Zibeline n°41 mai 2011
Zibeline n°41 mai 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°41 de mai 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : chantiers... construire face à la mer.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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40 MUSIQUE BAROQUE Le Méjan éclaire les ténèbres… L’association du Méjan d’Arles commémorait pour la 26 e fois dans sa Chapelle la Semaine Sainte dont l’origine religieuse symbolise l’équilibre subtil entre le temporel et l’intemporel, institué par notre système politique en 1905. Il est important de souligner cet état fait à une période où certains remettent en cause, pour des raisons fallacieuses, des institutions garantes de tolérance. Dans ce contexte, la création artistique et la musique permettent une évocation qui nourrit chaque auditeur en fonction de sa spiritualité propre, indépendamment de sa foi éventuelle. Générés par le contexte ostentatoire et baroque de la contreréforme, les cantates, motets et leçons de ténèbres interprétées durant cette semaine sainte illustraient les constantes sociales et artistiques baroques pouvant produire une esthétique détachée de son inspiration au gré de l’auditeur et du talent des compositeurs et de leurs interprètes. Dans cet esprit, Le Concert Spirituel d’Hervé Niquet qui ouvrait cette Semaine sainte a enthousiasmé l’auditoire dans son répertoire Grand Siècle (Charpentier, Fremart, Hugard, Ténébreuses lamentations Pour sacrifier au rituel pascal l’ensemble des Festes d’Orphée s’est attaché le 13 avril à l’œuvre de Jean Gilles, le compositeur baroque aixois et à ses trois Lamantations, leçons de ténèbres au rituel immuable des quinze bougies. Un travail à partir des manuscrits du fonds de la cathédrale Saint Sauveur ou de la BNF, mais corrigé avec le manuscrit d’Aix. Ces recherches ont trouvé leur aboutissement lors du concert donné en la cathédrale d’Aix, sous la direction de Guy Laurent, qui dû se confronter aux difficultés acoustiques du lieu… mais l’orchestre rattrapait avec justesse les petits décalages, les départs parfois flottants. Des difficultés liées sans doute également au fait que le chef dirige et l’orchestre et le chœur, et qu’il chante aussi… Jean paul Serra X-D.R. ci ci Le Prince, de Brossard, Bouteiller). L’Ensemble autrichien Moderntimes 1800, sous l’archet dynamique d’IIia Korol, soulignait le caractère napolitain et viennois des Cantatas espirituales de Caldara, Porpora, Durante et Leo : le contre-ténor Max Beaucoup pour un seul homme ! Le programme intelligemment conçu permettait de suivre les textes et d’apprécier la belle adéquation de la composition aux déplorations, aux récits et aux prières. Bel exemple de baroque avec les voix en écho, canons, reprises, volutes des chants, ornementés… Le Requiem de Jean Gilles, entre l’horreur de la mort et l’enthousiasme de l’espérance offrait une palette étonnante de registres, depuis l’ouverture aux percussions, jusqu’à la puissance enivrée de la post communion, portée par un chœur aux voix bien placées. Un concert d’une belle qualité, comme le travail de cet ensemble nous y a habitués. MARYVONNE COLOMBANI Alphabet des ténèbres Concert lumineux que celui donné le 15 avril en la chapelle des Oblats par l’ensemble Baroque Graffiti. Les leçons de ténèbres composées à partir des Lamentations de Jérémie sont destinées à l’office religieux des matines lors le la semaine sainte. Chaque air débute par des vocalises sur la lettre de l’alphabet hébreu qui précède la strophe interprétée. À la fin, une chandelle est éteinte. À la lumière des flammes, succède lentement celle du jour vainqueur. La déploration du peuple juif, déporté à Babylone à la suite de la destruction du temple de Jérusalem, se colore ainsi d’espérance. La belle voix de soprano de Bénédicte Pereira, avec de superbes graves, se modulait avec souplesse, toute de spiritualité retenue. Les Leçons de Michel Lambert, avec ses mélismes, de Richard De Lalande, plus théâtrales, dont le brillant laisse entrevoir Choeur des Festes d'Orphee Les Festes d'Orphee - 2009 Ensemble Moderntimes X-D.R. Emanuel Cencic y évoquait une contrition théâtrale (…où fuir… quand… le ciel me réprouve…) accentuée par la retenue de la projection vocale. Le vendredi saint, Les Paladins de Jérome Correas confirmaient l’influence Italienne et concertante dans les Leçons de ténèbres de Bernier, Du Mont, De Brossard ou F. Ccouperin : Isabelle Poulenard (soprano) et Jean-François Lombard (haute-contre) rivalisaient dans les mélismes illuminant du goût immodéré de la mise en scène ces sombres journées de pénitences. Le dimanche de Pâques, CORAL Carmina de Gorka Sierra concluait dans le Requiem allemand de Brahms : après le clair-obscur baroque, l’embrasement romantique… luthérien ! PIERRE-ALAIN HOYET La 26 e Semaine Sainte en Arles a eu lieu du 10 au 17 avril D de poignantes interrogations existentielles, de François Couperin, enfin, aux extensions plus larges, dans un phrasé tragique sur le mode mineur, étaient entrecoupées de pauses instrumentales : Fantaisie de Louis Couperin à l’orgue, par Freddy Eichelberger, avec ses voix flûtées qui s’élancent en mélodies aériennes s’appuyant sur la base puissante du continuum ; extrait de la Suite en sol majeur du Sieur de Machy, variations subtiles des rythmes, sons approfondis par les notes doubles de la viole de gambe de Augustina Meroño… Un concert où la complicité des musiciens, palpable, apportait une dimension intime et sensible. M.C.
LYRIQUE MUSIQUE 41 Luther dans la nef En ces temps difficiles pour un opéra fort discourtoisement attaqué par Frédéric Mitterrand (voir p 11), Monsieur le Maire était venu soutenir « son » orchestre malmené. Il ouvrit ainsi, le 29 avril, le 16 e Festival de musique sacrée, en une Eglise Saint Michel toujours comble, par un discours à la fois ferme et amusé : « Qui finance décide ! » déclara-til, remerciant au passage madame Jeanine Imbert l’adjointe à l’Opéra, Monsieur Xiberras son directeur, sans oublier Monseigneur l’archevêque qui accueille le festival en son église. C‘est le Requiem Allemand de Brahms qui ouvrit les festivités… fort sombres ! Les sept mouvements de l’œuvre la plus monumentale de Brahms, d’inspiration luthérienne, sont traversés jusqu’au bout, en dehors du mouvement central, par un sentiment de mort inapaisé, sans sublime terreur ni béate consolation : Brahms le protestant parle la langue des hommes. L’écriture romantique aux élans emportés, et l’écriture chorale inspirée de Bach, se succèdent et se mêlent, inscrivant l’œuvre dans un univers très éloigné des requiem catholiques. La soprano console, le baryton gémit, et les chœurs Douleur ardente Les cent choristes du Chœur Régional PACA et l’orchestre philarmonique de Marseille, dirigés par Claire Gibault, ont donné un concert de très belle facture : le Stabat Mater de Dvořák. Dans un contexte de réductions budgétaires, 45% de subventions en moins prévues pour le chœur (!), on saluera la passion des choristes, l’homogénéité des pupitres. Le désengagement de l’État et des collectivités territoriales, qui se généralise envers les structures artistiques et culturelles, inquiète décidément. Le Stabat Mater est la première œuvre sacrée de Dvořák, intimement liée au deuil de ses trois enfants. Le compositeur suit fidèlement la séquence du XIII e siècle de Jacopo da Todi, mais il dépasse sa propre souffrance pour donner une œuvre empreinte d’émotion et d’espoir. Dix parties où alternent solistes, chœur et orchestre. Le quatuor vocal est superbe : Dimitry Ulianov, une basse russe au timbre d’airain, est impressionnant dans Fac ut ardeat cor meum (fais que mon âme soit de feu) où il domine l’orchestre ! Le jeune ténor roumain, Calin Bratescu, à la voix de soleil au superbe legato, émeut. La mezzo Elodie Méchain, au timbre velouté, entonne, avec un orchestre toujours très présent, Inflammatus et accensus l’un des sommets de l’œuvre, aux accents mahlériens. La soprano Marie-Paule Dotti plane dans des aigus clairs et solides, avec beaucoup d’aisance. L’amen final est un feu d’artifice, thème fugué puissant où alternent les nuances piano et forte, dernier hommage du compositeur à ses enfants à travers cette mère, pleine de douleur qui se tient debout, près de la croix. Claire Gibault, une chef à la carrière internationale brillante, dirige sans emphase, avec dynamisme et sensibilité force un orchestre de qualité. YVES BERGÉ Christian DRESSE 2011 tiennent très nettement le rôle principal. Le Chœur de l’opéra s’y montra particulièrement musical, acceptant la nuance, sculptant de très beaux espaces sonores, même si quelques attaques des ténors furent hasardeuses… Mais l’acoustique de Saint Michel dessert très nettement une œuvre aussi subtile : les deux solistes, de grand talent pourtant (Marc Barrard et Nathalie Manfrino !), durent s’époumoner pour qu’on les entende… tandis que les fugues aboutissaient à un magma sonore à cause de la réverbération du son. Les beaux passages de harpe se perdaient dans les hauteurs de la nef tandis que les cuivres, judicieusement poussés par le chef à tempérer leur volume, laissaient échapper quelques couacs dans leur pianissimi contraints… Bref les passages forte furent nettement plus réussis, emballant par leurs élans angoissants un auditoire impressionné, mais faussant un peu l’esprit d’une œuvre qui n’est pas destinée à noyer dans le son des fidèles, mais à parler à l’homme, subtilement, de la douleur. AGNÈS FRESCHEL Claire Gibault Philippe Matsas - Opale Le Stabat Mater de Dvořák a été joué au Festival de Musique Sacrée de Marseille le 6 mai Allons enfants… ! ) Former aujourd’hui de jeunes voix à l’art maîtrisien n’est pas chose aisée. Le réussite de tels projets tient à la volonté de chefs de chœur d’aller chercher les jeunes pousses là où elles se trouvent, dans des écoles, de leur transmettre leur flamme, certes, mais aussi une technique de chant qui ne court plus les rues, ni les bancs des églises… C’est ce que réalise à Marseille le jeune chef Rémy Littolff avec sa soixantaine de pimpants Petits Chanteurs de la Major. Dans la salle surchauffée et bondée de l’Ecole Jeanne D’Arc à Marseille, leur potpourri d’airs, ponctué par un énergique Chœur des Gamins extrait de Carmen, a placé l’avenir de cette chorale sous les meilleurs auspices. Le 5 mai, en seconde partie du concert, l’assistance a également apprécié la prestation des Petits chanteurs de Rennes, formation à voix mixte, mûre et aguerrie, dans un programme de chants sacrés et profane finement dirigé par Robert Hillebrand. J.F. Petits chanteurs de la Major X-D.R.



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