Zibeline n°42 juin 2011
Zibeline n°42 juin 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°42 de juin 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 10,2 Mo

  • Dans ce numéro : théâtre... cap sur l'Égypte.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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28 SAISONS GAP Salves de Maguy Marin Christian Ganet, La maison dans la vallée La Scène nationale de Gap vit un moment de transition difficile : son compagnonnage avec le théâtre de Briançon s’est achevé dans la douleur, et Pierre-André Reiso, qui dirige La Passerelle depuis sa création, s’en va… L’occasion pour Alain Neddam, directeur adjoint du théâtre, et Catherine Marnas artiste associée, de parler des particularités de cette Scène Zibeline : Pourquoi a-t-on l’impression que la Passerelle n’est pas tout à fait un théâtre comme les autres ? Catherine Marnas : On se disait avec des collègues qu’on devrait établir un guide Michelin des théâtres, avec des critères objectifs sur la qualité de l’accueil, la compétence des équipes, mais aussi l’écoute du public, l’investissement financier… À Gap toutes ces choses là sont exceptionnelles : les techniciens sont des artistes, des musiciens, et tout le monde, les relations publiques, regarde réellement les spectacles, des coulisses ou de la salle, et vous en parle avec pertinence. Alain Neddam : François Cervantès dit que c’est une maison. Ici on s’occupe des artistes. C’est lié sans doute au caractère insulaire des Hautes-Alpes qui concrètement nous amène à prévoir des transports, à réserver des restaus. Mais cette chaleur relève surtout de la personnalité de Pierre-André Reiso. C’est un honnête homme, un humaniste, en 23 ans il n’y a pas eu un conflit social.C.M. : Il dit que son boulot consiste simplement à réunir les conditions pour que les artistes s’expriment au mieux sur le plateau. C’est devenu rare… Son départ à la retraite, qui est un renoncement en fait face à des difficultés politiques à Briançon puis à Gap, a une valeur d’alerte : le sens de ces formidables outils de diffusion est perdu, des élus gâchent cette chose-là par ignorance de ce qui s’y passe vraiment. De la magie et de la fragilité du lien créé avec un public. Vous en parlez en connaissance de cause ! C.M. : Oui, c’est la plus longue association entre un artiste et un équipement national. Ma première création à Gap date de 1992, Pierre-André était persuadé que seules des créations pouvaient donner une âme à ce lieu. Alors il les a coproduites. Toutes, depuis. Combien ? C.M. : Une quinzaine… A.N. : Plus que ça. (Ils énumèrent, je compte) Cela fait 23 créations de Catherine Marnas à Gap ! À ce point-là, cela a dû influencer votre esthétique…C.M. : Oui, certainement. Cela correspondait à cette idée de partage avec le public que Vitez m’avait transmise. À mon souci de lisibilité d’un spectacle, pour que personne ne soit laissé à la porte, même s’il n’a pas toutes les références culturelles qui lui permettent de comprendre chaque allusion. Ce qu’il y a de magnifique dans l’histoire de ma compagnie à Gap, c’est notre relation avec le public. La moitié nous connaît, nous fait la bise en entrant, nous parle du spectacle en sortant. À Paris j’ai retrouvé récemment un jeune comédien qui venait de Gap, et avait attrapé son virus à la Passerelle. Comment aurait-il fait sans la Scène nationale ? A.N. : Depuis que je suis arrivé il y 6 ans à la direction adjointe, j’ai pris la mesure de ce qui se passait ici. Rendez-vous compte ! Ici on vend entre 25 000 et 30 000 billets par saison pour une ville de 40 000 habitants. À Briançon le ratio était encore plus étonnant : 11 000 billets vendus pour 11 000 habitants. Le tout dans un département à peine peuplé comme un arrondissement marseillais.C.M. : Et avec une programmation sans concession au goût supposé du public, sans spectacle d’humour, sans tête d’affiche… A.N. : Oui. Parfois on s’est laissé prendre à programmer un spectacle à succès… le public n’a pas suivi ! Il s’attend à trouver ici quelque chose d’exceptionnel, pas ce qui passe à la télé. Le théâtre est si loin parfois, en hiver… À quoi sont dues les difficultés politiques ? A.N. : C’est difficile à préciser. Un ressentiment vague des deux villes, des reproches quant au léger déficit que nous avons eu ces dernières années après 20 ans de gestion sans faille, à cause d’un défaut imprévu de mécénat… Et aussi, de la part du nouveau maire de Briançon, l’impression d’être satellisé par Gap, sans doute. Vous avez pourtant établi un système de circulation qui fonctionne, et allez dans les communes voisines, avec les tournées excentrées. A.N. : Oui. Depuis 1995. La Passerelle était un pionnier, à présent de nombreux théâtres pratiquent cette décentralisation dans les petites communes. Aujourd’hui la Passerelle aurait besoin d’une petite salle, qui permettrait de programmer des spectacles différents que dans une salle de 820 places. Notre projet de l’Usine Badin va voir le jour, une véritable fabrique de spectacles qui pourra peut-être accueillir de petites formes. Le nouveau directeur sera nommé bientôt ? A.N. : Début juillet. Il reste une short list de 7 personnes. Dont vous faites partie. A.N. : Oui, j’ai postulé pour être directeur, en espérant pouvoir poursuivre le travail que j’ai mené ici depuis 6 ans avec Pierre-André. Et la saison qui s’annonce ? A.N. : Elle est bouclée, mais ne sera révélée au public que le 18 juin. Je peux vous dire d’ores et déjà que Renaud-Marie Leblanc, nouvel artiste associé, viendra créer le Malade Imaginaire et reprendre sa Conférence, que le BNM dansera Moving Target, que Catherine et Raoul Lay collaborent à nouveau pour créer une forme de théâtre musical jeune public, à partir du Jekyll de Stevenson… et qu’il y aura Olivier Cadiot, Maguy Marin, Camille Boitel… ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AGNÈS FRESCHEL La Passerelle, Gap 04 92 52 52 52 www.theatre-la-passerelle.eu
GRASSE SAISONS 29 Vers l’État de Grasse ? Play Koen Broos Sur le chemin d'Antigone Elian Bachini JP" it }, 1el Avec deux lieux permanents de création et de diffusion dans les Alpes-Maritimes -le Théâtre de Grasse et le CDN de Nice- l’offre théâtrale paraît réduite au regard de sa démographie : 1 million d’habitants environ. « Une situation particulière qu’il faut prend en compte » selon Jean Flores, directeur du Théâtre de Grasse, qui alerta Frédéric Mitterrand en mai 2010 « sur la nécessité d’une labellisation du théâtre en scène nationale afin de prolonger le développement constant de son projet artistique et culturel ». Mais la réponse du ministère reste floue : « il nous attribuerait le label s’il pouvait établir un rapprochement avec Cannes et/ou Antibes sur le projet d’une scène nationale territoriale, à l’instar de Toulon/Ollioules ou Beauvais/Compiègne ». Du coup l’ouverture du Théâtre d’Antibes en 2013 (1300 places) n’apaise pas la situation. « La programmation devrait être assurée à titre personnel par Daniel Benoin (directeur du CDN de Nice,ndlr) commente Jean Flores. On a entendu dire que son projet artistique serait musical et qu’il accueillerait des orchestres en résidence ». Et d’ajouter : « on va essayer de s’approcher du projet antibois mais la difficulté actuelle est liée à la reconfiguration des communautés de communes » … Pour l’heure le Théâtre de Grasse espère toujours une labellisation qui, par l’augmentation des subventions de l’État (de 170 000 € à plus 500 000 € /an) lui permettrait de proposer plus de créations, plus de coproductions et plus de résidences. Et il est clair que le Théâtre de Grasse a d’ores et déjà, depuis plusieurs années, le budget (hors l’État !), la programmation, en termes de volume et de qualité, et le public d’une scène nationale. Nomade en son pays Avec un financement accru du Département, de la Communauté d’agglomération Pôle Azur Provence et du Club des partenaires désireux d’associer l’image de leur entreprise à celle du théâtre, plus de 35 spectacles sont programmés, sans compter l’ouverture champêtre à St Vallier avec Les Gandinis, experts en illusion, et les 2 e Rencontres des musiques sacrées du monde. Autour d’un seul mot d’ordre, l’éclectisme, et d’un objectif : toucher un public familial ! Pari tenu puisque « depuis 15 ans nous avons des générations complètes et même des familles recomposées qui s’abonnent » s’enthousiasme Jean Flores. Depuis les tout-petits dès 18 mois avec une saison jeune public riche de propositions (Comment ai-je pu tenir là-dedans ?, théâtre visuel inventif et élégant de Jean Lambert-Wild et Stéphane Blanquet ; Le Chagrin des ogres, premier opus de Fabrice Murgia repris à l’Odéon à Paris l’an prochain ; la nouvelle création d’Olivier Letellier La Scaphandrière après l’admirable Oh, boy ! …) jusqu’aux adultes amateurs de têtes d’affiches au service de très beaux textes : Catherine Frot et Beckett (Oh les beaux jours), Annie Duperey et Anouilh (Colombe), Bruno Abraham-Kremer et Romain Gary (La promesse de l’aube), Jean-Claude Dreyfus et Emmanuel Darley (Le mardi à Monoprix), Marilu Marini et Jean Genet (Les bonnes) au plus inattendu Éric Cantona et Alfred Jarry (Ubu enchaîné)… Amateurs d’artistes internationaux aussi : Wajdi Mouawad et son Temps aussi mythique que messianique, Sidi Larbi Cherkaoui en duo avec Shantala Shivalingappa dans Play dédié à Pina Bausch… Le théâtre fait aussi la part belle à la découverte de jeunes talents (la Cie Timbre 4 et son jeune metteur en scène Claudio Tolcachir, Julie Bérès…) et aux compagnies régionales (Castafiore, du Dire-Dire, Humaine, YannLe Meignen, Vol plané…), s’engageant le plus souvent possible dans des coproductions. Il tente aussi les aventures nomades dans les collèges et les villages grâce à la Communauté d’agglomération Pôle Azur Provence, en compagnie d’Alexis Moati et de son fameux Malade imaginaire et de la Cie Circ’ombelico. Enfin, il s’engage auprès du Dynamo Théâtre durant 2 ans pour monter Jusqu’à la mer, financé à 90% par la Société Lyonnaise des Eaux. Projet qui introduit la pratique amateur, un travail de collectage de la parole des grassois, des ateliers d’écriture, une dramaturgie et une mise en scène : « un vrai propos sur le théâtre, et une grande humilité » qui ont séduit Jean Flores. M.G.-G. Théâtre de Grasse Saison 2011 2012 04 93 40 53 00 www.theatredegrasse.com. I Fill bois 0442 4640 34 I Ilt14ti11ÏigplAtn



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