Zibeline n°42 juin 2011
Zibeline n°42 juin 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°42 de juin 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 10,2 Mo

  • Dans ce numéro : théâtre... cap sur l'Égypte.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Les Ateliers de l’EuroMé Zibeline a décidé de rendre compte régulièrement des avancées et résultats de ces Ateliers. Sandrina Martins, responsable du projet, nous explique leur fonctionnement et leurs ambitions. 1 Cela agace certains, en inquiète d’autres : Marseille Provence 2013 travaille dans l’ombre et n’attire pas forcément l’attention sur ses actions souterraines. Pourtant, l’un des dispositifs les plus novateurs de la capitale européenne de la culture est opérationnel depuis 2008, avant même la nomination marseillaise : les Ateliers de la candidature, puis les Ateliers de l’EuroMéditerranée, ont bel et bien commencé sur le territoire, installé des artistes dans de nombreuses entreprises, et produit des œuvres. Mais pas seulement… En quoi consistent ces Ateliers ? Il s’agit de soutenir des artistes, et plus largement la création contemporaine, en mettant en place des résidences d’artistes dans des espaces non dédiés à l’art. C’est-à-dire des entreprises, privées ou publiques, du territoire : le monde économique, mais aussi de la santé, de l’enseignement, des services publics. Au début nous avions fixé l’objectif de 200 ateliers d’ici à 2013. Mais nous modulons en avançant : par exemple nous nous sommes rendu compte que les ateliers dans des entreprises en lien avec l’art avaient moins d’intérêt. Aujourd’hui on pense plutôt à une centaine : une cinquantaine sont d’ores et déjà prévus, une douzaine d’autres sont réalisés, cinq sont actuellement en cours, et plusieurs vont débuter cet été. Comment sont-ils financés, et quelle est leur durée ? Il n’y a pas de format prédéfini, chaque atelier génère sa forme… ce qui est passionnant, et difficile à mettre en place ! Une résidence peut durer de 6 mois à 3 ans, en continu ou discontinu, et peut coûter selon son ampleur quelques milliers d’euros, ou beaucoup plus. Qui finance ? Là encore c’est variable : Marseille Provence 2013 peut prendre en charge jusqu’à 50%, surtout s’il s’agit de services publics par exemple qui ne bénéficient pas des avantages fiscaux du mécénat. Les entreprises privées financent environ 70% des ateliers. Mais chacun fonctionne selon des modalités et une convention particulière, tripartite, est signée soit directement entre l’entreprise, MP2013 et l’artiste, soit avec un opérateur culturel qui représente l’artiste et fait office de production déléguée. Et comment sont choisis les artistes ? Il n’y a pas eu d’appel à candidatures, contrairement aux autres projets de Marseille Provence 2013. Mais nous recevons des suggestions de ces opérateurs culturels, des propositions directes aussi émanant des artistes, et nous en sollicitons d’autres avec lesquels nous avons envie de travailler. En fait il y a deux prospections : celle du projet artistique, et celle de l’entreprise. À ce niveau-là nous sommes très pragmatiques. Ainsi un artiste peut arriver avec un projet pour lequel on va chercher une entreprise : Anne-Valérie Gasc, qui filme des explosions, devait trouver une entreprise comme CEBTP Démolition. En revanche Vacances bleues est arrivé avec une culture d’entreprise, un centre d’intérêt pour lequel nous avons cherché des artistes. Tandis que certains projets conceptuels pourraient voir le jour dans un grand nombre d’entreprises, d’autres doivent être adaptés à un environnement particulier et l’intégrer dans leurs œuvres. La Logirem, par exemple, propose des résidences à La Bricarde, dans ses logements sociaux, ce qui suppose des projets tournés vers les habitants. Les artistes sont essentiellement des plasticiens ? Oui, les arts du spectacle étant plus difficiles à installer en entreprise que les arts visuels. Il y a donc des cinéastes, vidéastes, photographes, des plasticiens et sculpteurs. Quelques résidences d’écriture, moins nombreuses parce que des dispositifs existent déjà dans la région. Mais des résidences de compositeurs sont prévues également : il s’agit dans tous les cas de créer des œuvres. Quels sont vos critères de choix de ces artistes ? Comme leur nom l’indique le but de ces ateliers est de créer des liens entre Europe et Méditerranée. Donc nous avons choisi un certain nombre d’artistes du pourtour méditerranéen, en particulier de la rive sud, où les conditions de production des œuvres sont plus que précaires. Offrir à un artiste Égyptien un lieu de résidence, un salaire et le matériel pour produire son projet, lui donner les moyens concrets de travailler, contribue sans conteste au rapprochement durable entre Nord et Sud. Notre second vivier est tout simplement ici : nous avons sélectionné plusieurs très bons artistes locaux. Et puis nous faisons venir également quelques artistes du reste du monde… Est-il prévu un temps de restitution publique de ces œuvres ? Il n’y aura pas d’exposition collective globale, et les œuvres produites par ces ateliers seront visibles, ou audibles, d’une manière ou d’une autre au cours de 2013. Nous réfléchissons aux modalités. Il n’est pas question en tous les cas qu’elles restent dans les entreprises, ce n’est pas le but. Justement, quel est le but ? Ils sont multiples. Le premier est de produire des œuvres contemporaines, et de donner pour une fois aux artistes, qui souvent ne sont pas des plus reconnus, de bonnes conditions de production : un atelier doit prendre en charge les honoraires de l’artiste, ses frais de logement, de repas, de voyage, et ses frais de production. Les frais de médiation également de la production déléguée.
diterranée C’est-à-dire ? Les artistes ne sont pas généralement, en tant que personnes, reconnus d’utilité publique, ce qui est nécessaire pour mettre en place un mécénat. Sextant et Plus, Triangle, le Bureau des Compétences et Désirs, l’ensemble Télémaque, Le Citron Jaune par exemple qui sont signataires des conventions, proposent et suivent des artistes dans leur processus de création au cœur des entreprises. Ils mettent en place aussi des plans de médiation à l’intention des salariés, des publics. Car un de nos objectifs principaux est que ces ateliers puissent fonctionner après 2013, sans nous, et que les opérateurs culturels puissent signer des conventions directement avec les entreprises. Et les entreprises, dans quel but participent-elles à l’aventure ? Ce sont généralement les chefs d’entreprise eux-mêmes qui sont au départ les plus convaincus. Ils redoutent parfois que les salariés trouvent cela inutile… et on ne peut envisager un Atelier que dans une entreprise qui va bien, sans tension sociale. Mais on peut déjà mesurer l’impact à l’intérieur des entreprises de la présence d’un artiste : les dirigeants vous en parleraient mieux que moi, mais visiblement ils ressentent une envie, pas forcément formulée, qu’un ailleurs de l’ordre du rêve pénètre dans leurs murs. Ils cherchent bien sûr à bénéficier d’un impact à l’extérieur, en terme d’image, mais ils comprennent assez vite que ce n’est pas l’essentiel : l’un d’entre eux m’a confié que la présence d’artistes au cœur de son entreprise lui avait fait économiser un an de management ! Les salariés quant à eux sont souvent surpris de voir que les artistes travaillent. Qu’ils assemblent, font des plans, des prises de vues, de sons. Qu’ils répètent, matériellement. Cela dissipe donc des malentendus. Certainement, cela crée indéniablement des liens inédits. Parfois aussi les ateliers parlent de la vie de l’entreprise. Ce qui peut la faire avancer, mais nourrit aussi leur production artistique. Sonia Chiambretto va faire une résidence dans les Bureaux Municipaux de Proximité qui alimentera certainement son écriture à la fois poétique et documentaire. À La Tour du Valat Les Pheuillus participent à leur manière à l’étude de la biodiversité… Mais au-delà de ces motivations, pragmatiques ou relationnelles, notre idée est d’inventer un nouveau mode de production de l’art. Que d’autres pourront appliquer ailleurs, et qui perdurera ici. Et puis l’ensemble du territoire doit s’impliquer dans la Capitale Culturelle. Parce que le monde économique va bénéficier des retombées, mais aussi parce que plus globalement Marseille Provence 2013 veut concerner chacun, et que tous les lieux deviennent les lieux de l’art. Pascal Martinez ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AGNÈS FRESCHEL 2 Quadrissimo Stephan Muntaner De perceptions en impressions Ils sont grapheurs, graphistes et performers. Robert Bilbil, Vincent Castellin, Guillaume Vinrich et Guillaume Kaercher sont revenus de leurs périples dans les futures capitales européennes de la culture et de Gdansk dans le cadre du projet Marseille Téléport avec l’envie de traduire leurs perceptions en impressions. Les Ateliers de la candidature ont transformé leur projet en réalité : grâce à ses toutes dernières techniques de reproduction numérique, la société Quadrissimo leur a donné la possibilité de réaliser des tirages très grand format sur support aluminium à partir de la matière compilée (photographie et vidéo). Résultat ? Un atelier Quadrissimo transformé en lieu de production et en galerie d’art, exposant le fruit des échanges et des expérimentations entre les artistes et ses créatifs, techniciens, reprographes et opérateurs. M.G.-G. Dans le secret de Pascal Martinez Repéré en 2009 parmi les artistes du Show Room d’Art-O-Rama, Pascal Martinez est en 2010 l’artiste invité du salon international d’art contemporain de Marseille avec une œuvre en lien avec l’idée d’écriture : Hortus conclusus, installation composée de 100 pavés de verre moulés (avec feuille d’argent et feuille de mika), structure métallique et documentation (les pavés enferment les secrets livrés par ses amis). Pièce réalisée à l’occasion d’une collaboration entre Art-O-Rama et le Centre international de recherche sur le verre, dans le cadre des Ateliers de l’EuroMéditerranée. Pièce qui a permis à l’artiste d’entrer « dans le secret de l’atelier du Cirva » pour travailler avec les techniciens, « dans la concentration de son idée et des efforts mis à sa concrétisation » : de là est née une bibliothèque de l’intime où l’écriture est bijou, et chose précieuse à protéger… M.G.-G. www.pascalmartinez.net



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