Zibeline n°41 mai 2011
Zibeline n°41 mai 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°41 de mai 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : chantiers... construire face à la mer.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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68 CINÉMA LES VARIÉTÉS ROUSSET Un, deux, trois, souleù ! Les films du Delta ont offert du 28 avril au 1er mai à Rousset un festival en trois actes Ouverture au son des mariachi, contre orages et polémiques, sur les deux âges d’or cinématographiques au Mexique, en cette année qui ne fut pas la sienne en France ! Du mélodrame Maria Candelaria d’Emilio Fernandez magnifié par la photo de Gabriel Figueroa (chef opérateur de Buñuel), palme d’or en 1946, au virtuose Amores perros d’AlejandroIñàrritu distingué par la critique en 2000, l’aperçu d’un cinéma foisonnant internationalement reconnu. Provence terre de cinéma a également fourni l’occasion de découvrir des films plus rares : Espiral de Jorge Perez Solano (Zib 28) ou encore Los que se quedan, documentaire de Juan Carlos Rulfo et Carlos Hagerman, dans lequel résonne la douleur de ceux qui restent au pays après l’émigration des hommes aux USA : un téléphone qu’on n’arrive pas à raccrocher, l’écho d’une voix amplifié par le vide de la maison trop grande construite grâce aux mandats des absents et qui ne coïncide pourtant pas avec l’idée du bonheur qu’on s’était faite. Harold Torres a présenté Norteado (2009) de Rigoberto Perezcano où il incarne un jeune migrant refoulé par la police des frontières, gardé au poste à chacune de ses tentatives, entre les portraits tutélaires de Schwarzy et de Bush, puis recueilli et aimé par deux femmes oubliées de leurs compagnons, depuis longtemps passés « de l’autre côté ». Tout y est montré : le mur de fer de Tijuana qui file de l’océan aux zones désertiques, le foyer des clandestins, la jeep yankie aux aguets, la faim, la soif mais aussi le geste tendre, désintéressé, solidaire. Deuxième volet de la manifestation roussetaine, la compétition entre huit courts métrages tournés dans la région. Le jury professionnel présidé par Philippe Faucon a décerné le Souleù d’or à Grégoire Colin, comédien passé à la réalisation pour La baie du renard, un court sensible à la dramaturgie ténue. Enfin, dernier acte de cette 9 e édition du festival, un week-end consacré à la thématique cinéastes et chorégraphes, réflexion ébauchée sur la danse au cinéma, mode de narration, exaltation des corps et du désir, métaphore ou allégorie, mise en abyme du spectacle. Réflexion nourrie par la projection de classiques (Scola, Fosse...), par l’entretien filmé avec Angelin Preljocaj, par le doc d’Assayas sur Eldorado du même Preljocaj, ou par celui de l’ibérique chorégraphe-danseuseréalisatrice-actrice Blanca Li où le processus de création devient Pas à pas une aventure à partager et un objet cinématographique à part entière. Le bouquet final est revenu à Wise et Robbins pour un certain West side story, une histoire d’amour, de haine et de mort à la jeunesse universelle. ÉLISE PADOVANI m Norteado de Rigoberto Perezcano Femmes d’ici et de là-bas Correspondances de Laurence Petit-Jouvet De Montreuil à Bamako ou à Kayes, ce sont de beaux portraits de femmes maliennes que propose Laurence Petit-Jouvet dans Correspondances. Le dispositif est simple : dans le cadre d’ateliers, des Maliennes ont écrit à un destinataire de leur choix, réel ou imaginaire, une lettre filmée pour parler de leur rapport au travail. Certaines n’ont pas choisi de venir en France dans les années 70, et d’autres au contraire ont décidé de venir vivre « ici ». Les lettres filmées, à Montreuil d’abord, ont ensuite été présentées à des femmes de Bamako et de Kayes, qui à leur tour se sont exprimées. Que ce soit Sorifin, femme de ménage à Montreuil, mère de sept enfants, qui travaille dur de 4h du matin à 20h « Les pauvres ne peuvent pas être fatigués ! », et aurait voulu vivre « là-bas », Djangou, cette jeune infirmière, fière de son métier, qui écrit une lettre, très émouvante à sa mère -qu’elle n’enverra pas- pour lui parler de leurs divergences sur la vie « J’ai choisi de faire passer ma vision du bonheur avant la tienne. (…) Ce qui m’est intolérable, c’est d’affronter ta tristesse et ta déception » ou Oumy, cadre supérieure, qui se heurte à la discrimination de grandes entreprises françaises -la seule qui ne se montre pas à l’écran, de peur de perdre son travail-, toutes nous donnent des leçons de courage par leurs mots simples et profonds. On rencontre dans ce documentaire généreux des personnages attachants, comme Aïssata Djénépo, qui évoque la légende d’une jeune vierge, Tapama Djénépo, enterrée vivante pour que Djenné soit délivrée des djinns, qui enseigne la technologie et le dessin industriel et souhaite créer sa propre entreprise. Ou Dialo, la jeune professeur des écoles, de CP, heureuse d’apprendre à lire à une classe d’élèves socialement défavorisés. Un film qui nous permet de voyager de Montreuil à Bamako, en laissant sur place toutes les idées reçues. ANNIE GAVA Le film a été présenté en avant-première au cinéma Variétés le 14 avril
ALCAZAR INSTITUT DE L’IMAGE FILM CINÉMA 69 The Big Coen Pour accompagner la sortie et le succès, autant critique que public, de leur dernier opus True Grit, l’Institut de l’Image à Aix a eu la bonne idée de proposer un morceau de choix avec la rétrospective du 27 avril au 10 mai des films des frères Coen. Les deux enfants prodiges du Minnesota étaient apparus avec férocité et virtuosité dans les années 80 avec Blood Simple, à une période où le cinéma hollywoodien s’essoufflait sous des atours esthétiques souvent creux. D’une noirceur implacable, leur premier film laisse déjà entrevoir ce que sera la pâte des frangins : un fatalisme ironique porté par une mise en scène d’une incroyable maîtrise et aux clins d’œil cinéphiliques. Suivra une période faste de presque vingt ans où ils explorent en même temps l’Amérique profonde et l’âge d’or hollywoodien. Honneur ou liberté ? :.= Dès la première séquence de l’Etrangère, on entre dans une tragédie : en pleine ville, un homme braque un revolver sur une femme. La ville, c’est Berlin, elle, c’est Umay, une mère de 25 ans L'Etrangere de Feo Aladag La salle de l’Alcazar était comble le 15 avril pour voir le nouveau documentaire de Sandrine Dumarais, Le Regard de Brassens, et c’est à un voyage intime que le public a été convié durant une heure. En effet, la réalisatrice a véritablement reçu en cadeau du neveu de Georges Brassens, Serge Cazzani, des images inédites que l’auteur compositeur avait lui-même tournées entre 1953 et 1957 en compagnie de ses proches. Ces petits films en 16 mm, ainsi que les images d’archives que l’I.N.A, coproducteur, lui a confiées, Sandrine Dumarais les a organisées chronologiquement dans de courts chapitres dont les titres reprennent les chansons que tout le monde connaît, Maman Papa, Chez m Leurs références sont nombreuses : le film noir des années 40-50 et des auteurs de roman noir comme Chandler (Blood Simple, Miller’s Crossing, Brassens par lui-même Jeanne, La non-demande en mariage, Les copains d’abord, Trompettes de la renommée. Commentées par les amis de toujours, Victor Laville, Juliette Greco, Agathe Fallet, par des personnalités qui le connaissent bien comme Bernard Lonjon, son biographe, Clémentine Deroudille, commissaire de l’exposition à la Cité de la musique ou par Brassens lui-même qui en précisait le contexte dans des émissions de télé en 1966 ou 1978, elles sont projetées à la tombée de la nuit dans les lieux du chanteur, et glissent poétiquement sur les murs des maisons qui bordent le canal de Sète… nous montrant Brassens dans sa vie quotidienne, Brassens qui se baigne, Brassens avec son The Big Lebowski, The Barber), Sergio Leone, Tex Avery (Arizona Junior), Polanski, Kafka (Barton Fink, palme d’or 91)… liste non d’origine turque. Lui est son jeune frère. Comment en est-on arrivé là ? C’est ce que raconte le premier film de Féo Aladag, une comédienne autrichienne, qui avait déjà réalisé plusieurs clips pour Amnistie International dans le cadre d’une campagne « Halte à la violence contre les femmes » et qui a produit et réalisé cette fiction très ancrée dans le réel. Umay, battue par son mari, le quitte, emmenant leur fils, et rejoint, en Allemagne, sa famille qui n’accepte pas ce « déshonneur ». Que ce soit sa jeune sœur à qui elle a beaucoup manqué, son frère aîné, plus dur encore que son père, pour qui elle est « l’échec de sa vie et à qui elle brisé le cœur », sa mère, apparemment insensible, ou son plus jeune frère, dont elle a changé les couches jadis, tous font passer l’honneur de la famille True Grit d'Ethan et Joel Cohen chien, ses parents, ses amis. De longues séquences sont consacrées aux Auvergnats, Jeanne -La Jeanne- et Marcel son mari, Pupchen, la femme de sa vie qu’il a rencontrée en 1947 et à qui il a fait la nondemande en mariage. Ceux qui connaissent le chanteur y découvrent l’homme, simple, ses habitudes, ses préférences à travers des images singulières, intimes qui exhaustive ! Mais au début des années 2000 et avec la sortie en 2001 de The Barber, leur univers semble avoir fait le tour de luimême. Le sous-titre du film, L’homme qui n’était pas là semble en attester ! Les frères Coen enchaînent en 2003 et 2004 deux films moins inspirés, Intolérable Cruauté et Ladykillers, dont ils ne sont pas les auteurs (c’est une première) et qui ne faisaient justement pas partie de la rétrospective. Il faudra attendre 2008 et la course-poursuite sanguinaire de No Country for Old Men, proche de l’esprit de Fargo (1996), pour les retrouver au sommet de leur art : cinglant, épuré, précis. RÉMY GALVAIN avant la compréhension de ce que vit Umay. Le talent de Féo Aladag est de ne pas condamner ses personnages mais plutôt de faire réfléchir le spectateur à leurs positions et à leurs préjugés. Nous suivons la fuite d’Umay, sans cesse obligée de déménager, à travers de longs travellings, Umay qui n’hésite pas à affronter toute la communauté turque lors du mariage « obligé » de sa sœur, une des séquences les plus fortes du film. Umay qui conquiert sa liberté, travaillant dans un restaurant où elle rencontre l’amour, mais ne peut vivre sans l’affection de sa famille… Un premier film documenté, qui permet aussi de revoir la formidable actrice, Sibel Kekilli. ANNIE GAVA témoignent de son passage de l’ombre à la lumière et de la liberté qu’il y perd. Un vrai moment de plaisir. ANNIE GAVA Co-produit entre autres par l’INA et Comic Strip Production, le film a été diffusé le 28 avril sur France 5 et un DVD sera disponible dès juin 2011 Le Regard de Georges Brassens de Sandrine Dumarais Comic Strip Productions



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