Zibeline n°42 juin 2011
Zibeline n°42 juin 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°42 de juin 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 10,2 Mo

  • Dans ce numéro : théâtre... cap sur l'Égypte.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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64 CINÉMA ALHAMBRA AFLAM Sept ans de projections e Comme depuis sept ans, deux jours seulement après la clôture du festival cannois, l’AlhambraCinéMarseille a projeté douze films de la Quinzaine des réalisateurs. Ouverture en numérique -une première à St Henri- avec El Velador, documentaire mexicain de Natalia Almada et Après le sud de J.-J. Jauffrey, long métrage soutenu par la Région PACA. Deux mises à nu qui osent prendre le temps. Le premier immerge le spectateur jour après nuit dans le quotidien répétitif du baroque narco-cimetière de Culiacan. Des maçons posent le dôme d’une chapelle, une jeune femme lave névrotiquement le prétentieux mausolée d’un caïd, Corpo celeste d'Alice Rohrwacher le veilleur arrose la terre rouge, pulvérulente et assoiffée, des bougies vacillent dans la nuit pourvoyeuse des morts du lendemain tandis que la vieille télé crachotante énumère les victimes d’une guerre hors champ. Le second, based on true story, autopsie avec la précision du légiste un fait divers banal. Excédé par le bruit, un retraité a tiré sur un jeune homme et l’a tué. Jauffrey déconstruit le drame, croise les itinéraires spatiaux et psychologiques de chaque protagoniste, différant l’instant tragique vers lequel ils convergent inéluctablement. Face à tant de noirceur, tendres et décalés, deux Printemps arabe Du 23 au 31 mai, AFLAM a présenté à la lumière du printemps arabe, films longs et courts très divers, venus d’une dizaine de pays. Heureuse initiative qui permet de voir des films dont certains n’ont pas de distributeurs en France. C’est le cas du deuxième long métrage d’AhmedAbdallah, Microphone, qui devait sortir sur les écrans du Caire… le 25 janvier 2011 ! Les Egyptiens n’étaient pas dans les salles obscures mais sur la place Tahrir, comme l’a rappelé l’acteur principal, coproducteur, le charmant Khaled Abou Nadja, invité le 27 mai au cinéma Variétés. Le film, au départ, devait être un documentaire ; Khaled retourne à Alexandrie après des années d’absence et découvre les graffitis de la jeune Aya Tarek qui lui présente des artistes underground, musiciens et chanteurs de hip hop, de rock, de métal rock. Cela devient un film de fiction où chacun joue son propre rôle. Khaled s’intéresse à ces artistes qui n’ont pas de scène et envisage d’organiser un grand concert qui n’aboutit pas. De son côté, la fille qu’il aime décide d’aller poursuivre ses études à l’étranger et les liens qu’il crée avec les quatre troupes, Massar Egbari, Y Crew, Mascara et Sout fil zahma lui permettent de surmonter cette déception. On le suit dans les dans les salles de répétition, dans la rue, dans leurs locaux exigus, filmé par deux jeunes cinéastes, film dans le film. Cette œuvre à l’écriture particulière, dense, au montage et au rythme saccadés, qui se regarde à la manière d’un puzzle qu’on reconstitue, a obtenu Le Tanit d’Or à Carthage « pour son audace, sa jeunesse, l’efficacité de sa musique et la richesse de ses personnages dans une société qui refuse d’octroyer à des jeunes musiciens la place qu’ils revendiquent » ainsi que prix du meilleur film arabe à la 34 e édition du Festival international du film du Caire. Microphone est sur le catalogue de la nouvelle société de distribution panarabe de films indépendants, Pacha Pictures, (www.pachapictures.com) lancée au festival de Cannes : souhaitons qu’il soit bientôt distribué dans les salles ! ANNIE GAVA films belges offrent des contes à sourire assis. Résolument rétro, tourné au Havre, La Fée du trio burlesque Abel, Gordon et Romy, enchaîne les gags visuels, hommages à la maladresse, au bancal, à l’inachevé, au déséquilibre, à la persévérance des rêves qui donnent la force de transformer la vie. Les géants de Bouli Lanners, récompensé par l‘Art Cinema Award et le prix SACD, suit la fugue initiatique de trois adolescents livrés à eux-mêmes dans l’immensité paradoxale des forêts luxembourgeoises. Pas de services sociaux, d’adultes responsables pour ces trois petits cochons dont les abris s’effondrent. Ces Poucets sans cailloux qui coupent les ponts, dérivent au fil de l’eau, fument de l’herbe, se teignent en blond, font leurs quatre cents coups, rencontrant un grand méchant loup dealer et une fée providentielle. Plus réaliste et satirique, mais tout aussi initiatique, le premier film d’Alice Rohrwacher Corpo Celeste met en scène une ado à peine pubère qu’on prépare à sa confirmation. Croire au miracle, s’intégrer, grandir, la jeune fille le voudrait bien mais la Calabre catéchisante qu’à son arrivée de Suisse elle découvre, sale, laide, glorifiant les simagrées religieuses de directeurs de conscience qui ont perdu la leur, ne l’aide guère. Mention spéciale pour La nuit elles dansent d’Isabelle Lavigne et Stéphane Thibault, documentaire québécois tourné au Caire. Un nocturne d’une vitalité folle qui met en lumière à travers les portraits croisés de quatre danseuses de baladi - peu avant l’éclosion des printemps arabes- les contradictions de la société égyptienne. Quand la vie nourrit le cinéma, qui le lui rend bien. ÉLISE PADOVANI O Microphone d'Ahmad Abdalla Aflam 04 91 47 73 94 www.aflam.fr À venir Du 6 au 12 juillet, la Caravane des cinémas arabes en Région (voir p.62)
CANNES CINÉMA 65 On y court toujours ! Ils ont bien de la chance les « marathoniens » de Cinécole ! Point d’attente pendant des heures, dans des queues, sous le soleil, aucun problème de choix de films, d’horaires ! Le Festival de Cannes dans un (seul) fauteuil ! La commission Cinécole, composée de six enseignants, a sélectionné -particulièrement bien cette année- 14 films de toutes les sections du Festival, que les 350 enseignants et étudiants, dont 32% d’Aix-Marseille, ont regardés les 21 et 22 mai, durant une trentaine d’heures, dans la salle du Miramar, prenant la suite des spectateurs de la Semaine de la Critique. Leur première étape, un voyage en utopie, les a conduits à Lorient où s’est déroulé un événement encore plus étonnant qu’une invasion de coccinelles : 17 filles, enceintes en même temps. Inspiré d’un fait divers, en 2008, dans le Massachussetts, le premier long métrage de Delphine et Muriel Coulin, qui brossent ici un portrait de l’adolescence et de son désir de liberté et de responsabilité, est très maîtrisé, bien construit et lumineux. Deuxième étape, un retour dans l’histoire du cinéma, au moment où il devient parlant, avec le brillant The Artist de Michel Hazanivicius, où Jean Dujardin incarne une vedette du cinéma muet, dépassé par cette « révolution » et… sauvé par l’amour. Un film en noir et blanc, truffé de trouvailles scénaristiques et de clins d’œil. Les étapes se sont succédé jusqu’au matin, emmenant les marathoniens cinéphiles au Havre -un havre de paix- en compagnie d’un ex-écrivain cireur de chaussures (André Wilms) qui soigne sa femme, Arletty (Kati Outinen, la muse de Kaurismaki), et a décidé de sauver un jeune immigré clandestin. Kaurismaki filme le port, les containers, les rues avec le talent qu’on lui connaît ; chaque plan est un tableau. Le Havre a reçu le Michel Vauzelle et les lyceens marseillais du lycee Diderot, à Cannes le 21 mai lors de la montee des marches X-D.R. Prix de la Critique internationale. Autre conte filmé au Havre, La Fée, dont les auteurs interprètes, le trio Abel-Gordon-Rémy, sont venus rencontrer le public… juste après les derniers coups de minuit ! Un moment très agréable avant les deux heures et demie d’horreur du film The Murderer du Coréen Na Hong-jin que seuls les amateurs de cinéma d’action, de courses-poursuites, d’explosions de violence sanguinolente auront apprécié. Vers 6 heures du matin, la centaine de spectateurs encore éveillés ont accompagné dans une Vienne pâle et triste la quête de Roman Kogler (excellent Thomas Schubert) abandonné à sa naissance, meurtrier par colère à 15 ans, côtoyant quotidiennement la mort et le chagrin de par son emploi aux pompes funèbres, qui veut retrouver sa mère… Atmen, un premier film de l’acteur autrichien KarlMarkovics, sobre, réaliste et plein d’humanité auquel le Jury de la Quinzaine des réalisateurs a attribué, à juste titre, le Label Europa Cinemas, visant à développer la promotion des films européens dans les salles. Dimanche matin, l’ultime étape s’est faite à bord d’un vieux camion rouge qui transporte des troncs d’acacias en compagnie de Rubén, Germán De Silva, blindé dans la douleur d’une perte, qui emmène, de Puerto Falcon au Paraguay jusqu’à Buenos-Aires, une mère et sa fille, un bébé de quelques mois. Ils ne se parlent pas ou très peu ; il ne se passe pas grand-chose ; le voyage est long mais on ne s’ennuie pas. Le talent de Pablo Giorgelli est de nous faire participer à ces échanges de regards, à ces changements presque imperceptibles, à l’ouverture de cet homme au monde. Et le bébé est formidable ! Sélectionné à la Semaine de la Critique, Las Acacias a obtenu la Caméra d’Or qui a pour objet de mettre en valeur un premier film. Point de Prix Éducation Nationale cette année à Cannes, mais encore le Coup de Cœur du public de cette manifestation organisée par Cannes Cinéma et la Délégation académique à l’éducation artistique et culturelle (DAAC) de Nice : le film de Nadine Labaki (voir ci-dessous). ANNIE GAVA www.ac-nice.fr/daac/cinema www.cannes-cinema.com D Livrer la cité aux femmes Une première séquence d’une grande beauté : des femmes vêtues de noir, certaines portant un crucifix, d’autres un voile, dans la poussière d’une plaine désertique, s’avancent vers nous en dansant puis s’arrêtent, se divisent ; les unes vont vers un cimetière chrétien, les autres vers les sépultures musulmanes. Dès cette image, on sent la détermination de ces femmes, placées au centre de l’histoire, qui vont tout faire pour que la guerre ne se rallume pas dans ce village isolé de la montagne libanaise- mais le pays n’est pas précisé- pour éviter qu’il y ait à nouveau violence, mort et douleur. Saboter le téléviseur, recruter de jeunes danseuses ukrainiennes aguichantes pour divertir les hommes, se « convertir » à la religion de l’autre, elles ne reculent devant rien pour Et maintenant on va ou de Nadine Labaki empêcher les mâles de reprendre le combat devant les incidents qui se multiplient : invasion d’animaux dans la mosquée, croix brisée, sang de poule dans le bénitier. Elles sont brillantes, malignes et drôles. Car vous l’aurez compris, ce thème grave de la guerre, Nadine Labaki l’a traité en s’appuyant sur le désir de paix des femmes, comme dans Aristophane dans Lysistrata, et avec humour mélangeant les genres : comédie à l’italienne avec les personnages du curé et de l’imam, comédie musicale, fable, conte. Comme dans Caramel elle interprète une des protagonistes, la superbe Amal (la Paix, en arabe) alors que la majorité des interprètes du film sont des acteurs non professionnels, formidables, recrutés à Taibe où ce film, plein d’émotion a été tourné. Un vrai Coup de cœur pour Et maintenant on va où ? présenté dans la sélection Un certain Regard. A.G.



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