Zibeline n°42 juin 2011
Zibeline n°42 juin 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°42 de juin 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 10,2 Mo

  • Dans ce numéro : théâtre... cap sur l'Égypte.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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68 PHILOSOPHIE LA RELIGION La philosophie appartient-elle au philosophe ? Comment se fait-il que le professeur de philosophie soit le premier à demander à ses élèves si les mathématiques sont vraies ? Si l’utilité d’une discipline est sa seule légitimité ? Pourquoi l’histoire n’est pas objective ? Comment on l’écrit d’ailleurs ? Et à expliquer que la science contredit frontalement la Bible et le Coran ? Point n’est besoin de faire de la philosophie pour aborder ces questions-là. Et pourtant… Il y a un malaise diffus dont on ne sait que faire : une pratique baroque de l’Islam s’impose dans les banlieues ; les élèves des classes défavorisées, ghettoïsés souvent, sont croyants, et de plus sont livrés à des courants extrémistes. Le plus souvent sur internet et par le ouï dire qui s’en suit. Pour combattre ce fait il faut poser la religion comme un phénomène social et politique. Si on continue à la présenter comme un enjeu métaphysique il ne faut pas s’étonner que des jeunes refusent la théorie de Darwin et se bouchent les oreilles en cours de philo, quand le prof émet des réserves sur la toute puissance de Dieu et la non scientificité du Coran. La religion est aujourd’hui un phénomène politique : notre système économique ne peut fonctionner que sur la ségrégation sociale, et l’affaiblissement des valeurs politiques ouvre des boulevards aux valeurs religieuses. L’école reste dans ces lieux le seul ferment social, le lien républicain si l’on veut, la marque matérielle d’une société civilisée dans un environnement de misère. Les professeurs se battent avec leur moyen : apprendre, toujours apprendre, et surtout calmer les tensions ; et ne pas froisser. Car pour les quelques jeunes des cités qui arrivent en terminale, la philosophie est un choc. Un manuel de combat d’athéologie s’impose pour le professeur, et pour l’instant il n’en existe pas : la philosophie a des racines chrétiennes dans son institutionnalisation française. Alors chacun bricole. Onfray est pour le coup une bouffée d’air frais à défaut de mieux ; mais il énerve, et s’y prend mal. Appel aux professeurs ! C’est toute la connaissance qu’il faut apprendre à repenser à ces élèves, et bien avant la Terminale. Commençons par la science. Il faudrait que les professeurs de biologie arrêtent de dire que l’homme descend du singe ; c’est stupide puisque le singe existe et cela revient à se prêter au ridicule de nos jeunes croyants. Le vivant subit des modifications génétiques aléatoires et certaines sont conservées qui présentent un avantage. L’homme est une espèce du hasard. Mais il faudrait surtout que les profs de maths arrêtent de présenter leur matière comme vraie et utile : a-t-on vérifié expérimentalement la racine carrée de neuf ? est-elle plus vraie que la couleur de ciel ou le sentiment amoureux ? Par ailleurs les mathématiques ne servent à rien, comme la musique, et c’est tant mieux ! Mais peut-on passer sur l’Histoire et son écriture ? Que le professeur de philosophie soit le premier à dire que son écriture est subjective est catastrophique… d’autant que les jeunes issus d’autres cultures le savent d’expérience ! Bref les élèves devraient faire plus de philosophie, mais dans les autres matières. Et dieu et le Coran dans tout ça ? ils devraient être affrontés bien avant la philosophie et le cours sur la croyance et la religion ; peut-on supporter qu’un élève sorte du lycée en pensant, littéralement, que Dieu a créé Adam et Eve il y a 5000 ans ? En France aussi le créationnisme gagne… Apprendre à penser 2010-2011 *TsaoShin Rappel historique Faut-il rappeler que le dieu monothéiste est l’invention d’un peuple il y a plus de 3500 ans, peuple qui décréta au passage qu’il les avait élus ? Moment historique de la fin des polythéismes que Nietzsche décrit ainsi : « les dieux sont morts à cet instant là, mais ils sont morts de rire, en entendant l’un d’eux dire qu’il était le seul ». Faut-il mentionner encore qu’un type bien plus tard a prétendu un jour qu’il était littéralement le fils de Dieu fait homme, et qu’on l’a cru ? et qu’un autre en 700 a affirmé que Dieu lui avait parlé à l’oreille grâce à l’ange Gabriel ? Cette historicisation des légendes religieuses les démystifie plus efficacement que toute dialectique sur la nature de vérité… qui somme toute se dissout très bien dans le Coran ou la Bible. On peut aussi continuer et rappeler que le monothéisme fut un fléau, dans le prosélytisme qui lui est consubstantiel et amène forcément à des affrontements. Et que ses formes douces demeurent dangereuses, en particulier quant à la contraception, l’avortement, la ségrégation des sexes, le rejet de l’homosexualité. Car la religion, au sens étymologique, est ce qui relie : chaque peuple a donc sa religion, c’est à dire son histoire et ses valeurs propres. Vouloir que le peuple voisin ait la même histoire-religion que soi est une aberration, historiquement meurtrière. Les professeurs de philo peuvent continuer à se réconcilier avec leurs élèves musulmans en leur rappelant que la pratique religieuse est le fait des catégories sociales défavorisées, ce qu’ils ne vont pas nier… Car la nouvelle laïcité prônée par l’Etat français dissimule mal son calendrier, ses références, son substrat catholiques : Saint Thomas, Pascal, Descartes, Kant demeurent des vaches sacrées. Tandis qu’Averroès, Avicenne et surtout les matérialistes sont encore perçus comme des philosophes à la marge ! Comment apprendre à penser dans ces conditions ? RÉGIS VLACHOS
PRIX DES LYCÉENS ET APPRENTIS CONTES ET JARDINS LITTÉRATURE 69 Livres à dévorer ! Le 7 ème Prix Littéraire des Lycéens et des Apprentis de la Région Paca a été décerné dans l’allégresse C’est une tradition désormais : les Docks de Marseille ont accueilli un millier d’élèves venus de 29 établissements de la Région Paca pour cette Fête des auteurs. Ils les avaient vus déjà au cours des Forums organisés dans l’année, mais aussi rencontrés de façon plus intime dans leurs établissements au cours d’échanges fructueux, pertinents, dont les auteurs se réjouissent. Durant cette journée chaque établissement a proposé un retour en images ou en mots, théâtre, projections... autour des 6 romans et des 6 BD de la sélection. Inventivité assurée ! Le CFA hôtelier d’Avignon a réalisé un grand livre en chocolat : couverture en chocolat noir, feuilles en chocolat blanc, motifs en pâte d’amandes et impressions avec des colorants alimentaires ; le but : donner envie de « dévorer les vrais livres ». Des sculptures en carton ont été proposées par le lycée Méditerranée de La Ciotat mettant en volumes des objets-phares des ouvrages. Très remarqués : une immense chaussure rouge à talon, un bouzouki géant, un cercueil... Des ateliers d’écriture ont proposé des suites aux différents récits et des travaux autour de la BD témoignaient de la précision des apprentissages. L’ensemble a été Le jardin des fables Contes & Jardins a battu son record de fréquentation avec 7000 spectateurs en 4 jours ! Il faut dire que la 9 e édition réunissait tous les ingrédients : le parc des Troènes inondé de soleil, les spectacles gratuits, les animations abondantes et la programmation de qualité. De quoi faire de La Valette du Var « LA » destination préférée des enfants et des familles ce long week-end du 19 au 22 mai pour savourer un conte. Non, un bouquet de contes puisque 3 spectacles étaient offerts simultanément chaque jour sans discontinuer (sauf pause pique-nique), y compris en soirées. Sans relâche donc, 6 conteurs colportaient leurs histoires : Sylvie Vieville et sa drôle de petite souris Cacahuète ; Jean-Claude Contes & Jardins X-D.R Botton hilarant dans l’histoire (presque) improvisée de La mobylette de ma grandmère qui mêle passé et présent, autobiographie et délire imaginaire ; à l’ombre de la yourte marocaine, l’écossaise Fiona Macleod chantait une douce musique à l’oreille des tout-petits et entraînait les parents dans son jeu ; dans un jeu très physique Anne Deval et ses deux musiciens interprétaient une succession d’historiettes jubilatoires à la manière d’un slam ; Serge Valentin invitait dans ses balades contées occitanes le facteur-conteur québécois Pierre Labrèche pour une rencontre « au sommet » ; encore une fois la souris s’est taillé la part du lion avec Catherine Caillaudet sa petite Lili sortie de son panier à histoires… Les contes, c’est la parole libre, les mots biscornus, tordus, ceux que l’on invente ou que l’école interdit ! Les conteurs s’en donnèrent donc à cœur joie et les enfants aussi qui répondirent du tac au tac et inventèrent la fin d’une intrigue… entre deux tours de piste sous les chapiteaux, ils se répandirent dans les espaces ludiques aménagés, prirent place sur les manèges animés ou découvrirent avec étonnement le Parc des Nains de jardins et son écriteau : « Il est interdit de donner à manger aux nains » ! Mais ça c’est pour les plus grands. M.G.-G. Contes & Jardins s’est déroulé du 19 au 22 mai à La Valette-du-Var Gregoire Hervier (roman) et Alfred (BD), laureats du Prix autour de Patrick Menucci Marina Pollas installé par Annabelle Arnaud, du FRAC, chargée de Projets en milieu scolaire. Les auteurs distribuaient autographes et dessins sur la musique d’un tout nouveau groupe, Teental Project, avec zarb iranien, tablas, sitar et violon, puis se sont livrés à des prestations musicales : Maël (guitare et chant), Philippe Carrese et Grégoire Hervier (guitare), AhmedKalouaz ont repris Brassens puis un succès des Rolling Stones. L‘ambiance était chaude à l’arrivée de Patrick Mennucci, Vice-Président de la Région venu remettre les Prix de 3000 € à Grégoire Hervier et Alfred. En ces contextes de fortes restrictions budgétaires des les LL DE [PAULI MCA 1 E11130 CALCAZU EiBLIPTHÈCLE EklAFSEILLi A VCCATION -11"GEttiLE 0XS EEOLIADE AVEC LE SOUTIEN UE LI NSTITUT FRANÇAIS TU N 151 E actions culturelles en milieu scolaire, tant au niveau du Ministère de l’Education que de celui de la Culture, le Prix Régional continue d’établir un lien essentiel, et direct, entre auteurs et lycéens. Dès septembre 12 nouveaux livres seront soumis à leur choix souverain. Et une fois encore, sacrément pertinent ! CHRIS BOURGUE Zen City, Grégoire Hervier, Au diable Vauvert, 18,50 € (voir Zib’38) Je mourrai pas gibier, Alfred, Delcourt, 15 € (voir Zib’40) Tous les ouvrages de la sélection ont été chroniqués dans Zibeline MuCEM liEF 1P ; t1411.1ihrliiii ardis du MuCEM leFOITC.P.51.117 Comprendre les civilisations entre Méditerranée et Europe MILLET unisie, le temps des libertés par Sana BENACHOUR, Lina BEN MHENNI t Yva-Aubrn 13E LA MESSUZIÈ R E vve 1.01 : 40ARSEELE I nvow.mei-srefe.h-



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