Zibeline n°42 juin 2011
Zibeline n°42 juin 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°42 de juin 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 10,2 Mo

  • Dans ce numéro : théâtre... cap sur l'Égypte.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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52 DANSE CHÂTEAU ARNOUX MARSEILLE NÎMES La Ville, le Virtuel, et le bel aujourd’hui o Château Arnoux a eu le privilège de voir la concrétisation d’une année de recherches, de tâtonnements du collectif Nomade Village Une place, la nuit. Des colonnes de cartons, immeubles lumineux, écrans sur lesquels les villes s’animent, Savigliano, Marseille, Osaka… Les images débordent des écrans, superposent d’autres villes d’autres lieux sur les façades, les cartons constituent de nouveaux supports aux images des danseurs, comme défragmentées, étirant leurs bras vers d’inatteignables horizons… Les foules tournoient entre des lignes de béton abstraites, la musique émerge des bruits de la foule, gestes, simples, répétés, qui s’emportent soudain jonglant entre le dérisoire de la condition humaine, et ses aspirations à survivre dans des lieux qui la nient. La musique de Philippe Domengie, de Timbre Timbre ou de Lounge Lizzard, enveloppe tout cela, tisse de nouvelles correspondances. Quelques spectateurs s’intègrent à la chorégraphie, on se déplace au gré des évolutions, l’appréhension du spectacle est dynamique, vivante. Nous sommes tous des corps de ville, évoluant dans le prisme des informations des panneaux publicitaires, des lumières, des architectures. Les danseurs grimpent à l’assaut des murs, émergent du béton, soulignent la dichotomie irréductible entre l’humain et le monde minéral dans lequel il évolue. Le monde contemporain lui échappe, la ville dédaigne ces corps qui ne savent même plus trouver le confort d’un fauteuil, le cheminement d’une route, la main tendue d’un ami. Les moments chorégraphiques, fragmentés dans les différents lieux, virtuels et réels, trouvent ici une unité profonde qui interroge le public, à la fois spectateur et acteur, qui constate le non sens de l’individualisme que la ville induit par sa nature même. Intéressante parabole que la reprise du thème des chaussons rouges par un danseur aux castagnettes qui l’entraînent dans un mouvement sans échappatoire… Parfois le propos se teinte d’humour, joue sur la polysémie des clichés, ce qui ajoute au charme de ce spectacle dans lequel 5 danseurs venus d’horizons différents, cirque, acrobatie, danse classique, contemporaine, croisent leurs techniques en un travail très maîtrisé. En fait, ce projet, qui chemine depuis avril 2010 à Savigliano, dans le cadre du projet transfrontalier CAT, est d’une si grande richesse qu’il n’arrivait pas à tout rassembler, comme on avait pu le voir lors de la représentation du 9 octobre dernier à Savigliano, Dernier hommage au mythe Le duo Cage-Cunningham a revécu au Théâtre de Nîmes, pour un spectacle d’autant plus émouvant qu’il marque une des dernières représentations de la Merce Cunningham Danse Company La musique ouvrait la manifestation le 16 mai au Carré d’Art avec les prestations sonores des alchimistes du son : David Berham (QSRL 2), Jesse Stiles (For Scutopus, on the Rooftop) et Kosugi (Cycles), précédés de Four (Cage), œuvre dans laquelle la clarinettiste Carol Robinson, fidèle à l’esthétique de Cage, rajoute une touche électro-acoustique dans ses interventions aléatoires. Les élèves auraient-ils dépassé le maître en produisant une ambiance sonore saisissante, générée par une installation électronique interactive relayée par une amplification polyphonique exemplaire ? De quoi ouvrir nos sens à des créations sonores insoupçonnées dans des conditions optimales de sonorisation : Event, création commune, le confirmait. Les 17 et 18 mai, la MCDC faisait revivre l’esthétique Q, Pondway, Merce Cunningham Dance Company Carol Pratt où la place de la danse s’était comme dissoute dans la fascination de l’outil vidéo, avec un propos éloigné du spectacle présenté en danse de rue dès juillet 2010. Aussi est né un diptyque, Des corps de ville et Ubik, qui sera plus axé sur la performance multimédia et qui verra le jour à Martigues au printemps prochain (voir p 34). Il sera monté en collaboration avec le collège Wallon et le lycée Lurçat. Le collectif Nomade Village réalise ici un projet d’une belle envergure qui concernera ensuite trois capitales culturelles Maribor (Slovénie) Guimarães (Portugal) et Marseille Provence. Mais, parler d’achèvement est réducteur pour cette troupe polymorphe, chaque spectacle étant conçu comme une étape dans la réflexion, sur le monde ses rapports avec l’art, la vie. Aboutie, cependant… MARYVONNE COLOMBANI de l’enfant chorégraphique du Black Mountain College : Pond Way sur un fond sonore minimaliste de Brian Eno évoquait une plastique sensuelle et collective par ses déséquilibres récurrents, adoucis par des costumes blancs évanescents. Plus centré sur l’individu et ses dédoublements, Quartet faisait renaître la présence du chorégraphe sous les traits de l’un des danseurs au mimétisme frappant catalysé par la bande son de David Tudor. Sur fond de scène baroque matérialisé par des drapés savamment plissés, c’est à nouveau une musique puissante de Tudor aux allures de volière buissonnante qui générait des envolées finement combinées. Cette dernière chorégraphie de 1975, nous faisait mesurer l’évolution de notre perception et soulevait à nouveau, ne serait-ce que par son titre Sounddance, les rapports musique/dance remis en question par Cage et Cunningham. PIERRE ALAIN HOYET À noter Le MCDC dansera Nearly 90 2 lors du Festival de Marseille (voir p 42) Des corps de ville Le Nomade Village
MARSEILLE AIX AVIGNON NÎMES DANSE53 Comme on ne la verra plus… La Friche la Belle de Mai rivalisait d’imagination en ces temps d’au-revoir, comme ce 25 mai où le public courut le marathon à l’invitation de Système Friche Théâtre, du Groupe Dunes et de Marseille Objectif Danse ! D’abord « dedans » avec MOD pour découvrir l’installation vidéo de Daniel Larrieu, Ice Dream, prétexte à une expérience de la marche silencieuse. Une parenthèse de zenitude sur cette planète affolée, sur les traces d’un chorégraphe-arpenteur des paysages de la côte Est du Groenland où toute présence humaine pourrait paraître comme une odieuse faute de goût. Sauf que Daniel Larrieu est homme des espaces vierges, que sa caméra caresse l’herbe et la glace sans les déflorer et que sa danse se fond dans l’immensité : il dérive, seul, sans jamais bousculer l’ordre naturel des choses. L’ex-directeur du CCN de Tours s’offre une virée au pays de la lenteur, de la contemplation, tel une vigie inattendue : son travail, scénographié avec soin pour la Friche, en laissa plus d’un décontenancé : tant de silence, tant d’images simples, de mouvements imperceptibles… Ensuite « dehors », toujours avec MOD, mais de manière plus bruyante et chaotique : le public s’amusa dans un premier temps des pérégrinations du trio performatif de Martine Pisani, as far as the eye can hear, rencontre improbable sur le parking de la Friche entre les Pieds Nickelés et un Buster Keaton désorienté, avant de réaliser que cette proposition qui « ambitionne la construction du temps » avait dévié de sa ligne en se focalisant sur la construction de l’espace. Après une rencontre-repas aux Grandes Tables de la Friche avec Patrick Bouchain et Jean-Luc Brisson en maîtres de cérémonie, les plus intrépides et les moins affamés se retrouvèrent sur le toit-terrasse avec le Groupe Dunes. Car la friture d’épluchures en apéritif, la soupe de légumes bue à même la feuille de chou et le breuvage servi dans la brouette ne pesèrent guère sur leur estomac… Bref, la fin de soirée fut calme sur les hauteurs de la Belle de Mai, entre jardins minimalistes, vague lumineuse, installation sonore, Martine Pisani, as far as the eye can hear, Friche Belle de Mai 2011 Francis Blaise et cette inscription en néons écrite en majuscules, V.I.D.E., qui résonna étrangement… M.G.-G. Le temps fort Entrez c’est le chantier ! se déroula du 21 au 25 mai b Le nouveau directeur de Système friche Théâtre vient d’être nommé, il s’agit d’Alain Arnaudet. Portrait de l’homme et du lieu dans le prochain numéro de Zibeline. Barbara éternelle Gageure que de rendre hommage à Barbara, l’indéfinissable… Les chansons de la dame en noir ne passent guère sur les ondes. L’oubli insidieux guette les enfants de Göttingen, la pluie qui tombe toujours sur Nantes, l’aigle noir et ses yeux couleur rubis, le mal de vivre, la légèreté de l’amoureuse et de la malheureuse… Marie- Hélène Desmaris se laisse porter par les mots, les rythmes… ses immobilités se nourrissent de sens, puis le corps s’emporte soudain, quand Barbara interprète Sur la place de Brel. Grâce à la mise en lumière, le regard accroche les spectateurs, les interroge, anime les textes de tensions nouvelles. Puis la voix parlée de la chanteuse évoque son travail, ses aspirations… Il y a quelque chose de profondément vrai dans ce spectacle, avec le choix d’interviews, d’enregistrements en public, dans lesquels la voix se développe avec son grain, son épaisseur humaine. Dimension que la semaine de résidence à Théâtre et chansons a permis de peaufiner, même si la danse pourrait gagner à s’affranchir du minimalisme. MARYVONNE COLOMBANI Solo danse autour des chansons de Barbara, Marie-Helene Desmaris X-D.R Spectacle donné à Théâtre et chansons, Aix les 28 et 29 mai À venir Festival off du 8 au 31 juillet à 21h15 (relâche les 19 et 24 juillet) Théâtre Isle 80, Avignon 04 88 07 91 68 http://isle80.wordpress.com Le corps, l’image et le discours X-D.R Le duo théâtre et danse de Yan Gilg et Hamid Ben Mahi relève d’une entreprise édifiante plus que nécessaire : joué à l’Espace Busserine au cœur des HLM du Merlan devant un public de jeunes des cités, il porte une parole documentaire historiquement juste et intimement sensible, sans agressivité ni dérive, avec ce qu’il faut de révolte et de distance. Le travail sur les images documentaires est parfait, la musique passe avec pertinence du souvenir traditionnel au rap qui, en France, est né de l’immigration. Yan Gilg slame et joue avec l’histoire de la décolonisation algérienne, disant avec une belle sensibilité l’humiliation des « indigènes », et toutes celles qui ont suivi. Mais trop de faits tuent l’effet, et il perd parfois son public dans ces énumérations successives qui toutes disent le même besoin de reconnaissance. Hamid Ben Mahi, avec sa danse toujours aussi magique, si fluide, précise et virtuose, attrape aux corps ces jeunes plus efficacement. Entraînés par cette souffrance et cette révolte incarnées, assimilées, réfléchies, apaisées sans reniement, il est le portrait vivant, en mouvement, de l’histoire de leurs pères. Visible soudain, et acceptable, comme une filiation enfin possible. A.F. Beautiful Djazaïr a été dansé à l’Espace Busserine, Marseille 15e, le 28 mai



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