subtile des musiciens s’accorde à la vivacité des allegros, laisse émerger la couleur slave du scherzo et le thème folklorique de l’andante, « Vania, assise sur son divan fumait la pipe ». Clou de la soirée, sans aucun doute, la création française de l’œuvre de Benjamin Attahir, Achrakyne (en présence du compositeur) qui convoque aux percussions Vassilena Serafimova aux côtés du Quatuor, époustouflante de virtuosité dans cette pièce irriguée d’une inextinguible énergie. En rappel, cette formation espiègle reprend la mélodie que Poulenc écrivit pour Yvonne Printemps, Les chemins de l’amour… Résolument contemporain Est-ce parce que délibérément contemporain, que le programme du Quatuor Tana (Lauréat HSBC 2013 de l’Académie) ne fait pas salle pleine ? Pourtant, la virtuosité des musiciens, (Antoine Maisonhaute, 1er violon, Ivan Lebrun, second violon, Maxime Desert, alto, Jeanne Maisonhaute, violoncelle) et la clarté des présentations permettaient une découverte enthousiasmante des divers visages de la création actuelle destinée à la formation resserrée du quatuor. Le Quatuor à cordes n°13 de Rihm ouvrait le bal  : « devant cette partition, on a l’impression de se trouver face à un mur », sourit Antoine Maisonhaute, mur face auquel les musiciens se fraient des espaces, et défient les rythmes parfois impitoyables dans lesquels l’œuvre s’emporte. Puis, le Quatuor n°1 « Métamorphoses nocturnes » de György Ligeti déployait d’un seul trait ses douze mouvements marqués d’influence bartokienne, du goût des contrastes, et d’humour avec sa « fausse valse » … Suivait le maître du mouvement de la Saturation (forme musicale qui « masque ce que l’on entend d’habitude, et fait apparaître ce que l’on n’entend pas, attaques et harmoniques, grâce à un jeu très proche du chevalet ») , Raphaël Cendo, présent ce soir-là avec son Quatuor n°1, « In Vivo »  : bouleversante énergie. Enfin, le « classique » et sublime Quatuor n°7 de Philip Glass tissait sa subtile et profonde poésie en une réconciliation avec la respiration du monde. MARYVONNE COLOMBANI
Modernités et jeunesse à l’honneur Port obligatoire des lunettes 3D pour Blank Out, l’opéra de chambre pour soprano (fabuleuse Miah Persson), baryton (bouleversant Roderick Williams), chœur et film 3D de Michel van der Aa (qui signe le livret, inspiré de l’œuvre d’Ingrid Jonker, la composition et la mise en scène). Le spectacle explore nos fragilités et nos capacités à nous reconstruire en évoquant l’instant traumatique. Est-ce cette femme seule sur scène, dans sa robe rouge qui pleure la noyade de son enfant ? Existe-t-elle vraiment ? Ou cet enfant, devenu adulte, prisonnier de l’écran à taille humaine, dressé sur le plateau, qui se souvient de la mort de sa mère ? L’image filmée de la soprano, retransmise sur l’écran, dédouble l’interprète, voire la triple, en une schizophrénie scénique troublante. Un bijou d’orfèvrerie poétique et poignant. Le chef allemand Frank Strobel a pris possession du londonien Philharmonia Orchestra le temps d’un ciné-concert. Grand bien lui en a pris ! Metropolis, présenté au GTP en contrepoint au logos brechtien de Mahagonny, a rencontré un beau succès. Il faut dire que la musique originale de Gottfried Huppertz sert à merveille le passionnant long-métrage de Fritz Lang et les bouleversements permanents de son intrigue. Le Dies Irae grégorien apparaît quand pointe l’Apocalypse, la Marseillaise accompagne le soulèvement des machinistes … Illustrative, facétieuse mais toujours foisonnante, la musique accompagne les émotions brutes que l’esthétique et le propos révolutionnaires du réalisateur suscitent constamment. Passionnant. Inspirante jeunesse Encadrées par le chef Daniele Rustoni et des musiciens du London Symphony Orchestra, les recrues de l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée ont concocté un concert symphonique ambitieux  : à la création française d’une très belle pièce d’Amir ElSaffar, Cornu Luminis, ont succédé les plus familiers Chants d’un compagnon errant de Mahler et la Symphonie n°2 de Brahms. Difficile de ne pas s’émouvoir lorsque la jeunesse d’un orchestre rencontre celle d’un compositeur ! Coutumier d’un style à la croisée du jazz, d’inspirations orientales et d’une tradition plus classique, Amir ElSaffar, présent sur scène en temps que trompette solo, a puisé dans le substrat postromantique un lyrisme contagieux, où le trait mélodique se mue de broderies en arabesques. Le baryton John Chest, mobilisé sur Mahler, porte décidément bien son nom  : quel coffre ! quel vibrato ! quelle belle transition de la joie pastorale à la noirceur tempétueuse ! Un peu plus en retrait, l’orchestre jouera sur Brahms la sécurité plutôt que la fougue. Dommage ! Une partie de l’OJM a participé à une session de création interculturelle sous la houlette de Fabrizio Cassol. Le propos  : faire se rencontrer les diverses formes et traditions musicales de la Méditerranée, et créer avec ce matériau des œuvres communes. Le résultat est éblouissant de verve, d’invention, d’écoute de l’autre. Les instruments entrent en résonnance, goûtent aux rythmes et aux gammes des autres, avec une virtuosité et un bonheur communicatifs, voix (Wafa Abbes, Fabiana Manfredi), violons (Athina Siskaki, Colin Heller), kemenche (Elif Canfezã Günduz), saxophone baryton (Giovanni Chirico), oud (Nada Mahmoud), violoncelle (Adèle Viret), contrebasse (Pablo Patiño Moledo), percussions (Hamdi Jammoussi, Diogo Alexandre), harpe (Ottavia Rinaldi). Se joignait à eux Amir ElSaffar avec Two Rivers Ensemble, sur une composition inspirée par ces jeunes musiciens. L’utopie d’une humanité réconciliée prend chair dans le plaisir ineffable de jouer ensemble… MARYVONNE COLOMBANI ET SUZANNE CANESSA Blank Out Priska Ketterer - Lucerne festival Le Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence a eu lieu du 3 au 22 juillet 21 Aixtases musicales



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