Zibeline n°41 mai 2011
Zibeline n°41 mai 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°41 de mai 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : chantiers... construire face à la mer.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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08 POLITIQUE CULTURELLE CHANTIERS Passerelle reliant le batiment de Rudy Ricciotti au Fort Sant Jean Agence Rudy Ricciotti Le MuCEM prend sa place dans l’univers marseillais. Tout d’abord contesté, décrié même, il s’impose dorénavant comme un incontournable dans le paysage de la vieille cité. Reste à se demander comment l’institution fonctionnera et comment elle organisera la rencontre entre ses composantes européenne et méditerranéenne. Bruno Suzzarelli, directeur du MuCEM, esquisse quelques réponses Un projet pour Marseille, une vision pour l’Europe et la Méditerranée ! Zibeline : Après avoir connu du retard à l’allumage, il semblerait que l’on soit sur la bonne voie. Quelles sont les dates prévues d’ouverture au public ? Bruno Suzzarelli : L’accès au public devrait se faire au printemps 2013. La période d’hésitation est loin derrière nous. Il s’agit maintenant d’achever les opérations de transfert et notamment d’inventaire, ce qui est très lourd au vu de la masse des objets conservés (un million et demi de pièces). L’investissement pour la construction provient majoritairement de l’État, mais aussi des collectivités et de la ville. Pour le fonctionnement, quelles seront les parts respectives des bailleurs initiaux, et des ressources générées par les activités et les partenariats avec le privé ? Le MuCEM est un Musée National qui fonctionne comme tel : l’État en a totalement la charge. Nous ne désespérons cependant pas de convaincre les collectivités locales de participer ponctuellement. Quand aux ressources générées par le MuCEM, elles proviendront des droits d’entrée, du mécénat avec les particuliers ou les entreprises et enfin de la location d’espace (soirées privées...). On évoque souvent le MuCEM pour son œuvre architectural ou pour la richesse de ses collections. Pourtant c’est un projet plus global qui sort de terre… Effectivement il y a une volonté de s’inscrire dans le Le Jardin mediterraneen du Fort Saint Jean Agence Aps - Golem
POLITIQUE CULTURELLE 09 développement culturel, économique et urbanistique de la région. Nous ne pouvions pas envisager d’installer le musée comme un objet étranger dans le paysage. Vieux musée avec une longue histoire (il prend la suite du Musée des Arts et Traditions Populaire), nous voulons l’inscrire et l’enraciner au plan régional et local. Outre qu’il est la pointe avancée d’Euroméditerranée, il est un lien entre Arenc et le Vieux Port, une articulation de la ville et contribue aux opérations de requalification du quartier. Cela se double d’une préoccupation majeure pour nous : l’action culturelle et sociale. Nous voulons attirer vers le Musée des populations d’un quartier peu favorisé et leur faire prendre conscience que la culture est un plaisir, pas un ennemi ! Le MuCEM s’ancre en réalité sur trois sites distincts. Trois sites avec des vocations assez particulières mais qui veulent constituer à une unité. Le bâtiment du J4 est notre vaisseau amiral. Il manifestera le regard sur la Méditerranée comme bassin de civilisation, espace multiculturel en prise avec trois continents (Europe, Afrique, Asie). Ce regard est comparatif. Tourné vers l’Europe selon la vocation du Musée, il n’exprime pas une domination mais une volonté de compréhension. Il met en valeur le lien de parole à l’autre. La Méditerranée est-elle une entité qui se distinguerait de l’Europe ? La Méditerranée est un ensemble qui n’a eu de véritable unité que sous l’Empire romain. Si elle s’est fractionnée, elle garde constamment des traits communs. Elle est unité et diversité. C’est un bel objet d’étude qui structure le questionnement du Musée et son action : apporter un éclairage sur cet ensemble, en faciliter la compréhension sera notre ligne directrice. D’où l’organisation de forums, de débats. L’histoire, les événements en train de se produire seront notre matière de travail et d’exposition. Au fond, ce que l’on cherche c’est définir ce qu’est la Méditerranée. Cet espace en mouvement, parcouru par des flux incessants s’offre à de multiples perceptions. Il produit une multitude de points de vue. L’intervention du public, mêlé aux activités produites dans notre champ de présentation, permettra de faire du MuCEM un lieu de définition. Des synthèses ou des actes de colloques, des expositions bilan permettront de faire le point au travers de toutes les expressions artistiques et culturelles sur la Méditerranée. Qui seront comme des arrêts sur image. Le Fort Saint-Jean a une ambition plus mnésique ? C’est le bâtiment de l’expression de l’histoire du lieu et de la ville. Les Grecs se sont installés sur place. Au Moyen-Âge une commanderie des chevaliers de Saint- Jean de Jérusalem s’y trouvait. Le roi René y a édifié une tour et Louis XIV le fort actuel. La Révolution Française a aussi laissé ses traces. Cet héritage sera présenté dans une salle dédiée à l’intérieur du bâtiment. L’ensemble du Fort sera rendu aux Marseillais, qui jusque là ne pouvaient y accéder. Un parcours sera dessiné dans l’ouvrage restauré. On pourra se reposer dans un café, déambuler dans un jardin méditerranéen ou admirer, grâce à des points de vue, différents aspects de la ville. Un jardin sec sera conçu dans l’esprit du développement durable -comme le bâtiment du J4 rafraichi ou chauffé par l’eau de mer. Le centre de conservation et de ressources (CCR) de la Belle-de-Mai est conçu dans une logique un peu différente. Vous parlez de coulisses, mais on pourrait aussi évoquer un véritable centre d’expertise à vocation méditerranéenne La collection du MuCEM de par son origine et ses orientations actuelles est d’une grande diversité : costumes régionaux, robes de fêtes, fourrures, fonds documentaires et audiovisuels. La vocation première du CCR est de protéger les objets, les restaurer mais aussi de dégager un espace pour les chercheurs. Cet édifice voisine avec le Centre interrégional de conservation et de restauration du Patrimoine, avec les archives et les réserves des Musées de Marseille, ce qui l’inscrit dans un périmètre dédié au patrimoine et contribue à la rénovation de la ville. Quant à l’importance du fonds, elle permet une politique d’exposition très large comme de nombreux échanges avec d’autres institutions. Les partenariats avec les autres pays du pourtour méditerranéen sont aussi un axe d’action fort. Échanger avec d’autres institutions culturelles, faire circuler les expositions, ouvrir les portes aux différents chercheurs est essentiel. Il existe déjà des conventions avec la Turquie, la Tunisie ou l’Espagne. L’Algérie, elle, s’est montrée très intéressée par notre projet de formation aux métiers du patrimoine. PROPOS RECUEILLIS PAR RENÉ DIAZ Le MuCEM en chiffres Coût d’investissement : 200 M € Construction du bâtiment principal : 120 M € Réhabilitation Fort Saint Jean : 41 M € Acquisition et construction du CCR : 31 M € (études préalables 8 M €) Non compris le chantier des collections (restauration et déménagement des collections) Financement État 141 M € Conseil Régional 19 M € Conseil Général BdR 19M € Ville de Marseille 19 M € Après l’ouverture Budget prévisionnel annuel de fonctionnement : 12 M € Personnels : 120 salariés 200 événements annuels (conférences, colloques, expositions, spectacles, concerts, projections…) Surfaces 40 000 m² Bâtiment principal, architecte Rudy Ricciotti : 15 000 m² Fort Saint Jean, rénovation Rudy Ricciotti : 15 000 m² CCR, architecte Corinne Evzone : 10 000 m² À noter Lors du prochain Mardi du MuCEM, le 14 juin à l’Alcazar, Rudy Ricciotti décrira et explicitera les enjeux architecturaux du Fort et du bâtiment principal r L’Audiovisuel vivra ! L’accord cadre signé le 5 avril entre Bruno Suzzarelli et Mathieu Gallet, nouveau directeur de l’Institut National de l’Audiovisuel, est emblématique de leur volonté commune de diffuser des fonds jusque là réservés aux chercheurs. En effet les accords signés avec la Bibliothèque Nationale de France (L’INAthèque), ou avec l’Opéra de Paris par exemple, travaillent sur des fonds restreints, ou dans des lieux sans accès public : le MuCEM veut les mettre à la disposition de tous les visiteurs, par un système de bornes actives en accès libre, mais aussi à travers des ateliers pédagogiques de lecture de l’image documentaire, des projections publiques dans l’auditorium de 400 places… L’esprit qui préside à cette mise à disposition publique est le même que celui qui animera la vie des collections : il s’agit d’éditorialiser les fonds, c’est-à-dire de procéder à des choix, des mises en perspectives thématiques, et de les accompagner de présentations. Avec comme « vocation de fond » précise Mathieu Gallet, de « faciliter le dialogue entre les cultures de la Méditerranée. De la diffuser, mais aussi de la produire, en élaborant des initiatives communes en matière de production et d’éditions audiovisuelles. » Pourquoi cet intérêt du MuCEM pour l’INA ? « Les deux institutions se rencontrent ii autour d’une réinterrogation des images d’archives. Les images de télé sont-elles de la culture ? L’actualité ? » interroge Mireille Maurice, directrice d’INA Méditerranée (600 000 documents télévision et radio !). Thierry Fabre, responsable de la programmation du MuCEM, explique que le très grand public peut se reconnaître dans ces images d’archives qui racontent leur histoire familiale, et qu’on peut y trouver « des lectures diversifiées : confronter le 8 mai 45 à Sétif et à Marseille peut vraiment apprendre à regarder autrement, dans un monde où l’information par l’image domine. » Par ailleurs le projet Medmem, qui réunit 18 participants des deux rives (dont 10 télévisions méditerranéennes) et est piloté par l’INA Méditerranée, intéresse particulièrement le MuCEM. Il s’agit d’un site internet à destination des publics jeunes qui met en perspective selon des axes thématiques, géographiques ou chronologiques près de 4000 documents d’archives. Tous traduits en français, en anglais et en arabe… Un site qui sera mis en ligne très prochainement, pour que vivent les archives audiovisuelles ! A.F.



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