Zibeline n°41 mai 2011
Zibeline n°41 mai 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°41 de mai 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : chantiers... construire face à la mer.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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06 POLITIQUE CULTURELLE ENTREPRISE ET CULTURE Le mécénat culturel est-il possible ? ti J Assises 2011 - Conf perspectives mecenat culturel Francois Moura - Admical Les chiffres sont très clairs : le mécénat d’entreprise a reculé de 20% en France entre 2008 et 2010, ce qui est inquiétant, mais conjoncturel : ce système de don, qui bénéficie des avantages fiscaux accordés aux grandes et moyennes entreprises, est fortement dépendant de l’Impôt sur les Sociétés, puisqu’il permet de soustraire à cet IS dû sur les bénéfices 60% de la somme affectée. Ainsi la Société Marseillaise de Crédit par exemple, lorsqu’elle donne 1.5 M € à Marseille Provence 2013, économise 900 000 € d’impôts, mécénat qui ne lui coûte dans les faits « que » 600 000 € … pour peu qu’elle ait 900 000 € d’impôts sur les bénéfices à payer. C‘est-à-dire qu’elle ait fait au moins 3 millions d’ € de bénéfices (l’IS est à un taux de 33.3%). La crise, en diminuant les bénéfices des entreprises, a entraîné un recul mécanique du mécénat. Qui devrait retrouver un meilleur niveau, puisque selon une enquête d’Admical 1, 83% des entreprises veulent « accroitre ou stabiliser leurs actions de mécénat ». Il n’en est pas de même pour le mécénat culturel : de 2008 à 2010 il a subi une chute vertigineuse, passant en France d’un volume global de 975 M € en 2008 à 380 M € en 2010. Soit une baisse de 62% des aides privées pour le secteur culturel… Lors des 20 e Assises nationales pour le Mécénat d’entreprise, organisées les 9 et 10 mai par Admical à Marseille, Olivier Tcherniak, président d’Admical, fit une analyse convaincante des raisons de ce « déclin », et de ses conséquences. Déficit d’image Les entreprises veulent mener des actions perçues comme utiles, préoccupation qui les pousse vers un mécénat de solidarité, ou vers des mécénats dits croisés, qui soutiennent des actions culturelles à dimension sociale ou éducative. Attitude qui lèse la création, et favorise les actions de diffusion. Elles ont aussi tendance à soutenir les événements prestigieux pour leur image : c’est-à-dire les grands festivals et le patrimoine, ce qui déstabilise les équilibres internes de la culture, et lèse les compagnies ou les lieux modestes, provinciaux, peu ou pas médiatisés. Olivier Tcherniak souligne par ailleurs qu’il y a un effet d’entrainement des politiques culturelles publiques, et de l’image négative que leur désengagement sous-tend : lorsque les subventions baissent, elles ne sont pas compensées par les entreprises, qui suivent le mouvement et se désengagent à leur tour. Selon le président d’Admical, il faudrait, pour relancer le mécénat culturel, favoriser un mécénat de proximité, en adaptant le dispositif fiscal aux TPE/PME, retenues aujourd’hui par l’impossibilité de défiscaliser au-delà du seuil de 0.5% du chiffre d’affaires. Fixer un forfait de 10 000 € défiscalisables permettrait aux entreprises locales de faire des dons défiscalisés à des associations culturelles de leur territoire. Mais pour lui le plus important est de rétablir le dialogue. De faire comprendre aux entreprises que le mécénat n’est pas une action de communication, qu’elles ne peuvent en attendre des retombées en termes d’image, mais doivent y chercher du sens. Travailler avec les artistes dans l’entreprise, c’est ce que soutient aussi Raymond Vidil, président de Marfert et membre de Mécènes du Sud : « La présence de l’artiste dans l’entreprise, avec les Ateliers de l’Euroméditerranée mis en place par Marseille Provence 2013 par exemple, interpelle le conservatisme naturel des entreprises, renforcé par la crise. » Quel modèle économique ? Laurent Bayle, directeur de la Cité de la Musique de Paris, nettement plus pessimiste, soulignait « le désintérêt grandissant des grands médias pour la L’ESS, modèle économique du secteur Voilà que des formations s’organisent, que la Région PACA tient des Assises et France 9,2% des employeurs et 10% de l’emploi, et progressent rapidement : des États généraux, que des publications et des colloques fleurissent : plus de 2,4% par an. Puisqu’elles n’ont pas vocation à faire de l’argent, elles l’Économie Sociale et Solidaire est sur toutes les lèvres. Mais que désignent bâtissent généralement des projets autour de valeurs non monnayables. Valeurs au juste ces termes ? humaines donc, sociales, durables et solidaires… Il s’agit d’entreprises privées qui n’ont pas vocation à redistribuer des dividendes, soit qu’elles réinvestissent les bénéfices, soit qu’elles les répartissent entre ceux qui y ont contribué. Ce qui exclut les Sociétés commerciales et désigne, précisément, des entreprises à statut particulier : les Associations, les Mutuelles, les Coopératives et les Fondations. L’Économie Sociale et Solidaire domine dans le secteur culturel 1, souvent associatif, mais surtout dans le sport et les loisirs, et bien sûr le social, où elles sont majoritaires (mais toute entreprise sociale n’est pas forcément solidaire…). Ces entreprises représentent en Larrmmrs _rt FiiW[nFAcsernTAlpestii6e elm en3 [_H d ; uisrb'5 * da le pristllurs CSS a dan.i3e pült5C },u, on Furl 11u...0..1-R0,.11 ; parlda iicfaTi sonalb dans 4'nmFlar rea.analrs ; aiu Zahls 11,d% I aarapporl 3 20dF ; alum. nun can du public Inn= dc presaue par : par ropaxtc 2107=1acw 4e pruéhors =SScxmartue- l:aUsscrmerscde 1 paial. Solidaires ? Mais, comme le précisait l’économiste Nadine Richez-Battesti lors d’un forum organisé par le Crédit Coopératif 2, « il ne suffit pas d’avoir des statuts pour avoir des valeurs » … Elle notait, chiffres à l’appui 3, qu’au niveau de l’éthique et des discriminations à l’emploi l’ESS « fait mieux que les entreprises privées, mais pas suffisamment bien ». Par exemple, les femmes représentent 68% de l’ef-fectif salarial de l’ESS en PACA, alors qu’elles ne sont que 41% des effectifs du privé (hors ESS). Ce qui est bien, puisqu’elles sont bien plus touchées que les hommes par le chômage et la pauvreté. Mais si plus d’un cadre sur deux est une femme (55% contre 24% dans le privé), dans l’ESS comme ail-leurs les dirigeants sont des hommes (70% des présidents des associations). Ceci étant, l’ESS avance dans une échelle temporelle non capitaliste, que le privé n’envisage pas : l’écono- L'ÉCONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE PAMlORAMrk Ed1JEJJ1 [r.'r±n1xe-'_41r r 3TL -... i a.,n 2011
culture, dans une société qui refuse de lui donner une place hors de la marge. La part dévolue à l’émergence est très fragilisée, ce qui diminue la solidarité entre les artistes, et entraîne une interpénétration de l’argent et de la culture : tandis que le marché privé des arts plastiques et les industries culturelles demande des financements publics, on se demande si la loi Hadopi défend le droit des créateurs ou les bénéfices des industries musicales. La situation impose une recherche de sens… » La veille, lors d’un autre forum, Dominique Bluzet, directeur du Gymnase/Jeu de Paume et du GTP, regrettait au contraire la difficulté du secteur culturel à agir comme de véritables entreprises. D’autres intervenants ont prôné pour une mutualisation des personnels et des moyens, comme si les entreprises culturelles devaient leurs difficultés à une inefficacité interne, et non au retrait des financements publics et privés… Plus globalement, on peut s’interroger sur l’efficacité d’un système de mécénat qui prive l’Etat d’une part de ses recettes fiscales, pour que les entreprises l’attribuent sans pertinence, avec des fluctuations dommageables et en privilégiant la culture médiatisée et de prestige. Car, au fond, n’est-il pas utopique d’attendre qu’une entreprise donne, comme il l’est dit dans la Charte d’Admical « sans recherche d’impact sur ses activités marchandes » ? La culture ne relève-t-elle pas naturellement du financement public, pour peu qu’il tienne son rôle ? AGNÈS FRESCHEL fa s'Ro el - : Les Pennes-Mirabeau (13) 1 Association fondée en 1979 pour promouvoir le mécénat d’entreprise, regroupant un réseau de 170 entreprises et fondations culturel ? mie capitaliste travaille sur le court terme, pour faire du bénéfice immédiat, ou sur le long terme, dans l’idée de transmission du patrimoine. Puisque son capital n’est ni partageable ni transmissible, l’ESS invente des solu-tions à moyen terme, et de ce fait se révèle particulièrement dynamique dans les domaines de l’insertion et de la formation. Et de la culture non patrimoniale qui, cofinancée par les subventions publiques et ses ressources propres, vend effectivement des produits (des œuvres ?) sans faire de profit, son but étant de transmettre au plus grand nombre de l’immatériel non marchand ! AGNÈS FRESCHEL Synthèse des Etats généraux de l’ESS en PACA Le 19 mai de 13h45 à 17h30 Hôtel de région, Marseille www.etatsgenerauxesspaca.org 1 L’INSEE dispose d’une catégorie « Arts et spectacles » qui ne permet pas de distinguer l’audiovisuel, ou les grandes salles privées de tournée, des entreprises proprement culturelles. Dans cette catégorie, l’ESS représente en PACA 34.6% de l’emploi en 2011, pour 9.6% de l’emploi salarial global. 2 Mixité et diversité en Économie sociale, Forum annuel du Crédit Coopératif Marseille. 3 La Chambre Régionale de l’Économie sociale et Solidaire PACA a publié un panorama précis et clair, L’économie sociale et solidaire, Panorama et enjeux en PACA, 2011 Disponible sur le site www.cresspaca.org tnercredi ittxm TOKAMAK (France) - ECLAT (Frarrce) Gi1IiLER1k+lO C1DE5 PROJECTrgerw arre) feu& 2 juin OLI4NT6J41 FAN TAY Meigi4ue) SPECIAL PROVIDENCE (Hongrie) - LAZULI (France) vendredi 3 jurli The MACK NOODLF.PROJECT (France) ANIMA M ElNU1 (Cuba) - PAT O'1NAY (France) samedi 4 juin MINIMUM VITAL (Franc-4- KNIGJ4TAf+rE4 (Pap -Ba CRAZY WORLD (Finlande) www.prags u cifes ti valp i iFestivaL. -. I F EIENE ç. r ` !.FR MA REEL { 1111 PÂCÂ ChEIL EIERAL ebUniSuuRxâff



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