Zibeline n°41 mai 2011
Zibeline n°41 mai 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°41 de mai 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : chantiers... construire face à la mer.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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46 MUSIQUE CONTEMPORAINE Tout un monde lointain Quatre violoncelles et une contrebasse ont fait vibrer le Chant des basses aux ABD le 15 avril dans un répertoire surprenant et captivant À l’initiative de l’Ensemble Télémaque et sous la direction et les commentaires avisés de Raoul Lay, le concert du cycle « Deux, trois, quatre, musique » poursuivait les préfigurations de l’ECO (European Contempory Orchestral) réunissant trois ensembles spécialistes de musique contemporaine (avec Les Musiques Nouvelles – Belgique et De Ereprijs – Hollande) pour une prestation haute en couleurs comprenant un quatuor de violoncelles et une contrebasse. Comme un mois auparavant, les musiciens des différentes formations y occupant les mêmes pupitres s’associaient dans une unité de timbres : après les percussions (voir Zib’40), les basses, version cordes. Issus de Télémaque, Adeline Lecce, Guillaume Rabier et Jean-Bernard Rière étaient ici associés à Jean-Paul Dessy et Jean-Paul Zanutel des Musiques Nouvelles. La création de Litanies, couleurs de sable pour quatuor du jeune compositeur marseillais Lionel Ginoux nous enseignait combien ce chant des Un sacré chœur ! Belle idée que celle de Roland Hayrabédian de mêler dans un même concert le Magnificat de Bach et la Symphonie de psaumes de Stravinsky, œuvres soigneusement articulées autour de la transcription de Bério pour orchestre du Contrapunctus XIX de l’Art de la fugue. Tout un symbole que cette filiation entre le Kantor de Leipzig et ces compositeurs. Intéressant d’écouter comment le maître italien s’est approprié cet « exercice » de musique pure, fractionnant le tissu contrapuntique en mélodie de timbres pour créer une mosaïque sonore en aplats En quelques mots m o basses peut être surprenant d’imaginaire et de potentialité à travers l’écriture d’une œuvre pour quatre instruments identiques, de surcroit cantonnés régulièrement au registre grave dans la majeure partie du répertoire. Se nourrissant également de champs lointains jusqu’à l’extra européen, Le Chant de Nuyandarua pour quatuor et L’Ange du Tamaris pour violoncelle solo de Jean-Louis Florentz nous contaient mille et une façons d’écouter et de respirer ces violoncelles réunis. Scelsi et sa quête du timbre ont alors offert une formidable dualité entre contrebasse et violoncelle, de même que Subsonic, incroyable duo pour violoncelles du belge Dessy, interprète à l’occasion, dépoussiérant les harmoniques dans une virtuosité transcendante entre citation tronquées de Vivaldi et impression de musique électronique. Le public ne s’y est pas trompé, superbe ! FRÉDÉRIC ISOLETTA de couleurs. Quant au choix d’interprétation du chef il est singulier ! À la tête de l’ensemble il a choisi de se mettre en retrait, révélant par là même l’essence du matériau mélodique du vieux Bach. Posture identique dans le Magnificat : il laisse l’œuvre se dérouler mécaniquement dans un tempo endiablé qui a mis les chanteurs de Musicatreize à rude épreuve ! On aurait aimé rentrer davantage dans les arcanes de cette œuvre tout en ombres et lumières, musique sacrée sucrée d’une densité incroyable. Musique sacrée salée pour finir le concert ! Les Violoncelliste virtuose, chef d’orchestre et compositeur singulier, nourri d’influences autant baroques que contemporaines, le Belge Jean-Paul Dessy a décidément des affinités électives avec la Région : il se produit aux côtés du Ballet National de Marseille dans Moving Target, concocte un orchestre européen avec Télémaque (voir ci-dessus) et vient jouer en Avignon. Au théâtre des Doms bien sûr, voué (avec bonheur) à la Belgitude… Le musicien a su, en introduction au concert, parler avec passion durant plus d’une heure et retenir l’attention de son auditoire en discourant sur deux mots : Musique et Sacré. Philosophant sur l’inaudible que la musique sacrée rend audible, sur le silence et sur l’écoute, don fait au temps, il a Agnès Mellon merveilleusement préparé son concert du soir et a laissé le public s’interroger : « être à l’écoute, n’est-ce pas termes fusent pour qualifier l’œuvre du compositeur russe : primitivisme, hiératisme, brutalité mordorée, inventivité… Les souvenirs de Noces et Symphonie en trois mouvements se meuvent dans une musique d’une énergie folle. La salve d’applaudissements à la fin de la pièce récompense la qualité de l’interprétation, brillante. CHRIS FLOQUET Ce concert a été donné au GTP le 13 mai Jean-Paul Dessy Isabelle Françaix simplement écouter l’être ? » Musicien avant tout, il nous a permis de « brancher un stéthoscope de l’attention pour découvrir un monde, pas forcément audible auparavant » … Et c’est par l’interprétation d’une de ses œuvres qui travaille l’intérieur du son, Barouk, du nom d’un prophète, qu’il a laissé le public déguster, en apéritif, le concert prévu le soir… CHRISTINE REY Conférence d’avant concert au théâtre des Doms, Avignon, le 7 mai
GMEM MUSIQUE 47 Depuis le 14 mai, le festival Les Musiques organisé par le GMEM nourrit la cité phocéenne de sonorités contemporaines Communion du peuple En guise de premier plat de résistance, la création d’Alexandros Markeas a su réunir amateurs et professionnels sur la scène de la Cartonnerie de la Friche, et seconde bonne nouvelle, les Bacchanales du compositeur grec ont fédéré autour de la musique contemporaine un enthousiasme partagé par le public. Sous la direction de Roland Hayrabedian, les Bordelais de Proxima Centauri, l’ensemble L’Itinéraire, l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée et l’orchestre de la Timone ont soutenu près de 300 choristes composant Musicatreize, le Chœur Contemporain, le Chœur Philharmonique de Marseille, de la Magalone, de l’APHM, des Docks de Marseille, ProMusica, l’Atelier Polyphonique 83 et la chorale de l’Université de la Méditerranée ! Ajoutons à cet effectif pléthorique le récitant Jean-Baptiste Dumora, les solistes Anne Périssé dit Préchacq et Kaoli Isshiki, la mise en espace de Jeanne Roth et la direction « adjointe » des chœurs spatialisés par Sébastien Boin, Lionel Ponchaux et Jean-Emmanuel Jacquet, cela fait du beau monde pour servir les textes de Verlaine, Baudelaire, Euripide, Molière, Ronsard ou encore Contresens La musique pour percussions de Xenakis est sauvage. Elle n’a rien de primitif. Ni d’ancien, comme le suggère le programme qui cite ces rondes qu’Apollinaire qualifie de « plus anciens monuments poétiques de l’humanité ». Emmanuelle Huynh fait bouger mollement ses jeunes danseurs atones, gambadant en farandoles clopin-clopant, en décalage complet avec la force tellurique de la musique, ce qui n’est pas inintéressant, mais aussi avec sa complexité d’écriture, ce qui relève davantage d’une paresse d’esprit. On a envie qu’ils quittent le plateau, ces corps infantiles, pour pouvoir enfin entendre sans parasite l’incroyable déploiement spatial de ces instruments qui vibrent : Persephassa est une pièce qui encercle le public dans un ballet de peaux, à l’intérieur des chocs de Machine et Amérique Récitals remarqués pour artistes remarquables en tout point, Toros Can au piano et Geneviève Strosser à l’alto ont nourri de virtuosité et de sensibilité des pièces majeures de Ligeti, Manoury, Murail ou Grisey. Entre-temps ? La technologie, ou plutôt la machine affirme son autorité sur l’homme et sur l’art. Machinations de Georges Aperghis est un ouvrage singulier qui marque l’adhésion du compositeur grec à la science de l’Ircam. Sur des textes du philosophe François Regnault, ce théâtre musical pour quatre voix de femmes, électronique et vidéo joue des phonèmes et décompose le sens. Sur la scène du Gymnase, à côté d’un homme face à son ordinateur (Olivier Pasquet) les quatre femmes ont fait preuve d’une virtuosité redoutable… Face à cette œuvre crée en 2000, La nuit américaine programmée en clôture du festival à la Friche peut paraitre ancestrale. Au demeurant, Olson III de Riley et the unaswered question d’Ives restent dans leurs styles respectifs (musique répétitive et métaphysique) des pièces novatrices qui ont marqué leur temps. L’Orchestre Régional de Cannes sous la direction de Philippe Nahon a également interprété le célébrissime Adagio pour cordes de Barber : L Apollinaire. Sorte de grandiose messe profane qui oscille entre tragédie et comédie entrecoupée d’interventions d’un Bacchus joyeux ou déchainé, ce pied à l’étrier du « projet Odyssée dans l’espace » dans l’optique de Marseille 2013 a le mérite de mener une politique de création ambitieuse débutée en 2010 (avec le compositeur François Rossé) qui réunira chaque année amateurs et professionnels autour d’œuvres de compositeurs comme Nordin, Moultaka et Stranoy. Cette grande soirée du XXI e siècle éloigne les préjugés destructeurs trop présents autour de musique d’aujourd’hui. On ne va pas s’en plaindre, nonobstant une écriture polyphonie relativement minimale. FRÉDÉRIC ISOLETTA Cribles Marc Domage Bacchanales David Benchetrit timbales, de toms, de caisses. Le son tourne autour des spectateurs, les six percussionnistes le reprenant ensemble ou en relais, en fugue, comme une matière vivante, un flux. Qui évolue et s’élabore, enfle et s’apaise, fait varier ses formules et les hauteurs, peuple ses phrases de sifflets, de tintements. Le ballet des baguettes est fascinant, sauvage et savamment élaboré. Ce que la danse, s’arrêtant au concept et négligeant l’écriture, n’est jamais. A.F. Cribles/Live, chorégraphie pour 11 danseurs sur Persephassa de Xenakis, a été joué par les percussions Rhizome le 9 mai à la Friche dans un programme qui, malgré les clichés, s’est attaché à dresser un panorama compositionnel américain peu représenté dans ces contrées musicales. La création française du concerto pour deux harpes d’Anne Lebaron fait appel à une virtuosité transcendantale rythmée par l’unique interprète Hélène Breschand, debout entre ses deux instruments et qui mène la danse. Malgré une technique impressionnante, cette voltige chromatique talentueuse semble parfois, musicalement, gratuite. Le cycle The perfect stranger de la rock star Frank Zappa pratique le décloisonnement des genres dont l’emblématique moustachu s’est fait le chantre, dans une musique orchestrale trahissant quelques sonorités typiques d’un Hollywood merveilleux et féérique. F.I. Le Festival Les Musiques, qui s’ouvrait par des pratiques chorales collectives et s’est terminé outre-Atlantique, a vogué vers des territoires que la musique contemporaine a longtemps méprisé… Signe des temps ?



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