Zibeline n°41 mai 2011
Zibeline n°41 mai 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°41 de mai 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : chantiers... construire face à la mer.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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raTujI/72 ARTS VISUELS MARSEILLE 11/4'lntltuta/Le jour se lève Des paysages et cités d’Italie, Caroline Duchatelet a conçu trois petites vidéos contemplatives et très bachelardiennes, pour laisser du temps à la rêverie Où commence et finit l’aube ? Comment filmer la nature d’un phénomène qui s’impose à notre perception en catimini, dans l’entre-deux, révélant ce qui devant nos yeux ne peut apparaître que dans la progression de la lumière ? Car l’expérience de l’aube naissante est subtilement totale. Nous en prenons conscience par le truchement de chaque sens : visibilité grandissante certes, apparition des couleurs aussi, que confortent d’autres émergences, la sensation de brise glissant sur le visage, l’humidité de l’air enveloppant corps m Caroline Duchatelet, photogramme noir et blanc, extrait de Eoliennes le 4 novembre 2009, video, couleur et objets, les bruits naissants, les odeurs qui s’imposent et se modifient peu à peu. Le paradoxe de ces vidéos est de réactiver cette expérience totale dans un dispositif épuré ultra minimal : plan fixe, lenteur, silence. Dans ce jeu entre chien et loup, les images prennent fin à l’instant décisif où elles basculeraient dans une forme descriptive, juste avant l’accumulation des détails qui imposeraient inéluctablement le pittoresque. Comme cédant au besoin de documenter ses œuvres par trop furtives, Caroline Duchatelet attribue des titres précisément situés et datés : Rome, le 9 août 2009 ; Eth, 2009 ; Eoliennes, le 4 novembre 2009. Dans cette dernière œuvre nous sommes en altitude, comme à distance et proche à la fois d’un sommet envahi régulièrement de gauche à droite par des masses fluctuantes de nuages. Par ces flux hypnotiques nous sommes amenés à une contemplation particulière, une « rêverie œuvrante » dans l’esprit de Bachelard qui affirme que nous portons en nous aussi la faculté de fabriquer un univers de « sublimations des archétypes plutôt que des reproductions de la réalité ». Loin du tumulte.C.L. Trois films Caroline Duchatelet jusqu’au 11 juin La Compagnie, Marseille 04 91 90 04 26 www.la-compagnie.org Not funky, feminism okay À la Friche, Triangle convoque artistes et intellectuels autour de la figure emblématique et puissamment borderline de l’écrivaine et performeuse américaine Katy Acker Cette manifestation n’est pas un coup d’essai sur la question du féminisme de la part de la directrice de Triangle, Dorothée Dupuis. Une première exposition Les Formes féminines en 2009 et la création du magazine Pétunia (dont le troisième numéro vient de sortir) ont mis sur le devant de l’art contemporain, à Marseille en particulier, ces questions toujours brûlantes du statut de la femme et de nos représentations. Pour ne pas être confondu avec une conception féminine dont certains magazines et rubriques se font l’écho régulièrement, le projet conçu avec la philosophe Géraldine Courbe se nourrit de l’oeuvre littéraire Gloria Friedman, Blaue Wolke, 1979, autoportrait photographie couleur, collection de l'artiste de Katy Acker, décédée en 1997. Enthousiasmante dans l’intention, cette proposition rassemble plusieurs médiums : dessin, photographie, sculpture (Gloria Friedmann, Ellen Cantor, Monica Majoli, Karine Rougier, Caroline Sury, Jean-Luc Verna) qui restent discrets en comparaison avec la sélection de films et vidéos. On retrouve là des sujets et procédés évoquant ceux pratiqués par l’écrivaine (principe affirmé du hacking ou emprunt par piratage) en usage dans les arts visuels tout particulièrement (citation, emprunt, détournement...). Ainsi l’Olympia dédoublée de Gabriel Abrantes, Body Trouble de Brice Dellsperger, Weit Weit Weg de Bjorn Melhus. Plus loin sont mises en jeu les questions sociétales, d’identité, du genre, avec Charming the Revolution de Pauline Boudry et Renate Lorenz, de la violence entre soumission et torture consentie dans la terrible Confesiõn de la Guatémaltèque Regina José Galindo… Prolonger l’expérience avec les soirées-rencontres jusqu’au jeudi 9 juin ! Sinon faire un tour chez le collectif Pink Pönk.C.L. K. Acker : the office/Ruling ‘n’freaking jusqu’au 11 juin Galerie de la Friche de la Belle de Mai Triangle 04 95 04 96 11 www.trianglefrance.org D
ARTS VISUELS 73 En tous sens Il flotte, frotte, fend, creuse ! Le Cocotrope de Caroline Le Méhauté n’en finit pas de tourner Voilà un solo show qui laisse bouche bée. Pas un millimètre d’espace qui n’ait été agencé à la mesure des pièces de Caroline Le Méhauté qui fait de la synecdoque un principe : les perspectives de la galerie du Château de Servières s’en trouvent chamboulées, et sa circulation détournée. Paysage suspendu au plafond (Porter Surface), vigies hissées à la verticale (Latitude 43°17’51N, Longitude 5 e 22’3E), saillie jaillie du mur (Fendre un peu sur le côté), visages noircis en équilibre sur un fil (Prendre l’air), baudriers au repos sur le sol comme après un terrible effort (Timon et Timon) ou brisures tombées du ciel (De la coulée, l’angle) : les sculptures-installations défient la cohésion de la matière et provoquent le vertige. Sans compter que les formes intriguent. Compactes, mystérieuses, denses, laissant entrapercevoir un peu de leur ventre intérieur sans jamais permettre d’en toucher le fond. L’effet des 16 alvéoles de Je levais les yeux est particulièrement saisissant et inquiète : Caroline Le Mehaute, Negociation 16 - Fendre un peu sur le cote Caroline Le Mehaute ces creux de 2,30 mètres sont-ils la matrice de Timon et Timon ? Et la rondeur imparfaite du Cocotrope coincé dans la béance d’une porte est-elle l’addition des résidus de tourbe de coco tombés de Porter Surface ? … Un lien charnel relie ces œuvres faites de cire, de tourbe, de paraffine, de pigment bleu, de plumes ; elles interrogent l’espace et jouent en permanence dillignIIIMINIAIMali Caroline Le Mehaute, Negociation 34 - Porter Surface, 2011, bois, metal, tourbe de coco Caroline Le Mehaute de l’ambiguïté : fragiles et agressives, étranges et élégantes, évanescentes et énigmatiques, contemporaines et archaïques. En contrepoint à la série Négociations - comme si les objets attendaient notre accord - les dessins semblent se mettre en retrait, sentinelles silencieuses et témoins des acrobaties des sculptures ; morcellement de lignes semblables, formes jumelles qui entraînent les suivantes, silhouettes en creux évoquées par le blanc et l’absence de matière, dont la bouche proéminente reste désespérément mutique. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Cocotrope Caroline Le Méhauté jusqu’au 23 juillet Galerie du Château de Servières, Marseille 04 91 85 42 78 www.chateaudeservieres.org L’horrifique beauté 21 artistes, 18 établissements scolaires à Marseille, Cassis, Gréasque et La Ciotat, 1 colloque et 1 exposition collective : L’Art renouvelle le Lycée, la Ville, l’Université espère une extension Euroméditerranéenne en 2013. Pour l’heure la manifestation s’est ouverte par un colloque au thème porteur de questionnements et de croisements entre l’art, la société et les outils numériques : Le Monstre dans l’imaginaire contemporain ou la Beauté fascinante du Difforme. Aujourd’hui, les représentations du monstrueux et du difforme occupent-elles les mêmes fonctions dans notre imaginaire ? qu’est-ce qui nous dérange, nous effraie ou nous fascine ? En l’absence de récit mythologique et de conte contemporains pour les légitimer, quel sens leur donner ? quelles représentations plastiques inventer ? S’appuyant sur une iconographie abondante, François Bazzoli, professeur à l’École des Beauxarts de Marseille, s’attacha à révéler ce que la pratique du collage au 20 e siècle a engendré : des monstres, mais au-delà de nouvelles formes et une nouvelle typologie. Fouillant ainsi l’œuvre de Natacha Lesueur, Magritte, Combas pour en al souligner le noyau : l’hybridation, la greffe, l’hétérogénéité, la prothèse ; rappelant que « c’est entre Dieu et l’homme que se situe la forme difforme » présente chez les Grecs et les Égyptiens ; s’interrogeant sur les avancées scientifiques qui permettent d’oblitérer la monstruosité humaine Sans titre, Francois Mezzapelle Jessica Passage de l'art avant même sa naissance. Le discours, accessible au public en majorité scolaire, prit une tournure plus vertigineuse avec Michel Maffesoli, membre de l’Institut universitaire de France et directeur d’un centre de recherches sur l’imaginaire. Dans son allocution « Un oxymore postmoderne : le monstre délicat », il évoqua notamment « l’aseptie de la vie sociale » qui a écarté toutes les figures du monstre, alors même que le monstre aujourd’hui est un mixte de cruauté et de tendresse… La preuve avec l’exposition à la galerie du Passage de l’art des pièces inédites de François Mezzapelle, suggestions d’attitudes mises en scènes et caricaturées avec drôlerie par l’artiste qui glisse d’un sourire malicieux : « le monstre, c’est l’autre » ! M.G.-G. Le colloque s’est déroulé le 14 avril à l’Espace Écureuil. Les expositions dans les établissements sont proposées jusqu’au 14 juin. www.lepassagedelart.fr



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